Théorie de la connaissance

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La théorie de la connaissance a une histoire :

  • Elle a été, et reste parfois encore, assimilée à l'épistémologie. (elle-même incluse dans la philosophie...),
  • Lorsque la théorie de la connaissance était assimilée à la philosophie de la connaissance, elle faisait partie de la philosophie.

et une géographie[1]:

  • continentale : la théorie de la connaissance porte sur toute la connaissance et l'épistémologie porte sur la connaissance scientifique,
  • anglo-saxonne : la philosophy of science porte sur les méthodes et résultats scientifiques et l'epistemology porte sur la connaissance en général (non scientifique).

En fait, depuis les travaux d'Edgar Morin, entre autres, la théorie de la connaissance est transdisciplinaire, multi dimensionnelle et multi factorielle[2]. De ce fait, elle ne peut plus rester totalement incluse dans le domaine de la philosophie...

La théorie de la connaissance, inventaire raisonné des instruments nécessaires pour connaître[3], étudie :

  • la nature de la connaissance et sa variété,
  • les origines de la connaissance,
  • les contenus, les critères d'évaluation et la valeur de la connaissance (séparer le vrai du faux),
  • les moyens et les conditions de la connaissance,
  • les limites éventuelles de la connaissance.

en particulier de la connaissance humaine. Bien sûr, la théorie de la connaissance actualise la connaissance de la connaissance, sans être l'Histoire de la connaissance qui est une discipline spécifique.

Une grande partie des travaux qui relèvent de cette discipline sont consacrés à l'analyse de la connaissance, c'est-à-dire à la détermination de ses conditions nécessaires et suffisantes. Il s'agit plus précisément d'établir quelles relations entretient la connaissance avec notamment la croyance et la vérité, et quelles procédures de justification permettent de distinguer une simple croyance vraie (qui peut l'être par accident) d'une véritable connaissance. La zététique est une mise à l'épreuve d'une connaissance.

Sommaire

Milieu relatif à la connaissance[modifier | modifier le code]

La théorie de la connaissance est en lien avec :

  • les sens (vue, ouïe, odorat, toucher, goûter) et les capacités cérébrales (attention, perception, conscience, traitement, mémoire, imagination, intelligence...) et donc les neurosciences,
  • les stades de développement d'un être vivant et donc avec l’ontogenèse et la psychogenèse dès le stade de l'embryon, puis du nouveau-né, puis adulte, et du "grand âge",
  • les relations interpersonnelles (l'altérité) et donc avec la psychologie et la communication,
  • la culture et plus généralement avec l'éthologie et l'ethnologie,
  • la recherche,
  • la science et donc la gnoséologie,
  • la transmission des savoirs, les modes d'apprentissage et donc avec la pédagogie et les sciences de l'éducation, et plus généralement les sciences cognitives,
  • l'épistémologie, l'ontologie et la philosophie,
  • l'organisation sociale, et donc avec l'anthropologie, la sociologie, l'économie, et l'économie du savoir.
  • toutes les techniques de gestion, transmission, code / décodage, cryptage, stockage, archivage des corpus de connaissance (matériels ou immatériels).

La théorie de la connaissance traite des relations existant entre la connaissance et[2] :

La théorie de la connaissance analyse les conséquences de la connaissance :

  • son pouvoir politique,
  • son pouvoir économique,
  • ses risques.

Nota pour les sciences :

Origines de la théorie de la connaissance[modifier | modifier le code]

Chaque nouvelle génération d'être vivant doit tout réapprendre. L'aptitude à la maîtrise de la connaissance est donc une qualité sélectionnée par l'évolution (par exemple : connaître les aliments comestibles, les règles de la prédation).

L'être vivant (humain ou animal) ne réalise ses aptitudes naturelles que dans une forme d'organisation sociale (preuve : les enfants sauvages pour les humains). Privé dès ses premières années de son environnement social et culturel, l'être vivant est incapable de se nourrir (et l'être humain abandonné reste au mieux en deçà même de l'animalité), et ce définitivement si le groupe social le plus proche le récupère trop tard. Plus généralement, et notamment pour les animaux, la transmission des connaissances se fait par ce qui est résumé dans la métaphore de « l'élevage sous la mère ».

