Marville-Moutiers-Brûlé

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Marville-Moutiers-Brûlé
Marville-Moutiers-Brûlé
Marville-Moutiers-Brûlé et l'église Saint-Pierre, vues depuis le cimetière.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Eure-et-Loir
Arrondissement Dreux
Canton Dreux-1
Intercommunalité Agglo du Pays de Dreux
Maire
Mandat
Véronique Baston
2014-2020
Code postal 28500
Code commune 28239
Démographie
Population
municipale
953 hab. (2015 en augmentation de 5,19 % par rapport à 2010)
Densité 47 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 40′ 31″ nord, 1° 23′ 22″ est
Altitude Min. 110 m
Max. 175 m
Superficie 20,24 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.marvillemoutiersbrule.fr/

Marville-Moutiers-Brûlé est une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire. Le suffixe Moutier Brûlé signale l'existence d'un ancien monastère incendié.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

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Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Marville-Moutiers-Brûlé
Garnay Vernouillet, Luray Écluzelles
Tréon Marville-Moutiers-Brûlé Charpont
Le Boullay-les-Deux-Églises Puiseux Le Boullay-Mivoye

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

La commune regroupe quatre hameaux : Blainville, Imbermais, Vigny et La Vovette.

Transports et voies de communications[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

La commune de Marville-Moutiers-Brûlé est traversée par la route nationale 154.

Desserte ferroviaire[modifier | modifier le code]

La gare la plus proche est la gare de Dreux à 8 km.

Bus[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire d'Imbermais[modifier | modifier le code]

Connu depuis le VIIIe siècle sous les noms de Gimberti Vallis ou Imberti Vallis. Les moines de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés y envoyèrent des colons (colonat partiaire) qui cultivaient les terres. Au XIIe siècle on y trouve la trace d'un Guillaume d'Imbermay (Willelmus de Imbernis)

Château d'Imbermais

Au XIe siècle, le roi de France envoya ses troupes pour mater la révolte des seigneurs d'Imbermais et fit raser le donjon peut être vers 1100. Il ne reste du château-fort que des souterrains impraticables.

À la fin du XVIe siècle, François Joulet, construit un nouveau château, dont Gabrielle le Forestier fera la description[1] :

« … du lieu seigneurial d'Imbermais se consistant en un grand corps d'hôtel contenant plusieurs chambres à demeurer, grenier et caves dessous, granges, écuries, pressoir, cour et jardin avec un puits étant en ladite cour, le tout en un tenant contenant un arpent et demi de terre au environ (10 000 m2), clos et environné de toutes parts de murailles de chaulx, sable et pierres, juste d'un côté d'une grande place appelée le billoir, d'un autre côté la garenne dudit Imbermais, d'un bout, la rue du village ; d'autre bout ladite place vague, au dedans duquel jardin est construit bâti et édifié un colombier à pieds, item une chapelle fondée en l'honneur et au nom de St-Jacques, le droit de patronage de laquelle appartient à ladite demoiselle d'Imbermais. Item le moulin à vent de présent en ruine et la place sur laquelle il était bâtit… »

.

Un pavillon fut rajouté au château par Clair de la Rivière au XVIIIe.

Le château fut transformé en ferme après la Révolution et détruit au début du XXe siècle.

Chapelle Saint-Jacques d'Imbermais

En 1521, l'église Saint-Jacques d'Imbermais est citée dans un testament : « ecclesia sancti jacobi de Imbermez ».

