Anita Berber

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Anita Berber
Anita Berger, 1918.jpg

Anita Berber photographiée en 1918
par Waldemar Titzenthaler (de)
pour Die Dame (de).

Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Activités

Anita Berber, née le probablement[1] à Leipzig et morte le à Berlin, est une praticienne de la danse libre et actrice allemande.

Icône dérangeante du courant expressionniste qui a triomphé dans les domaines de la pantomime et du burlesque américain (en) avec des chorégraphies mêlant sur le thème de l'érotisation de la mort l'orientalisme des costumes à la musique moderne, elle a fait de sa vie elle même une « Gesamtkunstwerk ». Artiste avant-gardiste et bisexuelle affichée, figure underground de la femme affranchie et professionnelle de la provocation vilipendée, elle est avec Adorée Villany une des premières[1] performeuses[2] à danser nue[3]. Laissant la scène à des femmes artistes moins outrancières, Mary Wigman, Valeska Gert, Verena Skoronel, Berthe Trümpy ou Leni Riefenstahl, elle meurt de tuberculose à l'âge de vingt neuf ans en ex-starlette victime de ses excès toxicomaniaques[4].

« Elle n'avait pas seulement besoin de scandaliser la morale, mais aussi de se mettre physiquement en danger[5] »

— Klaus Mann, qui lui rendit visite plusieurs fois à l'automne 1924 et une dernière fois à la fin 1926.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'artiste sans père (1899-1914)[modifier | modifier le code]

Anita Berber est la fille d'une chanteuse de cabaret, Anna[6] Lucie Thiem, dite Lucie, et de Félix Berber (de), premier violon du Gewandhaus de Leipzig qui se mariera cinq fois dans sa vie. Elle a trois ans et demi le 8 novembre 1902[6] quand ses parents divorcent pour « opposition de caractères irréconciliables ». Elle sera élevée à Dresde par sa grand-mère maternelle[7], Louise, dans un confort bourgeois[8].

À partir de l'âge de six ans, elle ne voit plus sa mère partie à Berlin, où Rudolf Nelson a embauchée celle ci dans la revue du Chat Noir[8], cabaret de l'avenue Unter den Linden. À dix ans, soit un an avant Mary Wigman qui deviendra la promotrice de la danse expressionniste, elle est inscrite dans ce qui devient en 1912 l'Établissement d'enseignement Jacques Delcroze de Hellerau, où est mise en œuvre une pédagogie nouvelle basée sur la rythmique Jacques Dalcroze.

À quatorze ans, en 1913, elle rejoint sa mère à Weimar. Inscrite à la rentrée dans le coûteux Institut de formation pour jeunes filles Curt Weiss[6], elle apprend le français et la couture. Elle fait sa confirmation luthérienne[8] le 5 avril 1914[6] à l'église Saint Luc de Dresde (de) avec le pasteur Johannes Kessler.

L'avant-garde berlinoise (1915-1918)[modifier | modifier le code]

En 1915, après que la guerre a éclaté, Anita Berber suit avec sa grand-mère sa mère à Wilmersdorf, une banlieue de Berlin où s'entassent les immigrés de l'intérieur. L'adolescente vit là, 13 rue Zähringer, entourée de femmes, dont ses deux tantes[8] maternelles, Else et Margarete, toutes deux vieilles filles[6]. Tout en se produisant dans des cabarets, elle suit des cours[7] à l'École de théâtre Maria Moissi (de) Berlin[6].

Elle apprend la danse moderne et la pantomime en même temps que Dinah Nelken (de) auprès de Rita Sacchetto (de), une actrice adepte d'Isadora Duncan et amie de Gustave Klimt qui, après avoir donné des spectacles de tableaux vivants à travers le monde, a ouvert dans sa villa une école. Elle monte sur scène pour la première fois le 24 février 1916[6] à la Salle Blüthner (de), où elle participe à une chorégraphie au côté d'une autre débutante, Valeska Gert. Le chef de la censure Ernest von Glasenapp (de), qui est présent, préfère celle ci et déclare à propos de la première « ça va vraiment trop loin ». Elle part toutefois en tournée avec la troupe Sacchetto à travers l'Allemagne, Hanovre, Leipzig, Hambourg et Francfort[6]. Sa rousseur naturelle la distingue parmi les nombreuses autres jolies filles.

