Didier Lallement

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Didier Lallement
Portrait PP D Lallement-1.jpg
Didier Lallement en 2019.
Fonctions
Préfet de police de Paris
depuis le
Préfet de la Gironde
Nouvelle-Aquitaine
-
Pierre Dartout (d)
Conseiller maître à la Cour des comptes
-
Secrétaire général du ministère de l'Intérieur
-
Michel Bart (d)
Préfet du Calvados
Basse-Normandie
-
Préfet de Saône-et-Loire
-
Pierre-Henry Maccioni (en)
Anne Merloz (d)
Directeur de l'administration pénitentiaire
-
Martine Viallet (d)
Patrice Molle (d)
Préfet de l'Aisne
-
Gérard Moisselin (d)
Directeur général des collectivités locales
-
Michel Thénault (d)
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (63 ans)
LyonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Didier Jean-Jacques LallementVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Distinctions

Didier Lallement, né le à Lyon, est un haut fonctionnaire français, actuel préfet de police de Paris.

Auparavant, il est notamment secrétaire général du ministère de l'Écologie et du ministère de l'Intérieur, puis plusieurs fois préfet.

En , il remplace Michel Delpuech, limogé, comme préfet de police de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Didier Jean-Jacques Lallement est le fils de Jacques Lallement, technicien commercial, et de Jeannine Chomet, secrétaire de direction[1].

Il est diplômé de l'Institut supérieur de gestion et titulaire d'un DESS en administration et gestion des collectivités locales[2].

Marié à Laurence Derrien[1], cadre contractuelle au ministère de l'Intérieur[3], il est père de cinq enfants[4].

Engagement politique de jeunesse[modifier | modifier le code]

Ex animateur des étudiants socialistes du CERES, il participe à la délégation que, par solidarité avec le mouvement sandiniste, la tendance chevènementiste du PS envoie au Nicaragua révolutionnaire durant l'été 1984.

Sous-préfet[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière en 1981 à la mairie d'Épinay-sur-Seine. Il travaille au syndicat intercommunal, où il est successivement chef de bureau, secrétaire général adjoint puis secrétaire général jusqu'en 1988[1].

Entre 1988 et 1989, il est chef de cabinet de Roger Bambuck, secrétaire d'État chargé de la Jeunesse et des Sports[1]. En 1989, il devient conseiller technique au cabinet du secrétaire d'État aux Collectivités locales, Jean-Michel Baylet[5]. L'année suivante, il rejoint la préfecture de l'Essonne, où il est sous-préfet et directeur de cabinet du préfet[6].

En 1991, il retourne au secrétariat d'État aux Collectivités locales, où il est chargé de mission puis directeur de cabinet de Jean-Pierre Sueur, avant de retrouver l'administration préfectorale comme secrétaire général de la préfecture de la Marne entre 1993 et 1996[1]. Il est ensuite chef du service de l'action régionale et rurale à la DATAR[1].

En 1997, il est appelé comme conseiller technique au ministère de l'Intérieur, dans le cabinet de Jean-Pierre Chevènement, puis est nommé directeur général des collectivités locales au sein du ministère. Occupant ces fonctions de 1997 à 2000[7], il propose notamment au ministre l'accélération des regroupements intercommunaux, qui se traduira par la loi relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale du 12 juillet 1999.

Préfet de département[modifier | modifier le code]

En 2000, il est nommé préfet de l'Aisne[8]. Un an plus tard, il devient directeur de l'administration pénitentiaire[9],[10],[11], fonction qu'il occupe jusqu'en 2004. Sous l'autorité du garde des Sceaux de l'époque, Dominique Perben, Didier Lallement est à l'origine de la création du bureau du renseignement pénitentiaire et des équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS).

En 2004, il redevient préfet de Saône-et-Loire[12], avant d'être nommé en 2005 directeur du cabinet de Dominique Perben, devenu ministre des Transports. Il est ensuite directeur général de l'Aviation civile et commissaire du Gouvernement auprès de la société Aéroports de Paris en 2007[1].

