Année des quatre empereurs

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L'Année des quatre empereurs désigne la période de à voyant se succéder à la tête de l'Empire romain pas moins de trois empereurs, avant que le pouvoir n'échoie à Vespasien. Première guerre civile depuis le règne d'Auguste, elle débute dans les derniers mois du règne de Néron avec la révolte de Caius Julius Vindex dans la province de Gaule lyonnaise, premier acte de la révolte de 69-70.

Si le terme « Année des quatre empereurs » renvoie à une période historique légèrement plus large, on notera tout de même que, dans les faits, il y eut quatre empereurs en l'an 69.

Les événements[modifier | modifier le code]

La fin du règne de Néron[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 68, la révolte gronde contre Néron. Le gouverneur de la province de Gaule lyonnaise, Caius Julius Vindex, menace d'entrer ouvertement en révolte contre l'empereur[1]. Il réussit à rallier à sa cause Servius Sulpicius Galba[1], gouverneur de Tarraconaise, un des hommes les plus loyaux de l'État et serviteur modèle de Tibère, Caligula et Claude.

En Afrique, le légat de la Legio III Augusta, Lucius Clodius Macer, entre également en révolte contre Néron, menaçant de couper le ravitaillement de Rome en blé africain[1].

Le , le préfet des légions de Germanie supérieure, Lucius Verginius Rufus, défait facilement les troupes de Vindex à la bataille de Vesontio, près de l'actuelle Besançon[1]. Néron dispose dès lors d'un sursis.

En Espagne, Galba se fait acclamer empereur mais n'accepte, selon Suétone, qu'un titre plus humble, celui de Lieutenant du Sénat et du Peuple romain[1]. Il lève des troupes pour renforcer sa légion, la Légion VIIa Galbiana.

À Rome, le préfet du prétoire Nymphidius Sabinus, secrètement rallié à Galba, accroît la paranoïa de Néron en lui transmettant de fausses informations. Il finit ainsi par le persuader de quitter sa Domus Aurea pour une maison dans la banlieue de Rome. Une fois Néron éloigné, Galba obtient grâce à Sabinus le soutien des prétoriens, pendant que le Sénat vote la déchéance de Néron. Ce dernier se suicide le 11 juin 68[1]. Le Sénat vote la damnatio memoriæ de Néron et plébiscite Galba.

Le règne de Galba[modifier | modifier le code]

Galba rassemble alors ses troupes et marche sur Rome. Contre toute attente, il met près de quatre mois à arriver jusqu'à la Ville éternelle (entrée en ). Pendant ce temps, à Rome, la situation est très difficile : la ville est livrée aux partisans de Néron, pour la plupart des esclaves affranchis par celui-ci, qui pillent, volent et terrorisent la population. Nymphidius Sabinus cherche à profiter de cette situation pour se faire nommer empereur par les Prétoriens. Ces derniers, parce qu'ils ne souhaitent pas perdre la récompense mirobolante que Sabinus leur a promise au nom de Galba et que ce dernier leur livrerait à son arrivée, refusent et tuent en le préfet du prétoire.

Si l'autorité de Galba à Rome est plus ou moins reconnue, elle l'est sans conteste dans les provinces. Seules les légions de Germanie, qui ont vaincu Caius Julius Vindex auparavant, grondent en voyant que seuls les prétoriens profitent de l'accession au trône de Galba[1].

L'arrivée à Rome n'est en rien triomphale. Il faut en effet supprimer tous les partisans de Néron qui refusent de reprendre leur ancien statut d'esclave. Or, beaucoup d'entre eux sont d'anciens marins, ce qui rend le sacrifice douloureux pour l'armée (les soldats sont obligés de tuer leurs ex-compagnons).

Galba, assez âgé, est totalement manipulé par ses conseillers, Titus Vinius, Cornelius Laco et Icelus. Ces derniers ne s'entendent pas, sauf sur l'opportunité financière que constitue le pouvoir. Galba commet ainsi, probablement sur les conseils de ces trois hommes, des erreurs qui finissent par exaspérer le peuple de Rome, le patriciat et l'armée (refus de payer la prime promise, le donativum, aux prétoriens). Les légions de Germanie se révoltent également contre Galba pour n'avoir pas récompensé les mérites de leur lutte contre le séparatiste Vindex.

Galba commet sa dernière erreur en adoptant Lucius Calpurnius Piso Frugi Licinianus, ou Pison, le petit-fils du célèbre Pison que Néron fit exécuter pour conspiration. Galba perd ainsi l'un de ses plus anciens soutiens, Othon, le gouverneur de Lusitanie, qui obtient la faveur des prétoriens et assassine Galba[1].

Le règne d'Othon[modifier | modifier le code]

Le même jour, le , le Sénat, incapable de faire face à la garde prétorienne, nomme Othon empereur. Othon doit faire face à deux difficultés majeures : l’hostilité du Sénat qui regrette Galba et la révolte des légions de Germanie commandées par Vitellius, ce dernier étant acclamé empereur par ses légions. Les prémices d'une guerre civile se multiplient.

Les deux armées se rencontrent à la bataille de Bedriac. Les troupes d'Othon sont défaites, et Othon en vient à se suicider, peu de temps après, en faisant valoir qu'il ne veut plus sacrifier inutilement d'autres vies[2].

Le règne de Vitellius[modifier | modifier le code]

À peine élu, Vitellius doit faire face à la révolte des légions de Judée qui proclament Vespasien empereur. Laissant à son fils, Titus, le soin de terminer les opérations dans la région, le général vainqueur Vespasien se met à la tête de ses troupes.

À la bataille de Bedriacum, Mucius affronte l'armée de Vitellius et la défait[1]. Vitellius parvient à rentrer à Rome et à cacher la nouvelle de sa défaite. Quand le peuple l'apprend, il met fin au règne de Vitellius, lapidé par la foule romaine et dont le corps est jeté dans le Tibre.

La fin de la guerre civile et le début du règne de Vespasien[modifier | modifier le code]

Le , Vespasien est couronné empereur par le Sénat. Il fonde la dynastie des Flaviens à laquelle succède plus tard celle des Antonins. Ces deux dynasties offrent 124 années de stabilité politique à l'Empire romain.

Les Quatre empereurs[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i Catherine Virlouvet (dir.), Nicolas Tran et Patrice Faure, Rome, cité universelle : De César à Caracalla 70 av J.-C.-212 apr. J.-C, Paris, Éditions Belin, coll. « Mondes anciens », , 880 p. (ISBN 978-2-7011-6496-0, présentation en ligne), chap. 3 (« Une maison pleine de Césars »), p. 197-205.
  2. Dion Cassius, Histoire romaine, LXIII, 13.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Petit, Histoire générale de l'Empire romain, tome 1 : « Le Haut-Empire (27 avant J.-C. - 161 après J.-C.) », Seuil, 1974 (ISBN 2020026775).
  • Pierre Cosme, L'année des quatre empereurs, Fayard, 2012.

Frise chronologique[modifier | modifier le code]

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