Chenopodium album

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Chénopode blanc)
Aller à : navigation, rechercher

Le Chénopode blanc (Chenopodium album L.), ou Ansérine blanche, est une espèce de plantes annuelles de la famille des Amaranthaceae. Très présente dans les lieux cultivés, elle est originaire d'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, et naturalisée dans d'autres régions[1]. C'est souvent une des premières plantes à coloniser les sols fraichement travaillés. La plante doit son nom à ses feuilles en forme de patte d'oie d'un vert blanchâtre.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

C'est une plante dressée mesurant de 30 à 200 cm de haut. Sa tige érigée, dure, ramifiée est souvent striée de rouge. Ses racines traçantes et superficielles s'étalent en étoile plus d'un mètre autour de la tige.

Ses feuilles sont plus longues que larges, ovées-rhomboïdes ou lancéolées, rétrécies à la base, farineuses inférieurement.

De juin à octobre fleurissent de petites fleurs vertes, blanchâtres, voire légèrement rougeâtres [2-3 mm] en épis denses qui donnent ensuite naissance à de petits fruits, des akènes noirs et luisants. Très prolifique, chaque pied peut produire jusqu’à 100 000 graines de très petite taille.

L'ensemble de la plante est pruineux à fortement farineux, laissant une texture sableuse sur les doigts. Cette plante en C4 pousse en abondance dans les sols gorgés d'azote des terres en grandes cultures ou sur les tas de fumier ou de compost.

Confusions possibles[modifier | modifier le code]

L'espèce peut être confondue avec le Chénopode hybride (Chenopodium hybridum) et le Chénopode rouge (chenopodium rubrum), deux autres chénopodes qui partagent les caractéristiques du Chénopode blanc. L'épazote (chenopodium ambrosioides ou Herba sancti mariae) présente un évident degré de toxicité, en particulier au niveau des graines et de l’huile qui en est tirée. Il est reconnaissable grâce à son odeur de citronnelle que n’ont pas les autres chénopodes.

Il se distingue des arroches en ce que seulement les 2 ou 4 premières feuilles sont disposées par paires opposées, et de la plupart des autres mauvaises herbes par ses feuilles triangulaires-larges à dents irrégulières et peu profondes.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Riz avec curry de feuilles de chénopode blanc, oignons et pommes de terre

On peut consommer les feuilles et les extrémités des tiges, cuites comme celles de ses proches cousins, les épinards. Si la plante porte des graines, les enlever avant consommation. Les jeunes tiges sont à consommer comme des asperges. Les feuilles sont très riches en protéines, en vitamines A et C, ainsi qu'en calcium. 11600 UI/100g de vit. A.

On récolte le Chénopode blanc sous forme de pousse, après le deuxième nœud et ensuite, on récolte les ramifications avant qu'elles ne soient matures, jusqu'au milieu de l'été ou parfois plus tard. La texture farineuse rend désagréable la consommation du feuillage cru (déconseillé en raison de la saponine, des nitrates et de l'acide oxalique contenu dans la plante), même après un lavage à grande eau. Après cuisson, la saponine disparait mais des oxalates apparaissent. Les malades rénaux, hépatiques, arthritiques ou lithiasiques devront donc s'en méfier. Le chénopode blanc se congèle très bien juste blanchi.

Un colorant vert est obtenu à partir des jeunes pousses. Les racines fraîches écrasées donnent un substitut de savon doux.

La plante répond directement à la teneur en magnésium et en azote du sol de sorte qu'elle peut être utilisée comme bio-indicateur de ces éléments.

Les graines de Chénopode peuvent aussi être cuites en gruau de céréales ou moulues en farine, mais faire attention à l'usage des herbicides qui ont tendance à s'accumuler dans les graines.

Mauvaise herbe[modifier | modifier le code]

Jeune plante

Le chénopode blanc est l'une des « mauvaises herbes » parmi les plus répandues, responsable de pertes économiques importantes dans l'agriculture dans le monde entier. Cette plante rudérale non spécialisée se rencontre dans toutes les zones habitées du monde, sur tous types de sols et sur une large gamme de valeurs de pH, aussi bien dans les grandes cultures, les vergers que les jardins potagers, ainsi que dans les friches au sol riche en nutriments, près des habitations, le long des routes, etc[8],[9].

Cette plante a été classée parmi les pires mauvaises herbes du monde[10] . Cela s'explique par ses caractéristiques biologiques : sa répartition cosmopolite, sa capacité à coloniser de nouveaux habitats et à produire de grandes quantités de graines dont la viabilité s'étend sur plusieurs années, son potentiel allélopathique, ainsi que par l'évolution de biotypes résistants aux herbicides[9].

Méthodes de lutte[modifier | modifier le code]

Diverses méthodes sont utilisées : recours à des semences propres, rotation culturale faisant alterner céréales d'hiver, plantes sarclées et prairies permanentes[8]. On a signalé divers cas de résistances à des herbicides dans différents pays d'Europe ainsi qu'en Amérique du Nord et en Nouvelle-Zélande[11].

Classification[modifier | modifier le code]

Cette espèce a été décrite pour la première fois en 1753 par le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778).

Chenopodium album est classée dans la famille des Chenopodiaceae selon la classification classique, ou des Amaranthaceae selon la classification phylogénétique APG III.

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

Selon The Plant List (27 septembre 2015)[12] :

  • sous-espèce Chenopodium album subsp. iranicum Aellen
  • variété Chenopodium album var. reticulatum (Aellen) Uotila

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Germplasm Resources Information Network (GRIN): espèce Chenopodium album L. (en).
  2. GRIN, consulté le 27 septembre 2015
  3. Meyer C., ed. sc., 2015, Dictionnaire des Sciences Animales (En ligne). Montpellier, France, Cirad. [12/05/2015].
  4. a et b Nom en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
  5. a, b, c, d et e Tela Botanica (France métro), consulté le 27 septembre 2015
  6. a, b, c et d Nom en français d'après la fiche de cette espèce dans Brouillet et al. 2010+. VASCAN (Base de données des plantes vasculaires du Canada) de Canadensys.
  7. Nom en français d'après l'Inventaire National du Patrimoine Naturel, sur le site Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)
  8. a et b (en) « Chenopodium album L. - Common lamb's-quarters », sur AgroAtlas (consulté le 5 juillet 2015).
  9. a et b (en) « fat hen (Chenopodium album) », sur Plantwise Knowledge Bank (consulté le 23 février 2016).
  10. (en) Sigurd Håkansson, Weeds and Weed Management on Arable Land: An Ecological Approach, CABI, , 288 p. (ISBN 9780851998008), p. 44-46.
  11. (en) « Herbicide Resistant Common Lambsquarters Globally - (Chenopodium album) », International Survey of Herbicide Resistant Weeds (consulté le 5 juillet 2015).
  12. The Plant List, consulté le 27 septembre 2015

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :