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Attaque chimique de Douma

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Attaque chimique de Douma
Date
Lieu Douma
Victimes Civils
Type Attaque chimique
Morts 48 à 150 au moins[1],[2],[3]
Blessés 500 à 1 000 au moins[1],[4]
Auteurs présumés Drapeau de la Syrie Forces armées syriennes[5]
Guerre Guerre civile syrienne
Coordonnées 33° 35′ 00″ nord, 36° 24′ 00″ est

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Attaque chimique de Douma

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Attaque chimique de Douma

L'attaque chimique de Douma du a eu lieu pendant la guerre civile syrienne. Elle est menée lors de la bataille de la Ghouta orientale, alors que les forces rebelles de Jaych al-Islam sont acculées et encerclées à l'intérieur de la ville de Douma. L'échec des négociations provoque une reprise des frappes aériennes le 6 avril, suivi d'une attaque chimique le lendemain. Jaych al-Islam capitule le 8 avril et ses combattants sont évacués vers le nord de la Syrie, accompagnés de plusieurs milliers de civils.

L'opposition syrienne, plusieurs pays menés par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, et plusieurs ONG comme Human Rights Watch, accusent aussitôt l'armée syrienne d'être responsable de l'attaque. À cette période du conflit, la culpabilité du régime de Bachar el-Assad dans l'utilisation de sarin et de chlore a déjà été démontrée à plusieurs reprises par les enquêtes conjointe de l'ONU et de l'OIAC, ainsi que par la commission d'enquête indépendante des Nations unies sur la situation des droits de l'Homme en Syrie. Le gouvernement syrien, soutenus par ses alliés, la Russie et l'Iran, a pour sa part contesté les accusations et nie que des armes chimiques aient été utilisées à Douma.

L'attaque chimique provoque une riposte militaire limitée des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni, qui bombardent dans la nuit du 13 au 14 avril plusieurs sites liés au programme d'armement chimique syrien.

Prélude

Au cours de la guerre civile syrienne, le régime syrien de Bachar el-Assad fait usage d'armes chimiques à de nombreuses reprises[6],[7]. Le , la ville de Douma, dans la FrnGhouta orientale, est déjà touchée par l'attaque au sarin la plus meurtrière du conflit[8],[9].

En janvier 2018, l'armée syrienne intensifie ses frappes aériennes contre la poche rebelle de la Ghouta orientale et lance une offensive au sol le 25 février, malgré le vote la veille d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies réclamant l'instauration d'un cessez-le-feu[10],[11],[12]. Pendant les combats, plus de 1 600 civils sont tués par les bombardements du régime en un mois et demi selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH)[1] et plusieurs attaques chimiques au chlore de faible intensité sont signalées par les services[13],[14],[15],[16],[17]. Début mars, l'OSDH évoque 60 cas de suffocations dans la Ghouta[18]. Le ministère russe de la Défense publie alors un communiqué accusant les insurgés de « préparer une provocation, prévoyant un recours à des substances toxiques afin d'accuser les forces gouvernementales d'utiliser des armes chimiques contre la population civile »[16].

Le 21 mars Ahrar al-Cham capitule, suivi par Faylaq al-Rahmane le 23 mars : leurs combattants sont alors évacués avec les membres de leurs familles vers le gouvernorat d'Idleb ou le nord du gouvernorat d'Alep[19],[20]. Début avril 2018, 46 000 personnes, dont un quart de combattants, ont été évacuées[21], et 95 % de la poche de la Ghouta orientale a été reconquise par le régime. C'est une défaite significative des rebelles en Syrie[22]. Seule la ville de Douma, tenue par environ 10 000 hommes de Jaych al-Islam, reste aux mains des rebelles[20],[23]. Jaych al-Islam mène alors des négociations avec la Russie sur les conditions d'une capitulation ou d'un désarmement, mais le groupe annonce qu'il refuse « catégoriquement » de quitter Douma[20],[24]. Un accord est cependant conclu le 1er avril et l'évacuation de combattants et de civils débute le lendemain[25],[26]. Mais elles s'interrompent le 5 avril, alors que 4 000 combattants et civils ont quitté Douma, en raison de divergences au sein de Jaych al-Islam[23]. Une tendance menée par Issam al-Boueidani, le commandant en chef du groupe, refuse toujours d'abandonner Douma, tandis qu'une autre, rassemblée autour de Samir Kaaké, accepte l'accord d'évacuation[27]. Le régime décide alors de faire pression sur les rebelles pour obtenir leur capitulation et 6 avril, pour la première fois depuis une dizaine de jours, les forces aériennes loyalistes reprennent leurs frappes sur Douma et tuent au moins 40 civils[1],[28],[29].

Déroulement

Le 7 avril, l'armée syrienne reprend l'offensive au sol et attaque Douma à l'ouest, à l'est et au sud[30],[31]. Les frappes aériennes se poursuivent au cours de la journée : selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins 30 civils sont encore tués par les bombardements et à 16 h 30, une première attaque chimique au chlore est signalée par l'OSDH, les Casques blancs et la Syrian American Medical Society (en) qui affirment que onze personnes souffrent de suffocation[32],[28],[18].

