Épistémologie complexe

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Le terme Épistémologie complexe est employé par Edgar Morin dans son œuvre, particulièrement dans le tome 3 de La Méthode intitulé La Connaissance de la connaissance.

Définition[modifier | modifier le code]

L'épistémologie complexe que propose Edgar Morin vise à dépasser l'épistémologie classique. Selon ses propres termes, elle se veut ouverte sur un certain nombre de problèmes cognitifs clés déjà soulevés par les épistémologiques bachelardienne (la complexité) et piagétienne (la biologie de la connaissance, l'articulation entre logique et psychologie, le sujet épistémique) et se propose d'examiner non seulement les instruments de connaissance en eux-mêmes, mais aussi les conditions de production (neuro-cérébrales, socio-culturelles) des instruments de connaissance.

Contrairement à l'épistémologie classique, l'épistémologie complexe proposée par Morin n'a pas de fondement, au sens littéral, cette métaphore empruntée à la construction (fondement) étant trompeuse. Morin préfère la métaphore, qu'il emprunte à Rescher, d'un système en réseau dont la structure n'est pas hiérarchique, aucun niveau n'étant plus fondamental que d'autres, à laquelle il ajoute l'idée dynamique de récursivité ou de causalité en boucle.

Apports[modifier | modifier le code]

Dans ce courant de pensée, l'objet à étudier est considéré comme un système complexe, c'est-à-dire qu'il est fonction d'une multitude de paramètres et inclut des inerties, des non-linéarités, des rétroactions, des récursivités, des seuils, des jeux de fonctionnement, des influences mutuelles de variables, des effets retard, des hystérésis, des émergences, de l'auto-organisation, etc. Il est en relation avec son milieu, qui l'alimente en entrées (par ex. énergie et commandes) et à qui il donne des sorties (par ex. production et déchets).

Exemples[modifier | modifier le code]

  • système d'information d'entreprise ;
  • système de prise de décision ;
  • système industriel opérant.

L'approche par la complexité[modifier | modifier le code]

L'approche proposée par Edgar Morin et Jean-Louis Le Moigne[1] :

Principe ancien

(cartésien)

Nouveau principe

(complexe)

Observations
Évidence Pertinence Utilité : permet la subjectivité, ce qui est important pour les fins poursuivies
Réductionnisme Globalisme Partie d'un tout plus grand, ne pas découper ou disjoindre car il y a perte d'informations
Causalisme Téléologie Comprendre le comportement de l'objet face aux fins données au système par le modélisateur
Exhaustivité Agrégativité Regroupement à l'aide de « recettes éprouvées » qui simplifie et garde les aspects pertinents

Les méthodes de modélisation analytique doivent s'adapter pour atteindre les méthodes de modélisation systémique en utilisant un vocabulaire, des concepts, des outils et des processus de pensée différents :

Ancien « outil »

(cartésien)

Nouvel « outil »

(complexe)

Objet Projet ou processus
Élément Unité active
Ensemble Système
Analyse Conception
Disjonction Conjonction
Structure Organisation
Optimisation Adéquation
Contrôle Intelligence
Efficacité Effectivité
Application Projection
Évidence Pertinence
Explication causale Compréhension téléologique
Plan, programme Stratégie avec points de contrôle et de réorientation éventuelle

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edgar Morin, La Méthode, La Connaissance de la connaissance (t. 3), Le Seuil, Nouvelle édition, coll. Points essais
  • Edgar Morin, Introduction à la pensée complexe, Le Seuil, Nouvelle édition 8 avril 2005, coll. Points essais
  • [Le Moigne 1999a] Jean-Louis Le Moigne, L'Intelligence de la complexité, Paris, L'Harmattan, , 332 p. (ISBN 9782738480859).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]