Tréflez

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Tréflez
Tréflez
La mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Saint-Pol-de-Léon
Intercommunalité Haut-Léon Communauté
Maire
Mandat
François André
2014-2020
Code postal 29430
Code commune 29287
Démographie
Gentilé Tréfléziens
Population
municipale
944 hab. (2016 en augmentation de 3,85 % par rapport à 2011 en augmentation de 3,85 % par rapport à 2011)
Densité 60 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 37′ 23″ nord, 4° 15′ 40″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 77 m
Superficie 15,76 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Finistère

Voir sur la carte administrative du Finistère
City locator 14.svg
Tréflez

Géolocalisation sur la carte : Finistère

Voir sur la carte topographique du Finistère
City locator 14.svg
Tréflez

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Tréflez

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Tréflez
Liens
Site web Site officiel de la mairie de Tréflez

Tréflez [tʁeflɛz] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'anse de Kernic dans la seconde moitié du XVIIIe siècle (carte de Cassini)

La commune de Tréflez est située sur le littoral de la Manche, dans le Léon, dans la partie nord du département du Finistère. Son littoral plat borde la partie sud-est de la Baie de Goulven (dite aussi Grève de Goulven, anciennement dénommée aod sant C'houevrog en breton, "grève de saint Guévroc" en français) et est partiellement recouvert par les dunes de Keremma, peu élevées (9 mètres au maximum) aménagées au XIXe siècle par Louis Rousseau. « Partout sous ces dunes, fossilisé depuis plus d'un millénaire, apparaît un vieux sol agricole portant les traces d'une exploitation humaine ancienne : alignement de blocs de pierre, restes de talus, rigoles d'une étonnante fraîcheur »[1].

Article détaillé : Dunes de Keremma.

Mais la commune est surtout une commune rurale : le bourg est d'ailleurs situé dans l'intérieur des terres, vers une trentaine de mètres d'altitude. Le relief est un plateau lentement incliné vers la mer, les altitudes les plus élevées se rencontrant dans la partie sud du finage communal, atteignant au maximum 77 mètres dans l'angle sud-est, près du hameau de Prat Coz ; la partie nord de la commune est un ancien palud dont le nom a subsisté dans celui de certains lieux-dits comme "palud Lannevez" et "palud Ker Emma". La commune est délimitée par deux petits cours d'eau, à l'ouest le petit fleuve côtier la Flèche la sépare de Goulven et à l'est le Frout la sépare de Plounévez-Lochrist (sauf dans sa partie aval où ledit Fout traverse la partie nord de la commune pour rejoindre la Flèche dont c'est un affluent).

La commune présente pour l'essentiel un paysage de bocage avec un habitat dispersé en de nombreux hameaux dénommés localement villages.

La route principale, traversant la partie nord de la commune, est la D 10 qui vient de Saint-Pol-de-Léon à l'est et se dirige vers Plouguerneau à l'ouest : le bourg et les parties intérieures ne sont desservis que par des routes secondaires.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attesté sous les formes Tribus Lesie au XIe siècle, Gwintles en 1330 avec un Gwit- (village au sens restreint et non de l'ensemble du territoire paroissial ou administratif breton), Trefflez en 1426.

Tréflez dérive de Tref- désignant une paroisse, une Trève ou entité administrative bretonne originelle et -lez rappelant une cour, une assemblée, ou ensemble de personnes gravitant autour d'un chef.

Trelez en breton.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Tréflez est une paroisse issue du démembrement de la grande paroisse de l'Armorique primitive de Plounévez-Lochrist, elle-même issue d'un démembrement d'une grande paroisse encore plus ancienne, celle de Plouider. Son chef-lieu primitif se trouvait au village de Coz-Ilis (en français "Vieille Église")[2].

