Dunes de Keremma

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La chapelle Saint-Guevroc sur le site des dunes de Keremma.

Le site des Dunes de Keremma, situé dans le nord Finistère sur les communes de Tréflez et Plounévez-Lochrist, est le plus grand cordon dunaire de Bretagne. D'une superficie d'environ 185 hectares, il est la propriété du conservatoire du littoral depuis 1987[1].

Historique[modifier | modifier le code]

L'anse de Kernic dans la seconde moitié du XVIIIe siècle (carte de Cassini)

Son histoire commence en 1823. Louis Rousseau[2] (fils d'un maître de poste de la Beauce et père d'Armand Rousseau), achète 600 arpents (environ 300 hectares) de terres marécageuses pour 4 000 francs de l'époque afin de les transformer et de les cultiver. Transformer des marais inondables en bonne terre agricole est un projet complexe, nécessitant la fixation des dunes et la maîtrise des eaux. Dans un premier temps, afin de stabiliser les sols, il effectue, avec l'aide de la population locale, de nombreuses plantations d'arbres et sème de l'herbe pour fixer le sable. Afin de pérenniser son projet, en 1824, il fait construire une digue de 700 m, inaugurée le 14 juillet 1825 jour de la naissance de son fils Armand, digue qui assèche environ 400 hectares de terre, connues aujourd'hui sous le nom de terres de Lannevez. Louis Rousseau baptise son projet Ker-Emma (« village d'Emma ») en 1824 du prénom de son épouse[3].

Vers 1830, Louis Rousseau adhère au saint-simonisme, devenant même le chef de l'« église de Brest », forte de ... 3 membres, puis se convertit au fouriérisme et finalement au catholicisme social, prônant l'alliance de la religion et de la science, il prendra cependant rapidement ses distances avec la religion[4].

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Ses idées sociales et le prestige acquis grâce à son œuvre agricole expliquent qu'il devient maire de Tréflez entre 1830 et 1837. Presque 20 ans plus tard, en 1842, les dunes étant stabilisées, les premiers agriculteurs s'installent enfin sur le site. Mais ses idées paternalistes finissent par indisposer les populations locales ; après la mort de Louis Rousseau en 1856, la commune de Tréflez intente même un procès contre l'usurpation des terres communales[5].

Un blockhaus en bord de mer.

Après la Seconde Guerre mondiale où les troupes d'occupation ont installé des blockhaus, le site est laissé à l'abandon et devient en partie une décharge. Le tourisme de masse présente également un danger pour les dunes puisque le camping sauvage, le passage de véhicules érodent le sol et menacent l'intégrité du site. Pour protéger les lieux, le conservatoire du littoral devient propriétaire d'une première parcelle de 110 hectares le 10 juillet 1987 à la suite d'un don des héritiers Rousseau. Par la suite, par le jeu des acquisitions, le conservatoire se portera acquéreur d'environ 80 hectares de terre supplémentaires.

La chapelle Saint-Guevroc[modifier | modifier le code]

Consacrée à saint Guevroc, dit aussi saint Guirec, et laissée à l'abandon à la Renaissance et recouverte par le sable, la chapelle Saint-Guevroc, datée du VIe siècle[6], y a été redécouverte en 1872 et restaurée entre 1895 et 1896[7]. Une fois par an la famille Rousseau s'y réunit à l'occasion d'un office religieux [8]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les dunes, propriété du conservatoire du littoral
  2. Louis Jean Népomucène Marie Rousseau, né le à Angerville, officier de Marine français et vétéran des guerres napoléoniennes, socialiste utopique, théoricien du catholicisme social, maire de Tréflez entre 1832 et 1844, décédé le à Tréflez
  3. http://www.utl-kreizbroleon.fr/crconf/conf1213/rouseau.html
  4. Paul Meunier, « Keremma, un site, un homme, une famille », consultable http://www.adu-brest.fr/TREFLEZ.pdf
  5. « Journal de la Bretagne des origines à nos jours », Larousse, 2001, [ (ISBN 2-03-575097-0)]
  6. [1]
  7. Histoire de la chapelle Saint-Guvroc
  8. « La dune d'Emma et le polder de Louis Rousseau », Le Monde,‎ , p. 16