Oromos

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Oromos
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Propriétaire oromo
supervisant la récolte de blé (centre de l'Éthiopie)
Populations significatives par région
Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie 26 millions (2007)[1]
Drapeau du Kenya Kenya 0,5 million (Borana, Gabbra, Sakuye)
Population totale Plus de 30 millions
Autres
Langues Afaan Oromo
Religions islam sunnite, christianisme orthodoxe monophysite, protestantisme, culte Waq
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte de répartition

Les Oromos (OromoOromoo ; Ge'ez: ኦሮሞ ) sont un groupe ethnique de la corne de l'Afrique qui vit en Éthiopie, principalement dans la région fédérée de l'Oromia, mais que l'on trouve également en en Somalie et dans le nord du Kenya[2],[3] Ils constituent le groupe ethnique le plus important en Éthiopie et dans l'ensemble de la Corne de l'Afrique. Selon le recensement de 2007[4],[5], ils représentent environ 34,5% de la population éthiopienne, tandis que d'autres estiment qu'ils représentent environ 40% de la population[3],[6]. Le nombre d'Oromo dépasse les 35 millions en Éthiopie sur une population totale estimée à plus de 102 millions d’éthiopiens[7].

Les Oromos parlent la langue Oromo comme une langue maternelle (aussi appelé Afaan Oromoo et Oromiffa), qui fait partie de la branche couchitique de la famille Afro-Asiatique. Le mot Oromo est apparu dans la littérature pour la première fois en 1893, puis est devenu commun dans la seconde moitié du xxe siècle[8],[9].

Du xviiie siècle au xixe siècle, les Oromos ont eu une influence dominante dans le nord de l'Éthiopie pendant la période Zemene Mesafint. Certains ont été impliqués dans des guerres avec les chrétiens du nord et avec les musulmans du sud et de l'est de la Corne de l'Afrique[10],[11],[12]. Même si la majorité des Oromos sont devenus chrétiens ou musulmans au cours des siècles, certains ont conservé leurs croyances traditionnelles.

Filles oromos, Éthiopie.
Balcha Safo, chef militaire éthiopien d'éthnie Oromo. Il participera notamment à la bataille d'Adoua.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources, on observe plusieurs variantes : Ilma Orma, Oremon, Orma[13], Oromata, Oromo[14], sans compter les dépréciatifs (Gala, Galla, Gallas, Gallinyas…).

Des études de linguistique historique et d'ethnologie comparée suggèrent que le peuple Oromo est probablement originaire des lacs Shamo et Chew Bahir[15],[16]. Ce sont des Couchites qui habitent l'Afrique de l'Est et du Nord-Est depuis au moins le début du premier millénaire. La guerre Abyssinie-Adal du xvie siècle conduisirent les Oromos à occuper les terres de l'Empire éthiopien et du Sultanat d'Adal[17].

Population[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 1994[18], les Oromos représentent 32,1 % de la population éthiopienne, soit plus de 26 millions de personnes. Ils seraient numériquement la plus importante entité du pays devant les Amharas (30,1 %).

Le recensement de 2007 confirme cette tendance avec 34,5 % d'Oromos et 26,9 % d'Amharas [18]. Selon ce recensement portant sur une population totale de 73 750 932 personnes, 25 363 756 se sont déclarées « Oromo »[19].

Langue[modifier | modifier le code]

Les Oromos parlent l'afaan oromo ou oromiffa, une langue couchitique qui connaît des variations locales[20]. Des locuteurs de l'oromiffa sont présents dans plusieurs pays de la corne de l'Afrique, en particulier l'Éthiopie, Djibouti, la Somalie et le Kenya.

Religions[modifier | modifier le code]

Environ la moitié des Oromos sont musulmans, un quart sont chrétiens orthodoxes, le reste est partagé entre protestants (y compris évangéliques) et le culte Waq[18].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Oromos sont peut-être originaires du nord du Borana[21] ou du Balé[22], en tout cas du sud de l'Éthiopie. Ils entament au XVIe siècle une «migration pastorale»[23] vers des territoires septentrionaux, facilitée par les ruptures occasionnées par les conquêtes de Ahmed Gragn. Au cours de ce processus, ils agglomèrent et acculturent les populations locales[23].

Depuis 2004, des affrontements ont lieu de manière sporadique entre des groupes oromos et somalis à la frontière de leur région respective[24]. En septembre 2017, ces combats, liés au conflit pour le contrôle de terres arables, ont donné lieu à des « tueries brutales » avec des centaines de morts et poussé des dizaines de milliers de personnes à fuir la zone où ils se déroulent[25].