Selon Philippe Descola la théorie de la connaissance tente de s'émanciper des cultures et des périodes historiques qui ont présidé à son élaboration et elle s'ouvre à la diversité[5]. Pascal Picq propose même d'actualiser le pari de Pascal : « Par-delà les controverses [...], ne pourrait-on reprendre le principe éthique de ce pari pour les générations futures, en agissant pour préserver [les biodiversités naturelle et domestique] ainsi que la diversité culturelle qui leur est liée ? » (p. 252)[6]. Edgar Morin, Philippe Descola et Pascal Picq, entres autres, invitent l'humanité à respecter la diversité historisée des sources de la connaissance et des cosmogonies. Quitte à user du « droit d'inventaire ».

Premier pas introductif dans la théorie de la connaissance[modifier | modifier le code]

Suivant son contexte d'utilisation, la proposition « la terre tourne autour du soleil » :

  • a été historiquement une hypothèse ou un pari ou une croyance tant que personne n'a été en mesure de la démontrer rationnellement.
  • est un savoir car elle est issue d'un corpus d'astronomie dûment validé par la communauté scientifique. Une fois formalisé, un savoir existe de manière indépendante.
  • est une croyance vraie pour un individu qui affirme ce savoir mais qui ne sait pas l'expliquer.
  • est une connaissance pour un individu qui sait expliquer ce savoir pour lui-même et/ou pour autrui.

Chaque étape demande des compétences particulières, entre autres...

Le modèle théorique de l'accès à la connaissance[modifier | modifier le code]

Jean-Michel Besnier se demande (p 14)[3] : "Comment s'effectue cette élaboration qui a conduit au savoir ? Par quels prismes la réalité est-elle passée avant de devenir un objet pour le sujet qui connaît ?".

La synthèse de diverses entrées donne la schématique suivante :

Le Réel ⇔ la Réalité ⇔ la Représentation ⇔ La Théorie ⇔ Le Modèle ⇔ l'explication du réel ⇔ l'anticipation de la recherche et l'Observateur en lien avec chaque entité / Référentiel.

  • Le Réel : le cosmos,
  • La Réalité : la partie perceptible du réel,
  • La Représentation : « l'idée du » ou « l'idée que l'on se fait du », « le monde », les cosmogonies,
  • la Théorie ou l'hypothèse : la tentative d'explication (au 1er tour) par la déduction, l'induction, l'intuition , l'imagination, la créativité... utilisant ou pas des mathématiques et de la logique.
  • le Modèle : la réification de la théorie ou de l'hypothèse par une analogie plus ou moins numérique,
  • l'explication du réel : la mise en mots du résultat permettant la validation ou la critique, ainsi que la justification et/ou la vérification par un Autrui.
  • l'anticipation : ce que la théorie, le modèle et l'explication permettent de prévoir en plus, à plus ou moins long terme... Ce qui permet la réfutabilité selon le principe basique "Si...Alors" ou "Sinon... Alors"  : "si mon hypothèse ou ma théorie est bonne alors le fait suivant ne peut/doit pas se produire". "Si ce fait se produit alors mon hypothèse ou ma théorie est fausse ou incomplète".
  • l'Observateur : celui qui agit avec :

Nota :La majuscule pour indiquer des différences ontologiques.

Selon C. Castoriadis :

  1. le monde se prête indéfiniment à des organisations ensidiques [voir théorie des ensembles et de leurs relations],
  2. le monde n'est pas épuisable par ces organisations (objets et/ou relations).

Voir la création de connaissance dans l'article connaissance

Création de Connaissance[modifier | modifier le code]

La connaissance, celle de la définition, peut être acquise :

1- directement par l'observation du réel avec des "tours de main", des outils, des instruments de mesure plus ou moins sophistiqués, les médecins utilisent le terme de "la clinique"...

  • issue du Cosmos, ou de la Nature,
  • issue de l'être (vivant, humain, non humain),
  • issue des corpus culturels existants.

2- indirectement comme le résultat issu, notamment  :

  • la résolution d'une équation qui décrit le fonctionnement du réel (théorème de Pythagore, formule de l'oxydo-réduction en chimie, etc.),
  • l'utilisation d'un modèle copiant analogiquement le réel (girouette, maquette à échelle réduite, etc.), d'un modèle mathématique qui synthétise la résolution de plusieurs d'équations décrivant le réel, ou modèle mixte (analogique et mathématique),
  • l'utilisation d'un simulateur copiant numériquement le réel (par exemple : météorologie, ou simulateur qui accélère l'histoire d'un processus réel, etc.),
  • l'utilisation d'une expérience qui met en œuvre une hypothèse sur le fonctionnement possible ou probable du réel.

