Égypte romaine et byzantine

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Province romaine d'Égypte
Provincia Aegypti (Latin)
Eπαρχία Αἰγύπτου
Eparchía Aigýptou (Grec ancien)

Province de l'Empire romain

30 avant notre ère – 641

Description de cette image, également commentée ci-après
Province de l'Égypte en l'an 125.
Informations générales
Capitale Alexandrie
Ère historique Antiquité classique
Histoire et événements
30 avant notre ère Conquête du Royaume ptolémaïque
390 Formation du Diocèse
641 Conquête musulmane

Praefectus Augustalis

Entités précédentes :

Aujourd'hui, une partie de l’Égypte

La période de l’Égypte romaine et byzantine (en latin : Aegyptus; en grec koinè Αἴγυπτος / Aígyptos) s’étend de l’annexion par Rome de l’ancien Royaume lagide en 30 av. J.-C. jusqu’à sa conquête par les Arabes en 641. La province romaine comprenait alors la plus grande partie de l’Égypte moderne moins le Sinaï et était voisine des provinces de Crète et Cyrénaïque à l’ouest, de la Judée et de l’Arabie pétrée à l’est. L’Égypte était de loin la plus riche des provinces romaines hors de l’Italie, avait une économie monétaire très développée et une population que l’on estime entre quatre et huit millions d’habitants[1]. grenier à blé de Rome à l’origine, de Constantinople par la suite, elle possédait un port important à Alexandrie, deuxième ville en importance de l‘Empire romain.

Le royaume lagide (305 à 30 av. J.-C.) et la dynastie achéménide qui avait régné sur l’Égypte depuis les guerres d’Alexandre le Grand fut annexé à Rome après la défaite de Marc Antoine et de Cléopâtre VII aux mains d’Octave qui deviendra le premier empereur romain et gouvernera l’Égypte comme le successeur des pharaons[2]. Bien que diverses institutions bureaucratiques lagides fussent maintenues, l’ensemble du gouvernement fut aligné sur la structure administrative romaine. Le système juridique helléno-égyptien de la période hellénique fut maintenu, mais dans le cadre du droit romain[2]. La tétradrachme frappée à Alexandrie continua à être utilisée dans une économie de plus en plus monétarisée mais sa valeur fut progressivement alignée sur celle du denarius romain. Le sacerdoce desservant les anciennes religions égyptiennes ainsi que les déités importées de Grèce conservèrent à la fois temples et privilèges, mais en contrepartie durent également desservir le culte impérial romain déifiant les empereurs et leur famille à leur décès[2]. Avec l’arrivée du christianisme, l’Égypte continua sa tradition de centre intellectuel important, notamment grâce à Alexandrie. Foyer intellectuel grec et juif, notamment après la destruction de Jérusalem, elle deviendra après l’adoption du christianisme le foyer des premières hérésies chrétiennes, lesquelles bouleverseront l’Empire byzantin non seulement sur le plan religieux, mais également sur le plan politique éloignant progressivement ses parties occidentale et orientale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période romaine (30 av. J.-C. / 330)[modifier | modifier le code]

Égypte romaine, d'Auguste aux Sévères.

L’Égypte tomba sous la domination de Rome en 30 av. J.-C. lorsqu’Octave (le futur empereur Auguste) défit son rival, Marc Antoine, déposa Cléopâtre alors pharaonne, et annexa le royaume ptolémaïque[N 1] à l’Empire romain[3]. Ne voulant pas que les sénateurs puissent contrôler l’Égypte, région importante tant sur le plan de l’approvisionnement en grain que comme réservoir de soldats, Auguste gouvernera l’Égypte comme sa propriété personnelle et nommera l’un de ses amis, Caius Cornelius Gallus premier préfet d’Égypte. Fait sans précédent dans l’administration des provinces, ce dignitaire sera non pas un sénateur mais un chevalier romain muni de l'imperium (pouvoir de commandement suprême) et du statut proconsulaire. Trois légions furent initialement stationnées en Égypte qui seront par la suite réduites à deux, sous le règne de Tibère[4],[2]. Gallus eut à réprimer une rébellion en Thébaïde, à la suite de quoi il s’aventura plus au sud et réussit à défaire le roi d’Éthiopie[5].

Rappelé à Rome entre et 27 av. J.-C., Cornelius Gallus aura comme successeur Caius Aelius Gallus qui dirigera une expédition vers l'Arabie Heureuse (Arabia felix, le Yémen actuel), région riche en épices et dotée d’une position stratégique sur la mer Rouge. Les Romains savaient alors peu de choses sur les peuples situés au sud-est de l’Égypte : Blemmyes, Nubiens, Éthiopiens et Axoumites. Ils comptaient sur l'aide des Nabatéens, leurs alliés, pour les guider et espéraient une victoire facile. L’expédition de Gallus tourna toutefois au désastre : son armée erra dans le désert, dévastée par le climat et la maladie[6],[7],[8].

Gallus ne restera que deux ans en Égypte et sera remplacé par Gaius Petronius qui mènera une campagne contre le royaume de Koush au sud (Soudan actuel) dont la capitale était Méroé et dont la reine[N 2], Amanirenas, avait attaqué l’Égypte romaine. Bien que faisant face à un adversaire supérieur en nombre, Petronius parvint à conquérir la capitale Napata, mais dut par la suite repousser de nouvelles attaques ; finalement, la reine envoya des émissaires auprès de l’empereur et un accord fut conclu aux termes duquel le royaume devenait de fait un « client » de Rome[9].

Peuples entourant la province d’Égypte.

Ces expéditions devaient marquer la fin de l’extension de l’Empire romain dans la région. Par la suite l’Égypte connut une période de tranquillité sous les règnes de Tibère, Caligula, Claude, interrompue seulement par quelques raids de pillards sur les frontières ainsi que des conflits internes entre les communautés grecque et juive d’Alexandrie[9].

Alexandrie était alors le port le plus important d’Égypte d’où partaient les chargements de grain venant de l’intérieur vers le reste de l’empire et servait ainsi de centre de communications entre l’Égypte et la Méditerranée. Fondée par Alexandre le Grand pour remplacer Memphis, jusque-là capitale de la Basse-Égypte, la cité avait été le centre culturel du monde hellénistique[10]. La communauté juive y formait près de 35 % de la population et jouait un rôle important dans la vie de la cité[11]. De nombreux écrivains et personnalités juives avaient étudié ou vécu à Alexandrie et c’est là qu’avait été établie la traduction grecque de la Torah hébraïque appelée la Septante. Les conflits entre les communautés culturelles y étaient fréquents. Des émeutes éclatèrent dans cette ville en 40, les Juifs étant accusés de ne pas rendre à l’empereur les honneurs qui lui étaient dus. En réponse Caligula ordonna l’érection d’une statue de lui-même dans le Temple de Jérusalem. Par la suite, les Juifs envoyèrent une délégation conduite par Philon d'Alexandrie pour réclamer que leur soit donnée ou redonnée la permission légale de résider dans cette ville[12]. L’empereur Claude, qui dut à nouveau tenter de calmer les tensions entre Grecs et Juifs, refusa par la suite la demande renouvelée de la population d’Alexandrie pour une plus grande autonomie et la création de son propre Sénat[13].

