Bataille de Dreux (1562)

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Bataille de Dreux
Description de l'image BatailleDreux1562.jpg.
Informations générales
Date
Lieu Dreux
Issue Victoire catholique
Belligérants
Catholiques Huguenots
Commandants
Anne de Montmorency (fait prisonnier)
François de Guise
Jacques de Saint-André
Louis de Condé (fait prisonnier)
Gaspard de Coligny
Forces en présence
18 000 hommes
dont 2 500 cavaliers
22 canons
13 000 hommes
dont 4000 à 5000 cavaliers
5 canons
Pertes
3 800 morts 4 500 morts

Guerres de Religion

Batailles

Guerres de religion en France
Mérindol (1545) · Amboise (1560)


Première guerre de religion (1562–1563)
Édit de Saint-Germain · Massacre de Wassy · Vergt · Rouen · Dreux · Orléans · Édit d'Amboise


Deuxième guerre de religion (1567–1568)
Saint-Denis


Troisième guerre de Religion (1568-1570)
Jarnac · La Roche-l'Abeille · Montcontour · Saint-Jean-d'Angély


Quatrième guerre de religion (1572–1573)
Saint-Barthélemy · Sommières · Sancerre · La Rochelle (1572)


Cinquième guerre de religion (1574–1576)
Dormans · Édit de Beaulieu


Sixième guerre de religion (1576–1577)
Traité de Bergerac (en)


Septième guerre de religion (1579–1580)
Traité du Fleix


Huitième guerre de religion (1585–1598)
Guerre des Trois Henri (en)
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Rébellions huguenotes (1621-1629)
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Révocation de l'édit de Nantes (1685)

Le , la campagne sud de la ville de Dreux est le théâtre du premier choc important des guerres de religion entre les troupes protestantes du prince de Condé et de l'amiral de Coligny et l’armée catholique et royale dirigée par le « triumvirat » composé du connétable de Montmorency, du duc de Guise et de Jacques d'Albon de Saint-André, ancien favori d'Henri II, maréchal de France et premier gentilhomme de la Chambre.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après une escalade de tensions et de provocations de part et d’autre, la première guerre de religion est provoquée par le massacre de Wassy, en mars 1562. Une prise d’armes des huguenots a lieu immédiatement, et ils se rendent maîtres de nombreuses villes. Cependant, les protestants de Guyenne sont vaincus (prise de Poitiers et de Bourges par le maréchal de Saint-André, défaite de Duras à Targon en juillet et surtout à Vergt en octobre).

Condé fait appel à l’étranger, et obtient l’aide de l’Angleterre. Il recrute aussi des mercenaires allemands.

Campagne[modifier | modifier le code]

À la mi-novembre 1562, l'armée protestante mène plusieurs attaques sur les faubourgs parisiens mais ne peut assiéger la capitale faute d'effectifs suffisants. À la mi-décembre, devant la menace d'une contre-attaque de l'armée royale, Condé et Coligny lèvent le camp. Ils pensent un temps se replier au sud et attaquer Chartres, mais les impératifs logistiques les poussent à remonter sur Le Havre, en Normandie, où se trouve le fonds anglais destiné à payer les mercenaires allemands[1]. Faute de moyens, l'armée protestante est en effet victime de désertion et d’indiscipline.

Composition des armées[modifier | modifier le code]

Les troupes au moment de la bataille de Dreux sont composées, du côté protestant, de 13000 hommes, dont 5000 cavaliers et le reste en infanterie, et du côté de l'armée royale de 18000 hommes, dont 2500 cavaliers. Ces troupes étaient composées en majorité d'étrangers, puisque il y avait essentiellement des Allemands du côté huguenot (entre 4000 et 5000 lansquenets, et 2500 reîtres), mais aussi dans l'autre camp (4000 lansquenets allemands). À cela s'ajoute les troupes suisses en très grand nombre du côté de l’armée royale, environ 6000 hommes, mais aussi espagnoles, avec un effectif de 2000 soldats.

Concernant les effectifs français, il y avait 36 compagnies d’ordonnance de grosse cavalerie de 50 lances, 22 enseignes d’hommes de pied gascons et 17 enseignes d’infanterie bretonnes et picardes du côté de l’armée royale ; en face, les protestants avaient dans leurs rangs 800 cavaliers, 6 enseignes d’arquebusiers et 14 enseignes d’hommes de pied français.

Ces deux armées se rencontrent au Sud-Est de Dreux le [2].

Déroulement[modifier | modifier le code]

La bataille est une suite de charges et de contre-charges, l’avantage étant constamment renversé. La capture de Montmorency au début de la bataille et la déroute de ses troupes font croire à la victoire des protestants.

L'aile droite de l'armée royale profite alors de l'avancée des protestants pour les attaquer sur leur aile gauche, ce qui permet de renverser la situation. Le prince de Condé est capturé et le maréchal de Saint-André tué[3].

Les Suisses perdent dans la bataille beaucoup d'hommes, (300 soldats et 21 officiers), et leur rôle dans cette dernière fut exhortés par Charles IX, mais aussi par les chroniqueurs de l’époque comme François de La Noue, chef huguenot, présent pendant la bataille[2].

Conséquences[modifier | modifier le code]

À l’issue de cet affrontement particulièrement sanglant qui laisse plus de 8 000 victimes sur le terrain, les catholiques l’emportent sur les protestants. La bataille permet à l'armée royale de mettre le siège devant Orléans.

À long terme, c’est surtout Catherine de Médicis qui tire profit de la bataille : le « triumvirat » est rompu, avec la mort de Jacques d'Albon de Saint-André et la captivité de Montmorency. L’assassinat du duc de Guise au siège d’Orléans, le , achève de la délivrer des principaux chefs de guerre. Elle signe l’édit de pacification d’Amboise le 19 mars, qui autorise le culte réformé, essentiellement aux nobles[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) James B. Wood, The King's Army : Warfare, Soldiers, and Society during the Wars of Religion in France, 1562-1576, Cambridge, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Studies in Early Modern History »,‎ , XII-349 p. (ISBN 0-521-55003-3, présentation en ligne).
  • Arlette Jouanna, Jacqueline Boucher et Dominique Biloghi, Histoire et dictionnaire des guerres de religion, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ , 1526 p. (ISBN 2-221-07425-4, présentation en ligne).
  • Benjamin Deruelle, « « Faire bonne guerre ». Idéal chevaleresque, comportements guerriers et régulation sociale dans la bataille de Dreux (1562) », dans Ariane Boltanski, Yann Lagadec et Franck Mercier (dir.), La bataille : du fait d'armes au combat idéologique, XIe–XIXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire »,‎ , 288 p. (ISBN 978-2-7535-4029-3, présentation en ligne), p. 109-121.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. James Wood, The king's army : warfare, soldiers, and society during the wars of religion in France, 1562-1576, New York, Cambridge University Press, 1996, p. 185. La décision est prise le 16 décembre, dans le petit village d'Ablis. Condé et Coligny étaient alors en désaccord sur la stratégie à suivre
  2. a et b Auguste Laugel, Les Régiments suisses dans les guerres de religion du XVIe siècle, t. 3e période, tome 42, Paris,‎ (lire sur Wikisource), p. 316-341
  3. Raymond de Coynart, L'année 1562 et la bataille de Dreux, Paris, Librairie de Filimin-Didot et Cie,‎ , 47 p. (lire en ligne)
  4. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8), p. 236-237