Le 6 mars 1917, elle donne son premier solo, Danse coréenne, dans la salle des fêtes de la Haute école de musique de Berlin[6]. Elle n'a pas encore dix huit ans et elle est remarquée par le propriétaire du magazine féminin Le Monde de l'élégance (Elegante Welte), Franz Koebner (de), un passionné de danse, mais c'est du concurrent Die Dame (de) qu'elle fait la une.

Elle se produit dès lors en solo à l'Apollo (de), puis au Wintergarten (de) sous la direction d'un certain Pirelli, qui bouleverse le style de danse qu'elle a pratiquée jusqu'alors pour les sages tableaux vivants de Sacchetto (de). Elle danse sur des musiques de compositeurs contemporains, tels Claude Debussy, Richard Strauss ou Camille Saint-Saëns, mais aussi Léo Delibes[1]. Elle répète auprès d'Hélène Grimm-Reiter dans l'École pour la danse artistique et la culture physique, Kurfürstendamm, là même où sa jeune cadette Leni Riefenstahl réussit à s'offrir quelques cours à l'insu de ses parents[9].

Richard Oswald l'introduit dans le cinématographe[7] en 1918 et elle devient un mannequin recherché par les magazines féminins, une figure des ateliers photographiques Alex Binder et Eberth (de). C'est aussi en 1918 qu'elle fait sa première tournée à l'étranger, en Suisse, en Hongrie et en Autriche. Elle est à Budapest quand l'armistice est signé[6]. Au cours d'une soirée de retour de scène, dans un hôtel de Vienne, complétement ivre, elle se livre pour la première fois en public à une danse entièrement déshabillée.

Mondanité décadente (1919-1920)[modifier | modifier le code]

En janvier 1919, Anita Berber épouse un héritier, Eberhard von Nathusius (de)[7], qui est un scénariste employé par Richard Oswald. Elle tient le second rôle, au côté de Conrad Veidt, dans Différent des autres, film qui sort au printemps et qui milite pour la cause homosexuelle. C'est une œuvre engagée pour laquelle Richard Oswald a fait appel aux conseils du sexologue Magnus Hirschfeld.

Qu'est ce qui intéresse le public :
La faim, la misère, la souffrance de millions de gens,
Quand des milliers croupissent en prison ?
Est-ce que cela intéresse le public ?
Hélas, le derrière nu d'Anita Berber,
Voilà ce qui intéresse le public.
Chansonnette signée W. Mann et chantée
dans les cabarets durant les Années d'or (de)[10].

Dans une capitale défaite et traversée par la révolution spartakiste, Anita Berber dépense sans compter en vêtements, chapeaux, chaussures et bijoux. Elle habite une suite de l'hôtel Adlon et entretient son image d'excentrique en se promenant un singe sur l'épaule et en s'habillant en homme[7]. Elle lance la mode « à la Berber », smoking et monocle[11]. Anorexique, elle consomme éther, chloroforme, opium, cocaïne[7] et Cognac. Elle découvre le sadomasochisme et fréquente grands restaurants et palaces. Elle a l'habitude de s'injecter de la morphine devant les autres clients[8]. Elle parait une fois dans la salle à manger de l'Adlon entourée de deux jeunes hommes peints, vêtue d'un seul manteau de fourrure noire, qu'elle laisse tomber en prenant le Champagne et qu'aussitôt le maître d'hôtel remet délicatement sur ses épaules[8]. Punk avant l'heure, elle se teint les cheveux rouge sang et peint ses lèvres d'un grand cœur noir[7]. Si son personnage scandaleux lui attire le public du Schall und Rauch que dirige Max Reinhardt, sa toxicomanie compromet sa carrière cinématographique.