Sous Néron, une expédition visant Méroé fut planifiée mais dut être abandonnée en raison d’une nouvelle révolte en Judée qui devait marquer le début de la Première guerre judéo-romaine[14],[15].

À partir du règne de Néron (r. 54 – 68), l’Égypte connut une période de prospérité économique qui dura plus d’un siècle et qui ne fut troublée que par les conflits religieux entre Grecs et Juifs. Après la destruction du Temple de Jérusalem[16] en 70, Alexandrie deviendra le centre culturel et religieux de la nation juive.

Le premier praefectus Aegypti originaire du pays fut Tiberius Julius Alexander (66-69). Hellénisé mais issu d’une riche famille juive d’Alexandrie[17], il fut préfet pendant l’Année des quatre empereurs et il lui reviendra de proclamer empereur le général Vespasien (r. 69 – 79) qui avait remporté la guerre judéo-romaine en 69. C’est du reste grâce à la claustra anonae (litt : clé de l’approvisionnement en grain) d’Égypte que Vespasien devait établir son contrôle sur l’ensemble de l’empire[14]. Cet empereur fut aussi le premier depuis Auguste à se rendre en Égypte où il fut reçu avec le cérémonial traditionnel des anciens pharaons. Le rite de bienvenue déjà utilisé pour Alexandre le Grand fut repris en son honneur et il fut proclamé fils de la divinité créatrice Amon-Rê, identifiée avec le dieu grec Zeus[18].

L’empereur Trajan, vêtu à l’égyptienne faisant des offrandes aux dieux (Temple de Dendérah).

La communauté juive devait à nouveau être secouée en 114 sous le règne de Trajan (r. 98 – 117) alors qu’un nouveau Messie était apparu à Cyrène[19]. Les désordres furent écrasés presqu’aussitôt, mais entre 115 et 117 la révolte se perpétua dans la campagne environnante d’où les légions avaient été retirées pour participer à la guerre parthique de Trajan. Cette « guerre de Kitos ou révolte des exilés » qui avait pris naissance dans l’Empire parthe, s’étendit rapidement à toutes les grandes cités du pourtour méditerranéen où résidaient d’importantes colonies juives. Paysans grecs et égyptiens prirent alors les armes contre les Juifs dont la communauté d’Alexandrie fut presque complètement anéantie, ne retrouvant vie qu’au IIIe siècle[20]. Beaucoup plus au sud cependant, dans la ville d’Oxyrhynque, on célébra cette rébellion et la survivance de la communauté juive pendant au moins quatre-vingts ans[21].

Le successeur de Trajan, Hadrien (r. 117 – 138), dut à son tour faire face à une révolte promptement supprimée en 122[22]. Peu désireux d’étendre les frontières, Hadrien s'attacha à les consolider pour pacifier et organiser l'empire, parcourant celui-ci en tous sens pendant des années et favorisant l’intégration des provinces en donnant le statut de municipe aux grandes villes dont les habitants purent ainsi accéder à la citoyenneté romaine[23]. En 119, il fit reconstruire les édifices publics de Cyrène détruits pendant la révolte des Juifs[24]. Il séjourna en Égypte avec sa cour pendant une dizaine de mois en 130 – 131 et fonda la ville d’Antinoupolis en souvenir de son jeune protégé Antinoüs qui se noya dans le Nil dans des conditions mystérieuses[23] ; il relia cette ville au port de Bérénice Troglodytica sur la mer Rouge par une nouvelle route, la via nova Hadriana[21].

À son tour, Antonin le Pieux (r. 138 – 161) visita Alexandrie pour laquelle il fit construire de nouvelles portes et un nouvel hippodrome, mais en 153 une rébellion conduisit au meurtre du praefectus Aegypti[25]. Pendant que la peste antonine ravageait le pays (165 à 180) une révolte de la population égyptienne qui avait débuté en 171 ne fut écrasée qu’en 175 par le gouverneur de la Syrie romaine voisine, Avidius Cassius, lui-même fils d’un ancien préfet d’Égypte, lequel se hâta de se faire proclamer empereur par ses troupes alors que courait la rumeur de la mort de l’empereur Marc Aurèle (r. 161 – 180). Déclaré « ennemi public » par le Sénat de Rome, Avidius Cassius s’apprêtait à faire face aux forces rassemblés par l’empereur lorsqu’il fut tué par l’un de ses propres soldats[26],[27].

Les Colosses de Memnon en 2015.

Sur les traces d’Hadrien, Septime Sévère visita l’Égypte en 199 – 200, rendit visite aux Colosses de Memnon, deux sculptures de pierre monumentales situées sur la rive occidentale de Thèbes et derniers vestiges du gigantesque temple des millions d'années d'Amenhotep III, lesquels d’après une légende locale se mettaient à chanter au lever du soleil[28]. Les statues ayant été fissurées par un tremblement de terre, Septime ordonna qu’on les répare, à la suite de quoi elles cessèrent de « chanter »[29].

Après lui, Caracalla (r. 211 – 217) devait accorder la citoyenneté romaine (Constitutio Antoniniana de 212) aux habitants des provinces dont les Égyptiens. Mais si nombre d’entre eux adoptèrent en reconnaissance le nomen gentilicum d’ « Aurelius » en l’honneur de son prédécesseur la plupart des gens ne manifestèrent qu’indifférence à l’endroit de ce qui avait été autrefois un privilège doté d’avantages mais qui était maintenant assorti d’une taxe. Les Alexandrins se servirent de cette imposition pour se moquer des vices de l’empereur alors que celui-ci approchait de leur ville en 215, provoquant ainsi son courroux. L’empereur se vengea en faisant exécuter les membres du comité d’accueil et permit à son armée de faire le sac de la ville, après quoi les Égyptiens se virent interdire d’y pénétrer sauf lors de festivités commerciales et religieuses[30]. Avec l’assassinat de Caracalla, ce fut un Berbère venant de Maurétanie césarienne (aujourd’hui l’Algérie), Macrin (r. 217 - 218), qui monta sur le trône. Premier empereur à être issu de la classe équestre, il rompit avec la tradition, et probablement pour se concilier le Sénat, nomma à la fois un nouveau praefectus Aegypti ainsi qu’un sénateur pour gouverner l’Égypte. Sitôt Macrin et son fils Diadumenien renversés, la population d’Alexandrie se révolta, tua le sénateur et évinça le préfet[31].

