Offensive de Qousseir

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Ne doit pas être confondu avec Bataille de Qousseir.
Bataille de Qousseir
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte des opérations dans la région de Qousseir.
Informations générales
Date 4 avril -
Lieu District de Qousseir
Issue Victoire des loyalistes
Belligérants
InfoboxHez.PNG Hezbollah
Drapeau de la Syrie République arabe syrienne
Drapeau de l'Iran Iran
Flag of Syria 2011, observed.svg Armée syrienne libre
Flag of Jabhat al-Nusra.jpg Front al-Nosra
Commandants
Drapeau de l'Iran Qasem SoleimaniFlag of Syria 2011, observed.svg Mohieddin al-Zain
Forces en présence
InconnuesInconnues
Pertes
InconnuesInconnues

Guerre civile syrienne

Coordonnées 34° 30′ 43″ nord, 36° 34′ 35″ est

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Bataille de Qousseir

L'offensive de Qousseir est lancée le par les forces armées syriennes et le Hezbollah lors de la guerre civile syrienne avec pour objectif de reprendre les villages aux alentours de Qousseir puis de reprendre la ville[1]. La région sert d'approvisionnement aux rebelles combattant à Homs[2].

Prélude[modifier | modifier le code]

Le 17 février, un accrochage a lieu près de Qousseir en territoire syrien, à proximité de la frontière libanaise, entre l'Armée syrienne libre (ASL) et le Hezbollah[3]. Six rebelles syriens et trois miliciens libanais sont tués, ce qui provoque de fortes tensions entre l'ASL et le mouvement chiite[3]. Le 19 février, Selim Idriss, le chef d'état-major de l'Armée syrienne libre, lance un ultimatum au Hezbollah qu'il menace de frapper si celui-ci ne cesse pas ses opérations militaires en Syrie dans les 48 heures[3]. Le 22 février, après l'expiration de l'ultimatum, le général Selim Idriss déclare que des attaques ont été menées à Qousseir en Syrie, et à Hermel au Liban[3]. Dans la nuit du 23 au 24 février, des combats éclatent à Wadi Khaled, dans le nord du Liban[3]. L'armée syrienne ouvre également le feu contre des hommes armés en direction du territoire libanais[3].

En avril, deux cheikhs salafistes libanais, Ahmad al-Assir et Salem al-Rafii, appellent au djihad en Syrie pour défendre les sunnites de la région de Homs[4]. Ahmad al-Assir annonce notamment la création des « brigades de la résistance libre » et émet un fatwa « qui impose à tout musulman à l'intérieur et l'extérieur du Liban (...) d'aller en Syrie et de défendre ses habitants et ses mosquées notamment à Qousseir et à Homs »[4].

Au Liban, à partir de février 2013 des troubles secouent également la région d'Aarsal, dans la plaine de la Bekaa. Selon l'universitaire Fabrice Balanche : « Arsal, dans la plaine de la Bekaa, est une poche sunnite qui, depuis des mois, est la base arrière des rebelles syriens qui s'infiltrent en Syrie, et notamment à Qousseir. Le mois dernier, la tension est montée d'un cran à la frontière syro-libanaise. Des combattants du Hezbollah, le parti chiite libanais, sont intervenus au nord de Qousseir, en Syrie, contre des rebelles. La Syrie avait alors prévenu le Liban que si l'armée libanaise n'intervenait pas pour empêcher les infiltrations de rebelles syriens depuis son territoire, elle le ferait elle-même. Pour l'armée libanaise, intervenir dans les zones sunnites pose problème. La coalition du 14 mars et notamment le parti du Futur, de l'ancien premier ministre sunnite Rafic Hariri, qui est dans l'opposition au Liban, s'oppose à toute intervention de l'armée dans les zones sunnites car elle l'accuse de faire le jeu du régime syrien et du Hezbollah. Le premier ministre libanais, Najib Miqati, qui est sunnite, ne veut pas se couper de son électorat. Il modère donc l'armée et ne l'envoie pas nettoyer les poches de rebelles syriens »[5].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Progression gouvernementale sur Qousseir[modifier | modifier le code]

Le 11 avril, l'armée syrienne, soutenue par des combattants du Hezbollah, attaque et capture le village perché stratégique de Tell al-Nabi[6]. Des combats sporadiques continuent les jours suivants. 40 miliciens du Hezbollah et soldats syriens sont tués dans la bataille pour le contrôle de la colline[7].

