Michael Balint

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Michael Balint est un psychiatre et psychanalyste d'origine hongroise, né le 3 décembre 1896 à Budapest, et mort à Bristol (Angleterre) le 31 décembre 1970.

Parcours de vie et de formation[modifier | modifier le code]

Michael Balint, de son nom de naissance Mihály Bergsmann, naît et grandit dans une famille de confession et de tradition juives. Son père, Ignác Bergsmann, est médecin généraliste dans le quartier populaire Józsefváros (8e arrondissement de Budapest). À la fin de ses études de médecine à Budapest (1919), contre la volonté de son père[1] et alors qu'il a acquis une certaine autonomie à l'égard de sa famille, Balint décide d'adopter un patronyme hongrois, comme beaucoup d'intellectuels et artistes hongrois de son époque[2], marquant ainsi son intégration à la communauté intellectuelle de Budapest. Il choisit pour nom de famille le prénom hongrois «Bálint», d'origine latine, qui correspond au prénom français «Valentin». À la même époque, il se convertit à l'unitarisme, qui, à ses yeux, est «de loin la plus tolérante», des diverses religions chrétiennes installées en Hongrie[réf. nécessaire].

Michael Balint a épousé en premier mariage Alice Székely-Kovács (1898-1939), fille de Vilma Kovács-Prosznitz qui fut l'une des premières psychanalystes hongroises et une proche de Sándor Ferenczi. Balint est analysé par Ferenczi à Budapest, puis Alice et lui choisissent de poursuivre leur formation analytique à Berlin. Michael Balint réalise une analyse didactique avec Hanns Sachs à Berlin, tout en exerçant la profession de chimiste. Il obtient un doctorant en sciences à l'université, tout en étant élève à l'Institut psychanalytique de Berlin.

À son retour à Budapest en 1924, il s'installe comme médecin, tout en reprenant sa psychanalyse avec Ferenczi. Après le décès de celui-ci, Michael Balint dirige à son tour la policlinique psychanalytique que Ferenczi avait fondée en 1931, jusqu'au départ de Michael et Alice Balint pour l'exil en janvier 1939, du fait des circonstances politiques menaçantes en Hongrie. Ils choisissent l'Angleterre, où leur fils John les a précédés, et où John Rickman, membre de la Société britannique de psychanalyse a invité Balint, et cela en dépit des réserves d'Ernest Jones. À ce propos, Michelle Moreau-Ricaud fait l'hypothèse que Jones trouve peut-être Michael Balint trop férenczien[3]. Ils s'installent à Manchester, mais Alice Balint décède en août 1939. Michael Balint fait la connaissance d'Esther Bick qui devient son analysante et qu'il retrouvera à la Tavistock Clinic, il participe régulièrement aux réunions de la Société britannique de psychanalyse à Londres, malgré des déplacements compliqués du fait de l'éloignement, mais aussi de son statut de citoyen d'un pays en guerre[4]. Il sort du relatif isolement qu'il a connu depuis son arrivée, sur le plan psychanalytique, durant les «grandes controverses» scientifiques qui déchirent la SBP de 1941 à 1945, entre kleiniens et annafreudiens. Avec Edward Glover et John Rickman, il s'efforce de promouvoir une solution de sortie de crise tout en conservant de bonnes relations avec chacun des camps antagonistes, et il devient une personnalité de premier plan de la Société britannique de psychanalyse, et favorise, avec Donald Winnicott et Masud Khan, l'émergence du groupe des Indépendants[5], aussi appelé Middle group, dont il est un membre important.

Michael Balint obtient une équivalence de son diplôme de médecin à l'université d'Edimbourg, en 1944, qui lui permet d'exercer en Angleterre. Il s'installe à Londres en 1947, obtient la nationalité britannique, travaille à la Tavistock Clinic entre 1950 et 1961, suit le séminaire sur le groupe animé par Wilfred Bion et John Rickman. Il est également membre du comité de formation de la Société britannique de psychanalyse, et en devient le président en 1969. Il décède en 1970 d'une crise cardiaque.