Portrait funéraire d'une femme avec une ânkh, c. 200 – c. 230. (Musée Benaki)

Pendant la « Crise du troisième siècle», seize empereurs et une quarantaine d’usurpateurs se succèdent entre 235 et 268. L’empire dut alors faire face sur le plan intérieur à une série de crises politiques, économiques, sociales, religieuses et morales alors que sur le plan extérieur, de nombreuses tribus germaniques menaçaient les provinces d’Europe, que le nouvel empire perse des Sassanides cherchait à s’étendre en Asie mineure et qu’en Afrique certains territoires comme l’Empire de Palmyre faisaient sécession.

Après la capture de Valérien (r. 253-260) lors de la bataille d'Édesse en 260, l’armée d’Orient réclama un nouvel empereur. Macrien père s’étant récusé, ses deux fils Macrien fils et Quiétus (260-261) furent reconnus Augusti en Égypte[32],[33]. Lorsqu’ils furent renversés, les Alexandrins reconnurent le praefectus Aegypti Lucius Mussius Aemilianus (r. 261-262) comme empereur pendant que Gallien, fils de Valérien et coempereur, affermissait son pouvoir à Rome (coempereur 253-260)[34],[35]. Gallien envoya contre lui le général Aurelius Theodotus. En , Alexandrie fut la proie de combats entre les partisans d’Aemilianus et de Gallien, combats qui virent la disparition des deux-tiers de la population de la ville[35],[36].

S’il ne pouvait accepter que l’on tente de lui ravir la fonction impériale, Gallien incapable de lutter contre tous les ennemis à la fois, avait pris la décision stratégique d’accepter qu’un certain nombre de généraux en Orient se dotent d’une certaine autonomie pourvu qu’ils tiennent les provinces sous l’autorité de Rome face aux Perses[37]. Parmi ceux-ci se trouvaient Odénat, membre d’une noble famille arabe de Palmyre ayant acquis la citoyenneté romaine ; il fut nommé vice-roi d’Orient et, avec son épouse Zénobie, fonda le royaume de Palmyre[38].

L’Empire de Palmyre en 271.

Après son assassinat vers 267, Zénobie fit transférer à son fils Wahballat les titres de son père, notamment celui de « roi des rois ». Devant l'incapacité des empereurs à défendre la Syrie, elle parvint à réunir sous son autorité les provinces de Syrie, d'Arabie et d'Égypte, et commença la conquête des provinces d'Asie mineure[39]. Elle proclama Wahballat empereur de Rome et prit le titre d'Augusta comme « mère » de cet empereur. Mais Aurélien, empereur depuis l'automne 270, entreprit à la fin de 271 de mettre un terme aux tentatives sécessionnistes. Après des victoires près d'Antioche puis près d'Émèse, il s'empara de Zénobie qui fut amenée à Rome, mettant fin à l’existence du royaume[40].

La « Colonne de Pompée », monument en fait érigé par Dioclétien et placé dans le Sérapéum d'Alexandrie, tel que représenté dans une mosaïque de Sepphoris en Palestine romaine.

En 296 une invasion perse conduisit le préfet d’Égypte, Domitius Domitianus, à croire que la chute de Dioclétien était proche ; il en profita pour se proclamer empereur l’année suivante ; toutefois le César Galère réussit à arrêter l’avance perse pendant que Dioclétien lui-même s’apprêtait à marcher contre l’usurpateur. Domitianus mourut à ce moment et son adjoint, Achilleus prit la relève. Dioclétien captura Alexandrie après un siège de huit mois et fit ériger en l’honneur de cette occasion la « Colonne de Pompée »[N 3] qui fut placée dans le Sérapéum d'Alexandrie[N 4]. Dioclétien en profita pour céder le Dodécaschène, partie de la Nubie qui s'étend immédiatement au sud de Philæ, aux Noba[N 5] avec comme mission de défendre la frontière située à Assouan des attaques des Blemmyes[N 6].

Les grandes réformes administratives de Dioclétien (r. 284-305) devaient voir l’Égypte divisée en deux, la Thébaïde devenant une province à part entière[41]. En 297 des réformes en matière de taxes et de finances virent la monnaie égyptienne alignée sur celle de l’ensemble de l’empire[42]. La fonction de praefectus Aegypti fut scindée entre un pareses pour les affaires civiles et un dux pour les affaires militaires, les légions I Maximiana Thebanorum et II Flavia Constantia assurant la protection du pays[43].

Dioclétien devait visiter une seconde fois l’Égypte en 302 apportant du ravitaillement à la population d’Alexandrie et s’en prenant aux partisans du manichéisme. L’année suivante Dioclétien lança une persécution contre les chrétiens[43]. Cette persécution fut particulièrement intense en Égypte où les préfets Satrius Arrianus (304-307) et Sossianos Hiéroclès (310) se montrèrent impitoyables[43]. L’édit de Sardique, dernier geste politique de l’empereur Galère mettra fin à cette persécution[44].

Période byzantine (330 - 619)[modifier | modifier le code]

Carte du « Diocèse d’Égypte » vers 400.

Le règne de Constantin le Grand (r. 310-337) devait voir la fondation de Constantinople et l’Égypte continue à approvisionner en blé la nouvelle capitale, Constantinople. Il devait également voir la reconnaissance officielle du christianisme au même titre que les autres religions romaines par l’Édit de Milan en 313.

Les nombreux conflits religieux qui avaient marqué la période romaine se poursuivirent à l’époque byzantine, impliquant dorénavant divers schismes au sein de la chrétienté elle-même. Il semble que Constantin ait eu comme projet de visiter l’Égypte, car des préparatifs pour une réception impériale avaient été entrepris à Oxyrhynque. Ceux-ci furent cependant abandonnés en raison de la convocation du Concile de Nicée en 325, provoqué par l’apparition de l’arianisme, attribué à l’évêque d’Alexandrie Arius (vers 250 – 336), lequel enseignait que le Fils de Dieu n'avait pas toujours existé mais avait été engendré dans le temps par Dieu le Père, et les chrétiens trinitaires défendus par un autre théologien d’Alexandrie, Athanase (296/298 – 373). La controverse fut résolue au profit des chrétiens trinitaires, mais se poursuivit pendant plusieurs décennies[45].

En 391 toutefois, les tensions se ravivèrent entre chrétiens et païens cette fois lorsque le , l’empereur Théodose le Grand (r. 379-395) en son nom et au nom de son coempereur et beau-frère Valentinien II (r. 379-392) interdit non seulement les sacrifices païens mais aussi la fréquentation des temples, interdiction qu’il renouvellera spécifiquement pour l’Égypte et pour Alexandrie[46].

La révolte éclata lorsque l’évêque Théophile d'Alexandrie, connu pour ses méthodes violentes, tenta de transformer un temple païen en église et organisa une procession pour exposer des reliques chrétiennes[46]. Devant la vindicte des chrétiens, les païens ayant à leur tête le philosophe Olympe durent se réfugier dans le Sérapéum qui fut ultimement transformé en église dédiée à Jean le Baptiste. Le Sérapéum de Canope (Abu Qir) fut également pillé et transformé en monastère dont l’église fut consacrée aux saints Cyrus et Jean, deux martyrs du IVe siècle particulièrement vénérés par l’Église copte[31].