La scandaleuse de Berlin (1921)[modifier | modifier le code]

En 1921, son mari obtient le divorce. La mode berlinoise est à la vedette sexuellement libérée[12]. La rumeur prêtera à celle qui s'honore du titre de « mauvaise fille » de nombreuses liaisons saphiques, dont Marlène Dietrich. Anita Berber se met en ménage avec Susi Wanowsky, une femme divorcée d'un haut fonctionnaire de la police et propriétaire d'un bar pour rencontres lesbiennes, La Garçonne[6]. Susi Wanowsky devient sa productrice et secrétaire.

Le couple pratique un triolisme saphique avec Celly de Rheidt (de) qui vaut aux trois femmes le surnom de « pyramide de dames » par lequel elles sont tous les lundis à neuf heures du soir accueillies sous les applaudissements au Topp Keller, un cabaret clandestin situé à Schöneberg, 13 Schwerinstrasse[13]. Sous prétexte de participer à une loterie officiellement appelée La Pyramide, les lesbiennes peuvent s'y retrouver à l'insu de la police, du propriétaire, des voisins[14], et pour trente pfennigs viennent écouter Claire Waldoff interpréter au milieu de quatre musiciens des chansons à boire[13]. Anita Berber pose lascivement avec Renée Sintenis et un modèle, anonyme, pour un cliché coquin[15].

À l'occasion, Anita Berber se prostitue[7], sans gêne, voire par provocation, pour deux cent marks[11]. Elle est d'une revue de Rudolf Nelson intitulée Payez, s'il vous plait! sur la scène du Théâtre Nelson, 217 Kurfürstendamm, où triomphera cinq ans plus tard la Revue nègre de Joséphine Baker. Elle se produit sur la minuscule scène de La Souris blanche, qui appartient à un puissant industriel, Peter Sachse, et où certains spectateurs ne se présentent que le visage masqué. Son interprétation de Morphine, sur la musique d'une valse lente écrite pour elle par Mischa Spoliansky[16], est un tube repris jusqu'à Paris.

Le premier spectacle où elle se montre entièrement nue sur scène, la scène de l'Alcazar de Hambourg, suscite l'enthousiasme des uns, la réprobation des autres[8]. Aux spectateurs qui protestent, elle répond comme à son habitude par un doigt ou même un bras d'honneur. Sous la menace d'une sanction pénale, elle reprend les séances des jours suivants revêtue d'un ultime voile[8].

Couple infernal (1922-1923)[modifier | modifier le code]

En juin 1922, Anita Berber rencontre au cours d'une soirée privée du Casino son prochain partenaire de scène, le poète homosexuel Sébastien Droste[7], qui, cocaïne aidant, prend aussitôt la place de Susi Wanowsky au poste de régisseur général. Fils de famille hambourgeois, c'est aussi un danseur qui fut membre de la compagnie de Celly de Rheidt (de), une des maîtresses d'Anita Berber célèbre pour ses mises en scène subversives, plus blasphématoires qu'obscènes, et qui se trouve au chômage depuis un peu moins d'un an que la troupe a été interdite, sa patronne condamnée pour emplois dissimulés à une amende qu'elle est incapable de payer.

Le spectacle que le nouveau couple met au point sans attendre se veut transgressif à la scène comme à la ville. La scénographie est confiée au viennois Harry Täuber, un élève du peintre Franz Cižek, lui-même promoteur d'une pédagogie nouvelle qui laisse l'enfant s'exprimer. Évocation ambigüe du sadomasochisme comme du tabou sexuel qui pèse alors sur un possible métissage, l'entrée du personnage féminin, armé de fouets, se fait entre deux Nègres[8]. À Vienne, Anita Berber a une brève, et incertaine[17], aventure avec la baronne Léonie von Puttkamer, cocotte extravagante qui fut cinq ans plus tôt l'obsession de Margarethe Csonka, « la jeune homosexuelle »[18] suicidaire analysée par Sigmund Freud et plus connue sous le pseudonyme de Sidonie Csillag[19]. Après cinq semaines de répétition, elle est brièvement hospitalisée au sanatorium Loew, 20 Mariannengasse, où une tuberculose lui est diagnostiquée.