Les semaines qui s'ensuivent, forces gouvernementales et rebelles s'affrontent, notamment pour le contrôle de la base aérienne d'Al-Dabaah (qui ne disposait pas d'avions) près de Qousseir. La base est prise le 18 avril par l'Armée syrienne libre[8] avant d'être reprise un mois plus tard par les loyalistes. Le Hezbollah se déploie à Al-Nizariyah tandis que les loyalistes bombardent puis reprennent Al-Buwaydah al-Sharqiyah, Abel, Shumariyeh, Al-Ghassaniyah et traversent l'Oronte. Du fait de la proximité de la région avec la frontière libanaise, plusieurs roquettes se sont abattues sur la ville libanaise de Hermel.

Le 18 avril, après des semaines de combat, les rebelles remportent un succès en capturant la base aérienne de Dabaa près de Qousseir[9].

Le 20 avril, l'armée syrienne et le Hezbollah prennent le village de Radouaniyé[10],[11]. Le même jour au Liban, des roquettes tombent sur la ville d'Hermel[11].

Le 21 avril, le régime syrien affirme avoir repris la localité de Saqraja[11].

Le 10 mai, soit un peu plus d'une semaine avant l'assaut sur Qousseir, des avions de l'armée de l'air syrienne larguent des tracts sur Qousseir incitant les civils à fuir et les rebelles à se rendre, mettant en garde contre une offensive imminente des forces syriennes sur la ville alors détenue par les insurgés[12].

Les 18-19 mai, l'encerclement de Qousseir devient effectif et une force du Hezbollah se dirige vers la ville[13].

Bataille pour la ville de Qousseir[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Qousseir (2013).

Ultime poche rebelle au nord de Qousseir[modifier | modifier le code]

Après la prise de Qousseir, les combats et les bombardements se poursuivent au nord de la ville, dans les villages de Dabaa et de Boueida al-Charqiya, où se sont repliés rebelles et civils, parmi lesquels figurent des centaines de blessés[14],[15]. Dabaa est pris par l'armée syrienne et le Hezbollah le 6 juin[14]. Le 8 juin, Boueida al-Charqiya tombe à son tour, toute la région de Qousseir est alors reconquise par le régime syrien[16].

Le 8 juin, plusieurs dizaines de réfugiés, de rebelles et de blessés venus de Qousseir trouvent refuge au Liban, dans la région d'Aarsal[17],[18],[19]. Au moins 87 Syriens blessés sont transportés dans des hôpitaux libanais[20].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Activists: Syrian regime provides Hezbollah aerial shield in Qusayr, AFP, 21 avril 2013
  2. (en) Syria fighting flares both sides of Lebanese border, Reuters, 21 avril 2013
  3. a b c d e et f Khaled Sid Mohand, Le ton monte entre l'ASL et le Hezbollah au Liban, Le Monde, 26 février 2013.
  4. a et b Liban : appel de cheikhs sunnites au djihad en Syrie pour contrer le Hezbollah, Le Monde avec AFP, 23 avril 2013.
  5. Hélène Sallon, Le Liban, base arrière du conflit en Syrie, Le Monde, 20 mars 2013.
  6. (en) Syrian troops battle rebels in hills near Lebanon, CP24, 12 avril 2013
  7. (en) Activists say 40 Hezbollah, Syrian regime fighters killed in Qusayr clashes, Al Arabiya, 13 avril 2013
  8. (en) Syria rebels claim strategic airbase, news.com.au
  9. (en) Syria rebels 'capture' Homs army base, Al Jazeera, 18 avril 2013.
  10. Syrie: des dizaines de morts lors de la prise d'une ville proche de Damas, L'Express avec AFP, 21 avril 2013.
  11. a b et c Khaled Yacoub Oweis, Syria fighting flares both sides of Lebanese border, Reuters, 21 avril 2013.
  12. (en) Syria army warns civilians to leave Qusayr: Military, AFP, 10 mai 2013
  13. (en) Hezbollah fighters head to strategic Qusayr as fighting rages, Al Arabiya, 19 mai 2013
  14. a et b L'armée syrienne bombarde une localité au nord de Qousseir, AFP, 6 juin 2013.
  15. L'armée syrienne pourchasse les rebelles au nord de Qousseir, AFP, 7 juin 2013.
  16. Syrie: le régime reprend toute la région rebelle de Qousseir, AFP, 8 juin 2013.
  17. Des dizaines de rebelles syriens blessés et de réfugiés évacués au Liban, AFP, 8 juin 2013.
  18. De Qousseir au Liban, des blessés racontent l’horreur de la traversée, AFP, 10 juin 2013.
  19. Des rebelles syriens blessés à Qousseir ont été évacués au Liban, OLJ avec AFP, 8 juin 2013.
  20. Près de 90 blessés syriens évacués de Qousseir au Liban, OLJ avec AFP, 9 juin 2013.