Offensive du Jouroud Aarsal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Offensive du Jouroud Aarsal

Informations générales
Date 21 -
Lieu Près d'Aarsal
Issue Victoire du Hezbollah
Belligérants
InfoboxHez.PNG Hezbollah
Drapeau du Liban Liban
Drapeau de la Syrie Syrie
Flag of Hayat Tahrir al-Sham.svg Hayat Tahrir al-Cham
Flag of Syria 2011, observed.svg Armée syrienne libre
  • Saraya Ahl el-Cham
Commandants
Flag of Hayat Tahrir al-Sham.svg Abou Malek el-Talli
Forces en présence
inconnuesFlag of Hayat Tahrir al-Sham.svg
1 200 hommes[1]

Flag of Syria 2011, observed.svg
400 hommes[2]
Pertes
InfoboxHez.PNG 
25 morts[3]
Flag of Hayat Tahrir al-Sham.svg
plusieurs dizaines à 150 morts[3],[4],[5]

Guerre civile syrienne
Conflit au Liban

Coordonnées 34° 11′ 00″ nord, 36° 25′ 00″ est

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Offensive du Jouroud Aarsal

Géolocalisation sur la carte : Liban

(Voir situation sur carte : Liban)
Offensive du Jouroud Aarsal

L'offensive du Jouroud Aarsal est un épisode du conflit au Liban pendant la guerre civile syrienne

Prélude et forces en présence[modifier | modifier le code]

Le , le Hezbollah lance une opération dans le Jouroud Aarsal, une région montagneuse située autour de la ville d'Aarsal, à la frontière libano-syrienne[6],[7],[8],[9]. Cette zone est tenue par environ 1 500 à 1 800 combattants syriens, djihadistes pour la plupart[10]. Selon L'Orient-Le Jour, l'offensive est lancée par le parti chiite sans l'aval du cabinet Hariri[9].

L'armée libanaise tient la ville d'Aarsal — notamment peuplée de 60 000 réfugiés syriens — et dispose de 5 000 hommes dans la région[4],[11],[10]. Elle n'intervient pas directement dans l'offensive, mais elle fournit un soutien en artillerie[10]. L'armée syrienne fournit quant à elle ponctuellement un soutien aérien[11].

Déroulement[modifier | modifier le code]

L'assaut est lancée le 21 juillet, le Hezbollah mène l'attaque sans préparation d'artillerie, ce qui pourrait lui avoir permis de prendre par surprise ses adversaires[12].

Le 22 juillet, la milice chiite progresse rapidement et s'empare de Kornet Wadi el-Khayl, des hauteurs de Kornet Kanzah, de Jouar el-Cheikh, Wadi Kreidi, al-Dalil al-Abiad et Sarj Koueiss[13]. Selon la chaîne locale LBCI, les miliciens chiites pénètrent également dans la grotte qui servait de base à Abou Malek el-Talli, le chef de Tahrir al-Cham dans la région[13].

Le 24 juillet, le Hezbollah s'empare de la vallée de Wadi al-Khayl, 90 % des territoires tenus par Hayat Tahrir al-Cham passent sous le contrôle de la milice chiite[4]. Les djihadistes se retrouvent acculés dans une zone de 7 kilomètres carrés, après avoir laissé 100 kilomètres carrés de territoires aux assaillants[12].

Des combats ont également lieu contre le groupe rebelle Saraya Ahl el-Cham, plusieurs dizaines de ses combattants déposent leurs armes et ses rendent, puis le groupe négocie son retrait des combats[13],[11].

Reddition et évacuation des groupes syriens[modifier | modifier le code]

Dés négociations sont ouvertes, Abou Malek el-Talli réclame une médiation du Qatar et de Turquie, mais ces derniers refusent d'intervenir[12]. Le 27 juillet à l'aube, une trêve est finalement signée entre le Hezbollah et le Hayat Tahrir al-Cham : celle-ci prévoit l'évacuation des derniers combattants du groupe salafiste djihadiste et des membres de leurs familles vers le gouvernorat d'Idleb, en Syrie, ainsi que des échanges de corps de combattants tués et de prisonniers[3],[14],[5],[15]. Selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI), 10 800 combattants et civils s'enregistrent pour être évacués vers la Syrie[5], 7 800 noms sont donnés par Tahrir al-Cham et 3 000 par Saraya Ahl al-Cham[5], les premiers doivent être conduits à Idleb et les seconds à Ruhaybah, près de Dumayr[5],[11].