La controverse religieuse se perpétua sous Théodose II (r. 402-450) entre chrétiens cette fois concernant le titre de Theotokos (litt. « qui a enfanté Dieu », improprement traduit par « mère de Dieu ») donné à Marie. Neveu et successeur de Théophile, le patriarche Cyrille d'Alexandrie s’attacha à éradiquer aussi bien le paganisme que le judaïsme et le nestorianisme, doctrine mise de l’avant par le patriarche de Constantinople, Nestorius. La faction conduite par Cyrille l’emporta et Nestorius fut condamné au Concile d'Éphèse et envoyé en exil[47]. La réputation de l’évêque et par conséquent d’Alexandrie elle-même parvint au zénith lorsqu’en 449, le successeur de Cyrille, le patriarche Dioscore Ier d’Alexandrie défendit les doctrines d’Eutychès, archimandrite d'un monastère près de Constantinople, lors du Deuxième concile d'Éphèse contre l’avis du pape Léon Ier qui ne reconnut pas le concile, en excommunia les participants et tenta sans succès de faire pression sur l’empereur Théodose pour qu’il convoque un nouveau concile[31].

Entretemps les Blemmyes continuaient leurs attaques contre l’Égypte maintenant byzantine, soutenus cette fois par les païens résistant aux chrétiens. Mais en 451, l’année du Concile de Chalcédoine, l’empereur Marcien (r. 450-457) parvint à une entente avec eux qui leur permettait l’utilisation du temple de Philæ et leur rendait les statues du temple à des fins divinatoires[48]. Le Concile de Chalcédoine (451) devait de son côté renverser les décisions du Second Concile d’Éphèse et condamner Eutychès et Dioscore. Il en résulta un schisme permanent entre les Églises copte et orthodoxe grecque, alors que l’élévation du patriarcat de Constantinople à un rang qui ne le cédait à Rome que de façon honorifique devait envenimer les relations entre Constantinople et Rome[49],[50].

Le successeur de Marcien fut Léon Ier (r. 454 – 474) qui s’avéra un fervent défenseur des décisions de Chalcédoine et le premier empereur à être couronné par le patriarche de Constantinople[51]. Mais Léon, pour se débarrasser de l’influence germanique, se rapprocha des Isauriens dont le chef, Zénon, lui succéda (coempereur 474-475 ; empereur 476-491)[52]. Rapidement les Isauriens devinrent aussi impopulaires que les Germains l’avaient été et Zénon fut remplacé par le monophysite Basiliscus favorisant un dégel des relations avec Alexandrie. Mais le retour de Zénon au pouvoir quelques mois plus tard raviva les hostilités[53]. Instruit par l’expérience, Zénon tenta de réconcilier le monophysisme, qui ralliait les régions orientales de l'Empire, et le chalcédonisme en faveur dans la partie occidentale. Il proposa en 482 un compromis en accord avec le patriarche de Constantinople Acace, l'Hénotique, édit d'union religieuse qui résulta en un schisme avec Rome qui dura jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Justin Ier (r. 518-527)[54].

Période sassanide et arabe (619 – 646)[modifier | modifier le code]

Expansion de l'Empire sassanide de 602 à 629 (plus pâles : territoires vassaux ; plus foncés : conquis en 620 sur l'Empire byzantin).

Déjà au cours du règne d’Anastase Ier (r. 491-518), l’Empire sassanide avait envahi le Delta du Nil, mais avait dû se retirer après avoir échoué à conquérir Alexandrie. Au début du VIe siècle, sous le règne de Justin Ier ce furent les Blemmyes qui multiplièrent les attaques sur la Haute-Égypte[55]. Son successeur, Justinien Ier (r. 527-565) et son épouse Théodora tentèrent tous deux de convertir les Noba, mais pendant que Justinien espérait les voir adopter l’orthodoxie, son épouse les persuada plutôt d’adopter le monophysisme et les rallia à l’Église copte[55]. Une fois convertis, ils vinrent en aide aux Romains dans la conquête des Blemmyes ; le général Narsès fut envoyé en 543 confisquer les statues de Philæ et fermer le temple qui fut converti en église chrétienne[55]. Les Blemmyes n’en revinrent pas moins à la charge sous le successeur de Justinien, Justin II (r. 565-574) et le début du règne de Tibère II (r. 574-582)[56].

Le long conflit qui avait opposé les Empires byzantin et sassanide s’était terminé en 591 lorsque l’empereur Maurice (r. 582 – 602) avait aidé le roi Khosro II (r. 590-628) à regagner son trône. En 602, Maurice fut assassiné par son rival, Phocas. Prétendant venger Maurice, Khosro déclara la guerre à l’Empire byzantin, guerre qui enflamma l’Égypte, le Levant et la Mésopotamie culminant avec la conquête de Jérusalem en 614 et d’Alexandrie en 619. Ces succès initiaux devaient être de courte durée et l’arrivée au pouvoir de l’empereur Héraclius (r. 610 – 641) renversa la situation, Khosro lui-même devant être renversé en 628[57]. Son fils, Kavadh II, qui ne régna que quelques mois en 628 eut tout de même le temps de conclure un accord avec l’Empire byzantin qui retournait à celui-ci les territoires conquis par son père.

La courte conquête sassanide avait toutefois eu pour conséquence de permettre au monophysisme de refaire surface en Égypte et avait consolidé le mur de haine qui existait entre Égyptiens et Byzantins. La restauration du pouvoir de Constantinople en 629 aboutit à la persécution des monophysites par l’empereur Héraclius et consolida les aspirations séparatistes de la population qui ne fit rien pour se défendre lorsqu’arriva de nouveaux envahisseurs : les Arabes[58]. La couteuse guerre de l’empereur Héraclius qui avait fait de la lutte contre les Perses et du retour de la Vraie Croix dans Jérusalem reconquise (630) le principal but de sa politique[59] avait en fait affaibli les forces des deux empires qui se trouvèrent démunis face à ce nouvel ennemi.

Non seulement le calife Omar (r. 634-644), compagnon de Mahomet et successeur d’Abu Bakr, réussit-il à se soumettre l’Empire perse, mais après s’être emparé de l’Arménie, son armée de quelque 4 000 Arabes sous le commandement d’Amr ibn al-As se dirigea vers Jérusalem (637/638) avant de pénétrer en Égypte en 639, avançant rapidement vers le delta du Nil[60],[61]. Les garnisons byzantines se replièrent alors dans les villes fortifiées où elles purent tenir pendant plus d’une année[62].

Les Arabes demandèrent alors des renforts et en avril 641 assiégèrent et capturèrent Alexandrie. Les Byzantins assemblèrent une flotte dont le but était de reprendre l’Égypte et Alexandrie en 645[63]. Ayant reçu leurs renforts, les Arabes reconquirent la ville l’année suivante. La plupart des Byzantins y compris le commandant de la flotte impériale furent tués, de même que bon nombre des habitants de la ville qui fut rasée[64]. Ainsi se terminaient quelque 975 années de souveraineté romano-byzantine sur l’Égypte. À la mort d’Omar en 644, l’Empire arabe s’étendait déjà de ce qui est la Libye aujourd’hui à l’ouest jusqu’à l’Indus à l’est et à l’Oxus au nord.