Mais le soir du 7 avril, à 20 h 30, une nouvelle attaque chimique de bien plus grande ampleur a lieu à Douma[32],[33],[1]. De multiples témoignages, dont ceux des observateurs aériens Sentry Syria[34] proche des Casques blancs, rapportent qu'un hélicoptère du régime syrien a décollé de l'aéroport militaire de Dumeir et lâché une bonbonne chimique[35],[5],[36],[37],[38],[39]. Les habitants se sont alors réfugiés dans des sous-sols ou dans des pièces faiblement ventilées, ce qui cause de nombreuses victimes[33]. Des dizaines de personnes sont tuées dans un seul immeuble[36].

Les Casques blancs recueillent les morts et les blessés et publient des vidéos montrant des corps sans vie, avec de la mousse blanche s'échappant de leur bouche[1]. Ils déclarent que « des familles entières ont péri étouffées dans les sous-sols »[40]. Les Casques blancs et la Syrian American Medical Society (en) indiquent que les blessés souffrent de « difficultés respiratoires », de « brûlures de la cornée » et dégagent « une odeur semblable à celle du chlore »[1],[9]. Du sarin pourrait également avoir été employé[9],[41],[42]. Pour le médecin humanitaire spécialiste de la médecine de guerre et de la situation en Syrie, Raphaël Pitti : « Une substance mortelle a été ajoutée au chlore »[43],[44],[42].

Le lendemain de l'attaque chimique, Jaych al-Islam capitule et un nouvel accord d'évacuation est conclu avec le régime syrien[45],[46]. Selon les déclarations à l'AFP du chef du bureau politique de Jaych al-Islam, Yasser Delwane, l'attaque chimique a poussé le groupe à accepter l'accord d'évacuation[47]. En quelques jours, la majorité des combattants de Jaych al-Islam ainsi que des milliers de civils ont été évacués[48].

Bilan humain

Le 8 avril, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) affirme que pendant la journée du 7 avril, les bombardements à Douma ont fait au moins 80 morts, dont 40 par suffocation[33]. L'OSDH affirme cependant alors ne pas être en mesure de « confirmer ou de nier » l'utilisation d'armes chimiques[33].

Le même jour, les Casques blancs et la Syrian American Medical Society (en) affirment que 48 personnes ont été tuées par des « gaz toxiques » et 500 autres, en majorité des femmes et des enfants, présentent « les symptômes d'une exposition à un agent chimique »[1], tandis que Raed al Saleh, chef des Casques Blancs, a affirmé que 70 personnes étaient décédées par suffocation[49].

Mohammed Allouche, haut responsable du bureau politique de Jaych al-Islam, évoque également des dizaines de morts et des centaines de blessés causés par « l'inhalation de gaz toxiques qui ont visé la ville de Douma »[40]. Le groupe Jaych al-Islam annonce peu après que l'attaque a fait une centaine de morts[2].

Tawfik Chamaa, un médecin syrien de l'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM), affirme le 8 avril que l'attaque chimique a fait au moins 150 morts[2]. Le 9 avril, l'UOSSM France donne pour sa part un bilan d'au moins 60 morts et 1 000 blessés[4].

Le 10 avril, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), déclare que 70 personnes ont été tuées alors qu'elles s’abritaient dans des caves et que « 43 de ces décès sont dus à des symptômes liés à une exposition à des agents chimiques à haute toxicité »[50]. L'OMS indique également que 500 personnes ont été blessées et présentent « des signes et symptômes évoquant une exposition à des agents toxiques »

Laure Stephan, journaliste du Monde indique pour sa part que « le comptage des corps sur les vidéos permet de confirmer la présence de 34 cadavres sur le site de l’attaque »[36].

Réactions internationales

Le jour de l'attaque, le groupe Jaych al-Islam d'une part et les ONG Casques blancs et la Syrian American Medical Society (en) d'autre part font état d'un recours au « gaz de chlore toxique » et désignent le régime syrien responsable de cette attaque[51],[52],[53], ces derniers publiant un premier bilan et les premières images des victimes.

Sana, l'agence de presse officielle de la Syrie, nie les accusations d'attaques chimiques et cite une source officielle qui les qualifient de « farce », de « fabrications », et affirme que « l'armée, qui progresse rapidement et avec détermination, n'a pas besoin d'utiliser une quelconque substance chimique »[1],[40]. Du côté de la Russie, le général Iouri Ievtouchenko, chef du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, « dément fermement » les accusations d'attaque chimique[2],[1]. Selon lui, aucune arme chimique n'a été utilisée à Douma[54]. Le 9 avril, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov déclare que des « spécialistes militaires se sont déjà rendus sur place » et qu'ils n'ont « découvert aucune trace de chlore ou d’une quelconque substance chimique utilisée contre les civils »[4],[55], et que des médecins militaires russes n'ont pas pu observer de symptômes d'intoxication après examination des patients admis à l’hôpital de la ville[56]. Le ministère iranien des Affaires étrangères déclare pour sa part que « de telles allégations et accusations par les Américains et certains pays occidentaux sont le signe d'un nouveau complot contre le gouvernement et le peuple syriens, et un prétexte pour une action militaire, qui va certainement compliquer davantage la situation dans ce pays et la région. Alors que l'armée syrienne a le dessus sur le terrain face aux terroristes armés, l'utilisation d'armes chimiques ne serait pas rationnelle de sa part »[57].