Habitation Oromo en Éthiopie

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Summary and Statistical Report of the 2007 Population and Housing Census Results, p. 16 [1]
  2. Merriam-Webster Inc, Frederick C. Mish, Merriam-Webster's Collegiate Dictionary, (Merriam-Webster: 2003), p. 876
  3. a et b Tesema Ta'a, The Political Economy of an African Society in Transformation, Otto Harrassowitz Verlag, (ISBN 978-3-447-05419-5, lire en ligne), p. 17
  4. « {{{1}}} »
  5. The CSA estimates a population growth of 7.6% between the time the census was conducted and the date of its approval: AFP, « Ethiopia population soars to near 77 million: census », Google News,‎ (lire en ligne) :

    « 'We carried out a census in May 2007 and it shows that there were 73,918,505 people at that time,' Central Statistics Agency chief Samya Zakarya told AFP.'But based on a projection of an annual growth rate of 7.6 percent, Ethiopia's population up to this month is 76,947,760.' »

  6. Anthony Appiah et Henry Louis Gates, Encyclopedia of Africa, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-533770-9, lire en ligne), p. 433
  7. Ethiopia: People & Society, CIA Factbook (2016)
  8. Tesema Ta'a, The Political Economy of an African Society in Transformation: the Case of Macca Oromo (Ethiopia), Otto Harrassowitz Verlag, , 17–19 with footnotes p. (ISBN 978-3-447-05419-5, lire en ligne)
  9. Mohammed Hassen, The Oromo and the Christian Kingdom of Ethiopia: 1300-1700, Boydell & Brewer (Originally: Cambridge University Press), , 2–3 p. (ISBN 978-1-84701-117-6, lire en ligne)
  10. Richard Pankhurst, The Ethiopian Borderlands: Essays in Regional History from Ancient Times to the End of the 18th Century, The Red Sea Press, , 279–280 p. (ISBN 978-0-932415-19-6, lire en ligne)
  11. Mohammed Hassen, Conquest, Tyranny, and Ethnocide against the Oromo: A Historical Assessment of Human Rights Conditions in Ethiopia, ca. 1880s–2002 , Northeast African Studies Volume 9, Number 3, 2002 (New Series)
  12. Arne Perras, Carl Peters and German Imperialism 1856-1918: A Political Biography, Oxford University Press, , 154–157 p. (ISBN 978-0-19-926510-7, lire en ligne)
  13. (en) Günther Schlee, « Who are the Orma? The problem of their identification in a wider Oromo framework », in Working Paper no 170, Bielefeld University, Sociology of Development Research Centre, 1992
  14. Source RAMEAU, BnF [2]
  15. Tesema Ta'a, The Political Economy of an African Society in Transformation: the Case of Macca Oromo (Ethiopia), Otto Harrassowitz Verlag, , 17–19 with footnotes p. (ISBN 978-3-447-05419-5, lire en ligne)
  16. Herbert S. Lewis, « The Origins of the Galla and somali », Cambridge University Press, vol. 7, no 1,‎ , p. 27–46 (DOI 10.1017/s0021853700006058)
  17. Patrick Gikes, « Wars in the Horn of Africa and the dismantling of the Somali State », University of Lisbon, vol. 2,‎ , p. 89–102 (lire en ligne)
  18. a, b et c Recensement de 1994 sur le site de la CIA.
  19. (en) Ethiopia. Population and Housing Census 2007 Report, National, p. 73, téléchargeable [3]
  20. (en) Fiche langue (code «orm») dans la base de données linguistique Ethnologue.
  21. Lewis [1966].
  22. Mohamed Hassen [1994], chapitre 1. Lewis [1966] signale que, selon d’Almeida, ils arrivent dans le Bale en 1537.
  23. a et b «During the pastoral Oromo migration to and the settlement in the Gibe region, the indigenous people were mainly absorbed and assimilated, and in the process the Oromo population expanded rapidly», Mohamed Hassen [1994], p. 196.
  24. «Des centaines de morts dans des violences interethniques en Éthiopie», Le Monde, 25/9/2017.
  25. «Éthiopie. Les violences interethniques ont fait des centaines de morts», Ouest France, 25/9/2017.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Azais (P.), Chambard (R.), « Folklore Oromo », Revue d’ethnographie, no 22, 1925, p. 124-135.
  • (en) Baxter (Paul), Hultin (Jan), Triulzi (Alessandro), éd. Being and Becoming Oromo. Historical and Anthropological Enquiries, Uppsala, 1996, 311 p.
  • Borelli (Jules), Éthiopie méridionale journal de mon voyage aux pays Amhara, Oromo et Sidama, septembre 1885 à novembre 1888, Ancienne maison Quantin, libr.-impr. réunies, 1890, voir en ligne sur Gallica.
  • Gascon (Alain), « Comment peut-on être Oromo ? », Bulletin des études africaines, 1988, vol. 8, no 16, p. 109-124.
  • (en) Lewis (Herbert S.) [1966], «The Origins of the Galla and Somali», The Journal of African History, vol. VII, no 1, p. 27-46, voir en ligne.
  • Martial de Salviac (P.), Un peuple antique au pays de Ménélik. Les Galla (dits d’origine gauloise), grande nation africaine, H. Oudin, Paris, sans date (ca 1901).
  • (en) Mohamed Hassen, The Oromo of Ethiopia, A History 1570-1860, New Jersey, Red Sea Press, 1994 (1re éd. 1990, Cambridge UP), XVIII + 253 p.
  • Osmond (Thomas), Possession, identités et nationalismes oromo : le cas des dignitaires religieux Qaalluu en Éthiopie, thèse d'anthropologie de l'université de Provence, 2004, 506 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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