Le 21 septembre 1613, l'église fut visitée par Simon de Monfort, prêtre, curé, chanoine sur commandement de l'évêque de Chartres, ce qui nous permet d'en avoir une description précise[2] :

« … se transporte audit lieu d'Imbermais où étant, nous a été montré la chapelle dudit lieu d'Imbermais fondée de St-Jacques et enclose dans le lieu seigneurial dudit Imbermais ; en laquelle il y a deux portes construites, savoir : la grande et principale ouvrant et regardant vers l'occident, et l'autre ouvrant sur le jardin dudit lieu seigneurial vers le septentrion et laquelle chapelle par le dehors avons trouvé bien bâtie de grosses pierres de taille, cailloux, pierretage et maçionnerie couverte de tuiles et autour d'icelle une ceinture au titre noir qui est environ à la hauteur de sept pieds et en icelle ceinture en divers endroits sont peintes les armes armoiries dudit feu Sieur de Chastillon qui sont croix d'argent sans nombre en champ de gueule avec l'écu porté par deux licornes. Ce fait nous sommes transportés enet au-dedans de ladite chapelle avons trouvée bien enduite et plâtrée, garnie de sièges de plâtre, pavée en bas de pavés carrés et briques, et lambrissée de lambris par le haut, autour d'icelle aussi par dedans avons vu et remarqué une ceinture en divers endroits sont aussi peintes les armes ou armoiries dudit seigneur de Châtillon. Et passant autour d'icelle, avons trouvé deux autels savoir : un grand et un petit au côté gauche, iceux deux autels couverts de nappes de chambre et ledit grand autel garni d'un contretable environné d'un tour de menuiserie peint, celui grand autel et contretable ornés et garnis de parements de velours noir, une chasuble de velours noir et autres ornements requis pour célébrer la Sainte Messe.

Plus nous avons trouvé et remarqué environ le milieu de la dite chapelle; une représentation couverte d'un drap mortuaire aussi de velours noir et accommodée d'une croix de satin blanc où sont pareillement appliqués en broderie lesdites armes ou armoiries dudit feu sieur de Châtillon, sous laquelle on nous dit être la sépulture d'icelui sieur de Châtillon. Comme aussi avons vu et nous ont été présentés autres parements, d'autres chasubles, tuniques et ornements de camelot rouge cramoisis et verts, requis et ordonnés pour célébrer tant la Messe que Vêpres, suivant ordonnances et constitution de l'Église. De laquelle visitation ladite Demoiselle Gravelle nous a requis lui vouloir délivrer procès-verbal ce que nous avons accordé de faire »

. Un autre document nous apprend que l'église[3] :

« avait 47 pieds de longueur, 22 de large et les murs 15 pieds. Elle a la forme des églises ordianires, nef, sanctuaire séparés par des balustrades, bancs à demeure pour les assistants de dehors et porte principale à son pignon et ouvrant sur la voie publique qui elle-même a été interceptée par MM. d'Imbermais. Elle a grand lutrin pour les chantres, des fondations à messes hautes même avec diacre, sous-diacre, encens et grande croix pour les évangiles. Elle a un clocher proéminent et cloche solennellement bénie en 1729, le 7 septembre et nommée "Suzanne" (l'épouse de Robert de la Rivière, seigneur d'Imbermais : Suzanne le Forestier, était morte en 1728) Cette cloche annonçait les offices publics les dimanches et fêtes avant la Révolution, l'arrivée des processions de Marville et de Tréon aux Rogations et les rassemblements en icelle chapelle aux jours de Pâques, pour y chanter entre eux… filii et le jour de la Toussaint, le soir, pour prier les morts »

Elle devient chapelle de St-Jacques d'Imbermais dans le pouillé de 1738. Clair de la Rivière fit démolir les sièges en plâtre de la chapelle et les remplaça par des sièges en planches tout autour de la nef et icelle au mur pour la commodité du public.

La chapelle fut désaffectée en 1790.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires à partir de 1945
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1953 Louis Brochard    
1953 1961 Pierre Baston    
1961 1977 Marcel Briere    
1977 1995 Jean Baston    
1995 2001 Bernard Lusurier    
2001 2003 Daniel Briere    
2003 2008 Thierry Bellois    
2008 en cours Véronique Baston SE  

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[5].

En 2015, la commune comptait 953 habitants[Note 1], en augmentation de 5,19 % par rapport à 2010 (Eure-et-Loir : +1,19 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
676702743620832780779754759
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
729680700714670656619612653
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
594585557505513520507548522
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
507506630737838826873906953
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Pierre et monuments aux morts[modifier | modifier le code]

Connu depuis 1157, les Anglais attaquèrent Marville lors de la Guerre de Cent Ans entre 1421 et 1438, et l'église paroissiale (appelée moutier et non pas monastère) fut la proie des flammes. On ajouta alors Moutiers-Brûlé au nom du lieu.