Heather Nauert (en), la porte-parole du département d'État des États-Unis, déclare pour sa part le 8 avril que « ces informations, si elles sont confirmées, sont effroyables et exigent une réponse immédiate de la communauté internationale. La Russie, avec son soutien sans faille au régime, porte la responsabilité finale de ces attaques brutales »[1],[33]. Le président américain Donald Trump dénonce pour sa part une « attaque chimique insensée » et pointe du doigt la « responsabilité » de la Russie et de l'Iran pour leur soutien à l'« animal Assad »[58],[32].

Le , peu après son arrivée au pouvoir, le président français Emmanuel Macron avait déclaré que l'utilisation d'armes chimiques en Syrie serait une « ligne rouge » qui, si elle était franchie, ferait l'objet d'une « riposte immédiate »[59]. Le 8 avril, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, déclare que la France « assumera toutes ses responsabilités au titre de la lutte contre la prolifération chimique »[32].

De son côté, Boris Johnson, le secrétaire d'État britannique des Affaires étrangères réclament une enquête et une « réponse internationale forte et solide »[60].

Le 9 avril, Zeid Ra'ad Zeid Al-Hussein, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, déplore la « faiblesse » de la réaction des États membres du Conseil de sécurité des Nations unies : « Un certain nombre d'Etats très puissants sont directement impliqués dans le conflit syrien, mais ils ont été totalement incapables d'enrayer cette régression inquiétante vers une arme chimique disponible pour tous. [...] Ce haussement d'épaules collectif pour un possible recours à l'une des armes les plus horribles jamais conçues par l'homme est incroyablement dangereux. [...] La condamnation verbale est manifestement très insuffisante et l'échec patent de toutes les parties à enquêter correctement sur chaque allégation d'attaques chimiques encourage l'utilisation de telles armes ignobles et porte atteinte à la légitimité du droit international »[61]. Il précise que des armes chimiques ont été employées au moins 35 fois en Syrie depuis 2013, alors que la Convention sur leur interdiction a été ratifiée par 192 États[61] : « Et la réponse du monde ? Des mots vides, de faibles condamnations et un Conseil de sécurité paralysé par l'usage du droit de veto »[61].

L'utilisation d'armes chimiques est condamnée le 8 avril par le pape François, qui déclare : « Des nouvelles terribles nous parviennent de la Syrie avec des dizaines de victimes, dont beaucoup de femmes et d'enfants. Tant de personnes sont frappées par les effets des substances chimiques contenues dans les bombes. [...] Il n'y a pas une bonne guerre et une mauvaise, et rien, rien ne peut justifier l'usage de tels instruments d'extermination contre des personnes et des populations sans défense »[1].

Le 9 avril, Human Rights Watch déclare que l'attaque de Douma est un « crime de guerre ». Son directeur, Kenneth Roth, déclare que Bachar el-Assad « a déjà eu recours par le passé à l'arme chimique, pour ce qu'elle a de terrifiant, en plus du grand nombre de personnes qu'elle tue. Elle démoralise l'ennemi. [...] Il n'y a aucun doute sur la responsabilité criminelle du gouvernement Assad [...] et la responsabilité de la Russie peut aussi être établie dans le choix de la stratégie du gouvernement syrien »[62],[5].

Enquêtes

Enquêtes effectuées par l'ONU, l'OIAC et plusieurs États

Le 10 avril, la Syrie et la Russie invitent officiellement l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à venir enquêter sur place à Douma, en assurant être en mesure d'assurer la sécurité des représentants de l'organisation[63],[64],[65]. L'OIAC annonce le même jour qu'elle va envoyer une équipe en Syrie[66]. Cependant, sans mandat de l'ONU, l'OIAC n'est pas autorisé à désigner les responsables d'une attaque chimique[67].