Secrétaire général du ministère de l’Écologie entre 2007 et 2010 sous Jean-Louis Borloo, il met en œuvre la nouvelle organisation administrative des services administratifs. Entre 2008 et 2010[1], il est aussi haut fonctionnaire de défense et de sécurité auprès du ministre[13].

Préfet de région[modifier | modifier le code]

De 2010 à 2012, il est préfet de la région Basse-Normandie, préfet du Calvados[14]. Il est ensuite, entre 2012 et 2014, secrétaire général du ministère de l'Intérieur et haut fonctionnaire de défense[1]. Pendant cette période, il met notamment, en place, dans les zones de défense, les secrétariats généraux pour l'administration du ministère de l'Intérieur (SGAMI), qui visent à mutualiser les fonctions « support » de la Police et de la Gendarmerie[réf. souhaitée].

En 2014, il devient conseiller-maître à la Cour des comptes, et préside jusqu'en 2017 la troisième section de la deuxième chambre, compétente sur les sujets d'énergie, de commerce et d'artisanat. Il est par ailleurs commissaire du Gouvernement auprès de la fondation du musée Clemenceau et membre du conseil d'administration de l'Institut français des relations internationales.

Le , il est nommé préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde[15] en remplacement de Pierre Dartout[16]. Il entre en fonction le [17].

Le , il est nommé préfet de police de Paris, remplaçant Michel Delpuech, limogé pour sa gestion des manifestations du mouvement des Gilets jaunes[18]. Il prend ses fonctions le lendemain. Dès sa nomination, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, lui demande publiquement de ne pas lésiner sur les moyens lors des prochaines manifestations à Paris : « Protéger les manifestations, c'est briser l'émeute […] Je vous demande une impunité zéro »[19].

Didier Lallement est décrit par son entourage professionnel comme un « préfet impitoyable » et autoritaire, choisi par le Gouvernement pour « une reprise en main musclée de la préfecture de police »[20].

Sa relation avec la Maire de Paris est d'abord difficile en raison d'une gestion peu concertée des manifestations des Gilets jaunes et la gestion du campement de réfugiés installé porte de la Chapelle, avant qu'elles ne réchauffent après l'attentat de la préfecture de police de Paris[21].

Controverses[modifier | modifier le code]

Irrégularité d'attribution de marché[modifier | modifier le code]

En 2017, un audit de la Société du Grand Paris révèle des irrégularités dans les conditions d'attribution des marchés, alors que Didier Lallement était président de la Commission d’examen des offres (CEO) de la Société du Grand Paris. Pour les magistrats, « le fonctionnement et le rôle de la CEO sont insatisfaisants à plusieurs titres et ne permettent pas de disposer d'une assurance externe suffisante sur la régularité et les conditions d'attribution des marchés, l'équilibre concurrentiel et la préservation des intérêts économiques de la SGP »[22].

Maintien de l'ordre pendant la crise des Gilets Jaunes[modifier | modifier le code]

Le , le député La France insoumise de la Gironde, Loïc Prud'homme, dit avoir été matraqué par la police lors d'une manifestation des Gilets jaunes à Bordeaux. Le préfet Lallement apporte son soutien aux forces de l'ordre : « Dans une manifestation non déclarée, sur un axe interdit par arrêté préfectoral et après sommations, les forces de l'ordre ont dispersé des Gilets jaunes cours Pasteur. Elles ont correctement fait leur travail. Je les soutiens totalement ». À la suite de cet incident, La France insoumise lance une pétition pour demander sa démission[23].

Fin avril 2019, un rapport de l'Observatoire girondin des libertés publiques (qui regroupe différentes associations, telles que la Ligue des droits de l'homme, le Syndicat des avocats de France, Médecins du monde ou Greenpeace), qualifie de « politique d'intimidation » les stratégies de maintien de l'ordre de Didier Lallement à l'égard des manifestations, dont celles des Gilets jaunes, lorsqu'il était préfet de Gironde. Le rapport[24] dénonce notamment l'usage de sommations « purement formelles », la mise en place de pelotons voltigeurs à motos (dissous en 1986 après l'affaire Malik Oussekine), ainsi que l'usage jugé abusif des nasses (pratique consistant à l'encerclement des manifestants par les forces de l'ordre), ce qui aurait entraîné des traitements dégradants et des problèmes de santé chez certains manifestants[25]. Le rapport affirme également que la nomination de Didier Lallement comme préfet de police de Paris traduit le consentement du Gouvernement à la violation du droit de manifester[26].