Un an plus tard, l'hyperinflation aidant, un seul billet de banque aurait suffit pour régler les dettes d'Anita Berber à l'origine de sa dérive.

Pour apurer la dette de cinquante millions de couronnes qu'Anita Berber a accumulée, somme qu'il faut mesurer au regard du contexte d'hyperinflation, Sébastien Droste fait un faux en écriture. Les créanciers dupés demandent au tribunal à être remboursés sur les recettes futures du programme en cours et de laisser Sébastien Droste le vendre. Celui ci vend les avant-premières à trois théâtres différents, en Italie, en Espagne et en France, chacune comme exclusive. L'escroquerie vaut aux deux artistes d'être bannis de l'Union internationale des artistes et interdits de représentation pour deux années sur le continent, en Grande Bretagne et en Turquie.

Revenus à Vienne pour la première, qui se déroule le 14 novembre 1922, ils sont invités plusieurs fois par la police à quitter la ville. Sébastien Droste est finalement arrêté le 15 janvier 1923 pour fraude et le couple est expulsé d'Autriche[7] vers la Hongrie le 23. Ils transforment le spectacle en une publication au titre explicite, Danses du vice, de l’horreur et de l’extase, qui est un recueil de poèmes et de dessins[7] illustré de seize photographies tirées par Madame d’Ora (de). L'ouvrage est préfacé par un proche de Franz Cižek, le promoteur de la nudité[20] dans la danse[21] Leopold Rochowanski (de).

Les deux parias se marient ce même mois de janvier 1923 et partent pour cinq mois en Italie et en Yougoslavie, où ils se produisent clandestinement de nuit. De retour à Berlin, Sébastien Droste s'enfuit en octobre avec l’argent, les fourrures et les bijoux de sa femme sur un paquebot à destination de New York[7], où il trouve sous le nom de Baron Willy Sebastian Droste un emploi de correspondant du B.Z. am Mittag (de) et s'attèle à un projet de film autobiographique qui ne se fera pas, The Way.

Seconde chance (1923-1925)[modifier | modifier le code]

Anita Berber retourne chez sa mère, rue Zâhringer, et reprend le travail à la Rampe, au Schall und Rauch, au Café Grössenwahn (de). Elle fonde sa propre compagnie, la Troupe Anita Berber.

Le 12 octobre 1923, elle assiste à la Salle Blüthner (de), qui a été sa première scène, aux débuts d'un danseur américain, Henri Châtin Hofmann (de)[6]. C'est le fils d'un pasteur de l'Église Sion de Baltimore (en). Elle danse avec lui à La Fusée, à La Souris blanche, à La Rampe. Le 10 septembre 1924[6], elle se marie une troisième fois, avec lui.

Le nouveau couple donne son premier spectacle conçu ensemble, Shipwrecked[7], en avril 1925 à Stuttgart. Le succès leur ouvre une tournée nationale, qui commence en octobre et dont les étapes, Cologne, Düsseldorf, Wiesbaden, Leipzig, Breslau, sont l'occasion d'autant d'orgies[1] et de rencontres artistiques, Otto et Martha Dix, admirateurs qui n'hésiteront plus à parcourir de longues distances pour l'admirer sur scène, Felix Albrecht Harta (de)... Quand Alfred Flechtheim prend soin de ne pas l'inviter à son bal masqué, elle fait un scandale dans la rue, devant la maison, hurlant la moitié de la nuit durant.

Déchéance (1926)[modifier | modifier le code]

Un an plus tard, en avril 1926, est présenté leur nouveau spectacle, Danses de l'érotique et de l’extase, à l'Alcazar de Hambourg[22], où elle avait fait scandale en 1921, et c'est une nouvelle tournée, à Stockholm, Amsterdam puis en Europe de l'est.

