Avidius Cassius

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Avidius Cassius
Usurpateur romain
Règne
avril 175 - juillet 175 (~4 mois) / Syrie / Égypte
Empereur Marc Aurèle
Biographie
Nom de naissance Gaius Avidius Cassius
Naissance c.130 - Cyrrhus (Syrie)
Décès juillet 175 (~45 ans) - Filippi, Grèce (Province romaine)
Père Gaius Avidius Heliodorus
Mère Julia Cassia
Usurpateur romain

Avidius Cassius (Gaius Avidius Cassius) (v./aut. 130 - juillet 175) est un sénateur, consul et général romain de l’empereur Marc Aurèle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Gaius Avidius Heliodorus, un haut fonctionnaire d'Hadrien, et de sa femme Julia Cassia, né à Cyrrhus[1] et donc d'origine syrienne, il appartient à l'une de ces grandes familles de notables syriens entrées dans l'ordre équestre et l'ordre sénatorial.

Il commence une brillante carrière militaire dont les débuts sont mal connus. Il fut consul suffect entre 161/163.

Il est envoyé en 162 avec Statius Priscus, sous les ordres de Lucius Verus, combattre les Parthes qui en 161 ont envahi les provinces orientales de l’empire. Très vite Lucius Verus abandonne la réalité des opérations militaires à Avidius Cassius, légat de la IIIe Légion Gallica, qui vaincu en tant que commandant de l'armée Vologaises III en 164 et s'empare de Séleucie du Tigre, puis de Ctésiphon, la capitale parthe, en 165. Il fut accusé, plus tard, d'avoir ramené, avec son armée, l'épidémie de peste antonine. En 166, Avidius Cassius se voit attribuer le gouvernement de la Syrie.

Selon Maurice Sartre qui s'appuie sur les sources antiques[2], il reçoit à partir de 169 un commandement plus large sur l'Orient romain, mais les limites exactes de sa juridiction ne sont guère précises. Pour Edward Dabrowa la date de 169 ne représente pas un tournant dans la carrière d'Avidius Cassius. Selon lui Xiphilin et Philostrate donne une formulation générale à la situation particulière d'Avidius Cassius qui avait reçu le pouvoir d'intervenir militairement dans les provinces proches de la Syrie, en particulier l'Égypte[3].

À partir de 172 il fut bien aussi gouverneur d'Asie. En 172, il entre en Égypte à la tête de ses légions pour mettre fin à la révolte des Boukôloi, bergers du Delta du Nil, qui menacent Alexandrie]. Selon le même auteur[2], il est issu de la dynastie de Commagène dont le dernier souverain est Antiochos IV de Commagène. Il est donc un lointain descendant des Séleucides. Son origine et son lieu de naissance semblent pouvoir expliquer son prestige dans les provinces orientales de l'Empire, autrefois domaine de ses ancêtres.

Il croit sa chance venue en 175, quand la rumeur de la mort de Marc Aurèle parvient jusqu’à lui, et se fait proclamer empereur grâce à une vaste conjuration qui s’étend en Égypte et dans les provinces orientales. C’est la fidélité de Publius Martius Verus, le gouverneur de Cappadoce, qui sauve Marc Aurèle, lui laissant le temps de rassembler les légions danubiennes qui viennent de vaincre les Quades et les Marcomans.

Le Sénat déclare Avidius Cassius ennemi public, quoique Marc Aurèle exprime sa volonté de pardon. Au moment où l’empereur se prépare à marcher sur les troupes d'Avidius Cassius, celui-ci est assassiné en juillet 175 par un centurion de ses propres soldats révoltés, après 3 mois et 6 jours de régne. Sa tête est envoyée à l’empereur qui refuse de la voir et exige qu’elle soit enterrée.

Sa femme Volusia Maecina, fille de Lucius Volusius Maecianus, lui survivait. Ils ont eu pours fils Avidius Heliodorus, banni par ordre de l'empereur et Avidius Maecianus, tué après la révolte avait été posé, et pour filles Avidia Alexandra, qui a été autorisé à conserver sa liberté , bien que ses mouvements étaient limités, et Volusia Laodice, femme de Quintus Tineius Sacerdos.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On peut estimer, d'après la lettre 42 de Théodoret de Cyr qu'Avidius Cassius aurait possédé en Cyrrhestique de vastes domaines qui furent confisqués après 175 et représentaient 16% du territoire civique : cf. CAH, vol. 11, p. 644-645.
  2. a et b Maurice Sartre, L'Orient romain Seuil, 1991, p. 51 ; Dion Cassius, LXXII, 3, 1 et Philostrate d'Athènes, Vie des sophistes, II, 1, 563.
  3. E. Dabrowa, The governors of Roman Syria from Augustus to Septimius Severus, Bonn, 1998, p. 115-117.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • PIR², A, 1402
  • M.L. Astarita, Avidio Cassio, Rome, 1983 (compte-rendu par F. Millar, The Classical Review, 35-2, 1985, p. 412).
  • E. Dabrowa, The governors of Roman Syria from Augustus to Septimius Severus, Bonn, 1998, p. 112-117.
  • H. Halfmann, Die Senatoren aus des östlichen Teil des Imperium Romanum bis zum Ende des 2 Jahrhunderts n. Chr., Göttingen, 1979, p. 177-180, n° 100.
  • R. Syme, « Avidius Cassius : His Rank, Age and Quality », Roman Papers V, Oxford, 1988, p. 689-701.
  • F. J. Vervaet, « The Reappearance of the Supra-provincial Commands in the Late Second and Early Third Centuries C.E. : Constitutional and Historical Considerations », dans O. Hekster, G. de Kleijn et D. Slootjes, Crises and the Roman Empire. Proceedings of the Seventh Workshop of the International Network Impact of Empire (Nijmegen, June 20-24, 2006), Leiden, 2007, p. 125-139.
  • Continuité gentilice et continuité familiale dans les familles sénatoriales romaines à l'époque impériale, Oxford University (R.-U.), Linacre College, coll. « Prosopographica & Genealogica », 597 p., 2000 (ISBN 1-900934-02-7).

Liens externes[modifier | modifier le code]