Alphonse Ier d'Este

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Alphonse Ier d'Este
Alfonso I d'Este.jpg

Portrait d’Alphonse d'Este par Battista Dossi

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 58 ans)
FerrareVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Famille
Père
Mère
Éléonore de Naples (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Béatrice d'Este
Giulio d'Este (en)
Sigismondo d'Este (en)
Ferrante d'Este (en)
Isabelle d'Este
Hippolyte Ier d'EsteVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Anna Sforza (en)
Lucrèce BorgiaVoir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Hercule II d'Este
Alphonse d'Este
Hippolyte d'Este
Éléonore d'Este
Alessandro d'Este (d)
Francesco d'Este (en)
Isabella Maria d'Este (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Écu d'or d’Alphonse Ier d'Este
Monnaie d'argent d’Alphonse Ier d'Este

Alphonse Ier d'Este (Ferrare, 21 juillet 1476 - 31 octobre 1534), successeur d'Hercule Ier d'Este, fut duc de Ferrare, Modène et Reggio d'Émilie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Fils d'Hercule Ier d'Este et d'Éléonore de Naples, Alphonse Ier d'Este épouse en 1491 Anna Sforza, tous deux étant alors âgés de 15 ans. Anna meurt en 1497 à l'âge de 21 ans, et son décès marque la fin du lien entre les familles Sforza et D'Este.

Quatre ans plus tard, Alphonse d'Este épouse en secondes noces Lucrèce Borgia, fille du pape Alexandre VI. Il succède à son père Hercule Ier en 1505. Impliqué dans les hostilités entre Venise et les États pontificaux, Alphonse sait habilement tirer son épingle du jeu, comme il le fait également dans le conflit plus vaste opposant la France à l'Espagne pour la suprématie en Italie.

Après avoir réprimé durement la conjuration ourdie par ses deux frères Ferrante d'Este et Giulio d'Este (1506), il se range, en 1508, aux côtés de Jules II dans la Ligue de Cambrai assemblée contre Venise. Nommé gonfalonier, avoué de l’évêché de l’Église Sacrée de Rome (1509), il occupe en cette qualité le Polésine et met les Vénitiens en déroute à Polesella en 1509, grâce à la contribution de son frère, le cardinal Hippolyte Ier d'Este (Ippolito I d'Este).

Le pape ayant conclu la paix avec les Vénitiens, Alphonse refuse de reconnaître le traité et se voit excommunié et déclaré théoriquement déchu de ses possessions (1510), perdant Modène, Carpi et Mirandola, qui, en 1511, sont occupées par les troupes pontificales.

Dans la guerre de la Sainte Ligue, il s’allie alors avec la France et coopère avec sa fameuse artillerie à la victoire dans la Bataille de Ravenne (1512). Il n'en tire toutefois aucun avantage personnel. Libéré de l’excommunication, il ne récupère cependant pas les territoires qui lui avaient été soustraits et, au contraire, peu après, perd même Reggio d'Émilie occupé par le duc d'Urbino (1512) et la région de Garfagnana enlevée par les seigneurs de Lucques.

Rentré en possession de Reggio seulement à la mort du pape Adrien VI (1523), il peut finalement reprendre Modène (1527) grâce à son alliance avec l'Empire, à l'époque des divergences entre Charles V et le Pape Clément VII. De nouveau allié avec les Français (1528), il risque la ruine complète à la Paix de Cambrai (1529), mais une politique habile lui permet de se rapprocher encore une fois de Charles Quint, qui lui confirme, en 1530, ses droits sur les villes que le pape lui conteste encore.

Aimant les arts et les lettres, il est le protecteur de Ludovico Ariosto.

Il meurt d’indigestion, comme avant lui son frère Hippolyte. Lui succède son fils Hercule II d'Este (Ercole II d'Este).