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i « Didier Lallement », sur whoswho.fr (consulté le 21 mars 2019)
  2. « Portrait de Didier Lallement en 2007 », sur lesechos.fr, (consulté le 23 novembre 2017)
  3. « Fiche du Département de la communication et de l'information de la Délégation à la sécurité routière », sur lannuaire.service-public.fr, (consulté le 2 mai 2019)
  4. « Gilets jaunes Qui est Didier Lallement, le nouveau préfet de police de Paris ? », sur lavdn.lavoixdunord.fr, (consulté le 2 mai 2019)
  5. « Didier Lallement, nommé directeur général des collectivités locales », sur lesechos.fr, (consulté le 24 novembre 2017)
  6. « Didier Lallement nommé préfet de Nouvelle-Aquitaine », sur lepopulaire.fr, (consulté le 24 novembre 2017)
  7. « Nomination au ministère de l'Intérieur. », Libération,‎ (lire en ligne)
  8. L'Union, 23 juin 2010, Didier Lallement préfet du Calvados
  9. « Justice : Didier Lallement nommé directeur de l'administration pénitentiaire », Le Monde,‎
  10. Véronique Vasseur, Gabriel Mouesca, La prison doit changer, la prison va changer » avait-il dit , p. , éd. Flammarion (ISBN 2081279622)
  11. Frédéric Ploquin, Ils se sont fait la belle: Parrains et Caïds, éd. Fayard, 2007 (ISBN 2213644721)
  12. Le Nouvel Observateur, 10 janvier 2004, Sarkozy fait valser les préfets
  13. Décret du 11 mars 2009 publié au JORF du 13 mars 2009.
  14. Le Figaro, 7 mai 2012, Les préfets appelés à prendre du galon
  15. [1] Compte-rendu du Conseil des Ministres du 22 novembre 2017
  16. « Un nouveau préfet pour la Région Nouvelle-Aquitaine », sur sudouest.fr, (consulté le 24 novembre 2017)
  17. « 18/12/2017, cérémonie de prise de fonction du préfet de la Région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde », sur club-presse-bordeaux.fr, (consulté le 22 avril 2018)
  18. « Didier Lallement, préfet à poigne qui s'est colleté aux « gilets jaunes » à Bordeaux », L'Obs, .
  19. « leparisien », sur leparisien.fr, le parisien, (consulté le 21 mars 2019)
  20. « Lallement, le nouveau préfet qui fait flipper les flics », sur Libération.fr, (consulté le 23 mars 2019)
  21. Denis Cosnard, « Anne Hidalgo et le préfet, une cohabitation sous haute tension », sur lemonde.fr, (consulté le 18 octobre 2019)
  22. https://www.marianne.net/societe/didier-lallement-l-enquete-sur-le-metro-du-grand-paris-depaysee-plus-loin-du-nouveau-prefet
  23. « Gilets jaunes : ces Insoumis réclament le départ du préfet de Gironde après le « matraquage » d'un des leurs », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 7 mars 2019).
  24. « Bordeaux : la politique de maintien de l'ordre dénoncée par un rapport de l'OGLP », (dont lien vers le rapport de l'OGLP de 60 pages et vidéo de 1:43), sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 2 mai 2019)
  25. Pascale Pascariello, « Maintien de l’ordre: à Bordeaux, la «politique d’intimidation» du préfet Lallement », sur Mediapart (consulté le 30 avril 2019)
  26. « L’ « effet de dissuasion » du préfet Lallement pour le maintien de l’ordre à Bordeaux », sur rue89bordeaux.com, (consulté le 2 mai 2019)
  27. Décret du 30 décembre 2011 portant promotion et nomination
  28. Décret du 18 novembre 2017 portant promotion et nomination
  29. a b c d e f g h et i Didier LALLEMENT, sur gironde.gouv.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles liés[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]