René Laforgue

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René Laforgue.

René Laforgue (5 novembre 18946 mars 1962) est un psychiatre et psychanalyste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Alsace, à Thann, le 5 novembre 1894, René Laforgue est mobilisé dans l’armée allemande en 1914-1918. Il a étudié la médecine à Berlin, mais c'est en France qu'il passe en 1919 sa thèse consacrée à « l'affectivité dans la schizophrénie ».

Parcours psychanalytique[modifier | modifier le code]

Il fait une psychanalyse avec Eugénie Sokolnicka alors chargée de mission pour Sigmund Freud en France. En 1923, il ouvre la première consultation psychanalytique hospitalière en France, à l’hôpital Sainte-Anne dans le service d'Henri Claude.

En 1925, il cofonde la revue L'évolution psychiatrique.

Il crée avec René Allendy et Édouard Pichon, les premiers cercles freudiens en France, qui donneront naissance en 1926 à la Société psychanalytique de Paris dont il fut le premier président. En 1927, il fonde la Revue française de psychanalyse avec entre autres Marie Bonaparte[1], Angelo Hesnard, Charles Odier et Raymond de Saussure.

Il correspond avec Freud, écrit quelques ouvrages de références, notamment Psychopathologie de l'échec, et initie de nombreux psychanalystes, comme par exemple Jean Bergeret ou Françoise Dolto.

1939–1962[modifier | modifier le code]

Il fait figure de référence française de la psychanalyse jusqu'en 1945, date à laquelle il devient un personnage controversé en raison des rapports qu'il a entretenus, et poursuivis pendant la guerre, avec Matthias Göring (psychiatre allemand qui milite contre la « psychanalyse juive », et cousin de Hermann Göring) : entre 1940 et 1942, Laforgue souhaite l'aryanisation à outrance des professions psychothérapiques françaises, c'est-à-dire le renvoi des Juifs, au plan des personnes, et l'élimination de l'influence juive, au plan idéologique[2]. Au printemps 1946, il est acquitté lors d'un procès en épuration du Conseil de l'Ordre de Paris[3]. Il participe cette même année, à la revue Psyché de Maryse Choisy. En 1953, il quitte la société psychanalytique de Paris pour rejoindre la société française de psychanalyse. En 1956, il va alors habiter à Casablanca où il fonde l'Institut de psychanalyse de Casablanca. Il s'intéresse un temps à la Néopsychanalyse.

Reçoit la légion d'honneur en 1953.

Il décède le 6 mars 1962 à Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clinique psychanalytique : conférences faites à l'institut de psychanalyse de Paris, Bibliothèque des Introuvables, 2005, (ISBN 2845752210)
  • Psychopathologie de l'échec, Guy Trédaniel, coll. « Les Œuvres du Dr René Laforgue », 1990, (ISBN 2857076037)
  • Aperçu de l'historique du mouvement psychanalytique en France (1925) et À propos de l'aperçu de l'historique du mouvement psychanalytique en France (1927), (tous deux coécrit avec Angelo Hesnard) rééd.: in l'Évolution psychiatrique, 2007, n° 72 (ISBN 2842998981[à vérifier : ISBN invalide])
  • La Psychanalyse et les névroses (en collaboration avec René Allendy, préface de Henri Claude). Payot, 1924.
  • Relativité de la réalité
  • L'Échec de Baudelaire
  • Au delà du scientisme
  • Les Processus d'Auto-punition (en collaboration avec Angelo Hesnard), Denoël et Steele, Paris, 1931, 83 pp

Références[modifier | modifier le code]

  • Alain de Mijolla, Freud et la France, 1885–1945, Presses Universitaires de France, 2010 (ISBN 2130545157)
  • M.O. Poivet, René Laforgue. Sa place originale dans la naissance du mouvement psychanalytique français. (1978). dirigé par André Bourguignon (Université de Paris Val-de-Marne, Créteil).
  • Martine Lilamand, René Laforgue, fondateur du mouvement psychanalytique français. Sa vie, son œuvre. (1980). dirigé par André Bourguignon (Université de Paris Val-de-Marne, Créteil).
  • Annick Ohayon : Psychologie et psychanalyse en France. L'impossible rencontre 1919–1969, Ed. La Découverte, 2006, (ISBN 2707147796)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Bourgeron: Marie Bonaparte et la psychanalyse. À travers ses lettres à René Laforgue et les images de son temps, Ed. Champion-Slatkine, 1993, ISBN 2051009090
  2. Simon Epstein (2008), Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Albin Michel, collection Bibliothèque Histoire, p.114
  3. copie du jugement dans Roudinesco, 1994, Histoire de la psychanalyse en France, vol 2 : annexes, et pages 165–177.

Liens externes[modifier | modifier le code]