Les retards sur scène d'Anita Berber deviennent légendaires et elle ne fait plus son entrée sans avoir eu sa bouteille de Cognac. Les soirs de beuverie où elle se retrouve dans son ménage se terminent par des coups[5]. À Prague, son mari déclenche une bagarre dans le grand restaurant Pavillon Sect et finit la soirée au poste de police. À Zagreb, en juin 1926, elle insulte publiquement la mémoire de feu le roi de Yougoslavie et est emprisonnée[7]. Son mari réussit à la faire libérer par le consul des États Unis au bout de six semaines[6].

Physiquement épuisée, elle se réfugie à Berlin auprès de son ami le docteur Magnus Hirschfeld[1]. Elle est hébergée avec son mari dans une pièce qui sert d'infirmerie[5]. A la suite d'une plainte déposée auprès du préfet de police de Berlin (de), Albert Grzesinski (de), pour « immoralité », elle fait l'objet d'une enquête criminelle[6]. Le fait est qu'elle a toujours fréquenté un milieu interlope, celui des prostituées, des travestis, des boxeurs, des parieurs clandestins...

C'est au salon Eldorado (de), nouvellement ouvert au 31 Lutherstrasse (de), qu'elle s'adonne à la cocaïne[23]. Elle y en tend les chansons de rue de Claire Waldoff, qui par ailleurs tient salon avec sa compagne Olga von Roeder, ainsi que le duo Margo Lion Marlène Dietrich interprétant la chansonnette explicite Ma meilleure amie[24]. Elle se montre aussi au Café National Hof[4], où se réunit le Club Violetta[25], association fondée cette année 1926[26], par Lotte Hahm[27], la responsable de la branche féminine de la Ligue pour le droit de l'Homme (de)[28], laquelle édite le journal militant L'Amie[29]. Le nom du club est une référence à la Nuit de la violette, appelée aussi dans certaines villes allemandes Nuit du lilas, fête qui mélange tous les ans le bleu masculin et le rouge féminin[30].

L'ex-actrice essaie de se reconvertir dans le théâtre. Embauchée au Theâtre intime (de) de la Bülowstrasse (de), numéro 6, par Gustave Heppner, elle joue, entre autres rôles, un des multiples personnages dans Un Jeu de rêve d'August Strindberg, qui est un hommage à la Traumdeutung de Sigmund Freud.

Dernière tournée (1927-1928)[modifier | modifier le code]

À Berlin, le couple, désormais désuni, est sollicité de se reformer au sein d'une revue néerlandaise, qui les emmène en octobre 1926 pour deux ans au Proche-Orient dans une tournée qui commence par Athènes et se poursuit au Caire. Henri Hofman (de) essaie de convaincre sa femme de mettre un terme à son alcoolisme. C'est durant cette tournée, le 27 juin 1927, que le précédent mari de celle ci, Sébastien Droste, revenu de New York à cause de sa tuberculose, meurt à Hambourg, dans la maison de ses parents. Il avait vingt neuf ans.

Durant les vacances, en juillet 1927, Anita Berber se trouve à Munich quand elle lit par hasard une affiche annonçant un concert donné par l'orchestre de chambre qu'anime son père, Félix Berber (de). Elle assiste au concert et quand à la fin elle va dans les coulisses rencontrer son père, celui-ci refuse de la recevoir[6].

La tournée au Proche-Orient reprend à l'automne. Dans la nuit du 13 juin 1928, Anita Berber s’effondre dans une boîte de nuit de Beyrouth[7]. Le médecin lui diagnostique une « phtisie galopante »[8]. Elle doit renoncer à poursuivre la tournée jusqu'à Damas.

Mort dans l'indigence (fin 1928)[modifier | modifier le code]

Son rapatriement en compagnie d'Henri Hofman (de) est un calvaire dispendieux, son état imposant de longues étapes. Arrivée désargentée à Prague au bout de quatre mois, il faut qu'une collecte soit organisée dans les coulisses des cabarets de Berlin pour lui permettre d'acheter les billets de train[6].

Hébergée par sa mère, elle est admise à l'hôpital Béthanie, qui accueille les indigents, et reste optimiste, forme des projets, prend soin de ses jambes[6].

