Récolte du goémon

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La récolte du goémon en Bretagne *
UNESCO-ICH-blue.svg Inventaire du patrimoine culturel
immatériel en France
Récolte du goémon - Cadel
Récolte du goémon - Cadel
Domaine Savoir-faire
Lieu d'inventaire Bretagne
* Descriptif officiel Ministère de la Culture et de la Communication (France)

La récolte du goémon est une pratique rythmant l’économie de la Bretagne et constituant une branche professionnelle à part entière. Aujourd’hui, la principale méthode de ramassage des algues est la récolte mécanisée par des navires goémoniers embarqués en pleine mer. Cependant la pratique traditionnelle veut que les goémons soient ramassés à la main sur les côtes lors d’une pêche à pied. Elle reste moins pratiquée. Si le goémon est ramassé sur toutes les côtes bretonnes, la majeure partie de sa production se fait dans le Pays du Léon (Finistère Nord), entre la baie de Morlaix et la rade de Brest. Depuis le XIXe siècle, la Bretagne est la première région productrice d’algues en France.

La récolte du goémon en Bretagne est une pratique inscrite à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Île de Sein - Femmes partant à la récolte du goémon
Récolte du goémon à Sainte-Marguerite (Loire-Inférieure)

L’usage des algues en Bretagne remonte surement à une période très ancienne (Néolithique), mais il n’est attesté qu’au Moyen Âge. Par la suite, cette ressource maritime vient compléter l’économie agricole. Le goémon sert d’engrais, d’aliment pour les vaches, ou de combustible.

Mais dès le XVIIe siècle, on associe au goémon une production industrielle. La combustion des algues permet de produire de la soude pour la fabrication de verre et plus tard de l’iode. La production s’intensifie, et la main d’œuvre spécialisée dans le goémon s’accentue. La récolte devient une activité professionnelle à part entière. Les méthodes restent cependant assez archaïques jusque dans les années 1960. Dans les années 1970, le matériel et les techniques se modernisent, les bateaux sont désormais motorisés. Ils sont plus performants et offrent plus de rendement. Mais cela demande moins de main d’œuvre et le métier commence à décliner. Si en 1945 on comptait 3000 goémoniers, il n’en restait que 35 en 2013[2].

La production réalisée à partir des algues s’est également diversifiée.

Récolte du goémon[modifier | modifier le code]

Ramassage du goémon
Article détaillé : Goémonier.

A l’origine, la récolte du goémon se fait à pied, dans les grèves pour le goémon épave, ou sur les rochers à marée basse pour le goémon de rive. Il était ensuite utilisé comme combustible, engrais ou nourriture dans les familles de paysans qui souhaitent compléter leur activité.

Pour les besoins de l’industrie, la récolte se professionnalise à partir du XVIIIe siècle. On extrait alors des goémons brulés l’iode utilisée en pharmacie. Les goémoniers étaient chargés de récolter le goémon en mer et de l’apporter à l’usine. C’est cette dernière qui s’occupait de tout le processus de transformation. Les années 1960 voient la demande pharmaceutique et alimentaire augmenter. Mais cela est comblé par la modernisation des équipages qui deviennent plus productifs. La pêche à pied disparait peu à peu.

Aujourd’hui, la récolte n’est pratiquée que dans le cadre professionnel pour répondre aux besoins de l’industrie. Elle s’effectue encore quelques fois à pied. Si la récolte s’est modernisée, la pratique reste ancrée dans le mode de vie breton et marque l’identité du territoire. Elle continue cependant d’évoluer avec les nouveaux usages qui sont faits des algues (alimentation notamment).

Usages du goémon[modifier | modifier le code]

Après la récolte, le goémon est trié, séché ou brûlé. Il ne peut être utilisé dans son état naturel.

Usage domestique traditionnel[modifier | modifier le code]

  • Combustible (jusqu’à la Seconde Guerre mondiale)
  • Engrais (usage aujourd’hui réduit)
  • Alimentation animale
  • Alimentation humaine

Usage industriel[modifier | modifier le code]

Le goémon est utilisé dans l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique, ou encore cosmétique. On en extrait :

Nouveaux usages[modifier | modifier le code]

  • Filière bio
  • Filière alimentaire
  • Décoration

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche d’inventaire de la « Récolte du goémon en Bretagne » au patrimoine culturel immatériel français, sur culturecommunication.gouv.fr (consultée le 9 novembre 2015)
  2. « Récolte du goémon en Bretagne », fiche d’inventaire du patrimoine culturel immatériel français, 2013, p.11.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • ARZEL, Pierre, Les Goémoniers, Douarnenez: Éditions Le Chasse Marée, 1987
  • ARZEL, Pierre,«Le bateau goémonier. Naissance d’une flottille moderne», dans Le Chasse-Marée, n°30, 1987, pp.2-15
  • ARZEL, Pierre, «Les goémoniers du Léon. Du séchage des algues aux pains de soude», dans Ar Men, n°7, 1987, pp.36-57
  • ARZEL, Pierre, Etude sur le droit coutumier relatif à la récolte du goémon dans le Léon, CNEXO-COB, 1983, [en ligne]
  • BARBIER-LE DEROFF, Marie-Armelle, «Manger des algues...entre répulsion et attraction», dans Regards étonnés...De l'expression de l'altérité...à la construction de l'identité, mélanges offerts au Professeur Gaël Milin, Brest : Ed. Les amis de Gaël Milin, 2003, pp.455-468
  • CHAPPÉ, François ; LE BOUËDEC, Gérard, (dir.), Représentations et images du littoral,Actes de la journée d’études de Lorient du 22 mars 1997, Rennes: Presses Universitaires de Rennes, 1998 (coll. Histoire)
  • CHASSÉ, Claude, «D'hier à demain les algues et nous», in La santé et la mer en Bretagne, Rennes: Institut culturel de Bretagne, 1997
  • LE GOFFIC, Charles, «Les faucheurs de la mer», in La Revue des deux mondes, Nov 1906
  • MOIGN, Annick, «Installée dans ses méthodes artisanales, la profession goémonière a peut-être trouvé un moyen de survivre», in Norois, n°47, 1965, pp. 364-368
  • PAILLARD, Bernard, «À propos du brûlage de goémon : la soude ; du natron à la soude de varech», Plozarch, Carnets, Plozévet en quête d’enquêtes, 28 janvier 2011 [en ligne]
  • PHILIPPE, Manuelle, Récolte des algues de rives, Guide de bonnes pratiques, 2011 [en ligne]
  • PRIGENT, Guy, «Les mille et un visages du littoral», in Vmf(revue des vieilles maisons française), juillet 2013, n°250, p.38
  • De La VILLEFROMOIT, Marc, «Les algues : un des vecteurs de développement de la Bretagne
  • RAGUENES, Joël, «Le pain de la mer», JC, Lattès

Articles connexes[modifier | modifier le code]