Triticale

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Le triticale est une plante annuelle de la famille des Poaceae (graminées). C'est un hybride artificiel (amphiploïde) entre le blé (dur ou tendre) et le seigle dont la culture s'est développée depuis les années 1960. Il est cultivé surtout comme céréale fourragère.

Nom scientifique : ×Triticosecale Wittm. ex A. Camus (synonyme : ×Triticale Tscherm.-Seys. ex Müntzing) , famille des Poaceae, sous-famille des Pooideae, tribu des Triticeae.

Le nom « triticale » combine les noms latins de genre du blé (Triticum) et du seigle (Secale).

Description[modifier | modifier le code]

Épis de triticale
Épi de triticale.jpg

Le premier croisement du blé tendre et du seigle remonte à 1876 : l'Écossais A.S Wilson réalisa les premiers hybrides qui ne purent être utilisés plus loin car ils étaient stériles[2]. La première variété fertile de triticale a été produite pour la première fois en 1888 par l'Allemand Wilhelm Rimpau. En France, la première variété (Clercal, Obtention INRA) n'a été inscrite au catalogue officiel des variétés qu'en 1983.

D'obtention relativement récente, le triticale est une céréale secondaire, mais dont les surfaces cultivées augmentent régulièrement, surtout sur le continent européen. L'Union européenne concentre ainsi près des 3/4 de la production mondiale (la Pologne en est le 1er producteur mondial, suivie par l'Allemagne et la France) mais la Biélorussie, la Chine et, dans une moindre mesure, l'Australie, en sont aussi d'importants pays producteurs. En France, ses zones de culture principales sont la Bretagne et le Massif central.

Cette plante offre l'avantage de combiner les caractéristiques de productivité du blé (dans l'absolu, son potentiel de rendement atteint les 100 quintaux par hectare) et la rusticité du seigle (résistance au froid intermédiaire entre celle du blé et du seigle, résistance aux maladies et aux adventices, adaptation aux sols humides et à tendance acide)[3], ce qui en fait une céréale prisée pour l'agriculture biologique. Ses défauts résident surtout dans une difficulté pour le moissonnage avec les moyens mécaniques actuels, dans une tendance à la germination sur pied en cas de précipitations en période de maturation ainsi qu'un risque d'échaudage si au contraire cette période est très chaude en raison de son cycle de végétation plus long. Finalement, le rendement réel oscille entre 40 et 60 quintaux par hectare selon les années et les lieux de production.

Le triticale a une valeur énergétique comparable à celle du blé. Sa teneur en protéines est plus faible mais sa teneur en lysine supérieure. Contrairement au cas du seigle, sa farine, moins riche en gluten, n'est pas panifiable sans adjonction de farine de blé. Il est particulièrement riche en oligo-éléments notamment le magnésium et le manganèse [4]

Atouts[modifier | modifier le code]

Le triticale dispose d'une surprenante adaptation aux différents modes culturaux dans de nombreuses régions de France ou d'Europe.

  • Sa rusticité permet de le maintenir dans des conduites "bio" ou de "bas-intrants", limitant ainsi l'impact des intrants (pesticides, fertilisation...).
  • Sa bonne productivité, sa richesse en protéine et sa bonne production de paille en font une espèce intéressante pour les exploitations polycultures-élevages.

Débouchés[modifier | modifier le code]

Le triticale est fréquemment autoconsommé sur les exploitations et son utilisation première est pour l'alimentation animale:

  • Alimentation dans les élevages porcins.
  • Alimentation dans les élevages avicoles.

Mais il bénéficie d'autres débouchés:

  • Source de fibres et de biomasse brute pour la production de biogaz.
  • Production de produits chimiques.
  • Production de carburants basés sur la chimie des sucres simples.
  • Fabrication de biomatériaux comme les composites renforcés de fibres naturelles ou les polymères thermoplastiques à base d'amidon.

Le triticale cumule des propriétés rhéologiques, du blé tendre et du seigle, sans toutefois les égaler.

Il est en conséquence, possible de le panifier, le brasser ou le distiller.

Concernant la panification, la farine de triticale ne peut-être que partielle, sa faible teneur en gluten ne lui permet que de venir compléter une farine de blé.

Création[modifier | modifier le code]

Création d'un triticale.jpg
  • 1ère étape : introduction de gènes de compatibilité pour les croisements interspécifiques dans le blé tendre (gènes kr1, kr2, Skr - localisation sur les chromosomes 5A et 5B). Il y a en effet une incompatibilité entre le génome D du blé tendre et le génome R du seigle.
  • 2ème étape : croisement d’une variété de blé tendre compatible avec une variété de seigle (Blé: ABD/ ABD x Seigle: R/R = ABDR). ou croisement d'une variété de blé dur avec une variété de seigle (Blé dur: AB/AB x seigle: R/R = ABR/ABR)
  • 3ème étape : doublement du matériel génétique à la colchicine afin d'obtenir un triticale primaire octoploïde (ABDR/ABDR).
  • 4ème étape : croisement du triticale primaire octoploïde avec un triticale élite hexaploïde. (ABDR/ABDR x ABR/ABR = ABR/ABR) qui permet l'élimination du génome D du Blé.

Variétés[modifier | modifier le code]

Plus de 40 variétés sont inscrites au Catalogue officiel des espèces et variétés[5] crées par 12 entreprises de sélection (AgriObtention, Ragt, Florimond Desprez[6]...) et plus de 300 sont inscrites au Catalogue européen [7].

Quelques variétés cultivées :

  • classiques : Agostino, Agrilac, Bellac, Bienvenu, Gerschwin, Kereon, Magistral, Maximal, Melenac, Orval, Remiko, Rénovac, Rotégo, Tribeca, Triskell,...
  • hybride : Hyt prime, Rgt Keac

Quelques variétés du catalogue Français en 2015

Limagrain Agostino 2009
Limagrain Agrilac 2005
Lemaire Deffontaines Anagram 2015
RAGT Bellac 2001
Lemaire Deffontaines Bienvenu 2002
Lemaire Deffontaines Bikini 2015
Saaten Union Bilbao 2003
Adrien Momont et Fils Cedrico 2015
Lemaire Deffontaine Constant 2008
AUT Cyrkon 2010 (POL)
Adrien Momont et Fils Dometica 2015
Sem Partners Dublet 2008
Caussade Elicsir 2015
Lemaire Deffontaines Exagon 2013 (IT)
AgriObtention Grandval 2005
Unisigma Hyt Prime (Hyb) 2011
Lemaire Deffontaine Jokari 2014 (IT)
Adrien Momont et Fils Kaulos 2012
Florimond Desprez Kereon 2010
Sem Partners Kortego 2001
Adrien Momont et Fils Kws Fido 2013
Sem Partners Massimo 2006
AgriObtention Matinal 2003
RAGT Orleac 2014 (GB)
AgriObtention Orval 2010
Florimond Desprez Quatrevents 2011
RAGT Ragtac 2007
RAGT Rgt Eleac 2015
RAGT Rgt Keac (Hyb) 2015
RAGT Rgt Ruminac 2015
Sem Partners Rotego 1998
RAGT Seconzac 2007
Caussade Securo 2013 (DE)
Limagrain Sw Talentro 2004
RAGT Tarzan 2009
Adrien Momont et Fils Tradiro 2014 (GB)
AgriObtention Trefl 2014
RAGT Tremplin 2003
Florimond Desprez Tribeca 2008
Lemaire Deffontaines Tricanto 2012 (AT)
Adrien Momont et Fils Trimmer 2008
Florimond Desprez Triskell 2005
Caussade Trismart 2007 (PL)
Saaten Union Tulus 2008 (AT)
Sem Partners Vuka 2009 (DE)
  • Hyb= Hybride

Production[modifier | modifier le code]

Production en tonnes. Chiffres 2013[8]
Données de FAOSTAT (FAO)

Drapeau de la Pologne Pologne 4 273 027 29 %
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 2 609 000 18 %
Drapeau de la France France 2 031 988 14 %
Drapeau de la Biélorussie Biélorussie 1 272 709 9 %
Drapeau de la Russie Fédération de Russie 581 542 4 %
Drapeau de la Hongrie Hongrie 458 530 3 %
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 455 000 3 %
Drapeau de la Lituanie Lituanie 451 100 3 %
Drapeau de l'Espagne Espagne 393 700 3 %
Drapeau de la Roumanie Roumanie 245 027 2 %
Drapeau de l'Autriche Autriche 224 141 2 %
Drapeau de la République tchèque République tchèque 214 207 1 %
Autres pays 1 330 448 9 %
Monde Monde 14 540 419 100 %

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tropicos, consulté le 17 juillet 2016
  2. Histoire et amélioration de cinquante plantes cultivées (Doré C. et Varoquaux F., 2006)
  3. Fiche technique : Le Triticale, site de la chambre d'agriculture de Franche-Comté, 2012
  4. table de composition des aliments http://www.sfk-online.net/cgi-bin/sfkreport.mysql?sid=2531134114634250214245253121116878104&language=english&query=K0107
  5. Catalogue français des espèces et variétés , sur le site du GNIS
  6. Florimond Desprez , sur le site du groupe Florimond Desprez
  7. [1] Plant variety database European commission
  8. « FAOSTAT », sur faostat3.fao.org (consulté le 13 octobre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Bastergue, Michel Bernard, Annaig Bouguennec, Yvonne Cauderon, Louis Jestin, Jean-Paul Le Goff et Philippe Lonnet, « Le triticale », dans Claire Doré, Fabrice Varoquaux (coordinateurs), Histoire et amélioration de cinquante plantes cultivées, Éditions Quæ, coll. « Savoir faire », , 812 p. (ISBN 9782738012159), p. 737-745.
  • (en) National Research Council, Triticale: A Promising Addition to the World's Cereal Grains, The Minerva Group, Inc., , 116 p. (ISBN 9780894991790).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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