Le même jour, plusieurs projets de résolutions sont soumis au Conseil de sécurité des Nations unies, mais tous sont rejetés[68],[63]. Les États-Unis proposent la mise en place pour une durée d'un an d'un mécanisme d'enquête indépendant des Nations unies (Unimi) : douze pays votent pour — les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Éthiopie, le Kazakhstan, les Pays-Bas, la Suède, la Côte d'Ivoire, la Guinée équatoriale, le Koweït, le Pérou et la Pologne — mais la Chine s'abstient, la Bolivie vote contre et la Russie place son veto[68],[69],[70],[71]. Moscou propose alors sa propre résolution réclamant la création d'un mécanisme d'enquête sur les armes chimiques en Syrie : la Russie, la Chine, la Bolivie, l'Éthiopie, le Kazakhstan et la Guinée votent pour ; le Koweït et la Côte d'Ivoire s'abstiennent, mais les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, le Pérou et la Pologne votent contre en dénonçant le manque d'indépendance du nouvel organisme envisagé et le fait que le Conseil de sécurité dispose dans ce projet de l'ultime décision d'entériner ou non les conclusions d'une enquête[68],[71]. Un troisième projet visant à soutenir une enquête à Douma de l'OIAC est proposé par la Russie : la Russie, la Chine, la Bolivie, l'Éthiopie et le Kazakhstan votent pour ; les Pays-Bas, la Suède, le Pérou, le Koweït, la Côte d'Ivoire et la Guinée équatoriale s'abstiennent ; les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Pologne votent contre, estimant ce projet inutile car l'OIAC est déjà en partance pour la Syrie et critiquant le fait que ce projet ne permette pas à l'OIAC de désigner les auteurs des attaques à l'arme chimique, laissant ceux-ci impunis[68],[72],[73].

Le 10 avril, une équipe russe entre à Douma pour inspecter l'immeuble dans lequel ont été retrouvées la plupart des victimes[74]. Dès le lendemain, elle conclu qu'aucun agent toxique n'a été utilisé[74].

L'équipe de l'OIAC arrivera le 14 avril sur les lieux. Elle soumettra un premier « rapport de situation » dans les 24 heures, puis un « rapport préliminaire » dans les 72 heures suivant le retour au siège à La Haye, et enfin un rapport final sous 30 jours[75].

Le 12 avril, le président Emmanuel Macron déclare que la France « a la preuve » que « des armes chimiques ont été utilisées, au moins du chlore, par le régime de Bachar et-Assad » à Douma, tout en précisant qu'« en aucun cas, la France ne laissera une escalade se faire »[76],[77]. Le 13 avril, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et l'armée russe, par l'intermédiaire de son porte-parole Igor Konachenkov, affirment posséder des preuves d'une « provocation préparée à l'avance » et accusent le Royaume-Uni d'avoir « exercé une forte pression » sur les Casques blancs pour « mettre en place cette provocation »[78],[79], accusations que le Royaume-Uni qualifiera de « grotesque, bizarre et de mensonge flagrant »[80]. Le même jour, les États-Unis annoncent posséder les preuves de la responsabilité du régime syrien dans l'usage de gaz empoisonné à Douma, avec « un haut degré de confiance » d'après les porte-paroles de la Maison Blanche Sarah Sanders et du Département d'État des États-Unis Heather Nauert (en) : « Nous savons qu'il n'y a que certains pays comme la Syrie qui ont les moyens adéquats et ce type d'armes »[80],[81]. Un rapport d'évaluation des États-Unis, publié le 14 avril peu après l'annonce du président Donald Trump de lancer des frappes aériennes, décrit des informations corroborant l'attaque chimique « multi-sourcées » provenant d' « utilisateurs de réseaux sociaux, d'organisations non-gouvernementales et d'autres ressources open-source [...] telles que l'Organisation Mondiale de la Santé», incluant des «vidéos et images des restes de deux bombes cylindriques au chlore », de « nombreuses images fiables de haute résolution des victimes », ainsi que des « témoignages rapportant spécifiquement le décollage d'hélicoptères Mi-8 », notant plusieurs précédents dans l'usage d'armes chimiques par le régime syrien et qu'ils « ne possèdent aucune information suggérant que le groupe Jaych al-Islam n'ait jamais utilisé d'armes chimiques », et qu'« il serait invraissemblable que l'opposition puisse fabriquer un tel volume de rapports médiatiques sur l'usage d'arme chimique par le régime [...] ce qui nécessiterait une campagne hautement organisée et compartimentée pour pouvoir tromper plusieurs médias tout en évitant notre détection »[82]. La France publie également un rapport d'évaluation nationale faisant état de sources et de conclusions similaires[83],[84].

Le 17 avril, le Département d'État des États-Unis déclare disposer de renseignements selon lesquels du chlore et du gaz sarin ont été utilisés ensemble lors de l'attaque du 7 avril[85],[86].

L'équipe de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) arrive à Damas le 14 avril[87]. Mais alors que l'enquête devait débuter le lendemain, l'équipe de l'OIAC n'est pas autorisée à se rendre à Douma[87],[88]. Les États-Unis et le Royaume-Uni critiquent alors la Russie et déclarent redouter que cette dernière ne cherche à altérer le site de l'attaque[87],[89],[90],[91]. La France estime pour sa part « très probable que des preuves et des éléments essentiels disparaissent »[92]. Damas et Moscou affirment alors que la mission de l'OIAC a été retardée pour des raisons de « sécurité » et affirme qu'elle entrera à Douma le 18 avril, après la fin d'opérations de déminage[89],[90]. Des membres de précédentes missions de l'OIAC en Syrie considèrent peu vraisemblable que toutes traces se soit évaporées ou aient pu être nettoyées, le sarin étant détectable des mois durant, et le chlore pouvant encore être détecté via l'autopsie de corps de victimes[93],[94],[95].

