Olga Benário

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Olga Benário
Bundesarchiv Bild 183-P0220-307, Olga Benario-Prestes.jpg

Portrait d'Olga Benário en 1925.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 34 ans)
BernbourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Olga Benario-PrestesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Lieu de travail
Formation
Activité
Conjoint
Enfant
Autres informations
Parti politique

Olga Benàrio, née à Munich et assassinée dans l'établissement de mise à mort de Bernburg le , était une militante communiste allemande d'origine juive, femme de l'homme politique brésilien Luís Carlos Prestes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Olga Gutmann Benàrio est née en Allemagne, à Munich, en 1908. Son père, Leo Benàrio, est un avocat social-démocrate de renom qui plaide la cause de petites gens, et sa mère, Eugenie Gutmann, est issue d'un milieu juif aisé[1]. Elle a un frère aîné, Otto. À l'âge de 15 ans, Olga est membre d'un mouvement de jeunes communistes. En 1925, elle suit son futur compagnon Otto Braun à Berlin, où elle travaille pour le Parti communiste d'Allemagne.

En 1930, Otto Braun est accusé de haute trahison et d'espionnage, et incarcéré à la prison de Moabit à Berlin. Olga organise son évasion et tous deux réussissent à fuir en Tchécoslovaquie puis en Union soviétique[2]. Elle fera les gros titres du Berliner Zeitung pour cette évasion[3].

À Moscou, Olga participe au Ve congrès mondial de la Jeunesse communiste internationale en 1931. Cette même année, elle se sépare d'Otto Braun. En 1934, elle rencontre le communiste brésilien Luís Carlos Prestes, lui aussi réfugié en Union soviétique. Elle est désignée comme son garde du corps pour son retour au Brésil[4].

Ils traversent l'Europe - passant par Amsterdam, Bruxelles, Paris - pour rejoindre New York, Miami, Santiago, Buenos Aires et enfin le Brésil. Devenus mari et femme et établis à Rio de Janeiro, ils militent activement et participent au mouvement ALN - Ação Libertadora Nacional, interdit bientôt par le gouvernement en place. En 1936, Vargas organise la répression du soulèvement militaire et fait arrêter Prestes et son épouse sur dénonciation[5]. Ses avocats tentent de faire jouer l'Habeas corpus de la cour suprême brésilienne qui interdit l'extradition d'un ressortissant du pays - Olga étant enceinte de Prestes[6]. Pour la justice brésilienne, la loi martiale outrepasse les droits de l'Habeas corpus[7] et l'extradition d'Olga Prestes est justifiée par le danger qu'elle « représente pour la patrie »[8].

Olga Benário est embarquée de force et conduite à Hambourg où elle est attendue par la Gestapo et aussitôt emprisonnée. Sa fille, Anita Leocádia Prestes, naît en prison le 27 novembre 1936[9]. Au bout de quatorze mois, celle-ci est confiée aux bons soins de sa grand-mère paternelle, Leocadia Prestes[9]. En 1938, Olga est envoyée au Camp de concentration de Lichtenburg, placée en confinement jusqu'à son envoi au camp de Ravensbrück par le premier convoi en 1939. Elle sera finalement assassinée dans une chambre à gaz à Bernburg (Aktion T4) en 1942 avec d'autres femmes prisonnières politiques[9]. Elle avait 34 ans.

Sa mère meurt en 1943 au camp de Theresienstadt[10]. Son frère Otto Benario est assassiné à Auschwitz le [11].

Hommages[modifier | modifier le code]

En République démocratique allemande, des écoles, des jardins d'enfants, des rues ont reçu le nom d'Olga Benario. Avec Hilde Coppi et Liselotte Herrmann, elle symbolisait les femmes, assassinées par les nazis, qui avaient donné naisance à leur enfant à la prison de la Barnimstraße.

Il existe une galerie Olga Benario[12] et une plaque commémorative, crée par l'artiste Gunter Demning devant la maison où elle habitait à l'angle de l'Innstraße (no 24) et de la Donaustraße à Berlin-Neukölln, le club de cinéma pour la jeunesse Olga Benario à Francfort-sur-l'Oder, une auberge de la jeunesse à Gräfenroda (Thüringe), un sanatorium à Schwedt, une crèche à Sellin sur l'île de Rügen ainsi que des rues notamment à Berlin-Prenzlauer Berg, Jena et Bernburg (Saale).

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Fernando Morais, Olga, Grove Press, (ISBN 9780802141897, lire en ligne)
  2. (en) Teresa A. Meade, A History of Modern Latin America: 1800 to the Present, Malden: Wiley-Blackwell, (ISBN 978-1-4051-2050-0), p. 186
  3. « Une pasionaria entre Berlin et Rio », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Katherine Morris,ed., Odyssey of exile: Jewish women flee the Nazis for Brazil, Detroit, Wayne State University Press, (ISBN 0-8143-2563-7), p. 126
  5. (pt) João Henrique Botteri Negrão, Selvagens e Incendiários: O Discurso Anticomunista do Governo Vargas, São Paulo, Humanitas/FAPESP, (ISBN 85-98292-74-5), p.163
  6. (en) Father of the poor?: Vargas and his era, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-58528-7), p. 43
  7. (pt) Paulo Fernando Silveira, O morro das sete voltas: guerrilha na serra da Saudade, Curitiba, Juruá, (ISBN 978-85-362-2058-1), p. 100
  8. (pt) Emília Viotti da Costa, O Supremo Tribunal Federal e a construção da cidadania, São Paulo, UNESP, , p. 90
  9. a, b et c (en) « Olga Benário Prestes | Jewish Women's Archive », sur jwa.org (consulté le 29 avril 2018)
  10. Benario, Eugenie Livre du souvenir pour les victimes de la persécution des Juifs en Allemagne par les nazis (1933–1945), Bundesarchiv
  11. Benario, Otto Livre du souvenir pour les victimes de la persécution des Juifs en Allemagne par les nazis (1933–1945), Bundesarchiv
  12. au sujet de Olga Benario Galerie Olga Benario
  13. (de) Ruth Werner, Olga Benario. Die Geschichte eines tapferen Lebens, Berlin, Verlag neues Leben,
  14. (pt) Deutsche Welle (www.dw.com), « Filme "Olga" decepciona crítica alemã | DW | 07.09.2006 », sur DW.COM (consulté le 29 avril 2018)
  15. (de) « Olga Benario, ein Leben für die Revolution », KINO,‎ (lire en ligne)
  16. (pt) « Ópera Completa traz "Olga", de Jorge Antunes », EBC Rádios,‎ (lire en ligne)
  17. (en-GB) « Olga'S Room | Arcola Theatre », Arcola Theatre,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Olga dans les livres et au cinéma[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]