Les groupes Balint[modifier | modifier le code]

Michael Bálint a institué un dispositif original de séminaire de supervision et de réflexion, destiné aux médecins généralistes, afin de les aider à penser la relation d'aide avec leurs patients dans une perspective clinique d'orientation psychanalytique, puis, par extension, de régulation chez les professionnels du soin et de la relation : les groupes Balint sont été à l'origine du courant clinique d'analyse des pratiques professionnelles que l'on trouve aujourd'hui dans le monde de la santé, de l'éducation, du travail social et de la formation des adultes.

Article détaillé : Groupes Balint.

Théorisations originales[modifier | modifier le code]

  • Définition de trois zones de l'appareil psychique, la zone œdipienne où la thérapie peut s'engager sur le plan verbal, la zone du «défaut fondamental»[6], dans laquelle la thérapie se fait également selon des modalités non-verbales, autorisant en quelque sorte la «régression» thérapeutique du patient, la zone de la création, où selon Balint, le patient est seul.
  • Conceptualisation de deux attitudes à l'égard des objets : l'«ocnophile» est dépendant des objets tandis que le «philobate» est indépendant des objets. Michelle Moreau-Ricaud propose l'idée que cette théorisation puisse prendre un sens en «lien avec la problématique de l’exil […] au “choix” de rester au pays ou au désir d’exil»[7].
  • «Nous n'avons jamais observé de personne congénitalement méchante ou mauvaise, ni de véritable sadique. […] C'est la souffrance qui rend méchant. Les adultes comme les enfants, lorsqu’ils sont méchants ont une raison pour l’être» [8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse, 2 vol, Hachette, Éd. revue et augmentée, 2005, (ISBN 2-01-279145-X).
  • Michelle Moreau-Ricaud, Exil des analystes hongrois lors de la Seconde Guerre mondiale. Le cas de M. Balint, Topique, 80, p. 103-116, 2002.

Œuvres de Michael Balint[modifier | modifier le code]

  • Amour primaire et technique psychanalytique, Payot, 2001 (ISBN 2228893943)
  • Le Médecin, son malade et la maladie, Payot, 2003 (ISBN 2228890472)
  • Techniques psychothérapeutiques en médecine, Payot, coll. "Petite Bibliothèque Payot", 2006 (ISBN 2228901350)
  • La Psychothérapie focale, 1975, Édition : Payot, (ISBN 2228218405)
  • Les voies de la régression, Payot, coll. «Petite Bibliothèque Payot», 2000 (ISBN 2228893196)
  • Le défaut fondamental, Payot, coll. «Petite Bibliothèque Payot», 2006 (ISBN 2228883395)
  • Pédiatrie et psychothérapie (inédit) in "Psychothérapies", Genève, éd. Méd/H, vol 22, 2002, n0 2
  • Sexe et société. Essais sur le plaisirs et la frustration, Payot, 2011, ISBN 222890614X

Œuvres sur Michael Balint[modifier | modifier le code]

  • Michelle Moreau-Ricaud, Michaël Balint : Le renouveau de l'École de Budapest, 2000, Érès, 300 p. (ISBN 2-86586-814-1)
  • Hélène Oppenheim Gluckman, Lire Michaël Balint : Un clinicien pragmatique, Paris, Campagne Première, 2006, (ISBN 2915789258)
  • André Missenard (dir.), L'expérience Balint, Paris, Dunod, 1982, ISBN 2040154221

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Ernst Falzeder, « Wer war Michael Balint? », dans Franz Sedlak (dir.), Beziehung als Therapie, Therapie als Beziehung, München, Ernst Reinhardt,‎ 1992, 196 p. (ISBN 3497012572, lire en ligne), p. 9
  2. Le père de Sándor Ferenczi ou encore Georges Devereux notamment.
  3. Michelle Moreau-Ricaud, Exil des analystes hongrois lors de la Seconde Guerre mondiale. Le cas de M. Balint, Topique, 80, 2002, p. 103-116.
  4. M. Moreau-Ricaud, 2002
  5. E. Rayner, Le groupe des «indépendants» et la psychanalyse britannique, coll. «Histoire de la psychanalyse», Paris, PUF.
  6. Cf. Michael Balint, Le Défaut fondamental, Payot, 1968 (traduction 1971).
  7. M. Moreau-Ricaud, 2002
  8. Cf. Michael Balint, Amour primaire et technique psychanalytique, Paris, Payot, (traduction Judith Dupont et al., 1972.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]