Gnoséologie

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De même que la science accumule les connaissances scientifiques, la gnoséologie accumule la connaissance en général.

Définitions[modifier | modifier le code]

En France, en 2016 : Si on fait l'étude comparative de plusieurs ouvrages[1],[2],[3] et dictionnaires[4],[5], on peut convenir de la définition contemporaine suivante :

La gnoséologie est la théorie générale de la connaissance, de ses sources, de ses moyens, de ses formes et de ses résultats :

  1. La théorie de la connaissance s'occupe de la connaissance en général mais hors la connaissance scientifique,
  2. l'épistémologie s'intéresse exclusivement à la connaissance scientifique.

Le concept de gnoséologie est encore confondu avec l'épistémologie (dont elle est une des composantes) ou l'ontologie (qui est une de ses hypothèses constitutives)[6].

Notes :

  • Certains auteurs rapportent la théorie de la connaissance aux conditions subjectives de la connaissance et l'épistémologie à la connaissance prise comme objet.
  • La vision continentale est proche de la position française,
  • La vision continentale est différente de la vision anglo-saxonne,
  • Le concept de 'connaissance commune' est souvent utilisé sans véritable définition de contenu. Elle est quelquefois homogène à la 'connaissance en général' (humaine ou pas), ou à toute la 'connaissance humaine', d'autres fois à toute la connaissance hors la connaissance scientifique ("connaissance vulgaire"). (page 7)[1]

Définition plus philosophique : Doctrine ou partie de doctrine traitant des fondements, des modes et de la valeur de la connaissance[5].

Adapté de cette définition[5] : La notion de gnoséologie désigne de façon neutre un ensemble de thèses portant sur la connaissance humaine. Elle se présente comme un axe transversal permettant :

  • d'identifier un souci commun à tous les questionnements et à toutes les contributions ;
  • des apports de travaux d'auteurs et/ou de textes hétérogènes ;
  • d'études générales qui ont des perspectives différentes ;
  • d'études spécifiques sur des thèmes divers, plus ou moins particuliers ;
  • et qui porte sur la connaissance humaine.

Cependant[5], elle se distingue de la critique :

  • elle ne cherche pas à déterminer systématiquement (construction d'un système),
  • elle n'aborde pas de « l'intérieur » les limites du pouvoir de connaître,
  • elle cherche à décrire de « l'extérieur » les processus d'acquisition et d'élaboration de la connaissance.

Histoire[modifier | modifier le code]

La gnoséologie nomme un "objet problématique" que l'on retrouve dans[5] :

  • Les méditations métaphysique de Descartes,
  • la critique de la raison pure de Kant,
  • l'idée de la phénoménologie de Husserl.

Terme introduit par A. Baumgarten (1714-1762) pour désigner la connaissance de la connaissance[4]. Pour lui, la gnoséologie comprend deux parties :

  1. La logique concerne la connaissance intellectuelle,
  2. l'esthétique concerne la connaissance sensible.

Dans un passé récent, la gnoséologie a été une branche de la philosophie visant à établir « les conditions, la valeur et les limites de la connaissance », selon la définition donnée par Van Riet. Le terme recouvrait la traduction exacte de l'anglais epistemology. On a parlé également parfois de la gnoséologie comme une « théorie de la connaissance » à l'instar de la notion anglophone d'epistemology, ce qui a entraîné et qui entraîne encore une confusion de la gnoséologie avec l'épistémologie qui « bien qu'elle en soit l'introduction et l'auxiliaire indispensable » se distingue de la première « en ce qu'elle étudie la connaissance dans le détail et a posteriori, dans la diversité des sciences et des objets plutôt que dans l'unité de l'esprit »[7].

Henri Lefebvre, dans Problèmes actuel du marxisme (PUF, 1958), p.122 :

« La « gnoséologie » distingue plusieurs lois : celle de l’interaction entre les « choses » et les processus déjà distingués par une analyse concrète ; celle des rapports entre quantité et qualité ; celle du bond qualitatif à un moment donné ; celle enfin des contradictions comme raison du devenir »

.

Les genres de la connaissance[modifier | modifier le code]

Robert Misrahi rappelle que Spinoza a proposé « 3 genres de connaissance :

  • La connaissance par l'opinion, par ouï-dire et par l'imagination (images et mots) ne peut être que la source de notre "servitude", c'est à dire de notre dépendance par rapport aux passions aveugles et au monde incompris.
  • La connaissance par la raison discursive procède par raisonnement et déduction, c'est à dire par un parcours logique et un enchaînement des vérités et des connaissances selon la forme rigoureuse des démonstrations qui mettent en ordre les données de l'expérience et de la conscience de soi. Ce genre sous entend un média.
  • Le troisième genre de connaissance est discursif et intuitif par une saisie à la fois rationnelle et directe (sans média)

Seuls les deux derniers genres sont sources de liberté, c'est à dire d'autonomie. »[8].