Patron des arts et des lettres[modifier | modifier le code]

Arts plastiques[modifier | modifier le code]

À l'instar de son frère Hippolyte, Alphonse se montre un des grands mécènes de son temps. C'est pour lui que le vieux Giovanni Bellini peint ce qui devait être sa dernière œuvre, le Festin des Dieux, en 1514. Le duc s'adresse ensuite à l'élève de Bellini, Titien, qui réalise pour lui une série de tableaux. En 1529, Alphonse inaugure la plus belle galerie d'art de son époque pour exposer ses collections devant des murs plaqués de marbre blanc et sous un plafond à caissons dorés[1]. La blancheur éclatante du décor vale à ce cabinet le surnom de camerino d'alabastro, la chambre d'albâtre. Des documents provenant de Mario Equicola, datés de 1511, mentionnent un projet de décoration d'une chambre à Ferrare dans laquelle « six fables ou peintures historiées doivent prendre place. Je les ai déjà trouvées et j'en ai présenté une description écrite ». Une lettre du duc, datée du 14 novembre 1515, autorise le paiement de Giovanni Bellini pour la livraison du premier tableau.

Enée et Achates sur les rives de Carthage, Dosso Dossi pour le camerino d'alabastro (National Gallery of Art, Washington).

Titien est réputé avoir effectué deux portraits du duc. Le premier est universellement admiré, notamment par Michel-Ange, et Charles-Quint manœuvre habilement pour se le faire offrir comme cadeau diplomatique. Alphonse persuade le Titien d'en réaliser une copie[2]. Au cours des deux décennies suivantes, le Titien réalise trois autres commandes : L'adoration de Vénus [3], La Bacchanale des Andrians[4] et le célèbre Bacchus et Ariane, qui se trouve aujourd'hui à la National Gallery de Londres.

Dosso Dossi réalise une autre grande bacchanale, les décors du plafond et la frise de la corniche où il représente des héros de l'Énéide dont le costume moderne pour l'époque rehaussait le caractère illusionniste. Toutes les bacchanales de la chambre d'albâtre ont pour thème l'amour, et certaines le mariage. Lorsque la famille D'Este perd Ferrare en 1598, les collections de la chambre d'Alphonse se retrouvent dispersées.

Musique[modifier | modifier le code]

Le père d'Alphonse Ier, Hercule d'Este, avait fait de Ferrare un des centres musicaux de l'Europe. Alphonse continue son œuvre et attire à sa cour de nouveaux musiciens, compositeurs, instrumentalistes ou chanteurs, parmi les plus renommés de son époque.

Parmi les musiciens d'Europe du Nord actifs à la cour de Ferrare figurent Antoine Brumel, nommé maître de chapelle en 1506 et Adrien Willaert, qui, grâce au soutien de la famille d'Este, est plus tard à l'origine de l'école vénitienne.

Sa descendance[modifier | modifier le code]

avec Anna Sforza

  1. un garçon le 2 décembre 1497, qui est mort immédiatement après avoir été baptisé,

avec Lucrèce Borgia:

  1. Alessandro d'Este (* 19 août 1505, † octobre 1505)
  2. une fille mort-née le 5 septembre 1507,
  3. Hercule II d'Este (1508-1559) duc en 1534 ∞ 1528 Renée de France (1510-1575) fille du roi de France Louis XII,
  4. Hippolyte d'Este (1509-1572), cardinal de Ferrare en 1538,
  5. Alessandro d'Este (* avril 1514, † 10 juillet 1516),
  6. Éléonore d'Este (* 3 juillet 1515, † 15 juillet 1575), nonne,
  7. Francesco d'Este (* 1er novembre 1516, † 22 février 1578) Prince de Massa ∞ 1540 Maria di Cardona († 1563),
  8. une fille, morte à la naissance le .

De sa maîtresse Laura Dianti naissent Alfonso (marquis de Montecchio) et Alfonsino.

Alphonse Ier d'Este dans les arts[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. Bryson Burroughs, "The Portrait of Alfonso d'Este by Titian" The Metropolitan Museum of Art Bulletin 22.4 (April 1927), pp. 97-101.
  3. The Worship of Venus (Musée du Prado, Madrid
  4. The Bacchanal of the Andrians (Prado, Madrid)