L'évacuation débute le 2 août, les premiers bus se portent en direction d'Idleb pour y conduire 7 777 personnes, dont 1 116 combattants[1],[16]. Avant de se retirer, les djihadistes incendient des armes, des équipements et des documents de leur centre de commandement à Wadi Hmayed[17]. Le même jour, trois hommes du Hezbollah capturés le 27 juillet sont relâchés contre la libération de trois hommes de Tahrir al-Cham[1],[16]. Le 3 août, cinq autres hommes du Hezbollah sont relâchés ; ils avaient été capturés dans la région d'Alep en 2015 et 2016[18],[19].

Prévue initialement le 12 août mais retardée, l'évacuation des hommes de Saraya Ahl el-Cham débute à son tour au matin du 13 août ; elle concerne 400 combattants et 3 000 civils[2],[17],[20],[21],[22]. Dans la soirée, l'évacuation est cependant suspendue en raison d'un blocage au niveau des pourparlers[22]. Elle reprend le lendemain : les bus quittent Wadi Hmayed, passent par la route Rahoué-Aakabet el-Jouroud et se rendent à Flita, en Syrie, où les autorités vérifient l'identité des passagers ; ces derniers terminent leur voyage à Ruhaybah, une localité tenue par les rebelles près de Dumayr, à l'est de Damas[2].

Les pertes[modifier | modifier le code]

Au 22 juillet, le Hezbollah reconnaît la mort de onze de ses combattants[13]. Le même jour une source des services de sécurité libanais, citée par l'agence Reuters, fait état d'un bilan de 43 morts chez les rebelles et de 15 morts du côté du Hezbollah[13]. Le 28 juillet, selon des sources de sécurité libanaises, 25 hommes du Hezbollah et entre plusieurs dizaines et 130 hommes de Tahrir al-Cham auraient été tués dans les combats[4],[3].

Le 30 juillet, les corps de neuf combattants de Tahrir al-Cham sont échangés contre ceux de cinq hommes du Hezbollah[23]. Selon le média du Hezbollah al-Manar, deux des combattants de la milice avaient été tués en juillet, deux autres deux ans plus tôt et le cinquième corps était aux mains du groupe rebelle Saraya Ahl el-Cham[24],[5]. Une femme accusée d'avoir fait passer de l'argent aux djihadistes, Mayda Allouche, est également libérée, ainsi que son fils et remise à Tahrir al-Cham[5],[24].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Au terme de l'offensive Hayat Tahrir al-Cham est chassé du Liban, cependant l'État islamique tient encore avec 400 à 700 hommes les localités chrétiennes de Ras Baalbeck et de Qaa, dans le nord de la plaine de la Bekaa[11],[25],[12],[26],[19], soit un territoire de 300 km2 dont 160 km2 en Syrie et 140 km2 au Liban[27].

Le 19 août 2017, l'armée libanaise déclenche l'opération « l'aube du Jouroud » dans le but de chasser les derniers djihadistes de son territoire[27]. Le même jour, le Hezbollah annonce le lancement d’une offensive conjointe avec l’armée de Damas dans la partie syrienne de l'enclave[28].

Le 20 août, trois soldats libanais sont tués et un autre grièvement blessé par l'explosion d'une mine dans le Jouroud Aarsal[29].

