Racisme en Afrique

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Le racisme en Afrique touche les populations minoritaires, le plus souvent noires, y compris de manière contemporaine. En Afrique du Sud, le racisme a été institutionnalisé par l'apartheid. Selon les pays, le racisme s'exerce, sous la forme de discriminations ou de crimes, à l'encontre de différentes ethnies.

Dans l'Histoire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Traites négrières et Apartheid.

Pour l'historien tunisien Salah Trabelsi, maître de conférences en histoire et civilisation à l’Université Lumière-Lyon-II, l’islam s’est imposé au Maghreb dans un mépris des Berbères, parfois justifié par de faux hadîths qui ont suscité une négrophobie doctrinale, agrémentée d’une haine de soi, dans la culture arabe[1]. Hormis de la mouvance kharidjite, branche issue du premier schisme de l’islam, « la noirceur de peau a toujours constitué, selon la plupart des exégètes musulmans, un défaut inacceptable et ce au même titre que tous les autres vices rédhibitoires pour accéder au pouvoir suprême[1] ».

De manière contemporaine[modifier | modifier le code]

En Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

En Algérie[modifier | modifier le code]

En 2017, le pays abrite 100 000 migrants subsahariens qui y restent de quelques mois à quelques années, avant de tenter de rejoindre l’Europe[2]. Sans statut légal, ils occupent des emplois précaires[3]. En octobre 2015, le viol collectif d'une migrante camerounaise à Oran avait fait scandale en raison du crime, mais aussi des difficultés pour elle à se faire soigner et à porter plainte. En mars 2016, le meurtre d’un Algérien poignardé par un migrant nigérien entraîne une chasse aux migrants[2]. Début 2019, le quotidien français Le Monde publie une enquête sur les arrestations arbitraires de sans-papiers noirs et leur expulsion à la frontière nigérienne[3]. Parmi les expulsés figurent également des réfugiés en règle et des voyageurs en transit en Algérie, arrêtés sur la base de contrôles au faciès[3]. Durant l'été 2017, l'homme d'État algérien Ahmed Ouyahia avait déclaré « les étrangers en situation irrégulière amènent le crime, la drogue et plusieurs autres fléaux »[3].

Originaire d’Adrar, au sud du pays, la Miss Algérie 2019, Khadidja Benhamou est l'objet de remarques racistes (mais aussi des milliers de messages de solidarité) en raison d'un peau foncée[4]. Miss Algérie 2013, Rym Amari, s’était vue reprocher d’avoir une beauté « trop européenne »[4]. La mannequin noire algérienne Amina Hamouine explique être régulièrement harcelée : « les insultes et les remarques désobligeantes sur ma couleur de peau sont régulières. Cela se produit dans la rue, alors que je me promène avec mes parents, mais aussi lorsque les photos de mes shooting sont publiées »[4].

En Libye[modifier | modifier le code]

En novembre 2017, un reportage de CNN met en lumière la traite des migrants et l'esclavage des noirs en Libye.

Au Maroc[modifier | modifier le code]

Des actes racistes ou discriminatoires ne sont pas rares. En 2014, trois migrants sont tués à Boukhalef[2].

En Ouganda[modifier | modifier le code]

Après l'arrivée de plusieurs dizaines de milliers de commerçants chinois, leur essor économique attise des sentiments xénophobes chez les autochtones. En 2017, une manifestation est organisée dans la capitale pour demander aux Chinois de quitter le pays[5].

En Mauritanie[modifier | modifier le code]

Le racisme ne vise pas les migrants mais une partie des citoyens mauritaniens, héritage d'une situation où les Maures blancs concentrent la majorité des pouvoirs au détriment des Haratine, descendants d’esclaves, et des Négro-Africains. Si l'esclavage a été interdit en 1981 et celle-ci inscrite dans la Constitution en 2012, la pratique reste courante[2].

En Tunisie[modifier | modifier le code]

Si la Tunisie a aboli l’esclavage dès 1846[1], l'image des Noirs dans le pays reste celle d'une population asservie et le racisme à leur encontre subsiste. Ainsi le , une jeune Ivoirienne échappe in extremis à une tentative d’égorgement à Tunis. Le même mois, deux étudiantes congolaises sont poignardées en plein centre-ville. En 2017, un douanier tunisien noir, en vacances dans l'est du pays est agressé par un serveur qui refuse de le servir à cause de la couleur de sa peau. En décembre 2018, un Ivoirien père de deux enfants, est poignardé à mort à Tunis[6], deux mois après l'adoption d’une loi pénalisant le racisme dans le pays par des peines pouvant aller jusque trois ans de prison[7]. Les Noirs tunisiens, représentent environ 15 % de la population et descendants d’esclaves pour l’essentiel[7].

Au Zimbabwe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Racisme au Zimbabwe.

Sous le régime de Robert Mugabe, des discriminations sont constatées contre la communauté blanche du pays[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Salah Trabelsi, « Racisme anti-noir : « Comment le Maghreb en est-il venu à rejeter son africanité ? » », sur lemonde.fr, (consulté le 7 mars 2019)
  2. a b c et d Charlotte Bozonnet, « Au Maghreb, le racisme anti-Noirs persiste », sur lemonde.fr, (consulté le 6 janvier 2019)
  3. a b c et d Julie Pascual, « Au Niger, les refoulés d’Algérie racontent la « chasse à l’homme noir » », sur lemonde.fr, (consulté le 13 janvier 2019)
  4. a b et c Zahra Chenaoui, « Miss Algérie 2019 face au racisme et au sexisme », sur lemonde.fr, (consulté le 13 janvier 2019)
  5. Armel Gilbert Bukeyeneza, « En Ouganda, la colère des petits marchands face à « l’invasion » des Chinois », sur lemonde.fr, (consulté le 6 janvier 2019)
  6. Saadia Mosba, « Racisme : « La Tunisie doit proclamer son africanité ! » », sur lemonde.fr, (consulté le 6 janvier 2019)
  7. a et b Frédéric Bobin, « Loi pénalisant le racisme en Tunisie : une première victoire pour la minorité noire », sur lemonde.fr, (consulté le 6 janvier 2019)
  8. « Zimbabwe has its racists too: iLIVE », Times LIVE, (consulté le 31 juillet 2012)
  9. « We will not tolerate racism, except in Zimbabwe », Telegraph (consulté le 31 juillet 2012)

Liens internes[modifier | modifier le code]