À côté de l'église se trouvent 2 monuments aux morts :

  • le premier À nos chers Gardes Mobiles du 2° bat. tombés bravement au combat d'Imbermais, 17 novembre 1870 ;
  • le second en hommage aux poilus de la Guerre 14-18.

Hameau de Blainville[modifier | modifier le code]

Le hameau de Blainville inclut la chapelle Sainte-Anne, dont la cloche, datée de 1531, est classée monument historique au titre d'objet[8].

Hameau d'Imbermais[modifier | modifier le code]

Imbermais accueille « Les Jardins d'Imbermais », ferme proposant aux acheteurs de la région drouaise de faire eux-mêmes la cueillette de leurs fruits et légumes[9].

Hameau de Vigny[modifier | modifier le code]

Vigny est doté d'un château d'eau, construit en 1935, et d'une éolienne restaurée.

Hameau de La Vovette[modifier | modifier le code]

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • François Joulet, sieur de Chatillon, d'Imbermais et de Houdainvilliers (1590), écuyer du roi Henri IV, inhumé en 1613 dans la chapelle d'Imbermais, ainsi que son épouse Anne de Gravelle en 1625, puis transférés dans l'église de Marville-Moutiers-Brûlé en 1838[10]. La dalle funéraire est classée monument historique en tant qu'objet et la plaque l'accompagnant inscrite à ce même titre[11],[12].
Robert de la Rivière fut Capitaine des troupes de la Marine (1673), puis Gendarme de la garde du Roi à partir de 1675.
Il fonda sa famille à Marville-Moutiers-Brûlé : Marie-Suzanne (1685-1759), Charles-Jacques (1687-1742), Athanase (1688-1688), Robert (1689-1743), Monique (1691-1763), Paule et Agathe (1692-1774), Clair (1698-1785) et Théodore-Augustin (1700-1750)[15].
Robert de la Rivière décéda le 14 mars 1737[16] et fut inhumé dans la chapelle du manoir, aujourd'hui transformée en grange.
  • René Étiemble, écrivain et linguiste, né le 26 janvier 1909 à Mayenne et mort le 7 janvier 2002 au hameau de Vigny.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Aveu au Roi par Gabrielle le Forestier, de la terre et seigneurie d'Imbermais, 1657.
  2. Visite de la chapelle d'Imbermais par le vice-gérant de l'Official de Dreux, Simon de Montfort, prêtre, curé, chanoine, en vertu de la commission de M. l'Archidiacre dudit Dreux, vicaire Général de Mr l'Illustrissime et Révéretissime Évêque de Chartres.
  3. Généalogie maison de la Rivière Pré d'Auge. Par Richard de la Rivière. 1970. Bibliothèque Nationale.
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  8. « Cloche », notice no PM28000413, base Palissy, ministère français de la Culture.
  9. http://www.jardins-imbermais.fr/
  10. Les environs de Dreux, Volume II. Pages 281-285. Édouard Lefèvre. Res Universis.
  11. « Dalle funéraire de François Joulet, écuyer et Anne de Gravelle, sa femme », notice no PM28000410, base Palissy, ministère français de la Culture.
  12. « Plaque funéraire (inscription funéraire) qui accompagnait la dalle funéraire de François Joulet et de son épouse Anne de Gravelle », notice no PM28001393, base Palissy, ministère français de la Culture.
  13. Archives départementales du Calvados. Le Pré d'Auge. 5 MI-EC 2714
  14. Archives départementales d'Eure-et-Loir. Marville-Moutiers-Brûlé.3 E 239/1 - Vue 54
  15. Généalogie de la famille de la Rivière http://www.planete-genealogie.fr/danieldlr/
  16. Archives départementales d'Eure-et-Loir. Marville-Moutiers-Brûlé. 3 E 239/2 - Vue 14