Elle meurt moins de trois semaines après son hospitalisation, sans l'assistance de son pasteur, Johannes Kessler, qu'elle a fait appeler mais qui est en voyage[6]. Le soir même son mari doit se produire au Casino Weidenhof, 36 Friedrichstraße, avec une remplaçante, Shelda[6].

L'enterrement à lieu le 14 novembre au cimetière Saint Thomas de NeuKölln[31], dont l'entrée est 2 Hermannstrasse (de). Ultime provocation du destin, son mari, resté très amoureux, s'y présente en retard maquillé et ivre, tenant dans sa bouche deux roses qu'il jette dans la fosse[5], où le cercueil est déjà enseveli. L'éloge funèbre est prononcé par le siffleur Willy Karzin. Elle est enterrée pauvrement, sans pierre tombale, rang 21, section 2.

Chorégraphies[modifier | modifier le code]

« Elle dansait la mort, la folie, la syphilis, l'extase, la morphine, le suicide, l'agonie et l'orgasme[32]. »

— Une critique d'aujourd'hui.

Filmographie partielle[modifier | modifier le code]

Œuvre écrit[modifier | modifier le code]

  • (de) S. Droste, avec A. Berber, Die Tänze des Lasters, des Grauens und der Ekstase, Gloriette Verlag, Vienne, 1923.
trad. (en) M. Cole, Dances of Vice, Horror, & Ecstasy, Side Real Press, Newcastle sur la Tyne, 2012, 122 p., 300 ex. (ISBN 978-0-9542953-7-0)[33].

Les Danses du vice, de l'horreur et de l'extase contiennent vingt deux poèmes coécrits qui sont autant de pantomimes


Vingt mille femmes corsetées
Se mordent l'une l'autre dans une luxure extatique.
Cinq mille garçons peints se déchirent dans une folle passion.
Le frère tue sa sœur.
L'enfant est avide de sang.
Tous les esclaves aspirent aux lanières d'un fouet.
Tous les étalons pleurent après leurs juments.
[...]
Astarté.
  • Moi
  • Danse
  • Poupée Pritzel (de)
  • Danse byzantine du fouet
  • Cocaïne
  • Saint Sébastien
  • Suicide
  • Vision
  • Fils de roi égyptien
  • Asile de fous
  • Astarté
  • Nuit de Borgia
  • L'Assassin, la femme et le pendu
  • Quelqu'un
  • Le Rêveur et le condamné
  • La Femme au sept masques
  • Le Cadavre sur la table d'opération
  • Orchidées
  • Rêves
  • Envie
  • Le Méchant et celle qui est nue
  • Tentation

En préface, les auteurs citent leurs références artistiques, les peintres modernistes Wassily Kandinsky, Marc Chagall, Pablo Picasso et Matthias Grünewald, les écrivains romantiques les plus sombres, Auguste Villiers de L'Isle Adam, Edgar Allan Poe, Paul Verlaine et E.T.A. Hoffmann ainsi que Hanns Heinz Ewers.

Réception[modifier | modifier le code]

« Si la Gert est la caricature incarnée de toute authenticité, la Berber est l'incarnation des constructions parodiques. Jusqu'au tréfonds femme démoniaque, qui était encore hier à la mode. La bouche promise au vice, les yeux colériques, pourrie de l'intérieur jusque dans les cheveux. Ainsi virevolte elle. Roucoucoule quelque chose qu'on imagine mâle. Se dérobe, attire et fait son effet d'un mauvais cauchemar oppressant. Rien n'est juste. Tout est esbroufe dans la petite racoleuse. Déguiser la main maigre, le corps d'un serpent : regardez la, « tout ce que je peux faire ! ». Ainsi, avant hier peut-être femme, est elle devenue. Raffinée, fausse et naïvement engageante. Femelle ! Et le comble, la Berber danse ou plutôt : elle voudrait bien.[34] »

— Le critique Pem (de) en 1926 à propos du spectacle Les Naufragés avec Henri Hofman (de).

« [...] la terreur des bourgeois. [...] et aujourd'hui plus personne ne sait qui elle était.[35] »

— Un magazine, trois ans après sa mort.