Gouvernement romain de l’Égypte[modifier | modifier le code]

Tête d’un empereur romain du Ier siècle portant le némès[N 7] avec un Uræus[N 8] représenté comme pharaon (Musée du Louvre).

Les principales réformes apportées par les Romains au système ptolémaïque eurent pour but d’accroitre l’efficacité de l’administration et partant d’assurer de meilleurs revenus. Certaines fonctions furent conservées, d’autres disparurent et certaines conservèrent leur nom, mais virent leurs tâches modifiées.

Les provinces de l’ancien royaume furent conservées, du moins jusqu’aux réformes de Dioclétien, ces dernières touchant non seulement l’Égypte, mais l’ensemble de l’empire[41]. Pendant les trois premiers siècles de la domination romaine, l’ensemble du pays fut confié à un gouverneur unique appelé praefectus Alexandrae et Aegypti (litt : préfet d’Alexandrie et de l’Égypte), titre reflétant le fait qu’Alexandrie, située hors du delta du Nil, n’était pas incluse dans les frontières géographiques traditionnelles de l’Égypte[65]. Non seulement celui-ci et ses principaux collaborateurs appartenaient-ils à la classe équestre, mais le premier disposait à la fois de pouvoirs civils et militaires puisque, par la loi, il disposait d’un pouvoir d'« imperium »[65]. De plus, et contrairement aux autres provinces sénatoriales, il était responsable de la collecte de certaines taxes et de l’organisation des envois de grains, y compris l’anona, venant d’Égypte[66]. Aussi, la fonction de préfet d'Égypte était-elle considérée comme la seconde en importance pour un membre de l’ordre équestre après celle de préfet du prétoire et était-elle l’une des mieux payées avec un salaire annuel de 200 000 sesterces. Ses pouvoirs dépassaient également ceux en vigueur dans les autres provinces sénatoriales puisque non seulement le gouverneur pouvait émettre des décrets (ius edicendi) mais aussi, à titre d’ultime instance judiciaire, d’ordonner des exécutions capitales (ius gladii). Chaque année en Basse-Égypte et à tous les deux ans en Haute-Égypte, le préfet tenait un conventus au cours duquel se tenaient les procès judiciaires et où étaient examinées les pratiques administratives des fonctionnaires[66].

Le préfet était assisté dans ses tâches par divers procurateurs dont deux étaient nommés par l’empereur : l’administrateur du Idios Logos, responsable de certains revenus spéciaux et le Juridicus ou officier chargé du domaine judiciaire. On dénombrait également des procurateurs pour les monopoles d’État, pour les fermes de l’État, pour l’administration des entrepôts d’Alexandrie, etc[66].

Les nomes et grandes villes d’Égypte avec leur nom en caractères hiéroglypiques.

Au début de la conquête, l’Égypte était divisée en deux « épistratégies », celle de Haute-Égypte et celle de Basse-Égypte auxquelles s’ajouta peu après une troisième comprenant la région située au sud de Memphis et le Fayoum portant le nom de « nome de Meptanomia et Arsinoite ». Les gouvernements locaux de l’arrière-pays demeuraient ceux des divisions administratives traditionnelles ou nomes. Dans chaque nome, le préfet nommait un strategos, administrateur civil sans fonction militaire, qui servait d’agent intermédiaire entre le préfet et les villages avec l’aide d’un « scribe royal » chargé des affaires financières. Tout en servant d’adjoint au strategos, celui-ci se rapportait directement à Alexandrie pour l’administration des comptes publics[66].

Comme ailleurs dans l’empire, le statut des grandes villes fut rehaussé. Dans chaque nome, les principales villes reçurent le titre de metropoleis. Celles-ci étaient dirigées par des magistrats choisis selon le système des « liturgies »[N 9] qui étaient aussi responsables de la construction des édifices publics. En 200/201, Septime Sévère (r. 193-211) accorda à chaque métropole et à Alexandrie le droit à une assemblée, la boulè[2]. Au sein des nomes, chaque village ou kome possédait un scribe ou secrétaire de village dont le terme d’office, quelquefois payé, était de trois ans. Pour éviter les conflits d’intérêts, ces scribes ne pouvaient venir du village où ils servaient puisqu’une de leurs tâches était d’informer les stratégoi et epistrategoi du nom des personnes pouvant exercer des charges publiques non rétribuées[67].

Les réformes de Dioclétien résultèrent dans la subdivision de l’Égypte, avec comme principales divisions Iovia, Herculea et la Thébaïde. Au IVe siècle cette division administrative sera reflétée par la division militaire entre le dux Thebaidos en Haute-Égypte et le Comes limitis Aegypti en Basse-Égypte[68]. L’empereur Justinien devait pour sa part abolir le Diocèse d’Égypte en 538 et regrouper pouvoirs civil et militaire entre les mains d’un dux (militaire) aidé d’un praeses (civil), pouvoir étatique devant faire contrepoids après une période de bouleversements politiques à celui de l’Église. Toute autonomie locale avait alors disparue.

L’armée[modifier | modifier le code]

Vu que le préfet d’Égypte appartenait à l’ordre équestre et qu’il était impensable qu’un chevalier puisse commander un sénateur, les commandants des légions appartenaient au même ordre et étaient des militaires de carrière, anciens centurions ayant le grade senior de primus pilus. Ils portaient le titre de praefectus stratopedarches (du grec « stratopedarque » signifiant commandant de camp). Collectivement, ces forces formaient l’exercitus Aegyptiacus ou « armée d’Égypte »[69].

Alexandrie étant une ville turbulente, la garnison était concentrée à Nicopolis, faubourg de la ville, plutôt que dans le centre stratégique du pays, Memphis, l’ancienne capitale des pharaons[70]. Au moins une légion y était stationnée en permanence à laquelle s’ajoutait un important détachement de cavalerie formé d’« auxilia »[N 10]. Ces troupes avaient comme mission d’assurer la protection du praefectus Aegypti en cas d’insurrection et pouvaient être déployées là où le besoin s’en faisait sentir. Se trouvait également à Alexandrie la Classis Alexandrina, flotte provinciale d’Égypte. Au total, au cours des IIe et IIIe siècles quelque 8 000 soldats étaient stationnés à Alexandrie[71]. De plus, au moins trois détachements d’auxilia étaient stationnés à la frontière sud, près de Philæ et de Syene (Assouan) à la première cataracte, protégeant l’Égypte contre les ennemis du sud et empêchant toute rébellion en Thébaïde[72].