Le 17 avril, une équipe de sécurité de l'ONU part en reconnaissance à Douma, escortée par la police militaire russe[94],[96],[94]. Cependant, arrivée sur un premier site, elle se heurte à une foule importante qui la pousse à partir[94],[96]. Puis, en arrivant sur le seconde site, l'équipe essuie des tirs d'armes de petit calibre et une explosion, qui ne font cependant pas de victimes[96]. L'équipe retourne alors à Damas[94],[96]. Le lendemain, Ahmet Üzümcü, le directeur de l'OIAC, annonce un nouveau délai suite à cette attaque[97],[98] et conditionne l'arrivée des enquêteurs à un accès « sans entraves » à Douma, indiquant ne pas savoir quand la mission d'enquête pourra être déployée[94],[99],[100]. Le 19 avril, le ministre russe des Affaire étrangères, Mikhaïl Bogdanov, accuse pour sa part les rebelles d'avoir cherché à empêcher l'OIAC de se rendre à Douma[101]. À cette date pourtant, tous les combattants rebelles de Douma ont été évacués vers le nord de la Syrie[102],[103]. Entre-temps, le 18 avril, les Casques blancs annoncent travailler en étroite collaboration avec les enquêteurs, notamment en fournissant la localisation des tombes des victimes de l'attaque, et les enquêteurs ont pu auditionner 22 témoins amenés par les autorités syriennes à Damas[104],[93].

Finalement, les enquêteurs de l'OIAC peuvent se rendre à Douma le 21 avril et y prélèvent des échantillons[105],[106],[107]. Le 25 avril, les enquêteurs se rendent sur un second site de Douma[108]. Ils achèvent leur mission le 3 mai et regagnent ensuite les Pays-Bas[109].

Enquêtes journalistiques

Le 8 avril, Al Jazeera recueille des témoignages de survivants et de militants juste après l'attaque chimique. L'un des survivants, Khaled Abu Jaafar, déclare que « des gens sur le toit ont réussi à voir les bombes au gaz qui tombaient des avions », décrivant ce que Jaafar a dit être du gaz vert émanant des bonbonnes tombant du ciel. Ceux qui ont vu ces dernières sont alors descendus prévenir les autres d'évacuer les sous-sols. Khaled Abu Jaafar raconte qu'il a pu faire trois aller-retours pour évacuer les enfants, mais qu'ensuite il ne pouvait plus respirer. Il a perdu connaissance, et lorsqu'il s'est réveillé, on le lavait à l'eau, et une substance jaune sortait de sa bouche. D'après lui, les personnes qui ne sont pas sorties des abris sont mortes : « nous sommes entrés dans ces bâtiments et avons trouvé des corps dans les escaliers et sur le sol - ils sont morts en tentant de sortir ». La militante Alaa Abu Yasser faisait aussi partie de ceux qui ont essayé d'évacuer les gens : « Je suis allé dans un bâtiment où environ 35 personnes étaient mortes suite à cette attaque, les scènes que j'ai vues étaient insupportables, c'est comme si je n'avais jamais rien vu dans les films ». Elle a vu sur des cadavres de l'« écume à la bouche »[110].

Bellingcat (en), se basant sur une série de six vidéos postées sur Youtube, étudie le cas du bâtiment correspondant à « l'attaque de 19h30 ». Trois vidéos montrent au total « 34 cadavres » à l'intérieur du bâtiment. Une vidéo tournée sur le toit d'un bâtiment montre un cylindre jaune, qui est identique aux cylindres de gaz compressé déjà observés dans le passé lors du signalement d'attaques au chlore en Syrie. Cette vidéo montre aussi la ville aux alentours du bâtiment, ce qui permet de le géolocaliser. Une vidéo, filmée par SMART new agency, un média d'opposition, montre la sortie des cadavres de l'immeuble, qui est géolocalisable par des détails filmés sur sa façade extérieur. La géolocalisation est identique à celle obtenue pour la vidéo filmée sur le toit de l'immeuble. La vidéo de SMART new agency permet aussi de voir de multiple détails de l'intérieur du bâtiment, par exemple un vélo ayant un panier blanc, que l'on retrouve dans les autres vidéos filmées uniquement à l'intérieur du bâtiment. Bellingcat conclut que toutes les vidéos ont été filmées au même endroit. Par ailleurs, Bellingcat signale que le réseau Sentry Syria, dont les membres observent le ciel et les vols de l'armée russe et syrienne, rapporte que deux hélicoptères de transport Hip ont décollé de la base aérienne de Dumayr au nord de Damas en direction de Douma vers 19h00 et que vers 19h30 deux hélicoptères Hip ont été vus au-dessus de Douma. Selon Bellingcat, ce type d'hélicoptère a déjà été utilisé lors de précédentes attaques au chlore. Toutes ces observations permettent à Bellingcat de conclure qu'il est « hautement probable » qu'une attaque chimique a eu lieu, effectuée par largage de cylindre de gaz, le plus probable étant l'utilisation du chlore. Bellingcat indique que ce type de cylindre n'est pas compatible avec le sarin, mais qu'un autre agent chimique ayant les mêmes effets que le sarin a peut-être été utilisé[111].