Des controverses existent sur la qualification en "connaissance valable" (au sens de la définition) des résultats acquis à partir de modèles, simulateurs ou expériences qui sont censées représenter :

  • des anticipations (sondages),...
  • des comportements,... Exemples simples : simuler le marché avec le modèle de la "concurrence pure et parfaite", avec le modèle du "tous les consommateurs sont raisonnables", en l'absence d'un sous système (intégré dans le modèle) qui soit lié à "la spéculation sur les monnaies",... qui ne sont pas représentatifs du réel mais de "l'idée que l'on se fait du réel".

Hervé Barreau : "[...] il faut inventer l'hypothèse qui sera mise à l'épreuve, si du moins l'on se propose d'accroître la connaissance." et plus loin : " S'il y a un progrès en science, c'est par la dénonciation des erreurs, non par la confirmation de l'acquis, qui est toujours provisoire et susceptible de révision."[7].

Détails des relations dans le Milieu spécifique à la Connaissance[modifier | modifier le code]

Voir aussi les articles connaissance et connaissance (philosophie).

Lien entre la Connaissance et la Croyance[modifier | modifier le code]

En regard de l'un des objectifs de la théorie de la connaissance qui est relatif à la détermination des conditions nécessaires et suffisantes pour pouvoir parler de connaissance, il y a lieu d'évoquer les points suivants :

Croyance vraie justifiée[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Justification (philosophie), Vérité et Zététique.
Selon Platon[réf. nécessaire], la connaissance est à l'intersection de vérités et de croyances

L'approche classique définit la connaissance comme une croyance vraie et justifiée[8], et non seulement une croyance vraie. Cette définition exclut les cas où un individu a une croyance vraie, mais où il n'est pas en mesure d'expliquer pourquoi cette croyance est vraie. L'individu peut ainsi croire que "la terre tourne autour du soleil" (proposition p) par exemple par ouï dire, sans être capable de l'expliquer. La proposition p est vraie, mais l'individu n'a pas la connaissance que "la terre tourne autour du soleil". Il s'agit pour l'individu d'une croyance.

La justification de la croyance est donc l'élément crucial de cette analyse traditionnelle de la connaissance, et de nombreuses théories contemporaines cherchent à en déterminer précisément la nature et les modalités ; la théorie de la justification est l'une des principales branches de la théorie de la connaissance.

Le terme de « connaissance » a longtemps désigné, en philosophie, des croyances dont la vérité est justifiée de manière certaine. Toute croyance présentant un moindre degré de justification constitue à ce compte une « opinion probable » (ou connaissance par provision). Ce point de vue prévaut encore dans l'œuvre de Bertrand Russell (notamment dans les Problèmes de Philosophie, 1912). Au cours des décennies qui suivirent, l'idée selon laquelle le degré de justification des croyances doit s'évaluer en termes de certitude a perdu en influence.

Aujourd'hui les cognitivistes estiment qu'un individu maîtrise une connaissance lorsqu'il est en mesure d'expliquer rationnellement sa croyance vraie. Exemple : L'individu annonçant que c'est bien la terre qui tourne autour soleil (leçon apprise à l'école) et qui se montre capable d'en faire la démonstration pour lui-même ou pour autrui.

Lien entre la Connaissance et le(s) Savoir(s)[modifier | modifier le code]

Voir aussi l'article savoir

Un savoir individuel a d'abord été une connaissance pour un individu (un : à minima).

Une fois formalisé (à minima : par écrit ), le Savoir existe indépendamment de l'Individu.

La théorie de la connaissance s'intéresse à la transmission des savoirs d'un individu sachant vers un individu ou un collectif apte et volontaire pour apprendre.

La stratégie, la pédagogie, les moyens de cette transmission sont les aspects les plus importants pour tenir l'objectif d'une transmission exhaustive et opérationnelle chez l'apprenant.

La médiation par un individu sachant est d'autant plus importante qu'il y a un "tour de main" ou des "astuces" à acquérir dans la maîtrise par un apprenant d'un savoir.

Lien entre la Connaissance et l'Information[modifier | modifier le code]

Voir aussi l'article information

Lionel Naccache dénonce la confusion entre la connaissance et l'information ; et clarifie l'enjeu : "La connaissance est une histoire de "Je". Une histoire de sujets qui en vivant cette expérience [de la connaissance - information] quotidiennement courent le risque de réviser leurs modèles de croyances et d'interprétations du monde et d'eux-mêmes"[9].

Edgar Morin nous invite "à dissiper l'illusion qui prétend que nous serions arrivés à la société de la connaissance"[10]. Il précise "la connaissance pertinente est celle qui est capable de situer toute information dans son contexte, et si possible dans l'ensemble ou elle s'inscrit. [...] La connaissance progresse principalement, non par sophistication, formalisation et abstraction, mais par la capacité à contextualiser et à globaliser". [...] La connaissance n'est connaissance qu'en tant qu(organisation mise en relation et en contexte des informations"[11].

Lien entre la Connaissance et la Technique[modifier | modifier le code]

Dans les œuvres encyclopédiques relatives à la théorie de la connaissance, il est courant de trouver des études sur les liens entre la connaissance et la science ou les liens entre la connaissance et la culture : Le niveau d'abstraction permet de discourir sans devoir entrer trop profondément dans les spécificités de chacune des entités (langage spécialisé, objets, méthodes, difficultés, risques,...).

Par contre, la Technique ne laissant pas naturellement prise à l'abstraction, les liens entre la connaissance et la Technique sont beaucoup moins évoqués alors que, dès l'outil et plus tard la mécanisation, la Technique a imprimé son (ses) modèle(s) sur l'individu, la société, et la civilisation. Il faut dire que le temps de la Technique est de plus court terme que celui de la réflexion prospectiviste, de l'étude panoramique et de la politique organisatrice du "vivre ensemble" d'ailleurs.

On compte petit à petit de plus en plus de contributions éditoriales "indépendantes" de philosophes, de sociologues, et d'historiens critiques (à charge et à décharge) de la connaissance issue de la Technique. En tous cas le corpus est en cours de construction... Il faut dire que ce ne sont pas les problématiques qui manquent l'espace :

  • le chômage technologique, l'obligation de se former tout au long de la vie,
  • la financiarisation de l'économie en dehors de tout critère de l'économie réelle : titrisation des CDS et CDO, les produits dérivés, etc.
  • financiarisation du spectacle et du loisir...
  • les robots et l'intelligence artificielle, la surveillance des lieux et des personnes,...
  • l'animal-machine : lait, viande, fromages, médicaments, recherche, etc. et le biomimétisme... La Terre-machine : géothermie, éoliennes,... le cosmos-machine...
  • les progrès dans la synthèse de processus vitaux. Par exemple: cœur artificiel , procréation, soins de fin de vie,...
  • L'informatique en réseau type "Big Brother", les objets connectés, le marketing 3.0, le marketing viral,...
  • les sur-prothéses (faire plus en l'absence de handicap !) et les visions du transhumanisme et/ou du post-humanisme : le corps éternel...
  • les nanotechnologies,
  • etc.

Dans cette liste, tout n'est pas à charge : il manque des "méta études" encyclopédiques à verser dans la théorie de la connaissance. Par exemple le biomimétisme permet

  • d'oublier le réflexe : Terre = exploitation de ses ressources, supposées infinies...
  • au profit d'un modèle : Terre = source de connaissances à copier, à mimer...

Bruno Latour, Isabelle Stengers, Vinciane Despret,Tobie Nathan dans leurs articles et ouvrages invitent à donner une parole, une représentation politique aux différentes entités du "non humain" : le "parlement des choses".

Actualisation de la notion : Théorie complexe de la connaissance[modifier | modifier le code]

Edgar Morin[2], dans le cadre de son œuvre sur l'intelligence de la complexité (épistémologie complexe) et plus particulièrement du tome 3 de "La méthode" a écrit un ouvrage sur "la connaissance de la connaissance". Il considère que la connaissance comporte en elle : diversité et multiplicité. Dès lors la théorie de la connaissance ne saurait être réduite à :

  • une seule dimension : individuel, collectif, universel...
  • un seul aspect : information, perception, description, idée, théorie....
  • une seule source : la science, la culture...
  • une architecture pyramidale, mais plutôt un réseau de liens tissés entremêlés évolutionnistes...

