Bernard Boucault

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Bernard Boucault, né le à Blois dans le Loir-et-Cher, est un haut fonctionnaire français, qui a exercé plusieurs fois la charge de préfet et occupé le poste de directeur de l'École nationale d'administration. Il a été préfet de police de Paris du 31 mai 2012 au 9 juillet 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études au lycée Augustin-Thierry de Blois, Bernard Boucault est licencié en droit. Il est ensuite titulaire d'un D.E.S en droit public, d’un diplôme de l'Institut d'études politiques de Bordeaux, puis intègre l'École nationale d'administration (promotion Léon-Blum, 1973-1975)[1].

Au sein de la préfectorale, il a été notamment sous-préfet, directeur du cabinet du préfet du Var en septembre 1975, directeur du cabinet du préfet de la région Bretagne, préfet d'Ille-et-Vilaine en juin 1977, secrétaire général de la Haute-Saône en août 1978[1].

Puis il est devenu directeur adjoint des stages à l’ENA en novembre 1980[1]. En 1981, la gauche s’empare du pouvoir. En septembre 1983, Jacques Delors, alors ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, fait appel à ses services comme chef de cabinet. En 1984, il devient conseiller technique au cabinet du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Pierre Joxe. Et en janvier 1986, il repart dans la préfectorale comme sous-préfet hors classe et secrétaire général de la préfecture des Alpes-Maritimes[1].

En 1988, il devient préfet de la Haute-Corse à Bastia. En 1989, il fait l’objet d'une tentative d’enlèvement dans les locaux de la préfecture. Pierre Joxe salue son comportement en ces circonstances et le nomme, en 1990, directeur adjoint de son cabinet au ministère de l’Intérieur. Il est, par la suite, nommé préfet de la région Pays de la Loire, à Nantes. Il y côtoie Jean-Marc Ayrault[2]. Les deux hommes s'apprécient[3].

Il occupe le poste de directeur de l’ENA de 2007[4] à 2012.

Bernard Boucault est ensuite nommé au poste de préfet de police de Paris en Conseil des ministres par François Hollande (décret du 31 mai 2012[5]) ; il fut « installé » par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls le 26 juin 2012[6],[7],[8],[9].

Il a été critiqué par les opposants au « mariage pour tous » et les partis de droite, lors de sa gestion des manifestations contre le projet de loi au printemps 2013[10]. Le Défenseur des droits a jugé l'action du gouvernement, du ministère de l'Intérieur et du préfet disproportionnée « la mesure était manifestement disproportionnée, au regard de sa durée et du risque quasi inexistant de trouble que les manifestantes étaient susceptibles de causer à l'ordre public »[11].

Le 13 mai 2013, lors de la soirée célébrant le titre de champion de France du Paris-Saint-Germain (PSG), la préfecture de Police de Paris n’avait pas anticipé les violences et saccages d’une partie des individus venus en masse pour fêter l’événement. Les incidents survenus place du Trocadéro, ne sont pas les premiers à impliquer certains supporteurs se réclamant du PSG[12]. Il lui a été reproché d'avoir mis en place un dispositif policier trop peu important au regard des débordements qui ont été observés[13],[14]. La préfecture de police a indiqué avoir mis en place un dispositif conséquent composé d’effectifs locaux et de 7 forces mobiles et tenant compte des risques estimés et des informations fournies par les organisateurs. Le dispositif a rapidement été renforcé par 27 équipages BAC civils de l’agglomération parisienne[15].

Le 9 septembre 2014, il est agressé au pied du Sacré-Cœur[16].

Le 14 juillet 2015, la presse annonce que Benard Boucault est mêlé à une affaire de trafic d'influence. Il aurait donné satisfaction à des demandes de Jo Masanet, « figure de la gauche policière » qui se faisait payer pour obtenir la régularisation d'étrangers en séjour illégal[17].

Bernard Boucault a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 18 juillet 2015 [18]. Il est remplacé par Michel Cadot[19].

En janvier 2016, le Canard enchaîné révèle que des agents du ministère de l'Intérieur auraient été mandatés pour faire retirer des mentions de sa biographie dans wikipédia pour son attitude lors de la Manif pour tous. Le journal satirique affirme les éléments suivants dans ses colonnes : « En 2013 déjà, un poulet avait tenté à six reprises, en l'espace d'une demi-heure, de modifier la fiche du préfet de police de l'époque, Bernard Boucault, afin d'effacer la trace de ses démêlés avec les opposants au mariage pour tous. Cet épisode avait alors valu au ministère d'être temporairement interdit de Wikipedia »[20].