Le 16 avril 2018, alors que les experts de l'OIAC ne sont pas encore autorisés à se rendre à Douma, le régime syrien organise une visite de presse à l'intérieur de la ville[112].

Le grand reporter anglais Robert Fisk, considéré comme plutôt favorable au camp loyaliste[113],[114],[115],[116],[117], correspondant du journal The Independant, a pu visiter l'hôpital de Douma et rapporter le témoignage d'un médecin local. Ce dernier, qui désigne les rebelles comme des « terroristes », adoptant ainsi le langage du régime, affirme que les personnes qui se sont retrouvées à l'hôpital souffraient d'hypoxie (manque d'oxygène), en raison de leur confinement dans des tunnels souterrains lors d'un gros bombardement ayant soulevé une tempête de poussière. Le médecin affirme aussi que les images diffusées dans les médias ont été tournées par un « Casque Blanc » qui a crié « Gaz ! », provoquant ainsi une scène de panique dans l'hôpital. Lui même n'était pas présent cette nuit là mais dit que « tous les médecins savent ce qui s'est passé ». Robert Fisk n'a pas pu rencontrer les deux médecins de garde la nuit du 7 avril, ceux-ci étant partis à Damas dans le cadre d'une enquête sur les armes chimiques[118]. L'article de Robert Fisk est abondamment repris par les médias russes RT et Sputnik, ainsi que par des sites conspirationnistes[113]. Pour Conspiracy Watch, l'article est « emblématique des manquements de son auteur à la plus élémentaire déontologie », étant donné que « le médecin interviewé n’avait pas été témoin direct de la situation qu’il rapportait » et qu'« il était évident que l’homme n’allait pas mettre en cause le régime alors qu’il était sous le contrôle de ses agents »[113].

The Guardian, dans un article du 17 avril 2018, rapporte que le Docteur Ghanem Tayara, directeur du Syndicat des organisations de soins médicaux et de secours (UOSSM), a déclaré que les médecins qui se sont occupés des patients dans les heures qui ont suivi l'attaque du 7 avril ont été informés que leurs familles seraient menacées s'ils témoignaient publiquement ou fournissaient des preuves. Le chef de la plus grande agence de secours médicale syrienne affirme que les responsables syriens ont saisi des échantillons biologiques, et ont forcé les médecins à abandonner leurs patients. Certains médecins syriens interviewés directement par The Guardian affirment avoir subi des intimidations de la part du régime et que cela a empiré avec l'arrivée des experts de l'OIAC en Syrie. Ils témoignent de façon anonyme craignant pour leur vie et celle de leur famille. Le Docteur Ghanem Tayara, qui est basé à Birmingham, s'est rendu en Turquie pour superviser le départ de Syrie de certains des médecins de Douma. Il affirme que tout médecin ayant quitté Douma a été fouillé minutieusement pour vérifier qu'il ne partait pas avec des échantillons. Il déclare aussi que la police militaire russe est fortement impliquée et même dirige les opérations de surveillance. Selon Tayra, les médecins de Douma connaissaient les effets du chlore, mais n'avaient encore jamais rien vu de comparable à ce qui s'est produit le 7 avril : ils ont observé une atteinte du système nerveux et de la mousse. D'après l'un des médecins interviewé par The Guardian, leurs collègues médecins qui sont passés à la télévision syrienne ont été contraints de mentir pour pouvoir rester en Syrie en affirmant qu'il ne s'était rien passé. Un autre médecin déclare que personne ne peut témoigner, car il leur a été dit que sinon les centres médicaux seraient détruits en plus de ceux qui y travaillent. The Guardian cite aussi le cas de Abu Walid, un survivant qui témoigne qu'il a vu son fils tousser et qu'ensuite il a perdu connaissance pendant cinq heures. Lorsqu'il s'est réveillé, on l’aspergeait d'eau et il a été prévenu que sa famille était morte dans l'attaque chimique. Un autre médecin témoigne que les résidents eux aussi sont contraints de dire que rien n'a eu lieu[119].

L'Associated Press a pu enquêter sur place le lundi 16 avril lorsque le gouvernement syrien a organisé une visite à Douma. Un témoin, Khaled Mahmoud Nuseir, raconte qu'il a vu sa famille morte, de la mousse à la bouche, dans un abri souterrain où s'est rendu l'AP, qui a constaté une odeur étrange. Plusieurs survivants interviewés témoignent avoir senti une odeur bizarre eux aussi le 7 avril, tandis que des gens criaient: « c'est du chlore ». Même si Khaled Mahmoud Nuseir accuse les rebelles d'être responsables de l'attaque, l'AP conclue que les récits contredisent la version des syriens et des russes, qui nient toute attaque chimique. Le médecin Ahmed Abed al-Nafaa, qui a quitté la Syrie après le 7 avril, témoigne qu'il a vu des hélicoptères dans le ciel avant l'attaque présumée et que lorsqu'il a voulu entrer dans l'abri souterrain, il a été submergé par une odeur de chlore et ses camarades l'en ont sorti. L'AP rapporte que dimanche 15 avril, la télé syrienne a diffusé des interviews de médecins affirmant n'avoir trouvé aucune trace de gaz toxique à Douma et qu'aucun patient n'avait les symptômes d'une intoxication. Ces médecins ont aussi déclaré que de la poussière peut s'introduire dans les abris souterrains et provoquer un étouffement et des symptômes associés aux attaques chimiques[120].