Deux des trois légions stationnées en permanence en Égypte nous sont connues : la Legio III Cyrenaica et la Legio XXII Deiotariana. La III Cyrenaica quitta l’Égypte après et la XXII Deiotariana fut transférée quelque peu après, la Legio II Traiana arrivant avant 127/128 pour la remplacer et devenir la principale composante de l’Armée d’Égypte pendant les deux siècles suivants[73].

À côté des légions se trouvaient entre sept et dix cohortes d’auxilia d’infanterie, chaque cohorte comprenant environ 500 hommes et trois ou quatre « ala » de cavalerie composées chacune de quelque 500 hommes à cheval. Trois de ces détachements étaient stationnés à la frontière sud, les autres demeurant à Alexandrie[74]. Les militaires appartenant à ces unités, étaient pour beaucoup d’origine égyptienne, mais s’y ajoutaient d’autres soldats venant des provinces d’Afrique, de Syrie, voire des Balkans et d’Asie mineure[75]. Une chose est certaine toutefois : l’armée d’Égypte était la plus hellénisée des armées de province[76]. Après quelque 25–26 ans de service militaire, ces soldats recevaient la citoyenneté romaine et le droit de connubium (mariage). Sous la dynastie flavienne, une portion de plus en plus importante de l’armée était constituée de soldats locaux dont les enfants élevés dans les camps près des bases (canabae) devenaient eux-mêmes soldats (castrenses ; litt : « enfants des camps »). Les Égyptiens recevaient des noms à consonance latine à leur enrôlement et, à l’encontre de ce qui se passait dans d’autres provinces, on ne trouvait à peu près aucun nom d’origine locale parmi les auxiliaires de l’armée d’Égypte[77].

L’armée romaine jouait trois rôles principaux en Égypte. Elle devait d’abord assurer la protection du territoire contre les ennemis extérieurs comme on l’a vu précédemment. De plus, comme Alexandrie et Antioche contrôlaient l’Est méditerranéen, on faisait régulièrement appel à des unités cantonnées en Égypte pour prendre part à des expéditions dans la région. À cela s’ajoutait un rôle plus politique de police dans la répression des nombreux soulèvements qui agitèrent la province, principalement lors des révoltes juives. Enfin, elle avait un rôle économique en surveillant les chargements de blé qui, venant de l’intérieur du pays, se dirigeaient vers Alexandrie avant d’être envoyés en Europe, ainsi qu’en assurant la surveillance des travaux de construction et d’entretien des canaux permettant l’irrigation des terres[78].

Économie[modifier | modifier le code]

Le Nil, rivière et dieu de l’Égypte, représenté avec la corne d’abondance, des gerbes de blé, un sphinx et un crocodile. Sculpture provenant du temple d’Isis et Sérapis à Rome.

L’Égypte était de loin la plus riche province romaine en dehors de l’Italie[79]. Grâce au port d’Alexandrie, elle permettait d’alimenter en grain Rome au début, Constantinople par la suite. On ignore le chiffre exact de sa population et on l’a longtemps estimée à huit et dix millions, mais ces chiffres ont été ramenés à environ cinq millions[80],[81]. Son économie, hautement monétarisée pour l’époque y compris dans les campagnes, reposait sur la tetradrachme qui fut alignée sur le denarius romain jusqu’à l’introduction par Constantin du solidus d’or[82].

Non seulement les autorités romaines continuèrent-elles le régime de taxation de l’époque ptolémaïque basé sur la terre, mais encore y ajoutèrent-elles un grand nombre de taxes diverses qui conduisirent à de nombreuses protestations d’exaction de la part de la population. Le système développé sous les pharaons était complexe et comportait une grande variété de tenure dont le statut était déterminé à la fois par les trois catégories du système ptolémaïque : propriétés sacrées appartenant aux temples, terres royales appartenant au pharaon et « terres données » basées sur le système des « clérouquies » de l’époque lagide[N 11], ainsi qu’en fonction de divers critères locaux tels le régime hydrologique, le statut juridique ou la fonction de la propriété[83].

Le gouvernement romain encouragea la privatisation des terres et l’accroissement de l’entreprise privée dans la production et les échanges, les taxes frappant moins lourdement propriétaires privés et entrepreneurs. Le volume du commerce intérieur et extérieur se développa pour atteindre un sommet au IIe siècle, mais une série de problèmes se posèrent au IIIe siècle causés en grande partie par une série de dépréciations monétaires qui diminuèrent la confiance dans la monnaie et causèrent une inflation galopante[84].

La tendance à la privatisation de la terre s’accéléra au Ve siècle et culmina au VIe siècle alors que, comme ailleurs dans l’empire se constituaient d’immenses domaines latifundaires dont un certain nombre appartenait à l’Église chrétienne[82],[85].

Société[modifier | modifier le code]

Plan d’Alexandrie à l’époque hellénistique.

La structure sociale de l’Égypte romaine et byzantine était complexe et se basait à la fois sur l’ethnicité et le lieu de résidence.

Les Romains héritèrent de la structure sociale en vigueur dans l’Égypte ptolémaïque fondée en -305 par Ptolémée Soter, compagnon d’Alexandre le Grand, laquelle faisait une nette distinction entre l’élite grecque et la population égyptienne. Alexandrie était alors devenue non seulement la capitale politique du pays, mais aussi centre de rayonnement de la culture grecque[86]. Les Romains, ne faisant guère de distinction entre les deux peuples, considéraient les uns et les autres comme « Égyptiens ». De plus, les Juifs qui formaient des communautés autonomes étaient également largement hellénisés[87].

Outre le critère ethnique jouait aussi le lieu de résidence. Les citoyens romains et les citoyens d’Alexandrie payaient un « impôt par tête »[N 12] moindre que les « Égyptiens ». Par ailleurs les Égyptiens habitant juridiquement les métropoles des nomoi payaient un impôt par tête moins élevé et avaient plus de privilèges que les autres. De même au sein des métropoles, l’élite hellénisée propriétaire d’immenses domaines payait moins d’impôts que les simples paysans, la plupart étant des fermiers-locataires travaillant des terres appartenant soit à des temples, soit aux successeurs de l’ancienne monarchie[2]. Cette distinction entre la vie rurale des villages où on parlait égyptien et les métropoles où se parlait la koinè grecque et où l’élite fréquentait les gymnasia grecs était probablement la plus importante distinction sociale de l’Égypte romaine. Outre les établissements d’enseignement, les métropoles possédaient d’autres institutions à caractère grec comme le conseil des anciens (gerousia) et c’est parmi ces élites que les Romains choisissaient les édiles municipaux et les grands administrateurs[88]. Et même si la Constitutio Antoniniana de 212 fit de tous les Égyptiens libres des citoyens romains, elle n’abolit pas ces distinctions sociales basées sur la tradition[2].

L’ascension sociale était possible mais difficile[89].Une façon d’y parvenir était de s’enrôler dans l’armée, du moins jusqu’à la concession du statut de citoyens à tous les peuples de l’empire par Caracalla. Bien qu’en théorie l’enrôlement était encore réservé aux seuls citoyens romains, nombre de Grecs trouvaient le moyen de rejoindre la légion. Les Égyptiens pour leur part pouvaient se joindre aux forces auxiliaires et obtenir la citoyenneté lors de leur démobilisation[90].