Cartographie des disciplines[modifier | modifier le code]

Les disciplines gravitant autour de la notion de connaissance[modifier | modifier le code]

Gnoséologie

Science

Zététique

Théorie de la connaissance

Épistémologie

Progrès de la connaissance scientifique

Ontologie des objets de la connaissance

Histoire de la connaissance (humaine)

Histoire des Sciences

Sociologie des sciences (science studies)

Économie du Savoir

Progrès / Progrès scientifique / Progrès technique

Tableau[modifier | modifier le code]

En France (et c'est peut être vrai pour le continent) le consensus se fait sur la cartographie suivante : il faudrait en fait un schéma en 3 dimensions montrant toutes les relations car :

Et il est nécessaire d'envisager une vision complexe de cette cartographie (au sens de l'épistémologie de la complexité). Nombreuses sont les entités qui s'interconnectent, se recouvrent partiellement ou s'incluent,... les récursivités existent et s'enrichissent (l'histoire de la philosophie et la philosophie de l'histoire par exemple !)

Si l'axe x est l'axe de la nature de la connaissance et qui va du général au détaillé : de la science vers chacune des sciences spéciales (horizontal dans le tableau) et à la "technique".

Si l'axe y est l'axe du progrès (non apparent dans ce tableau car situé au bout de l'axe du détail). Il lui faut un axe particulier car le progrès scientifique d'une discipline n'a rien à voir avec le progrès de la connaissance scientifique, qui n'a non plus rien à voir avec celui de la connaissance en général...

Si l'axe z représente l'axe des "grandes" disciplines (vertical dans le tableau), celles qui ont des questionnements, des méthodes d'investigations et un corpus acquis de connaissances spécifiques.

Dans le quotidien Connaissance en général inclut la Connaissance scientifique inclut la Connaissance scientifique

spécialisée

Connaissance technique Progrès
Discipline chapeau Gnoséologie inclut la Science
Théorie de la discipline Théorie de la connaissance en rapport avec → ↓
Théorie de la discipline Epistémologie inclut l' Epistémologie spécialisée incluant les procédures scientifiques dont le contrat tacite du chercheur
est incluse dans ↓ :
Philosophie Philosophie de la connaissance inspire la Philosophie générale des sciences inspire la Philosophie des sciences spéciales Philosophie du progrès
Philosophie (ontologie) Ontologie des objets de la connaissance en général Ontologie des objets de la connaissance scientifique Ontologie
Histoire Odyssée culturelle de l'humanité inclut l' Histoire de la Science inclut l' Histoire des sciences spéciales Histoire du progrès
Economie Economie du savoir en relation avec Économie de la Science Économie des sciences spéciales
Sociologie Sociologie en relation avec Sociologie de la Science (science studies) Sociologie des sciences spéciales

Certaines disciplines portent leurs questionnements plus sur les personnes gravitant autour de la connaissance, leurs organisations et leurs procédures que sur véritablement la connaissance qu'elles produisent.

Décomposition des sciences spéciales[modifier | modifier le code]

Les sciences spéciales sont décomposées par certains auteurs en 2 parties : sciences et sciences humaines ou en 3 par d'autres : Sciences physiques, sciences du vivant et sciences humaines. On y trouve souvent :

La logique,

Les mathématiques,

La physique,

La médecine,

La biologie,

La linguistique,

Les sciences sociales,

L'histoire,

L'économie,

Les sciences cognitives,

La psychologie,

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Barreau Hervé, L'épistémologie, Paris, PUF Que sais-je ? 8e éd, , 127 p. (ISBN 9782130626077)
  2. Besnier Jean-Michel, Les théories de la connaissance, Paris, PUF Que sais-je ?
  3. (coordination) Anouk Barberousse, Précis de la philosophie des sciences, Paris, Vuibert, , 720 p.
  4. a et b Godin Christian, Dictionnaire de la philosophie, Paris, Fayard, , 1534 p. (ISBN 9782213621166)
  5. a, b, c, d et e Blay Michel, Dictionnaire des concepts philosophiques, Paris, Larousse -CNRS éditions, , 880 p. (ISBN 9782035839572), "Gnoséologie" : texte écrit par Gerbier Laurent
  6. Jean-Louis Le Moigne, Les épistémologies constructivistes, PUF, Que sais-je?, 4e édition, août 2012, 127 p. (ISBN 978-2-13-060681-9), p. 4
  7. Vocabulaire technique et critique de la philosophie de Lalande, cité par François Grison, Les sciences autrement : Éléments de philosophie à l'usage des chercheurs curieux, Quæ, , p. 18
  8. Robert Misrahi, Le bonheur : Essai sur la joie, Nantes, Cecile Defaut, , 145 p. (ISBN 9782350180946), p. 30

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

http://www.connaissance.fr/