Analyses

Les négociations entre Moscou et les rebelles de la Ghouta ont échoué quelques jours avant l'attaque chimique. Bachar el-Assad exigeait que Jaych al-Islam rende les armes ou bien quitte la ville, mais le groupe aurait affirmé vouloir y rester en tant que « force de police locale », à la fureur du gouvernement syrien. L'arme chimique aurait alors été utilisée comme moyen de guerre psychologique. Selon un communiqué publié le 8 avril par l’agence syrienne officielle SANA au lendemain de l’attaque de Douma, Jaych al-Islam aurait demandé à négocier avec Damas, et non plus avec Moscou comme c'était le cas jusque-là. Selon le journal libanais L'Orient-Le Jour, déclare que « selon certaines sources, Bachar El-Assad aurait décidé de s’imposer face à la position russe, laquelle aurait permis une présence islamiste à sa porte ». L'Orient-Le Jour estime que Bachar el-Assad n'a aucune crainte d'une réaction des occidentaux, ceux-ci redoutant un embrasement généralisé, et qu'il s'attend à des frappes - éventuelles - limitées comme ce fut la cas en 2017 après l'attaque chimique de Khan Cheikhoun[46],[121].

Pour le politologue Ziad Majed, de l'American University of Paris : « À chaque fois que le régime utilise des armes chimiques, on se demande pourquoi… Mais il faut bien comprendre que Bachar al-Assad a fait du meurtre une stratégie délibérée. Il est décidé à exterminer ou déplacer une partie de la société pour créer une Syrie plus homogène. Dans cette même Ghouta, l’armée syrienne a tué 1 500 personnes en 2013 avec du gaz sarin. Quel prix a payé le régime ? Aucun. Il sait qu’il peut continuer. Il envoie un message aux rebelles en disant : "Nous faisons ce que nous voulons, personne ne nous arrêtera, vous n’avez rien à négocier." »[32]. D'un point de vue stratégique, il explique que « le principal groupe de Douma, Jaych al-Islam, disposait encore de plusieurs milliers de combattants » et qu'avec ces frappes, « Bachar al-Assad les pousse au désespoir et leur rappelle qu’ils devront de toute façon se plier à ses conditions » car « en poussant les habitants à quitter leurs abris et à sortir dans les rues, les gaz les exposent aux bombes de l’aviation, leur ôtant leurs ultimes protections ».

Pour le géographe Fabrice Balanche, chercheur au Washington Institute for Near East Policy, il n'y « aucun doute » sur l'implication de l'armée syrienne dans l'attaque chimique de Douma, car « d'un point de vue tactique, les gaz sont utilisés car il y a des tunnels, des caves, des bunkers où sont réfugiés les combattants mais également des civils, et il n'y a guère d'autre moyen pour les en faire sortir. [...] Les gaz sont la méthode la plus facile pour les faire sortir [...] et c'est un instrument de terreur, par conséquent cela a poussé les rebelles à accélérer leur départ de Douma »[122].

De même pour Nicolas Tenzer, président du centre d'études et de réflexions pour l'action politique et chargé d'enseignement à Sciences-Po Paris, il n'y a « absolument aucun doute » sur la responsabilité du régime de Bachar el-Assad, « c'est le seul à posséder de tels stocks aujourd'hui, qui n'ont d'ailleurs pas été éliminés »[123].

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français et chargé du suivi du terrorisme islamiste au Cf2R, considère que le régime n'a « aucun besoin d’"impressionner" les rebelles qui sont aujourd’hui acculés » et estime qu'il faut « privilégier la défense des intérêts des citoyens français et la recherche de la paix par la voie du dialogue et de la diplomatie », mettant en garde contre une réponse militaire du camp occidental qui ne mènerait selon lui qu'à une « guerre totale » et au « déclenchement de la troisième Guerre mondiale », tout en estimant ce scénario peu probable comparé à une frappe limitée à quelques installations militaires « pour marquer le coup mais sans aucune traduction sur les plans stratégique et tactique »[124], rejoignant sur ce point l'analyse de Fabrice Balanche[32]. Néanmoins avant toute riposte, il « conviendrait que l'information de "frappe chimique" sur la Douma soit confirmée », car « encore faut-il le faire pour de bonnes raisons vérifiées et pas sur des "on dit" repris en choeur par les intellectuels prédateurs »[124].