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Abou Malek al-Tallé, ses jihadistes et des réfugiés syriens quittent le jurd de Ersal pour la Syrie, OLJ, 2 août 2017.
  2. a b et c Les combattants des Brigades Ahl el-Cham quittent le territoire libanais vers la Syrie, OLJ, 14 août 2017.
  3. a b c et d Paul Khalifeh, Trêve entre Hezbollah et jihadistes à la frontière syro-libanaise, RFI, 28 juillet 2017.
  4. a b c et d Paul Khalifeh, Syrie: le Hezbollah annonce la fin de son offensive à la frontière libanaise, RFI, 25 juillet 2017.
  5. a b c d e f et g Échange de corps entre le Hezbollah et Fateh el-Cham après le cessez-le-feu dans le jurd de Ersal, OLJ, 30 juillet 2017.
  6. Le Hezbollah libanais et l'armée syrienne lancent une offensive à leur frontière, France 24 avec Reuters, 21 juillet 2017.
  7. Liban: le Hezbollah lance une opération à la frontière syrienne, AFP, 21 juillet 2017.
  8. Liban: une opération du Hezbollah à la frontière syrienne, AFP, 21 juillet 2017.
  9. a et b Philppe Abi Akl, L’offensive de Ersal, une réponse du Hezbollah à l’accord américano-russe sur la Syrie, OLJ, 25 juillet 2017.
  10. a b et c Madjid Zerrouky et Laure Stephan, La rébellion syrienne en perdition, Le Monde, 26 juillet 2017.
  11. a b c d et e L'accord entre le Hezbollah et le Fateh el-Cham "scellé", OLJ, 30 juillet 2017.
  12. a b c et d Scarlett Haddad, Bataille du jurd : un accord avec Fateh el-Cham pour encourager Daech..., OLJ, 29 juillet 2017.
  13. a b c d et e Le Hezbollah progresse dans le jurd de Ersal, un médiateur tué, OLJ, 22 juillet 2017.
  14. Calme précaire après un cessez-le-feu dans le jurd de Ersal, OLJ, 28 juillet 2017.
  15. Jurd d'Ersal : Abou Malek el-Tallé livre sa version de l'accord avec le Hezbollah, OLJ, 1er août 2017.
  16. a et b Liban : retour d'un millier de jihadistes en Syrie, après un accord avec le Hezbollah, France 24 avec AFP et Reuters, 2 août 2017.
  17. a et b Le départ des combattants de la Brigade Ahl al-Cham des camps de Ersal débutera samedi, OLJ avec Reuters, 12 août 2017
  18. Laure Stephan, Le Hezbollah et l’ex-Front Al-Nosra ont échangé prisonniers et réfugiés, Le Monde, 5 août 2017.
  19. a et b Julien Abi Ramia, Nasrallah : Le Hezbollah "au service" de l'armée dans sa bataille contre l'EI, OLJ, 4 août 2017.
  20. Le départ des combattants des Brigades Ahl el-Cham du jurd d'Ersal vers la Syrie retardé, OLJ, 12 août 2017.
  21. Angus McDowall et Bertrand Boucey, Des rebelles syriens s'apprêtent à quitter la frontière libanaise, Reuters, 11 août 2017.
  22. a et b Blocage des pourparlers sur l’évacuation d’Ahl el-Cham du jurd, OLJ, 14 août 2017.
  23. Syrie: échange de corps de combattants, Le Figaro avec AFP, 30 juillet 2017.
  24. a et b Une journée marquée par l’échange des corps entre le Hezbollah et les jihadistes, OLJ, 31 juillet 2017.
  25. Laure Stephan, Liban: le Hezbollah tente de récupérer ses membres détenus en Syrie, RFI, 30 juillet 2017.
  26. Jeanine Jalkh, L’armée renforce préventivement ses positions dans la région du Qaa, OLJ, 28 juillet 2017.
  27. a et b « Liban: L'armée annonce le début de l'offensive pour chasser l'EI de l'est du pays », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 19 août 2017)
  28. « L’armée libanaise annonce le début de l’offensive pour chasser l’EI de l’est du pays », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 19 août 2017)
  29. Suleiman Al-Khalidi et Henri-Pierre André, Trois soldats libanais tués dans l'explosion d'une mine, Reuters, 20 août 2017.