Edgar Morin estime que :

"Nous, habitants du monde occidental et occidentalisé subissons sans en avoir conscience 2 types de carences cognitives : 1) les cécités d'un mode de connaissance qui, compartimentant les savoirs, désintègre les problèmes fondamentaux et globaux, lesquels nécessitent une connaissance transdisciplinaire. 2) l'occidentalo-centrisme qui nous juche sur le trône de la rationalité et nous donne l'illusion de posséder l'universel. Ainsi, ce n'est pas seulement notre ignorance, c'est aussi notre connaissance qui nous aveuglent."[12].

"Notre mode de connaissance [compartimentation en disciplines non communicantes, hyper spécialisation des experts, l'actualité tue la connaissance,...] a sous-développé l'aptitude à contextualiser l'information et à l'intégrer dans un ensemble qui lui donne sens. [... Ce] mode de connaissances parcellarisé produit des ignorances globales. [...] A cela se combinent les limitations : 1) du réductionnisme, 2) du binarisme [à tiers exclus], 3) de la causalité linéaire qui ignore les boucles rétroactives [ou les récursivités], 4) du manichéisme qui ne voit qu'opposition entre le bien et le mal"[13]. "Dès lors, le développement de l'aptitude à contextualiser et à globaliser les savoirs devient un impératif de l'éducation"[14].

"Le réforme de [la théorie de] la connaissance appelle une réforme de pensée. La réforme de la pensée appelle de la reliance qui puisse relier les connaissances entre elles, relier les parties au tout, le tout aux parties, et qui puisse concevoir la relation du global au local et du local au global. Nos modes de pensée doivent intégrer un va-et-vient constant entre ces niveaux (voir introduction à la pensée complexe[15])[10].

"C'est la réforme de pensée qui permettrait le plein emploi de l'intelligence pour répondre aux 3 défis (culturel, sociologique, civique) et qui permettrait la liaison des deux cultures disjointes (humanités et sciences). Il s'agit d'une réforme, non pas programmatique mais paradigmatique, qui conserve notre aptitude à organiser la connaissance."[16]

Complexification liée à l'assurance-réassurance[modifier | modifier le code]

Lionel Naccache affirme qu' "aujourd'hui la connaissance ne fait plus peur à personne alors que depuis trois mille ans notre culture occidentale n'a cessé de la décrire comme vitale et dangereuse"[9].

Complexification liée au retour du citoyen[modifier | modifier le code]

Isabelle Stengers, invite à un ralentissement de la Science afin que le citoyen puisse apprécier "où va le monde" dans sa globalité par suite des activités scientifiques mais aussi techniques et politiques qui lui sont liées. Elle y reprend notamment le concept de Bruno Latour de "matter of concern" c'est à dire de "'matière à préoccupation" que chaque citoyen peut éprouver vis à vis de techniques comme les OGM, les champs de colza-pétrole sur les terres vivrières, ou les champs d'éoliennes ou de panneaux solaires sur des terres agricoles, l'acharnement thérapeutique[17]...

Accès à la connaissance[modifier | modifier le code]

L'accès libre à la connaissance est une nécessité en termes de liberté et de démocratie. Cela impose des solutions de stockage, d'archivage et de gestion des entrées / sorties pour consultation ad hoc en liens avec les techniques en vigueur.

Le handicap, quel qu'il soit, ne doit pas être une double peine quant à l'accès à la connaissance.

L'inquiétude générée par la numérisation des contenus existants dans le domaine public (Bien Commun) par des sociétés privées sans garantie d'accès libre à priori est justifiée.

La protection des données personnelles et le droit à l'oubli (personnes décédées, événements, etc.), notamment sur Internet et les réseaux sociaux, sont des sujets contemporains.

Les pouvoirs de la connaissance[modifier | modifier le code]

Les "pouvoirs de la connaissance" à mettre en lien avec la "connaissance des pouvoirs" : Jean-Michel Besnier : "le citoyen attend de la démocratie qu'elle conjugue et pondère l'un par l'autre le savoir et le pouvoir"[3].

Son pouvoir politique[modifier | modifier le code]

La connaissance apporte un pouvoir. Les écarts de connaissance entre parties non coopératives peuvent générer des déséquilibres préjudiciables.

Dimension individuelle[modifier | modifier le code]

Le pouvoir acquis par celui qui détient la connaissance a des limites légales et/ou règlementées.