« Elle fût la femme la plus audacieuse de son temps [...] avec laquelle la jeunesse d'aujourd'hui peut aisément s'identifier.[36] »

— Karl Lagerfeld, couturier inspiré par l'esthétique de Sébastien Droste et photographe auteur de clichés réinventant le personnage d'Anita Berber[37].

« Son corps était si parfait que sa nudité ne passait jamais pour obscène.[38] »

— Sa cadette Leni Riefenstahl, qui fut danseuse avant de devenir la propagandiste du nazisme.

Célébration[modifier | modifier le code]

Sujet artistique choisi de son vivant[modifier | modifier le code]

À Selb en 1918, durant sa tournée avec Pirelli, Anita Berber pose pour le sculpteur Constantin Holzer-Defanti. Celui ci réalise deux figurines en porcelaine Rosenthal devenues depuis célèbres auprès des collectionneurs, Danse coréenne, en souvenir du premier solo que la danseuse a donné un an plus tôt, et Pierrette.

En 1919, Charlotte Berend-Corinth réalise huit lithographies[39] pornographiques, quoique très stylisées, d'Anita Berber, qui sont publiées à un petit nombre d'exemplaires par la galerie Gurlitt (de), maison habituée à ce genre d'éditions confidentielles[40], et qui inaugurent la légende. Elles sont aujourd'hui conservées dans une collection privée à New York, où elles sont connues sous le nom d'Anita Berber Portfolio[2]. Cette même année, la costumière Lotte Pritzel (de) fait le portrait au crayon de la danseuse, le décolleté laissant apparaitre les seins nus. La dessinatrice en tire un de ces inquiétants mannequins qui feront sa célébrité et serviront de thème chorégraphique à Anita Berber[41] comme à Niddy Impekoven (de).

Femme libre, Anita Berber devient en 1921 un sujet littéraire. Elle inspire à Vicki Baum le caractère principal d'un roman intitulé La Danse d'Ina Raffay[42]. Ina Raffay est un pseudonyme qui lui-même fait allusion à la cinéaste Iwa Raffay (de). Vanity Fair publie des photographies de l'héroïne.

En 1925, durant le passage à Düsseldorf du spectacle Naufragés, avec Henri Châtin Hofmann (de), le peintre Otto Dix, chef de fil d'un mouvement expressionniste dit Groupe du Rhin (de), fait le célèbre portrait[43] vieilli avant l'âge de la « putain écarlate de Berlin »[1] comme une caricature[44] de la déviance sexuelle. Le tableau entrera en 1928 dans les collections municipales de la ville de Nurenberg et est exposé aujourd'hui dans celui de la ville de Stuttgart. A Vienne, cette même année 1925, c'est Felix Albrecht Harta (de), compagnon de jeunesse d'Egon Schiele, Albert Paris Gütersloh et Oskar Kokoschka, qui fait les portraits de l'artiste et de son compagnon.

Damnatio memoriae nazie[modifier | modifier le code]

Le mythe d'une Anita Berber révolutionnant les mœurs est forgé[1] dès sa mort par son biographe Léo Lania (de). Elle est déjà le prototype de l'artiste fustigé par la Ligue des artistes allemands comme illustrant un art dégénéré « judéobolchévique » qui contribuerait à l'effondrement moral et économique de l'Allemagne.

Cinq ans plus tard, l'avènement du régime nazi, dont une des premières mesures[4] est de saccager les centres de planning familial, incarcérer leurs animateurs et criminaliser l'avortement, efface durablement son souvenir. Le peintre qui a fait son célèbre portrait, Otto Dix, fait partie des artistes dénoncés par la série des Expositions d'art dégénéré (de), qui est inaugurée par Hans Adolphe Bühler (de) en septembre à Dresde. L'ensemble de son œuvre, dont la Danseuse Anita Berber, est interdit d'exposition, comme le sont les créations de ses collègues qui ne choisissent pas l'« émigration intérieure ». Les jeunes allemands nés dans l'entre deux guerres seront formés à l'« Art allemand (de) » et ignoreront l'histoire d'Anita Berber.

