Siméon Bonnesœur-Bourginière

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Siméon-Jacques-Henri Bonnesœur-Bourginière
Fonctions
Député de la Manche

(3 ans, 1 mois et 18 jours)
Gouvernement Convention nationale
Député au Conseil des anciens

(1 an, 7 mois et 4 jours)
Gouvernement Conseil des anciens
Député à la Chambre des Cent-Jours

(2 mois et 2 jours)
Gouvernement Chambre des Cent-Jours
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Georges-de-Rouelley (Manche)
Date de décès (à 90 ans)
Lieu de décès Barenton (Manche)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Profession Avocat
Magistrat
députés de la Manche

Siméon-Jacques-Henri Bonnesœur, sieur de La Bourginière, né le à la Loyaudière en Saint-Georges-de-Rouelley et mort le à Barenton, est un homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Jacques Bonnesoeur-Loyaudière et de Thérèse Gobierre, il est né dans une riche famille de la bourgeoisie rurale. Il fit ses études au collège de Domfront puis à l’université de Caen, où il acquit les grades de licence en droit et maîtrise ès arts. Il fut reçu en 1778, avocat au Parlement de Rouen, où il exerça jusqu’en 1785, époque à laquelle il alla s’affilier au barreau de Coutances, après s’être s’installé dans le bailliage de Mortain, pour se fixer à Barenton et à Saint-Georges-de-Rouelley.

Bonnesœur était, avant la Révolution, un notable de Saint-Georges et Barenton, communes vite acquises aux idées nouvelles et républicaines. En 1789, il est désigné comme représentant du tiers état pour le district du Teilleul, membre de l’Assemblée de Mortain. Il va animer la rédaction, du cahier de doléances du bailliage et va inspirer celui de Coutances. S’étant montré favorable aux principes de la Révolution, qui venaient d’être proclamés, il est nommé, le 20 juin 1790, membre du corps chargé d’administrer le département de la Manche nouvellement créé.

Élu, de justesse, à la Convention nationale, le 8 septembre, avec 311 voix sur 611 par le département de la Manche. Son rôle de député à la Convention est assez effacé. Il s’y occupa spécialement de questions de finances et de législation. Il rédigea le projet du contrat de louage. Dans le procès de Louis XVI, il répondit aux trois questions : « coupable », se prononça d’abord pour l’appel au peuple, avant de voter pour la mort avec sursis. En raison de ce vote, il ne fut pas compté parmi les 361 députés régicides. En représailles, les Chouans assassinèrent son beau-frère, Dupont de Loraille, dans son château de Saint-Roch.

Après la Convention, il fut élu le 24 vendémiaire an IV au Conseil des Anciens. Il en fut, en 1796, élu secrétaire, se montra peu à la tribune, mais se fit remarquer parmi les législateurs sincèrement patriotes, qui cherchaient à remédier à la détresse du pays, en lui procurant des institutions stables. Sorti du Conseil, en 1797, il devint commissaire près l’administration centrale de la Manche, et fut, après le coup d'état du 18 brumaire, nommé par le Directoire commissaire dans la Manche, puis président du tribunal civil de Mortain, fonction qu’il remplit jusqu’en février 1816. Il achète alors l’hôtel particulier Bourglopin'.

La dalle funéraire de Siméon Bonnesœur-Bourginière.

Au retour de Napoléon Bonaparte de l’île d’Elbe, il fut élu membre de la Chambre des députés, et, après la défaite de Waterloo, considéré comme régicide, il s’enfuit à Jersey, puis en Angleterre, dont le gouvernement va l’expulser. Il s’embarque à Portsmouth, sur le vaisseau Le Betty vers la Belgique, à Malines, où il vit en compagnie de deux de ses anciens collègues de la Manche, Havin et Hubert-Dumanoir. Rentré d’exil, en juillet 1818, l’ancien Montagnard reprendra alors sa place parmi les 17 avocats de Mortain, avant de se retirer à Barenton, où il vécut dans la retraite jusqu’à sa mort, survenue dans sa quatre-vingt-dixième année. Son corps repose sous une dalle de marbre noir de l’église Montéglise.

Bonnesœur et Géricault[modifier | modifier le code]

Bonnesœur est l’oncle du peintre Théodore Géricault, qui a séjourné régulièrement à Saint-Georges et à Mortain. C’est chez son oncle qu’il a exécuté, en 1808, son premier essai connu : son autoportrait. Il réalisa vers 1814 le portrait du conventionnel (au musée de Minneapolis aux États-Unis en 2009), et de son cousin Félix Bonnesœur-Bourginière. La famille bas-normande de Géricault conservera de nombreuses œuvres du peintre (tableaux et lithographies), dont un grand nombre a été détruites lors des bombardements de 1944.

Références[modifier | modifier le code]