Préfet[modifier | modifier le code]

Principaux postes comme préfet :

ENA[modifier | modifier le code]

  • 1er janvier 1973 : Élève de l’ENA (promotion Léon Blum sortie en 1975).
  • 2 août 2007 au 30 mai 2012 : Directeur de l'ENA[22].

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Bernard Boucault a été nommé préfet de la région Midi-Pyrénées, préfet de la Haute-Garonne », Le Monde,‎
  2. Béatrice Jérôme, « Bernard Boucault, un « haut fonctionnaire de gauche » préfet de police », Le Monde,‎
  3. Philippe Dossal, « Bernard Boucault en meneur de jeu », Le Point,‎ (lire en ligne)
  4. Décret du 2 août 2007, JORF no 178 du 3 août 2007, texte no 61, NOR PRMX0710793D.
  5. « Décret du 31 mai 2012 portant nomination du préfet de police de Paris (hors classe) - M. Boucault (Bernard) », JORF n° 0126 du 1er juin 2012. Page de Légifrance consultée le 17 mai 2013.
  6. « Installation de M. Bernard Boucault, préfet de police », Préfecture de police - 26 juin 2012 - Allocution de M. Manuel Valls, ministre de l’Intérieur. Consulté le 17 mai 2013.
  7. « Prise de fonctions de Bernard Boucault, préfet de police de Paris » : « Mardi 26 juin 2012, Manuel Valls, ministre de l'intérieur, a assisté à la prise de fonctions de Bernard Boucault, nouveau préfet de police. », sur le site interieur.gouv.fr, Consulté le 17 mai 2013.
  8. [vidéo] : « Installation de Monsieur Bernard Boucault, Préfet de Police par Manuel Valls, ministre de l’Intérieur » , vidéo de 3 minutes 7 secondes, sur YouTube, Visionné le 17 mai 2013.
  9. [vidéo] : «  Cérémonie d'installation du Préfet de police Bernard Boucault par le Ministre de l'Intérieur Manuel Valls », vidéo de 8 minutes 26 secondes, sur YouTube, Visionné le 17 mai 2013.
  10. « Manif contre le mariage pour tous: Le préfet de police attaqué au Conseil de Paris », 20 minutes,‎ (lire en ligne)
  11. « Manif pour tous : le Défenseur des droits condamne les violences policières | Valeurs actuelles », sur www.valeursactuelles.com (consulté le 13 janvier 2016)
  12. Adrien Pécout, « Violences au PSG : retour sur les épisodes précédents », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  13. Jean-Marc Leclerc, « Le préfet de police de Paris sur la sellette », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  14. [radio]« Bourdin & co - Violences au Trocadéro / Polémique sur les moyens déployés et le lieu choisi », sur RMC, émission de Jean-Jacques Bourdin, (consulté le 18 mai 2013)
  15. [PDF]« Communiqué de presse sur l'incident de la place du Trocadéro », sur Préfecture de police, (consulté le 18 mai 2013)
  16. Paris : le préfet de police agressé
  17. Aziz Zemouri, « Des préfets dans la tourmente », Le Point, 14 juillet 2015, consultable en accès payant sur Internet.
  18. « Décret du 6 mai 2015 portant admission à la retraite d'un préfet - M. BOUCAULT (Bernard) », sur Legifrance,
  19. « Michel Cadot, nouveau préfet de police de Paris », leparisien.fr, (consulté le 12 juillet 2015)
  20. « Et là, Wikipedia bloque le ministère de l'Intérieur pour cause de "foutage de gueule" - Le Lab Europe 1 », sur lelab.europe1.fr (consulté le 14 janvier 2016)
  21. Laurent Borredon, « Valls remplace le trio de tête de la hiérarchie policière », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  22. Anciens directeurs de l'ENA, sur le site ena.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notice « Boucault, Bernard, Guy, Marie » (préfet, né en 1948), page 350 in Who’s Who in France : Dictionnaire biographique de personnalités françaises vivant en France et à l’étranger, et de personnalités étrangères résidant en France, 44e édition pour 2013 éditée en 2012, 2371 p., 31 cm (ISBN 978-2-85784-053-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]