Selon certains historiens, notamment Daniel Miorcec de Kerdanet, c'est au fond de la Baie de Goulven, sur le territoire de Tréflez, à l'emplacement du manoir de Coat Lez, que se trouvait le château d'Ausoche ou Ausoch, habité par le comte de Léon Ausoch dont la fille Prizel, aurait épousé Judaël, roi de Domnonée et serait la mère de saint Judicaël, qui fut lui aussi roi de Domnonée avant d'abdiquer et de se retirer au monastère Saint-Jean-de-Gaël[3].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le manoir de Coat Lez appartenait à la famille de Coatlez, dont le membre le plus connu fut Rolland de Coatlez, aumônier et secrétaire de Charles de Blois[5]. Cette famille s'est ensuite fondue, par mariages successifs des héitières, dans celles du Chastel, puis de Kerimel, de Boiséon et de Poulpiquet[2].

En 1618, René Barbier, marquis de Kerjean, était aussi seigneur de Lanarnuz, paroisse de Tréflez[6]. Ses ancêtres habitaient déjà à Lanarnuz : par exemple vers 1420, Sibille Pilguen épousa Jean Barbier, seigneur de Lanarnuz[7]. Les premiers ancêtres connus de la famille Barbier sont Jacques et Richard Barbier, cités en 1324 dans le sauf-conduit donné par le roi Édouard II au comte de Richemont ; Guillaume Barbier, seigneur de Lanarnut [Lanarnuz], cité dans la montre du comme sergent à pied dans la compagnie d'Arnaud de Lavedan à Vic ; Guillaume Barbier, arbalétrier, et Alain Barbier, écuyer (ils figurent dans les montres de 1378 et 1382)[8].

L'époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Trefflès [Tréflez] de fournir 17 hommes et de payer 111 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[9].

La coupe et le ramassage du goémon : la querelle avec Plounévez-Lochrist[modifier | modifier le code]

La collecte du goémon a suscité pendant des siècles de nombreuses querelles entre les habitants des paroisses littorales, comme l'écrit Antoine Favé :

« Du Corréjou à l'anse de Kernic, nous sommes sur les lignes d'un littoral aussi fertile en discussions héroïques, en batteries classiques, en procès interminables, qu'en gros temps et mauvais temps. Les administrateurs, les juges, les agents vigilants de la douane et de la maréchaussée, furent bien souvent mis sur les dents par les disputes, maintes fois meurtrières, de Plounéour-Trez, Goulven, Tréflez, Plounévez-Lochrist, Cléder, au sujet des délimitations de territoires et de questions de propriété touchant cette question vitale de la récolte du goémon[10]. »

Augustin Bonnevez, recteur de Plounévez-Lochrist, dans une lettre du adressée à l'évêque de Léon Jean-François de La Marche en réponse à son enquête sur la mendicité, écrit (l'orthographe de l'époque a été respectée) :

« Par les ordonnances de la Marine, il est défendu aux habitants de recueillir ailleurs que dans l'estendue des côtes de leurs paroisses et de les vendre aux forains [étrangers à la paroisse] à peine de 50 livres d'amende et de confiscation des chevaux et harnois. Cet article cause beaucoup de querelle et de batterie [dispute violente] entre mes paroissiens et ceux de Tréflez, qui ont des Roches vis-à-vis de leurs paroisses sur lesquelles il croît du goesmon que mes paroissiens leur oppose d'aller couper, fondez sur ce qu'il y a une langue de terre de ma paroisse qui avance dans la mer et sépare la côte de Tréflez de la grande mer ou sont ces roches. Il y a deux ou trois ans que ceux de Tréflez firent signifier à mes paroissiens et à ceux de Goulven une défense de couper du goesmon sur les Roches, ce qui occasionna une baterie sur la grève. (...) Les notables de l'une et l'autre paroisse se donnèrent assignation pour terminer ce différent. (...) Il est certain que sur la gresve qui est du costé de Tréflez, la mer jette du gouesmon plus qu'il n'est besoin. La raison qui les porte à vouloir aller aussy à la couppe est pour en vendre aux forains, ce que font tous les habitants de cette coste, tant de la paroisse de Plounéour-Trez que de Goulven, Tréflez, Plounévez et Plouescat, et autres, et cela parce que le bois de chauffage manque beaucoup à la coste et que ceux qui vendent du gouesmon acheptent ordinairement du bois à ceux à qui ils le vendent. Je ne vois pas à quoy aboutit la défense de vendre du gouesmon aux forains (...)[10]. »

Goémonier sur les dunes de Keremma vers 1900

Cette querelle s'est poursuivie longtemps, comme en témoigne une délibération du conseil municipal de Plounévez-Lochrist en date de messidor an XII (l'orthographe de l'époque a été respectée) :

« Le Conseil municipal de Plounévez-Lochrist assemblé relativement aux troubles portés par les habitants de Tréflez à ceux de Plounévez-Lochrist; en la pocession et droits de ces derniers de couper des goémons sur différents rochers qui avoisinent les deux communes et qu'elles prétendent l'une et l'autre leur appartenir, observe que si, conformément aux anciennes Ordonnances non abrogées, les Rochers fréquentables à gué et qui se trouvent vis-à-vis d'une commune lui appartient, la presque totalité des Rochers dont Tréflez veut évincer Plounévez lui appartient (...) puisque les Rochers prennent source à Guévroc, cy-devant chapelle dépandant de Plounévez. Mais en accorant ces Rochers à Plounévez, ce serait priver la commune de Tréflez, très petite mais agricole, d'un engrais qui lui est nécessaire. Ça toujours été le motif qui a déterminé Plounévez à laisser jouir Tréflez en indivis avec elle des Rochers qui forment encore aujourd'hui la contestation ; mais si c'est faire un tort considérable à l'agriculture de priver Tréflez des Rochers vis-à-vis Guévroc, que seroit-ce donc si la demande extravagante de Tréflez lui était accordée, puisque Plounévez, quatre fois plus considérable en étendue que ne l'est Tréflez, est aussi plus agricole proportionnellement, et cependant Tréflez a la folie de prétendre à la totalité de ces rochers[10]. »

À la suite d'une enquête organisée par une circulaire du du préfet du Finistère, le conseil municipal de Tréflez répond (l'orthographe de l'époque a été respectée) :

« Les pauvres ont la faculté de couper du goëmon deux jours avant les autres habitants[10]. »

Tréflez en 1778[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Tréflez en 1778 :

« Treffles, sur une hauteur ; à 4 lieues et demie à l'ouest de Saint-Pol-de-Léon, son évêché ; à 45 lieues de Rennes et à 1 lieue trois-quart de Lesneven, sa subdélégation. La paroisse compte 1 200 communiants[11]. La cure est présentée par l'Évêque. Le territoire, borné au nord par la mer, à l'endroit nommé l'"Ance de Goulven", est coupé par un bras de mer, et passe pour être un des plus fertiles de la province[12] »

Révolution française[modifier | modifier le code]

Pendant la Terreur, par 61 voix contre 6, une assemblée des notables de Tréflez, apeurés, demanda que tout culte soit immédiatement supprimé[13].

Le recteur de Tréflez, Ollivier Cloarec, insermenté, fut emprisonné, puis émigra à Jersey, d'où il revint le pour desservir à nouveau sa paroisse de Tréflez, avant d'être ensuite recteur de Plouguerneau[14]. Son vicaire Jean Maudir prêta le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé et fut nommé curé constitutionnel de Plougar[15]

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'aménagement des dunes et des marais de Keremma[modifier | modifier le code]

L'assèchement des marais de Tréflez, acquis par Augustin Tuncq (lequel, général commandant les côtes de Brest, acquis une triste réputation pendant la Révolution française par les scènes de brigandage qu'il organisa ; il pourchassa notamment les prêtres de la région qui s'opposaient à ses projets[16]) et Soufflès-Desprez, commença avant la Révolution française[17].

En 1822, Louis Rousseau[18] achète, sur la côte de Tréflez, les dunes et marais de Keremma, 300 ha de terres jadis couvertes par la mer, sablonneuses , marécageuses et imprégnées de sel. Il fait à partir de 1823 surélever la dune pour protéger l'arrière et y fait pousser des plantes pour la fixer ; il fait aussi édifie une digue de 700 mètres de long et 5 mètres de haut, qui fut plusieurs fois détruite par la tempête avant même d'être achevée , et à nouveau en février 1828, deux ans après son achèvement[19],[20].

Article détaillé : Dunes de Keremma.

L'aménagement et l'entretien du domaine de Keremma fut poursuivi après le décès de Louis Rousseau en 1856 par ses fils, et notamment par Armand Rousseau, devenu possesseur de la majeure partie du domaine familial[21].

L'abbé Jacques Picart[22] est nommé recteur de Tréflez en 1833. Tombé, a-t-il écrit, au milieu d'« une population, ignorante presque jusqu'à la barbarie », qui a perdu le sens du bien et du mal (les mariages précipités y étaient par exemple fréquents, « Tous les dimanches de l'année, ce sont des jeux bruyants et tumultueux, des danses, des courses des deux sexes mêlés »), il y mit bon ordre : « Tout Tréflez (...) s'engage dans les voies de la vertu austère, de la dévotion » et le recteur fait fortement aidé par le maire Louis Rousseau, cet ancien saint-simonien et aménageur des dunes de Keremma, que Jacques Picart parvint à convertir dès 1834, obtenant la rétraction publique de ses idées saint-simoniennes, et qui multiplia à partir de cet instant ses preuves de dévotion[23]. L'abbé Jacques Picart fut nommé en 1838 recteur de Plounéour-Ménez.

Tréflez vers le milieu du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1833, le recteur de Trélez dénonce « l'état déplorable de la foi à Tréflez et les habitudes criminelles de toutes espèces ». Selon lui, la population a « un bon fond de docilité », mais elle est « archi ignorante » du christianisme et à l'église on a l'habitude de « causer comme (...) dans une cohue ». Quant aux mœurs, elles vont « presque jusqu'à la barbarie » : viols, crimes, suicides et beaucoup de « mariages pressés », (...) « il n'y a point une paroisse aussi peu réglée dans les environs »[20].

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Tréflez en 1845 :

« Tréflez, commune formée par l'ancienne paroisse de ce nom, aujourd'hui succursale. (...). Principaux villages : Lanarhouézou, Keroulgan, Lanarnus, le Bally, Coatlès, Kervelloc. Maison importante : manoir de Lannévez. (...). Moulins à eau de Lanarnus, de Lescoat, de Parc-Coz, de Coatlez. Le bourg de Tréflez est construit sur une élévation qui domine l'Anse de Goulven. Entre les deux s'étend un fertile marais conquis sur la mer il y a environ soixante-dix ans, et qui couvre de 150 à 200 ha. M. Rousseau a été, selon Cambry, le premier qui ait tenté ces envahissements sur le domaine de l'océan. Géologie : gneiss. On parle le breton. »

— A. Marteville et P. Varin, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne[24]

Les tensions avec le maire de l'époque et la création de l'école privée de Tréflez[modifier | modifier le code]

En 1850, le maire de Tréflez, Corre, un républicain, donna un grand coup de pied au recteur. L'Évêque jeta l'interdit sur l'église paroissiale et les fidèles durent se rendre dans les paroisses voisines pour assister aux offices religieux[20].

En 1850, deux religieuses de la Congrégation de l'Immaculée Conception de Saint-Méen, sœur Sainte-Marie et sœur Marie-Josèphe, créent, à l'initiative de Louis Rousseau, un orphelinat et une école (fréquentée en 1851 par 16 petites filles ne parlant que le breton), mais celle-ci est éloignée de 3 km du bourg de Tréflez et le recteur de Tréflez, Barbier, ainsi que les religieuses, souhaitait vivement que l'école soit transférée au bourg dans une maison dont la construction est financée par Louis Rousseau, ce qui fut fait en janvier 1852, l'établissement prenant le nom d'"Asile de Nazareth". Marie-Anne Olivier, originaire de Tréflez, en religion sœur Édiltrude, dirigea l'école pendant plus de trente ans[25],[19].

La seconde moitié du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1892 à Tréflez des hommes furent privés d'absolution, ayant commis un péché mortel selon le recteur, car ils avaient voté pour les républicains[20].

En 1896, un document indique que les sœurs de l'Immaculée Conception de Saint-Méen assistaient et soignaient gratuitement les malades de Tréflez à domicile[26].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

Les paroissiens de Tréflez participèrent nombreux au pèlerinage des écoles libres du au Folgoët, qui servit aussi de lieu de protestation contre la fermeture des écoles privées congréganistes. Le journal La Lanterne de Boquillon écrit : « En tête des habitants de Tréflez, derrière le cortège, vient M. Pichon, sénateur, maire de la commune »[27]. Le sénateur Pichon prit aussi la tête d'un mouvement de protestation des maires du Finistère contre la surveillance du clergé à propos de l'emploi par celui-ci de la langue bretonne imposée par une circulaire ministérielle[28], mais bien que vigoureusement hostile à la politique anticléricale d’Émile Combes, il joua un rôle modérateur lors des violents incidents qui en 1902 marquèrent le renvoi des religieuses de leurs écoles, notamment à Ploudaniel, Saint-Méen et Le Folgoët où enseignants, parents et villageois s’étaient barricadés dans les écoles[19].

Le , Segalen, vicaire à Tréflez, fait partie des 31 prêtres du diocèse de Quimper dont les traitements[29] sont retenus par décision du gouvernement Combes « tant qu'ils ne feront pas emploi de la langue française dans leurs instructions et l'enseignement du catéchisme » car ils utilisaient le breton[30].

Répondant en 1904 à une enquête de l'inspection académique, un instituteur de Tréflez écrit que « les neuf-dixièmes des habitants parlent ou comprennent assez bien le français », même s'ils s'expriment couramment en breton[31].

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Tréflez porte les noms de 63 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale : parmi eux 5 (Joseph Caradec, Jean Carré, Auguste Chadaillat, Jean Quélennec, Goulven Roudaut) sont morts en Belgique ; 1 (Yves Allain-Launay, décoré de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre) est mort en Serbie dans le cadre de l'expédition de Salonique ; deux (Antoine Bescond, Yves Roué) sont des marins disparus en mer ; les autres sont décédés sur le sol français dont René Avelot (décoré de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre), Joseph Ily (décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre), Jean Le Borgne (décoré de la Croix de guerre)[32].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

François Pouliquen, recteur de Tréflez entre 1925 et 1954, sous le pseudonyme de « Fanch Couer », assura la partie agricole et bretonnante du journal Courrier du Finistère, dirigé par René Cardaliaguet, ; il jouissait d'une fameuse réputation vers le milieu du XXe siècle : « véritable « roi » de la paroisse (« maître de tout »), et donc du village, monarque flamboyant, autoritaire, malin, hâbleur, vaniteux même, mais réellement bon quoique pas toujours équitable »[33] ; pendant la Seconde Guerre mondiale il eût dans l’ombre une activité résistante.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La tombe de Samuel Millen, un aviateur britannique tué aux abords de la baie de Goulven le se trouve dans le cimetière de Tréflez[34].

Le , la Wehrmacht tua par balles 8 personnes sans motif apparent[35].

