Monde (revue)

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Monde est une revue hebdomadaire internationale culturelle et politique de langue française créée en 1928. Elle cesse sa parution en 1935, année de la mort de son fondateur, l'écrivain Henri Barbusse.

La revue d'Henri Barbusse[modifier | modifier le code]

Écrivain pacifiste, adhérent au Parti communiste français depuis 1923, Henri Barbusse crée en 1928 une revue hebdomadaire « non partisane »[1], dont le titre Monde résume la visée internationale. Le premier numéro sort le 9 juin 1928. C'est un hebdomadaire qui se veut être le relais des créateurs intellectuels et artistiques dans leur soutien à la Révolution. L'histoire de la revue, à priori d'obédience communiste et dont le financement dépend en partie de fonds soviétiques, est le reflet des nombreux débats qui animent la gauche et l'extrême gauche culturelle à la fin des années 1920 et aux débuts des années 1930. Ainsi en 1930 l'hebdomadaire se voit attaqué par le Congrès des écrivains soviétiques pour son « éclectisme ». Les collaborateurs de la revue sont en effet très divers et pour certains fort critiques à l'égard des dérives du stalinisme. La volonté d'Henri Barbusse de créer un front commun des intellectuels favorables à la Révolution se heurte au sectarisme et aux exclusives de la ligne politique de l'Internationale communiste et de sa section française. À partir de 1932–1933 cependant les efforts de rassemblement des intellectuels dans un Comité contre la guerre impérialiste puis la création du comité Amsterdam-Pleyel font de Barbusse un des promoteurs avant l'heure de l'union anti fasciste et du Front populaire[2]. Mais en mal de trouver un lectorat suffisant, en butte à des difficultés financières que Barbusse malgré son prestige ne parvient à surmonter, Monde se trouve de plus en concurrence avec une autre revue, Commune. L'hebdomadaire ne survit pas à la mort de son fondateur le 30 août 1935 à Moscou[3]. Il semble que les derniers numéros de Monde paraissent en octobre 1935[4].

Le « Comité directeur international »[modifier | modifier le code]

La « une » du journal affiche[5] un « Comité directeur international », dont il semble qu'il soit plus symbolique que garant d'une participation active de ses membres à la revue. Elle n'en demeure pas moins le témoignage du réseau d'influence de Barbusse. Des noms prestigieux se côtoient :

Les collaborateurs de Monde[modifier | modifier le code]

Deux périodes sont à distinguer. L'une mène de sa création en 1928 jusqu'au printemps 1933 où les noms de contributeurs montrent la volonté d'Henri Barbusse de rassembler bien au-delà de la stricte orthodoxie « stalinienne ». Puis de 1933 à 1935, accompagnant les polémiques autour de l'écrivain Victor Serge, critiqué pour « trotskisme », les collaborateurs de la revue relèvent plus de l'influence communiste, dans sa diversité.

1928–1933[modifier | modifier le code]

Les rédacteurs en chefs[modifier | modifier le code]

Les contributeurs[modifier | modifier le code]

Georges Altman, Emmanuel Berl, Marc Bernard, Francis Delaisi, Jean Giono, Lucien Laurat, Magdeleine Marx-Paz, Henry Poulaille, Tristan Rémy, Victor Serge, André Sévry, Augusto Rossi[8].

1933–1935[modifier | modifier le code]

En butte au sectarisme de ses camarades communistes, en proie à de récurrents problèmes financiers, sous l'influence des soviétiques (il écrit à ce moment un livre sur Staline), Henri Barbusse change l'orientation de son journal. Le 11 juillet 1933[9] est rendue publique une Lettre ouverte sur le silence imposé à Monde sur l'affaire Victor Serge. Signée par Léon Werth, Henry Poulaille, Charles Vildrac, Marcel Martinet, Georges Duhamel, elle scelle le changement d'orientation que le PCF et leur sponsors soviétiques imposent à Barbusse. La direction effective du journal passe d'un « kominternien » (Alfred Kurella) à un autre (qui est connu sous le nom de Dolivet). Les contributeurs sont alors Paul Nizan, Louis Aragon, Léon Moussinac, Jean Cassou, Jean Fréville, Jean Lurçat.

Les collaborations artistiques[modifier | modifier le code]

Les couvertures de Monde sont illustrées par des peintres et des dessinateurs de renom[10]. La liste livrée ici n'est pas exhaustive:

Georg Grosz, Albert Marquet, Raoul Dufy, Juan Gris, Pablo Picasso, Joan Miró, Jean Cocteau, André Derain, Max Lingner, Frans Masereel, Nicolas Eekman, etc.

Autre titre[modifier | modifier le code]

Fondé par le général Marcel Jauneaud, Monde, l'hebdomadaire des élites françaises a paru durant la Seconde Guerre mondiale, à Paris, en juillet-août 1944 : support de collaboration, il n'a rien à voir avec cette revue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Santamaria, article Henri Barbusse, in Dictionnaire des intellectuels français, voir en sources.
  2. Anne Roche, article Monde, in Dictionnaire des intellectuels français, op. cit.
  3. « L’argent est déjà, et restera tout au long de ses sept années d’activité, le principal problème de Monde. » note, p. 289, Philippe Baudorre dans son ouvrage biographique sur Henri Barbusse.
  4. Un catalogue des œuvres du dessinateur Max Lingner mentionne un numéro du 10 octobre 1935 dont il réalise la une.
  5. Numéro 170, septembre 1931 pour exemple.
  6. En octobre 1931, Maxime Gorki soumis à des pressions soviétiques retire son nom du comité directeur. Cf Michel Baudorre, Henri Barbusse, p. 330.
  7. Augustin Habaru (1898-1944) est un journaliste belge, tenant de la Littérature prolétarienne. Cf Thierry Maricourt, Dictionnaire des auteurs prolétariens de langue française, éditions Encrage, Amiens, 1994.
  8. Philippe Baudorre, op. cit., p. 328-329.
  9. Philippe Baudorre, p. 366-367
  10. article Monde, Dictionnaires des intellectuels français.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Philippe Baudorre, Henri Barbusse le pourfendeur de la Grande Guerre, Flammarion, Paris, 1995, 428 pages.
  • Claude Estier, La gauche hebdomadaire 1914-1962, Armand Colin, collection Kiosque, Paris, 1962, 288 pages.
  • Jacques Julliard, Michel Winnock (direction), Dictionnaire des intellectuels français, les personnes, les lieux, les moments, Le Seuil, Paris, 1996, 1 260 pages.