L'école de la république a pour mission de donner à chaque citoyen une éducation permettant le "vivre ensemble". "L'école de la 2e chance" tente de redonner confiance à des personnes n'ayant pas pu profiter pleinement des dispositions de base. La formation continue tout au long de la vie s'inscrit dans ce dispositif de transmission et d'actualisation des connaissances.

Dimension collective[modifier | modifier le code]

L'union faisant la force, les individus se regroupent en réseau multi compétences pour former une entité ayant un rapport de force, une force de pouvoir.

Son pouvoir économique[modifier | modifier le code]

Voir aussi économie de la connaissance

La connaissance est un enjeu économique[modifier | modifier le code]

La recherche et l'innovation sont stimulées car la connaissance acquise est source :

  • d'amélioration et de progrès,
  • de revenus futurs, de maintien dans/sur le marché,

Du coup :

  • D'aucuns considèrent qu'une nouvelle connaissance peut et doit se protéger pour en tirer profit (dépôt d'un brevet par exemple). C'est une source de revenus via du chiffre d'affaires, des honoraires ou des commissions (flux) et une source de capital matériel ou immatériel (Stocks au bilan d'une entreprise). De plus, la protection de l'avantage concurrentiel apporté par une nouvelle connaissance fait l'objet de dispositions en termes de secret industriel et/ou commercial à minima.

.

La connaissance est source de déséquilibres économiques[modifier | modifier le code]

Sur un marché libre, l'écart de connaissance est préjudiciable à l'une au moins des parties.

C'est un des facteurs qui permet de voir apparaître par exemple :

.

Réponses morale ou éthique, judiciaire[modifier | modifier le code]

Face à des déséquilibres :

De façon préventive[modifier | modifier le code]

  • dans le cadre individuel : la connaissance des réponses éthiques permet d'éviter des dérives issues de ce pouvoir acquis par la maîtrise d'une nouvelle connaissance (complexe de supériorité, arrogance, harcèlement...).
  • dans le cadre des entreprises ou des ordres professionnels, le système promu de valeurs collectives est exprimé via un document d'éthique (qui s'apparente plutôt à une morale interne !) et/ou un document de déontologie (qui s'apparente à un règlement interne !). Documents opposables en interne et aussi document de communication en externe.

De façon amiable ou le contentieux[modifier | modifier le code]

L'appel à la justice via le médiateur ou le tribunal ad hoc.

Réponses politiques[modifier | modifier le code]

Face à des déséquilibres

Le parlement des choses[modifier | modifier le code]

Les risques[modifier | modifier le code]

L'analyse de risques (cindynique) permet :

  • Les mesures préventives qui "tuent le risque",
  • Les mesures correctives qui diminuent les conséquences de la survenue d'un risque.

Des principes posent les cadres de ces 2 types de mesures

Principe de précaution[modifier | modifier le code]

Principe de prévention[modifier | modifier le code]

Les interdits légaux[modifier | modifier le code]

Quelques conséquences de la connaissance[modifier | modifier le code]

Juste quelques pistes de relance :

Sur la curiosité[modifier | modifier le code]

"L'éducation doit favoriser l'aptitude naturelle de l'esprit à poser et résoudre les problèmes et corrélativement stimuler le plein emploi de l'intelligence générale. Ce plein emploi nécessite le libre exercice de la faculté la plus répandue et la plus vivante de l'enfance et de l'adolescence, la curiosité, que trop souvent l'instruction éteint"[14].

Sur le doute[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Zététique.

Le développement de l'intelligence générale requiert de lier son exercice au doute [méthodique], levain de toute activité critique, [... et qui] comporte "le doute de son propre doute"[14].

Sur la sérendipité[modifier | modifier le code]

Le développement de l'intelligence générale comporte un ensemble d'attitudes mentales... qui combine le flair, la sagacité, la prévision, la souplesse d'esprit, la débrouillardise, l'attention vigilante, le sens de l'opportunité... pour initier à la sérendipité, art de transformer des détails apparemment insignifiants en indices permettant [de constituer une création ou] de reconstituer une histoire"[14].

Ne pas négliger de traquer les "signaux faibles" en complément aux analyses des "tendances lourdes"...

Sur l'art[modifier | modifier le code]

La connaissance amplifie les champs de créativité, de création.

Sur l'humour[modifier | modifier le code]

L'humour est un antidote au sérieux du trop de connaissances et à l'éventuelle arrogance du sachant.