L'après Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'abbé Joseph Cosquer fut recteur de la paroisse de Tréflez entre février 1959 et août 1973[36] ; l'abbé Pierre Bellec le fut ente 1991 et 1999[37].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1803 1804 Grignon    
         
1809 1829 Alain Pinvidic[38]   Propriétaire cultivateur
1832 1844 Louis Rousseau[18]   Père d'Armand Rousseau et aménageur des dunes et marais de Keremma.
1845 1865 Corre[39]    
1866 1867 Louis Félix[40]   Propriétaire cultivateur
1868 1876 Jean Marie Le Goff[41]   Cultivateur
1876 1883 Louis Marie Grignou[42]   Propriétaire cultivateur
1884 1892 Jean Marie Le Goff   Déjà maire entre 1868 et 1876
1893 1900 Jean Corre[43]   Cultivateur
1900 1911 Louis Gabriel Pichon   Petit-fils de Louis Rousseau, maire entre 1832 et 1844. Député en 1897, sénateur entre 1900 et 1916
         
1919 1922 Goulven Corre[44]    
1922 1925 Pierre Le Goff    
1925 1929 François Corre    
1929 1934 Paul Pichon    
1935 1945 Yves Marie Roué    
1945 1977 André Cabon[45] Divers droite  
1977 1983 Pierre Lelong UDR Ancien député du Finistère, Ancien ministre
1983 1989 Louis Pichon[46]   Général. Petit-fils de Louis Gabriel Pichon, maire entre 1900 et 1911 et fils du général Jules Pichon.
1989 1994 Pierre Lelong UDR  
1994 2001 Jean Cabon    
2001 2008 Jean Kerdoncuff[47]   Contrôleur à la Mutualité sociale agricole
2008 En cours François André DVG Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution de la population  [ modifier ]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
1 0021 1821 2281 2811 3711 4991 5421 4971 433
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 3721 4031 3941 4471 3701 3461 3101 2671 284
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 3131 3621 2561 2291 2351 2451 2361 0761 057
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012 2016
966872826763760862876911944
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[48] puis Insee à partir de 2006[49].)
Histogramme de l'évolution démographique

Chiffres récents (publiés par la communauté de communes de Morlaix) :

  • 2002 : 8 naissances et 9 décès ;
  • 2003 : 7 naissances et 12 décès ;
  • 2004 : 7 naissances et 16 décès ;
  • 2005 : 12 naissances et 13 décès ;
  • 2006 : 10 naissances et 9 décès ;
  • 2007 : 17 naissances et 9 décès ;
  • 2008 : 12 naissances et 14 décès ;
  • Célibataires : 30,6 % de la population ;
  • Couples mariés : 55,5 % de la population ;
  • Divorcé(e)s : 3,9 % de la population ;
  • Veufs / veuves : 10 %.

Évolution du rang démographique[modifier | modifier le code]

Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[50] 1975[50] 1982[50] 1990[50] 1999[50] 2006[51] 2009[52] 2013[53]
Rang de la commune dans le département 187 172 191 199 190 198 195 196
Nombre de communes du département 286 283 283 283 283 283 283 283

Superficie[modifier | modifier le code]

15,76 km2.

Données économiques[modifier | modifier le code]

  • Le taux de chômage en 2007 était de 7,4 % et, en 1999, il était de 9 %.
  • Les retraités et les préretraités représentaient 24,2 % de la population en 2007 et 29 % en 1999.
  • Le taux d'activité était de 75,3 % en 2007 et de 65,2 % en 1999.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

  • L'église paroissiale Sainte-Ediltrude, dédiée à sainte Ediltrude[54] ; reconstruite en 1726, son clocher à galerie de style Beaumanoir date de 1776.
  • La fontaine Saint-Ediltrude, appelée aussi localement fontaine Santez Ventroc[55] : elle est située au lieu-dit Coz-Illis ; datant du XVIIIe siècle, elle est invoquée pour les maux de ventre, les rhumatismes et on faisait boire son eau aux enfants tardant à marcher.
  • La chapelle Sainte-Anne, située dans le cimetière.
  • La chapelle Saint-Guévroc (saint Guvroc), abandonnée à la fin du Moyen Âge, dégagée du sable des dunes de Keremma en 1871-1872[1], fut restaurée entre 1895 et 1897.
  • La stèle christianisée de saint-Guvroc.
  • Le manoir de Coat Lez, à l'abandon.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Événements[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative d'Armand Rousseau dans le cimetière de la commune.
  • Pardon de Tréflez, chaque année le 23 juin.
  • Nuit des étoiles[56].
  • Concours de pêche, chaque année une édition en juillet et une édition en août (parking d'Enez Vian - ancien poste de secours).