Mezri Haddad, journaliste, écrivain, philosophe et diplomate tunisien, estime que le régime syrien n'avait pas « d'intérêt [...] de bombarder aux armes chimiques une ville, Douma en l'occurrence, quasiment libérée des mains criminelles des islamo-fascistes », et que « plutôt que de céder à l'hybris washingtonien, de s'aliéner [il faut sans doute lire « s'aligner »] aveuglément sur l'hyperpuissance américaine [...] la France doit au contraire répondre à sa vocation de puissance souveraine et modératrice »[125].

Selon Jean-Marc Lafon, cofondateur de l'institut Action résilience : « Il ne reste plus beaucoup de troupes syriennes qui soient, d'un point de vue opérationnel, très efficaces. Donc ces troupes-là, il est important de faire en sorte qu'elles soient déployées le moins longtemps possible à un endroit pour les envoyer à un autre. Et c'est l'un des intérêts opérationnels d'utiliser des armes chimiques, même si la victoire à court terme est assurée : cela limite la durée de la présence de troupes efficaces sur un territoire et cela permet de les déployer très vite ailleurs où on en a grand besoin. Bachar Al-Assad a un intérêt opérationnel à utiliser des armes chimiques et c'est pourquoi il y a un intérêt concret à en dissuader l'utilisation »[126].

Conséquences

Dans la nuit du 8 au 9 avril, l'aéroport militaire T-4, également appelé l'aéroport militaire de Tiyas, situé entre Homs et Palmyre, est la cible d'une frappe aérienne, menée par deux avions de combat F-15 depuis l'espace aérien libanais, qui font au moins 14 morts[127],[128]. Bien qu'ayant menacé d'effectuer une riposte militaire en représailles à l'attaque chimique de Douma, les États-Unis et la France démentent être impliqués[127],[128]. Mais rapidement, la Russie accuse Israël, imité par la Syrie qui se rétracte après avoir dans un premier temps accusé les États-Unis[127],[128]. L'armée israélienne, qui effectue régulièrement des frappes aériennes en Syrie, et qui avait notamment déjà bombardé la base aérienne de Tiyas en février, « décline tout commentaire »[127],[128].

Dans la nuit du 13 au 14 avril, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France[129],[130] lancent une attaque aérienne sur quatre positions du gouvernement syrien, dont un centre de recherche, un complexe militaire stockant des armes chimiques près de Homs et un poste de commandement. Le secrétaire à la défense américaine James Mattis la décrit comme étant une « frappe ponctuelle afin d'envoyer un message clair au président syrien Bachar el-Assad et ses lieutenants meurtriers », sans notification préalable à la partie russe, tout en évitant « au maximum » les positions russes et civiles afin de « ne pas accroître les tensions dans la région »[131],[132]. Toutefois, selon CNN, citant des sources proches du gouvernement américain, Mattis aurait, au cours d'une réunion le 12 avril 2018, conseillé à Trump d'attendre des preuves plus définitives avant de mener une éventuelle attaque, le mettant en garde contre une escalade militaire[133]. Les États-Unis et la France ont publié des rapports d'évaluation détaillant les informations sur lesquelles se sont fondées la décision d'une frappe aérienne[82],[83].

D'après The Guardian, « les stratèges [des États-Unis, Royaume-Uni et France] sont anxieux d'éviter de détruire des équipements russes ou du personnel russe stationnés en Syrie, pouvant potentiellement provoquer une réaction de Moscou », le scénario d'« une attaque sur le palais présidentiel d'Assad a été écartée » et il semble que de potentielles ripostes occidentales seraient « focalisées sur les capacités chimiques présumées de la Syrie », comme le Centre d'Études et de Recherche à l'ouest de Damas que « les États-Unis suspecte d'être impliqué dans la préparation d'armes chimiques », ainsi que sur « les bases aériennes où les armes chimiques sont présumées avoir été stockées et les avions ayant prétendument été utilisés pour les attaques » et les postes de commandement[80].

Les États-Unis et leurs alliés ont tiré, selon les autorités, deux fois plus de munitions que le raid de 2017 soit 105 au total. Les Américains ont envoyé 85 missiles et ont utilisé trois navires de l'United States Navy et des bombardiers B-1[134],[135].

La France a tiré 9 missiles SCALP-EG depuis des Dassault Rafale et employé 3 missiles de croisière navals depuis la frégate multi-missions Aquitaine[129],[136].

La participation britannique est un tir de 8 missiles Storm Shadow depuis 4 chasseurs Tornado GR4 de la Royal Air Force stationnés sur la base aérienne britannique Akrotiri à Chypre contre un complexe militaire à 24 km à l'ouest de Homs[137].

Le 16 avril 2018, la France engage une procédure de retrait de la Légion d'honneur de Bachar el-Assad[138], mais ce dernier la rend avant la fin de cette procédure par le biais de l'ambassade de Roumanie en protestation des bombardements de Barzé et de Him Shinshar par l'armée française, et il qualifie la France de « régime esclave » des Etats-Unis[139],[140].

Liens externes

Vidéographie

Articles

Notes et références

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