Universel (métaphysique)

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En philosophie, l'universel et le général s'opposent au particulier.

En particulier, le nom commun universel s'oppose à celui d'individu, alors que l'adjectif universel (à peu près synonyme de général, qui ne s'utilise pas comme nom commun) s'oppose à particulier ou quelquefois à concret. Ce dernier terme, cependant, peut être ambigu depuis que les philosophes hégéliens et néo-hégéliens (e.g. idéalisme britannique) usent du concept paradoxal d'« universel concret ».

Un universel peut avoir des instances singulières appelées ses particuliers. Par exemple, le « type » homme (ou l'humanité) est un universel, comme la propriété beau (ou la beauté) et la relation être entre (le gérondif anglais being between étant plus clair). Tout homme particulier (par exemple Socrate), chose belle, ou objet qui est entre d'autres choses n'est pas un universel, mais une instance d'un universel, c'est-à-dire d'un type (homme), d'une propriété (beau) ou d'une relation (être entre) universels ; cette instance particulière d'un universel est par définition un particulier (un homme particulier, une chose belle, ou un objet entre d'autres choses).

Puisque tous les noms communs et les adjectifs sont des catégories, ils désignent tous des universaux. Pour désigner un particulier sans désigner aucun universel, le seul moyen est d'employer un nom propre, par exemple « Socrate », « Paris » ou « la Bible ». Le fait qu'un nom soit « propre » n'indique donc pas qu'il a une quelconque dignité ou, en un sens encore plus littéral, une quelconque propreté, mais qu'il est le propre de la chose désignée, c'est-à-dire qu'il désigne une chose singulière, sans passer par aucune catégorie. Le « propre » d'une chose est ce qui est unique, particulier à cette chose, donc une propriété de cette chose qui participe à sa définition, à sa particularité. Par exemple, le propre de l'eau est de mouiller. De même, un nom propre doit être unique à son propriétaire pour être réellement fonctionnel (permettre de le désigner lui seul sans aucune ambiguïté), d'où cette appellation.

La querelle des universaux est un problème ancien en métaphysique (voir universaux). Il concerne la nature des universaux, ou la question de savoir s'ils existent, notamment s'ils existent en soi, en dehors de l'esprit humain (comme c'est par exemple le cas d'après Platon, pour qui les Formes sont des universaux), ou seulement comme des abstractions (comme notamment dans le nominalisme, qui a des origines aristotéliciennes). Une partie du problème concerne les implications de l'utilisation du langage et la complexité de la relation entre langage et ontologie.

Exemples :

  • Européen est un type universel, correspond à la zone géographique de l'Europe, à la culture européenne, etc.
  • Un Européen spécifique, habitant de l'Europe, est un particulier, car il s'agit d'une instance ou occurrence singulière de chose européenne.
  • Victor Hugo est un singulier, ou une entité singulière ; « singulier » et « particulier » sont presque synonymes, la différence (tenant de la nuance) étant que le particulier est pris comme objet dans lequel on reconnaît une forme générale. Victor Hugo se trouve être un Européen (et en cela, il est un particulier, car on reconnaît en lui la forme européenne), mais il est avant tout un objet singulier, auquel s'applique cette forme.

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