Religion[modifier | modifier le code]

Le dieu Sérapis accompagné du Cerbère (Musée archéologique national, Naples).

Culte de Sérapis et d’Isis[modifier | modifier le code]

Au début de la période ptolémaïque, Ptolémée Soter avait introduit le culte de Sérapis, dieu syncrétique aux caractéristiques helléniques et égyptiennes, possiblement relié au culte d’Osiris-Apis. Sérapis reprit dans le panthéon égyptien le rôle d’Osiris, dieu de la vie future et de la régénération, époux d’Isis, déesse de la fertilité, et père d’Horus connu dans le monde hellénique comme Harpocrate. Les empereurs seront quelquefois représentés sous les traits de Sérapis avec ses attributs caractéristiques, celui-ci comme Osiris, et contrairement aux autres dieux égyptiens n’étant jamais représenté avec des parties animales. Ses traits caractéristiques étaient ses vêtements à la mode grecque, ses longs cheveux et sa barbe de même que sa couronne à dessus plat appelée calathus[91].

Le culte à mystères d’Isis, qui se développa quelque part dans l’Empire romain et fut par la suite importé en Égypte, devint populaire, Isis étant la déité féminine par excellence, déesse-créatrice du panthéon égyptien et mère de l’enfant Harpocrate ; en tant que « myrionymos », elle était la déesse de la magie et des mystères[91].

Culte impérial[modifier | modifier le code]

Le culte des souverains égyptiens se termina avec la chute de la dynastie ptolémaïque, laquelle avec Alexandre le Grand avait fait l’objet d’un culte des héros à la fois égyptien et hellénique[92]. Auguste devait instituer un nouveau culte impérial pour l’Égypte. En théorie, c’était le « peuple romain » (populus romanus) qui gouvernait collectivement l’Égypte. Les empereurs ne furent jamais couronnés pharaons et il n’existe pas d’exemple qui montrerait qu’un empereur vivant ait été incorporé dans les panthéons traditionnels vénérés par le sacerdoce égyptien[93]. Les images de l’empereur étaient identifiées à Zeus Éleutherios (litt : le libérateur) et modelées sur l’exemple d’Alexandre le Grand, censé avoir « libéré » l’Égypte de la tyrannie des pharaons[93]. Toutefois, on sait qu’à Memphis se trouvait en -27 un grand prêtre de Ptah, nommé sous l’autorité d’Auguste comme célébrant en chef du culte du souverain d’Égypte auquel on se référait comme « prêtre de César ». Il est aussi démontré que Néron fut adoré de son vivant de même qu’Hadrien[94]. Le culte officiel était dirigé par un « archiereus pour Alexandrie et toute l’Égypte », lequel était responsable de tous les temples d’Égypte et du culte des déités impériales et de Sérapis dans tout le pays[95]. Tout comme le préfet, le grand-prêtre devait être citoyen romain, appartenait probablement à l’ordre équestre et était nommé par l’empereur[96].

Le culte en Égypte différait de celui des autres provinces romaines en ceci que la déesse « Roma » que l’on associait généralement au Sénat de Rome ne fit pas partie du culte dans cette province impériale, hors du contrôle du Sénat[97].

Il existait également un archiereus dans chaque nome ; choisis dans l’élite locale à partir du système des liturgies, ces grands prêtres étaient responsables de l’entretien des temples et du culte impérial dans leurs métropolis, les cultes des divinités traditionnelles ayant leur propre sacerdoce[98].

Christianisme[modifier | modifier le code]

Cyrille, évêque d’Alexandrie à partir de 412 et considéré comme saint par les catholiques et les orthodoxes.

Ce culte impérial se perpétua jusqu’au règne de Constantin le Grand[94]. Mais dès l’an 200, il est évident qu’Alexandrie était devenu un grand centre du christianisme : Clément d'Alexandrie et Origène y vécurent, y enseignèrent et y écrivirent. L’Édit de Milan de 313 devait mettre fin à la persécution des chrétiens qui adoptaient comme langue littéraire et liturgique le copte, ancienne langue égyptienne écrite avec des caractères grecs auxquels s’ajoutaient des caractères permettant de rendre des sons existant en égyptien mais non en grec[2],[99]. Si le paganisme fut supprimé au Ve siècle, il se perpétua pendant plusieurs décennies comme le montrent des graffiti trouvés à Philæ en Haute-Égypte prouvant que le culte d’Isis et ses temples y existèrent jusqu’au VIe siècle.

L’Égypte avait une longue tradition de spéculation religieuse conduisant à la multiplication des controverses théologiques. Le christianisme n’échappa pas à cette tradition. Alexandrie devint le centre du premier grand déchirement du monde chrétien entre les Ariens, ainsi nommés d’après leur fondateur, le prêtre Arius, et leurs opposants, représentés par Athanase, archevêque d’Alexandrie qui parvint en 326 à faire rejeter les thèses d’Arius au Premier concile de Nicée[100]. Même après sa condamnation, la controverse que suscita l’arianisme se prolongea pendant des décennies provoquant révoltes et rébellions et conduisant à la destruction du grand temple de Sérapis, un des hauts lieux du paganisme. Outre l’arianisme, on vit fleurir différentes hérésies soit originaires d’Égypte, soit importées, comme le gnosticisme[N 13] et le manichéisme[N 14].

Un autre mouvement religieux, au sein de l’Église celui-là, fut le développement du monachisme des Pères du désert comme Athanase d'Alexandrie, Théophile d'Alexandrie, Cyrille d'Alexandrie, Épiphane de Salamine, Grégoire de Nazianze. Ce mouvement connut un tel succès que l’empereur Valens (r. 364-378), favorable aux Ariens, dut restreindre le nombre d’hommes qui, quittant le monde voulaient se retirer pour vivre une vie de pauvreté au service de l’Église[101].

Au début du IVe siècle, le patriarche Cyrille d’Alexandrie (vers 375 – 444) s’en prit non seulement aux païens, mais aussi aux Juifs et aux chrétiens hérétiques avec une brutalité qui l’opposa au gouverneur Oreste, lui-même chrétien, et qui aboutit à des pogroms et autres scènes sanglantes, au cours desquelles périt en 415 la philosophe néoplatonicienne Hypatie, victime d'un lynchage par des moines chrétiens[102].

La chute de l’Empire romain d’Occident en 476 devait isoler les Romains venus de l’Empire d’Occident établis en Égypte et, avec la montée du christianisme, conduire à l’abandon des traditions pharaoniques.

Cathédrale copte orthodoxe de l’archange Michel, Assouan.

