Innéisme

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L'innéisme est une doctrine philosophique selon laquelle certaines idées ou structures mentales sont innées, c'est-à-dire présentes dès la naissance.

Histoire[modifier | modifier le code]

Platon[modifier | modifier le code]

On ne peut pas à proprement parler d''idées innées chez Platon. Précisément parce que les Idées en soi, sont des Formes (Eidos, εἶδος en grec ancien). Les formes ne sont pas des idées innées. Les idées en soi sont dans l'âme et par conséquent existent de façon atemporelle [1]. Les idées innées, au contraire sont données à la naissance, alors que les idées chez Platon, ne sont pas données, mais préexistent dans l'âme qui est éternelle. Par exemple l'égal en soi[Quoi ?] fait partie de ces idées qui sont dans l'âme, mais ce n'est pas une idée innée. Il faut donc bien distinguer les idées comme forme et les idées innées qui sont en quelque sorte des idées primitives à partir desquelles notre esprit va connaître les choses.

Descartes[modifier | modifier le code]

L'idée innée de Dieu chez René Descartes, permet de garantir l'existence du monde extérieur[2]. Les idées innées sont claires et distinctes, comme l'idée d'extension pour les corps. Un corps se définit par sa longueur et sa largeur, ainsi que son mouvement. Les idées innées sont des fondements pour la connaissance et elles ne peuvent dériver de l'expérience sensible.

Il ne faut donc pas confondre les idées ou formes chez Platon qui cherchait à répondre au problème de la connaissance sensible, c'est-à-dire que le sensible ne peut fournir aucune connaissance et donc aucune science, et les idées innées cartésiennes qui sont le moyen de connaître les choses extérieures.

John Locke s'opposera aux idées innées cartésiennes, précisément parce que chez Descartes la connaissance du monde ne peut être que par l'activité de l'esprit qui découvre les propriétés du monde en travaillant sur ses idées, alors que pour Locke, l'âme (ou esprit, mind) est une tabula rasa, et que toute idée dérive par conséquent de l'expérience sensible. Autrement dit, les choses dans le monde recèlent des propriétés qui se communiquent dans nos impressions sensibles. Les idées sont des copies de ces impressions et sont, par conséquent, moins vivaces que les impressions originelles. Ces idées sont exposées dans l'Essai sur l'entendement humain.

Leibniz[modifier | modifier le code]

Gottfried Wilhelm Leibniz critiquera l'ouvrage de Locke dans ses Nouveaux Essais sur l'entendement humain (rédigés en 1703-1704 mais publiés seulement de manière posthume en 1765 suite à la mort de Locke).

Dans d'autres disciplines[modifier | modifier le code]

Innéisme linguistique[modifier | modifier le code]

La grammaire universelle de Chomsky est une reprise de cette position philosophique[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le Phédon de Platon, 75c-76a, traduction M. Dixsaut.
  2. Voir les Méditations métaphysiques, méditation VI)
  3. Pratiques discursives et acquisition des langues étrangères: Colloque international "Acquisition d'une langue étrangère : perspectives et recherches", Besançon, 19-21 sept. 1996; Presses Univ. Franche-Comté, 1998, Bettina Derville et Henri Portine p.38

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]