Redécouverte[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative posée sur la façade de son domicile berlinois, qui fût aussi celui de sa mère, 13 rue Zähringer.

Anita Berber est sortie de l'oubli en 1987 grâce à un film de Rosa von Praunheim, Anita - Danses du vice (de)[45].

En 1991, la Poste fédérale publie un timbre représentant le tableau d'Otto Dix La Danseuse Anita Berber. À Berlin, un cabaret a depuis ouvert au nom de celle ci.

Icône post punk[modifier | modifier le code]

Le groupe Death in Vegas lui consacre en 2004 un titre sur son album Satan's Circus.

En 2008, Lena Braun (de) présente un Hommage à Anita à l'Espace artistique Kreuzberg-Béthanie (de)[46], dans les bâtiments de l'hôpital Béthanie, Mariannenplatz, où est morte Anita Berber et qui ont été transformés en 1973 en cité d'artistes. C'est un ensemble d'autoportraits sérigrahiés reconstituant des scènes qui représentent Anita Berber et ses danses du vice[47]. L'année suivante, Vogue Allemagne publie une série de clichés réalisés par Karl Lagerfeld faisant revivre le personnage d'Anita Berber[37].

Les ballets d'Anita Berber font l'objet en 2013 de reconstitutions expérimentales et sont restitués sur la scène de l'Espace Béthanie (de)[48]. À l'autre bout de Berlin, à Wedding, un autre centre Anita Berber est ouvert cette année, dans les locaux d'une hôpital désaffecté, 17 Pankstrasse[49]. Différentes manifestations, conférences, concerts électro, spectacles de strip tease, y sont organisés. En 2014, le peintre Markus Manowski[50] y expose un nu d'Anita Berber renversé[51].

En 2017, au terme d'une tournée d'un an, Jan Moritz, soliste du groupe Van Canto, enregistre avec le groupe Opera chaotique une chanson[52] de l'album New EP "MUSES" (of the Damned Artists) consacrée à Anita Berber[53].

Le 10 juillet, l'ancien cimetière Saint-Thomas, où est enterrée Anita Berber, est rouvert sous la forme d'un parc à son nom[54].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

La mythification
  • (de) L. Lania (de), Der Tanz ins Dunkel. Anita Berber, ein biographischer Roman, Schultz, Berlin, 1929.
  • (cs) J. Jenčik, Anita Berber. Studovat., J. Reimoser, Prague, 1930.
trad. (de) S. Klein, dir. M. Stiefermann, Anita Berber. Studie., Kieser, Munich, 2014, 96 p. (ISBN 978-3-935456-30-2).
La revisitation
Notices biographiques
Articles
  • (de) Ralf Georg Czapla (de), « Getanzte Dichtung – gedichteter Tanz. Anita Berbers und Sebastian Drostes "Tänze des Lasters, des Grauens und der Ekstase" zwischen poetischer Reflexion und tänzerischer Improvisation. », in Tanz im Kopf – Dance and Cognition. Jahrbuch Tanzforschung 15. Hg, Gesellschaft für Tanzforschung von Johannes Birringer & Josephine Fenger Lit., Münster, 2005 (ISBN 3-8258-8712-X).
  • (en) S. L. Funkenstein, « Anita Berber: Imaging a Weimar Performance Artist. », in Journal d'art des femmes (en), n° 26, p. 26-31, Old City Publishing, Philadelphie, août 2005 (ISSN 0270-7993).
  • (en) Merrill Cole, « Lust Murder Sex Dolls and Other Weimar Monstrosities : Anita Berber, Sebastian Droste, and Hannah Höch in Inflation Era Berlin », in G. Bridet & A. Tomiche, Les relations entre genres (gender) et genres (littéraires), Centre d'études des nouveaux espaces littéraires de Paris-XIII, Villetaneuse, 14 janvier 2011.
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Le Berlin émancipé

Sources[modifier | modifier le code]

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  53. « New EP "MUSES" (of the Damned Artists) », Opera chaotique, mars 2017.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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