Sur la jouissance intellectuelle[modifier | modifier le code]

Le bonheur d'apprendre, la joie du partage, la lumière issue de la discussion...

L'égrégore...

Théorie de la connaissance en France[modifier | modifier le code]

Au Collège de France il y a existé :

  • de 1962 à 1990, une chaire de Philosophie de la connaissance, dont le titulaire était Jules Vuillemin.
  • de 1986 à 1990, une chaire d'Épistémologie comparée, dont le titulaire était Gilles-Gaston Granger.
  • depuis 1995, une chaire de Philosophie du langage et de la connaissance, dont le titulaire est Jacques Bouveresse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Godin Christian, Dictionnaire de philosophie, Paris, Fayard,‎ , 1534 p. (ISBN 9782213621166), épistémologie p 420
  2. a, b et c Morin Edgar, La connaissance de la connaissance La Méthode tome 3, Paris, Le Seuil,‎ , 244 p. (ISBN 9782020144407)
  3. a, b et c Besnier Jean Michel, Les théories de la connaissance, Paris, PUF Que sais-je ?,‎ , 128 p. (ISBN 9782130590217)
  4. Morin Edgar, Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur, Paris, Le Seuil,‎ , 130 p. (ISBN 9782020419642)
  5. Philippe Descola, L'écologie des autres. L'anthropologie et la question de la nature, Versailles, Quae,‎ , 110 p. (ISBN 9782759209118)
  6. Picq Pascal, De Darwin à Lévi-Strauss. L'homme et sa diversité en danger., Paris, Odile Jacob,‎ , 281 p. (ISBN 9782738112248)
  7. Barreau Hervé, L'épistémologie, Paris, PUF Que sais-je ? 8ème ed.,‎ , 127 p. (ISBN 9782130626077)
  8. Une telle définition de la connaissance remonte à la philosophie grecque. Dans le dialogue de Platon intitulé le Théétète, Socrate passe en revue un certain nombre de définitions possibles de la connaissance. L'une des plus prometteuses identifie la connaissance à la « croyance vraie justifiée ». Socrate soutient qu'en plus d'être vraie, une croyance doit être justifiée pour constituer une connaissance authentique.
  9. a et b Naccache Lionel, Perdons-nous connaissance ? De la mythologie à la neurologie., Paris, Odile jacob,‎ , 243 p. (ISBN 9782738123268)
  10. a et b Morin Edgar, La voie. Pour l'avenir de l'humanité, Paris, Fayard,‎ , 138 p. (ISBN 9782213655604), p 146
  11. Morin Edgar, La tête bien faite. Repenser la réforme. Réformer la pensée., Paris, Seuil,‎ , 155 p., p 16 et17
  12. Morin Edgar, La voie. Pour l'avenir de l'humanité, Paris, Fayard,‎ (ISBN 9782213655604), p 17
  13. Morin Edgar, La voie. Pour l'avenir de l'humanité, Paris, Fayard,‎ , 308 p. (ISBN 9782213655604), p 145
  14. a, b, c et d Morin Edgar, La tête bien faite. Repenser la réforme. Réformer la pensée., Paris, Seuil,‎ , 155 p. (ISBN 9782020375030), p 24, 25, 27
  15. Morin Edgar, introduction à la pense complexe, Paris, Seuil points essais n°534,‎
  16. Morin Edgar, La tête bien faite. Repenser la réforme. Réformer la pensée, Paris, Seuil,‎ , 155 p. (ISBN 9782020375030), p 21
  17. Stengers Isabelle, Une autre science est possible ! Manifeste pour le ralentissement des Sciences, Paris, Les empêcheurs de tourner en rond, La découverte,‎ (ISBN 9782359250664)

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean C. Baudet, Mathématique et vérité, L'Harmattan, Paris, 2005.
  • Moritz Schlick, Théorie générale de la connaissance, trad. Christian Bonnet, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de philosophie », Paris, 2009, 551 p. (ISBN 978-2-07-077185-1)
  • Penser la connaissance et la technique après Simondon (Paris, L'Harmattan, 2005), par Jean-Hugues Barthélémy
  • Philosophie de la connaissance : Croyance, connaissance, justification (Textes réunis par Julien Dutant et Pascal Engel), Vrin, 2005, (ISBN 2-7116-1666-5)
  • La connaissance de la connaissance, tome 3 de La méthode, Morin Edgar, Seuil Points Essais, 1986, 9782020144407