Alexandrie reviendra à l’avant-scène des querelles christologiques du Ve siècle lorsque le monophysisme[N 15] d’Eutychès, archimandrite d’un monastère près de Constantinople, sera développé par Dioscore, patriarche d'Alexandrie de 444 à 451 ou 454, puis par Sévère, patriarche d'Antioche de 512 à 518, à partir de la formule mise de l’avant par Cyrille d'Alexandrie[103]. Condamnée au Concile de Chalcédoine en 451, elle conduira les miaphysistes à séparer l’Église copte orthodoxe d’Alexandrie des Églises catholique et orthodoxe[N 16].

Architecture[modifier | modifier le code]

Abside nord du monastère rouge de Sohag.

Peu de monuments civils de l’époque romaine ont survécu ; on en trouve dans les métropoleis d’Heracleopolis Magna, d’Oxyrhynchos et d’Hermopolis Magna ainsi que d’Antinoupolis. Ils nous sont connus en particulier par les recherches archéologiques conduites lors de la campagne d'Égypte de Bonaparte et publiées dans la série Description de l'Égypte. Depuis, nombre de ces ruines ont elles-mêmes disparu. Il reste toutefois deux théâtres romains à Pelusium, un temple dédié à Sérapis et un tétrastyle à Diospolis Magna (Thèbes) ainsi qu’un arc triomphal et des temples consacrés à l’empereur Auguste et à la déesse Roma à Philæ[104]. La plupart de ces metropoleis étaient probablement construites selon le plan hippodamien utilisé dans les villes hellénistiques comme Alexandrie et incluaient les deux voies principales romaines du Cardo (direction nord-sud) et Decumanus Maximus (direction est-ouest) se croisant en leur milieu comme on les trouve à Athribis et Antinoupolis[104].

Page titre de l’édition de 1809.

Le plus ancien exemple d’église chrétienne en Égypte se trouve dans le village romain de Kellis (Haute-Égypte, près de l’actuelle oasis de Dakhleh). Sur le modèle des « maisons-églises » du début du IVe siècle, il s’agit d’une église à trois vaisseaux sur plan basilical avec pastaphoria[N 17] et datant de la période de Constantin[105]. Toutes ces églises sont bâties sur un axe est-ouest, les éléments liturgiques importants étant situés à l’est. Elles durent être construites peu après la victoire de Constantin sur Lucinius et, au cours du IVe siècle, même de petites villes comme ‘Ain el-Gedida dans l’oasis Dakhleh possédaient leur propre église[105]. La première église de grandes dimensions dont les restes sont parvenus jusqu’à nous est celle d’Antinoupolis. Il s’agit d’une église comportant cinq vaisseaux axée vers l’est mesurant soixante mètres en longueur et vingt mètres en largeur ; elle est entourée d’un cimetière[105].

Vers la fin du IVe siècle les églises des monastères commencèrent à se distinguer des autres par la construction de sanctuaires rectangulaires et non plus semi-circulaires du côté est où se trouvait l’autel. Au lieu de l’abside traditionnelle on trouvait une niche ou petite construction ornée d’un arc avec colonnes[105]. Au Ve siècle émergent des variations régionales dans les églises-basiliques importantes. Alors que sur la côte méditerranéenne et dans le nord du pays on trouve des plans comportant quatre ou cinq vaisseaux, dans la Moyenne-Égypte et en Basse-Égypte les basiliques sont souvent dotées d’une colonnade qui entoure l’ensemble de la structure formant un déambulatoire continu par l’addition d’un vaisseau transversal situé à l’ouest des trois autres[106]. Les plans avec transepts[N 18] ne furent adoptés que dans des environnements urbains comme à Abu Men et Marea dans l’ouest du delta[107].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le royaume ptolémaïque ou royaume lagide est le nom porté par l’Égypte après sa conquête par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C. et la nomination de l’un des stratèges d’Alexandre, Ptolémée, comme satrape d’Égypte.
  2. Titre qui se traduisait par « Candace » dans la langue locale lequel fut pris improprement comme un nom propre.
  3. Nom qui lui fut attribué à tort par les croisés qui croyaient qu’elle avait été construite à l'endroit où César aurait enterré le général romain Pompée.
  4. Dans le monde gréco-romain, sanctuaire dédié à des divinités gréco-égyptiennes, en particulier à Sarapis. Dans le cadre strict de l’Égypte, un sérapéum est aussi une nécropole souterraine où étaient ensevelis les taureaux sacrés du culte d'Apis. Le monde méditerranéen comportait plusieurs de ces sanctuaires.
  5. Terme incertain qui regroupe probablement deux peuples différents, les Nubiens, peuple du sud-est de la Nubie et les Nobatae, groupe d’origine inconnue qui envahirent la Nubie durant le déclin de Méroë.
  6. Peuple nubien qui envahit le sud de l’Égypte à de nombreuses reprises.
  7. Coiffe emblématique des pharaons qui la porteront de l'Ancien Empire jusqu'à la période ptolémaïque
  8. Cobra femelle qui a pour fonction de protéger le pharaon contre ses ennemis.
  9. Service public mis en place dans la Grèce antique par la cité et que les plus riches (citoyens ou métèques), avec plus ou moins de bonne volonté, finançaient et géraient avec leur fortune personnelle.
  10. Unités de l'armée romaine à l'origine composées de soldats qui n'étaient pas des citoyens romains. Leur but principal était de soutenir les légions romaines, composées exclusivement, du moins en principe, de citoyens romains.
  11. Assignation par tirage au sort de lots de terre civique (kleros) à des soldats-citoyens, les « clérouques », et par extension ce type de colonie militaire elle-même. On trouve des clérouques à Athènes au Ve siècle et au IVe siècle av. J.-C., et dans le royaume lagide en Égypte à partir de la fin du IVe siècle av. J.-C.
  12. Impôt dont le montant est identique pour toutes les personnes sans égard aux biens et revenus.
  13. Mouvement de pensée centré autour de la notion de « connaissance » en fonction duquel les êtres humains sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un dieu inférieur mauvais ou imparfait, le Démiurge ou Yahvé à l'opposé duquel existe un autre être, transcendant et parfait, plus éloigné, un dieu supérieur lié à l'homme par la connaissance qu'il lui a donnée.
  14. Doctrine qui postule la coexistence de deux principes éternels et inengendrés à l'origine de la création du bien (l'âme, le monde spirituel) et du mal (le corps, le monde matériel).
  15. Doctrine christologique apparue au Ve siècle dans l'Empire romain d'Orient en réaction au nestorianisme, affirmant que le Fils n'a qu'une seule nature, qui est divine, et qui a absorbé sa nature humaine.
  16. Il existe encore une Église catholique copte faisant partie des Églises catholiques orientales et une Église copte orthodoxe, autocéphale, faisant partie de l'ensemble des Églises des trois conciles.
  17. Terme utilisé pour décrire les deux annexes liturgiques qu'on trouve en général dans une basilique paléochrétienne de part et d'autre de l'abside
  18. Nef transversale qui coupe à angle droit la nef principale d’une église et qui lui donne ainsi la forme symbolique d’une croix latine.

Références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

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Sources secondaires[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]