Théorie de la vérité-correspondance

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La théorie de la vérité-correspondance considère que la vérité ou la fausseté d'une proposition dépend de ses rapports avec le monde : une proposition sera dite vraie si elle décrit adéquatement un état de choses réel[1]. L'expression de « vérité-correspondance » a émergé au XXe siècle, mais il s'agit là d'une conception classique en philosophie de la connaissance, qu'on peut faire remonter jusqu'à l'Antiquité grecque.

« Vérité-cohérence » contre « vérité-correspondance »[modifier | modifier le code]

La théorie de la vérité-correspondance s'oppose en particulier à la conception de la vérité en tant que cohérence, qui affirme que la vérité d'une théorie ne dépend pas de son adéquation avec le monde, mais de sa consistance logique, autrement dit, de son absence de contradiction. Ces deux théories s'opposent sur la nature du rapport entre la connaissance et le monde. Définir la vérité comme cohérence, plutôt que comme correspondance, permet à certains auteurs, comme Leibniz, de maintenir le point de vue selon lequel une connaissance absolue est possible[2].

Les tenants d'une conception de la vérité en tant qu'adéquation avec le monde sont le plus souvent aussi des partisans d'une conception réaliste du monde, affirmant son existence indépendamment de nos perceptions. Toutefois, on peut soutenir une conception de la vérité en tant que correspondance tout en partageant une position idéaliste.

Bertrand Russell, défenseur d'une position « correspondantiste » de la vérité, a proposé un argument à l'encontre de la définition de la vérité comme cohérence dans le domaine scientifique. Il arrive que deux ou plusieurs hypothèses scientifiques soient également capables de rendre compte de tous les faits connus sur une question. Or, si deux hypothèses sont incompatibles, elles ne peuvent être toutes les deux vraies. La définition de la vérité comme cohérence n'est donc pas suffisante pour justifier la vérité d'une hypothèse.[3]. Toutefois, Willard Quine tirera une autre conclusion de cet argument, en faveur d'une ontologie relativiste.

Partisans de la « vérité-correspondance »[modifier | modifier le code]

Le principal défenseur de la théorie de la vérité comme correspondance avec les faits, est le mathématicien Alfred Tarski. Ses thèses furent reprises, notamment par Karl Popper pour sa « Logique de la découverte scientifique ». Au XXe siècle, Bertrand Russell et George Edward Moore ont soutenu une théorie de la vérité-correspondance[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Entrée « The Correspondence Theory of Truth » dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, par Marian David
  2. F. Châtelet, Une histoire de la raison, Paris, Points Seuil, 1992, p. 158.
  3. C. Allamel-Raffin & J.-L. Gangloff, La raison et le réel, Paris, Ellipses, p. 42.

Articles connexes[modifier | modifier le code]