Éleusine

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Eleusine coracana

L'éleusine est une espèce de plantes monocotylédones de la famille des Poaceae (graminées).

C'est une plante herbacée annuelle cultivée comme céréale secondaire pour ses graines comestibles. Elle est l'objet d'une culture vivrière en Afrique centrale et orientale. C'est également une mauvaise herbe des cultures, notamment en Afrique australe et en Amérique du Nord.

Nom scientifique : Eleusine coracana (L.) Gaertn., famille des poacées, sous-famille des Chloridoideae, tribu des Eragrostideae.

Noms communs : éleusine, coracan, mil rouge, mil africain, ragi (Inde). de : Korakan, en : finger millet, coracan millet, es : coracán, mijo africano, it : coracano.

Description[modifier | modifier le code]

Graines.

L'éleusine est une plante herbacée annuelle qui pousse en touffes denses, aux tiges dressées qui peuvent atteindre de 60 à 200 cm de haut.

Les tiges sont comprimées et entourées par les gaines foliaires velues. La ligule (appendice séparant la gaine du limbe de la feuille) est formée d'une frange de poils courts. Le limbe, qui peut atteindre 60 cm de long, est replié vers le haut le long de la nervure médiane.

L'inflorescence est une panicule à ramification digitée constituée de 4 à 7 épis denses de 5 à 15 cm de long. Les épillets fertiles sont sessiles et comprennent de 3 à 9 fleurs fertiles. Les glumes supérieures et inférieures (bractées entourant les fleurs) sont inégales, la glume inférieure, longue de 2 à 5 mm, compte de 1 à 3 nervures. La glume supérieure, longue de 3,5 mm, compte de 5 à 7 nervures. La lemme (bractée extérieure entourant la fleur dans un épillet) des fleurs fertiles mesure 4 mm de long et a une forme lancéolée, aiguë à l'extrémité et compte trois nervures. Les fleurs stériles ressemblent aux fleurs fertiles, mais sont incomplètement développées. Les fleurs présentent deux lodicules cunéiformes charnues à la base des étamines[1].

Les fruits (ou « graines ») sont des caryopses ovoïdes de 1,5 à 2,5 mm de long, de couleur brun foncé, libres à maturité (glumes non adhérentes)[1].

Il existe deux grands types d'éleusine :

  1. le type africain des montagnes, à épis plus longs et à caryopses enveloppés dans de grandes glumes ;
  2. le type afro-asiatique, à épis plus courts et plus épais, et à caryopses nus à maturité (glumes courtes).

Distribution[modifier | modifier le code]

L'origine de cette espèce semble se situer en Ouganda.
Elle a été introduite en Inde dès l'époque pré-aryenne, il y a plus de 3 000 ans. On a longtemps cru qu'elle était originaire de l'Inde, où existe une espèce voisine, l'éleusine des Indes (Eleusine indica) non cultivée. L'éleusine était connue en Égypte avant l'ère chrétienne et fut introduite en Europe par les Romains, mais sa culture y est toujours restée très limitée.

Aujourd'hui cette espèce est cultivée dans toutes les zones semi-arides d'Afrique et du sous-continent indien. Elle s'adapte en montagne à des altitudes assez élevées (jusqu'à 2 000 m).

Utilisation[modifier | modifier le code]

Éleusine du Burundi
  • Alimentation humaine : c'est une céréale importante dans certaines régions d'Afrique, notamment en Ouganda, en Zambie ou au Tchad, et également en Inde.

Elle se consomme sous diverses formes après avoir été réduite en farines : bouillies, galettes… Après germination, sert aussi à fabriquer une bière,

  • Alimentation animale : graines et fourrage.

Résistances aux désherbants[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1980, un variant mutant de cette espèce a été testé résistant à plusieurs herbicides[2].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

L'espèce Eleusine coracana fut décrite en premier par le botaniste allemand Joseph Gaertner et publiée en 1788 dans son traité de botanique, De Fructibus et Seminibus Plantarum[3].

Synonymes[modifier | modifier le code]

Selon Catalogue of Life (5janvier 2016)[4] :

  • Cynodon coracanus Raspail,
  • Cynosurus coracanus L.,
  • Eleusine cerealis Salisb., nom. superfl.,
  • Eleusine coracana var. stricta (Roxb.) Nees,
  • Eleusine coracana var. tocussa (Fresen.) Franch.,
  • Eleusine dagussa Schimp.,
  • Eleusine indica var. coracana (L.) Fiori,
  • Eleusine indica subsp. coracana (L.) Lye,
  • Eleusine indica var. stricta (Roxb.) Chiov.,
  • Eleusine luco Welw., nom. nud.,
  • Eleusine ovalis Ehrenb. ex Sweet, nom. nud.,
  • Eleusine pilosa Gilli,
  • Eleusine reniformis Divak.,
  • Eleusine rigida Spreng.,
  • Eleusine sphaerosperma Stokes, nom. superfl.,
  • Eleusine stricta Roxb.,
  • Eleusine tocussa Fresen.,
  • Eleusine tocussa' var. erytroleuca Chiov.,
  • Eleusine tocussa var. erytromelana Chiov.,
  • Eleusine tocussa var. flavocarpa Chiov.,
  • Eleusine tocussa var. leucocarpa Chiov.,
  • Eleusine tocussa var. melanocarpa Chiov.,
  • Eleusine tocussa var. olivacea Chiov.

Liste des sous-espèces et variétés[modifier | modifier le code]

Il existe deux sous-espèces d'éleusine, une forme sauvage, Eleusine coracana subsp. africana, qui ressemble à l'éleusine des Indes (Eleusine indica) avec laquelle elle peut être confondue (mais cette dernière a des épillets plus petits et des grains de forme oblongue et non pas arrondie), et une forme cultivée, Eleusine coracana subsp. coracana qui dérive de la forme sauvage[5].

Selon NCBI (5 janvier 2016)[6] :

  • sous-espèce Eleusine coracana subsp. africana
  • sous-espèce Eleusine coracana subsp. coracana

Selon Tropicos (5 janvier 2016)[7] (Attention liste brute contenant possiblement des synonymes) :

  • sous-espèce Eleusine coracana subsp. africana (Kenn.-O'Byrne) Hilu & de Wet
  • sous-espèce Eleusine coracana subsp. coracana
  • variété Eleusine coracana var. alba Körn.
  • variété Eleusine coracana var. atra Körn.
  • variété Eleusine coracana var. coracana
  • variété Eleusine coracana var. fusca Körn.
  • variété Eleusine coracana var. stricta (Roxb.) Nees
  • variété Eleusine coracana var. tocussa (Fresen.) Franch.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Eleusine coracana (finger millet) », Jardins botaniques royaux de Kew (consulté le 5 janvier 2014).
  2. (en) Kevin C. Vaughn, M. David Marks & Donald P. Weeks, « A Dinitroaniline-Resistant Mutant of Eleusine indica Exhibits Cross-Resistance and Supersensitivity to Antimicrotubule Herbicides and Drugs », Plant Physiology, American Society of Plant Biologists, vol. 83,‎ , p. 956-964 (résumé).
  3. « Eleusine coracana (L.) Gaertn. », sur Tropicos.org. Missouri Botanical Garden (consulté le 5 janvier 2016).
  4. Catalogue of Life, consulté le 5janvier 2016
  5. (en) « Eleusine coracana (L.) Gaertn. », FAO (consulté le 5 janvier 2016).
  6. NCBI, consulté le 5 janvier 2016
  7. Tropicos, consulté le 5 janvier 2016

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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