Vie associative[modifier | modifier le code]

  • Association des plaisanciers.
  • Amicale des maquettistes de la Côte des Légendes.
  • Comité de jumelage.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b René Sanquer, Les fouilles de la chapelle Saint-Guévroc en Tréflez (Finistère), "Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France", 1982, consultable http://www.persee.fr/doc/bsnaf_0081-1181_1982_num_1978_1_8715
  2. a et b http://www.infobretagne.com/treflez.htm
  3. Daniel Miorcec de Kerdanet, « Le château d'Ausoche », dans Le lycée armoricain, (lire en ligne).
  4. "Bulletin de la Société archéologique, historique littéraire & scientifique du Gers", juillet 1984, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6576762q/f93.image.r=Tr%C3%A9flez?rk=1759665;2
  5. René Kerviler, "Répertoire général de bio-bibliographie bretonne", livre premier, "Les bretons", 1886-1908, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6116498p/f176.image.r=Coatlez?rk=386268;0
  6. Pol Potier de Courcy, "Nobiliaire et armorial de Bretagne", tome 1, 1890, consultable https://fr.wikisource.org/wiki/Nobiliaire_et_armorial_de_Bretagne/B
  7. Joseph-Marie de Kersauson de Pennendreff, "Histoire généalogique de la maison de Kersauson", 1886, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55649073/f208.image.r=Lanarnuz?rk=21459;2
  8. Gustave Chaix d'Est-Ange, "Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle", tome 2, 1904, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111995g/f305.image.r=Lanarnuz?rk=85837;2
  9. >"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f8.image.r=Plovan
  10. a b c et d Antoine Favé, « Les faucheurs de la mer en Léon (récolte du goémon aux XVIIème et XVIIIème siècles) », Bulletin de la Société archéologique du Finistère,‎ (lire en ligne).
  11. Personnes en âge de communier
  12. Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 4, 1778, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist04og
  13. Armand René du Châtellier, "Brest et le Finistère sous la Terreur", 1858, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6569249s/f93.image.r=Tr%C3%A9flez
  14. Louis-François-Bernard Kerné, "Saint-Joseph, autrefois Bel-Air, maison de repos pour les prêtres âgés et infirmes, à Saint-Pol-de-Léon", 1891, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6112450m/f335.image.r=Tr%C3%A9flez?rk=1866962;0
  15. "Le clergé séculier dans le Finistère en 1790", https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1941.pdf
  16. Augustin Tuncq, né le à Conteville (Somme), décédé le à Paris, fut général pendant la Révolution française, voir Le Guennec 1979
  17. Le Guennec 1979
  18. a et b Louis Jean Népomucène Marie Rousseau, né le à Angerville, officier de Marine français et vétéran des guerres napoléoniennes, socialiste utopique, théoricien du catholicisme social, décédé le à Tréflez
  19. a b et c Paul Meunier, « Keremma, un site, un homme, une famille » [PDF], sur adu-brest.fr
  20. a b c et d Jean Rohou, Catholiques et Bretons toujours ? (Essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne), Brest, Dialogues, (ISBN 978-2-918135-37-1)
  21. Journal des débats politiques et littéraires, n° du 22 janvier 1897, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4686357/f2.image.r=Tr%C3%A9flez
  22. Jacques Picart, né en 1802 à Taulé, ordonné prêtre en 1827
  23. Yves Le Gallo, Clergé, religion et société en Basse-Bretagne. De la fin de l'Ancien Régime à 1840, Les éditions ouvrières (lire en ligne).
  24. A. Marteville et P. Varin, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, t. 2, (présentation en ligne)
  25. Henri Fouquerai, "La mère Saint Félix : fondatrice des sœurs de l'Immaculée-Conception de Saint-Méen, 1789-1874", 1924, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9762045c/f105.image.r=Tr%C3%A9flez
  26. La France charitable et prévoyante : tableaux des œuvres et institutions des départements, numéro 1, 1896, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5802221d/f627.image.r=Bourg-Blanc.langFR
  27. Journal La Lanterne de Boquillon , n° du 5 octobre 1902, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6144148z/f17.image.r=Tr%C3%A9flez
  28. Journal La Croix du 19 novembre 1902, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2198734/f1.image.r=Tr%C3%A9flez?rk=150215;2 et du 30 novembre 1902, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k219883g.r=Tr%C3%A9flez?rk=128756;0
  29. En vertu du Concordat, les prêtres étaient alors payés par l'État
  30. Journal La Croix no 6064 du 18 et 19 janvier 1903, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2199243/f1.image.r=Pouldreuzic.langFR
  31. Fanch Broudic, L'interdiction du breton en 1902, Coop Breizh, (ISBN 2-909924-78-5)
  32. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=17653
  33. Paul Meunier, "Fañch Couer, un recteur en son royaume", éditions Skol Vreiz, 2008
  34. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=990233
  35. Luc Capdevila, "Les Bretons au lendemain de l'Occupation", Presses universitaires de Rennes, 1999, consultable http://books.openedition.org/pur/8869?lang=fr
  36. « Nécrologie : Joseph Cosquer ancien recteur », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  37. « Plouescat », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  38. Alain Pinvidic, baptisé le à Tréflez, décédé le à Bediez en Tréflez
  39. Plusieurs Corre possibles : Vincent ou François Corre
  40. Louis Jules Félix, né le à Eu (Seine-Maritime), enseigne de vaisseau lors de son mariage à Brest en 1816, décédé le à Lannévez en Tréflez
  41. Jean Marie Le Goff, né le à Tréflez, décédé le à Ty Nevez en Tréflez
  42. Louis Marie Grignou, né le à Tréflez, décédé le à Leur ar C'halvez en Tréflez
  43. Jean Marie Corre, né le à Tréflez, décédé le à Goulannou en Tréflez
  44. Goulven Corre, né le à Coat Lez en Tréflez
  45. André Cabon, décédé en 2007 à Tréflez
  46. Louis Pichon, né en 1916 à Keremma en Tréflez, évadé en 1943 pour rejoindre les rangs des Forces françaises libres, membre de l'état-major particulier du général De Gaulle lors de sa présidence, décédé en octobre 2002 à Brest, voir http://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20021016&article=5136348&type=ar
  47. Jean Kerdoncuff, né en 1948 à Plougastel-Daoulas, décédé en juillet 2014 à Bel Air en Tréflez, voir http://www.letelegramme.fr/finistere/treflez/necrologie-deces-de-jean-kerdoncuff-ancien-maire-de-la-commune-31-07-2014-10280828.php
  48. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  49. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  50. a b c d et e INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le 10 janvier 2016).
  51. INSEE, « Populations légales 2006 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
  52. INSEE, « Populations légales 2009 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
  53. INSEE, « Populations légales 2013 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
  54. Sainte Ediltrude est aussi connue sous les noms de Ventroc, Gwentrog, Etheldrède, Audrey d'Ely, voir https://nominis.cef.fr/contenus/SainteAudrey.pdf
  55. L'église disparue de l'ancienne paroisse de Bréventec lui était dédiée.
  56. La nuit des Étoiles
  57. https://www.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/33b4c786a3b7a60531b052bccaa488a1.pdf
  58. http://data.bnf.fr/14602555/jules_pichon/
  59. http://txtnet.com/jpichon/acceuil.asp et http://www.txtnet.com/jpichon/toile.asp?depuis=wanted&num=6&nb=8

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Louis Le Guennec, Le Finistère monumental, vol. 1 : Morlaix et sa région, (ISBN 2-901935-02-X (édité erroné), notice BnF no FRBNF34731095, lire en ligne [PDF])