Georges-Anquetil

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Georges Anquetil
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Nationalité
Activités

Jules-Georges Anquetil dit Georges-Anquetil, né le à Limésy (Seine-Inférieure) et mort le à Buchenwald (Weimar, Allemagne), est un avocat français devenu journaliste, puis patron de presse et éditeur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Considéré à la fois comme anarchiste, opportuniste sans scrupule, un passionné ayant recours à des méthodes peu orthodoxes pour arriver à ses fins, Georges Anquetil commence une carrière d'avocat tout en écrivant des articles polémistes sous le nom de « Georges Denfer » dès 1907. Sous son nom cette fois, il commence une carrière de journaliste au Courrier français en 1914 après avoir été radié de l'ordre des avocats.

Durant les dernières années de la Première Guerre mondiale (il fut réformé en 1917), il essaye de relancer Le Courrier français mais sans succès : par la suite, il est signalé comme propriétaire du titre jusqu'en 1920-1921 et, entretemps, tente à nouveau de le relancer à partir d'anciens numéros mais sans l'accord des dessinateurs dont il réimprime les œuvres : il se brouille notamment avec Adolphe Willette.

Un homme de presse pressé[modifier | modifier le code]

Affiche de lancement du quotidien La Rumeur (novembre 1927).

Entre 1919 et 1929, Anquetil va se lancer dans la politique, l'édition et surtout la presse : non sans frénésie, il tente de nombreux lancements de journaux, se focalise sur la satire des jeux politiques, méthode par laquelle il veut dénoncer la corruption, laquelle, selon lui, est partout. De fait, il s'expose à la justice, il est attaqué pour diffamation à maintes reprises.

Dans un premier temps, il se fait le porte-parole d'un communisme révolutionnaire dans la ligne de la révolution de 1917 : il est successivement responsable de feuilles politiquement marquées extrême gauche comme Le Bolcheviste, Les Soviets, Le Titre censuré (11 numéros, 1919)[1], La Rafale (1920, une seule livraison)[2], La Garde rouge.

Ensuite, après la mort d'André de Joncières (1920), il dirige la deuxième série de L'Assiette au beurre, inaugurée dans une formule mensuelle à partir de novembre 1921 mais qui connaît un lancement difficile. Après 4 livraisons qu'il fait illustrer entre autres par Georges d'Ostoya et Rudolf Placek, le titre s'arrête avant de reprendre en octobre 1923, avec seulement deux numéros, pour finir comme supplément littéraire du Merle blanc (1925-1927), le journal fondé par Eugène Merle.

En 1921, il lance un nouveau journal satirique illustré, Le Grand Guignol, un mensuel qui dure près de huit ans, diffusé par Hachette, et qui a sans doute été son titre le plus pérenne.

Après avoir été battu en 1919 aux élections du conseil municipal de Paris, Georges Anquetil se présente en 1928 aux élections législatives en Guyane sous l'étiquette galmotiste mais la presse locale révèle son casier judiciaire : il avait été en effet condamné en 1922 puis en 1926 à de la prison et à des amendes pour diverses infractions (extorsion de fonds, injures, diffamation). Il est possible qu'ayant eu accès à des dossiers sensibles, Anquetil ait exigé de l'argent en contrepartie de son silence, mais rien n'est sûr.

L'écrivain et l'éditeur[modifier | modifier le code]

Après un premier essai dénonçant l'absurdité de la monogamie, qui lui assure un succès de librairie, une réputation d'auteur immoral mais surtout d'importants revenus, il publie en 1925 le néodécadentiste Satan conduit le bal, un « roman pamphlétaire et philosophique des mœurs du temps » comme l'indique le sous-titre, entre anticipation, dénonciation et mysticisme, ouvrage qui connaît, à nouveau, un vif succès. Anquetil s'autoédite dans une maison appelée Paris-Édition ou Éditions Georges-Anquetil ; on trouve au catalogue entre autres une imposante encyclopédie sur les sciences occultes et quelques plaquettes un peu érotiques comme L'Art d'aimer en Orient (1924).

Avant l'affaire Oustric et l'affaire Stavitsky, il est directeur de La Rumeur, grand quotidien de midi (1927-1932) où il se plait à révéler publiquement les noms de personnalités compromises, ce qui lui vaut de nouvelles poursuites. À la suite d'une affaire de dénonciation relative à l'affaire Hanau, il fait un nouveau séjour en prison en 1929 durant lequel il conçoit le curieux livre-objet L'Homme et la marionnette ou la revanche du pantin.

La guerre éclate, Anquetil attaque résolument les pro-hitlériens, ce qui lui vaut sans doute d'être recherché comme activiste après juin 1940.

Arrêté[Quand ?], puis déporté comme opposant politique, il meurt dans le camp de Buchenwald en mars 1945, quelques semaines avant l'arrivée des Alliés.

Écrits[modifier | modifier le code]

  • Contre le défaitisme, cartes postales humoristiques, éd. Aux Alliés, s.d. [1917].
  • La Maîtresse légitime, essai sur le mariage polygamique de demain, préface de Victor Margueritte, Paris, éditions Georges Anquetil, 1923. [1]
  • Satan conduit le bal, roman pamphlétaire & philosophique des mœurs du temps, éditions Georges Anquetil [Paris-Édition], Paris, 1925.
  • L'Amant légitime ou la bourgeoise libertine : Code d'amour du XXe siècle basé sur l’égale liberté des deux époux, avec Jane de Magny, Paris, éditions Georges-Anquetil, 1926.
  • Le Reliquaire de la mort, Bruxelles, Eugène Figuière, 1927, pages & illustrations hors-texte en couleur.
  • Le Bal sur le Volcan - Moeurs de vacances 1927, éditions Georges-Anquetil, Paris, 1927 en ligne
  • Dictionnaire de l'amour, Paris, Les éditions G. Anquetil, 1927 - rééd. France-Empire, 2012.
  • Vertige, Paris-Édition, 1927.
  • L'Homme et la marionnette ou la revanche du pantin, Éditions du Roseau, 1930 - livre sous forme d'éventail.
  • Le Mariage à l'essai, Éditions de l'Avenir, 1930.
  • Hitler conduit le bal, Éditions de Lutèce, 1939.
  • L'Anti-Nostradamus ou vrais et faux prophètes. Réflexions à la veille et au début de la 2e Guerre, Éditions de la Maison des écrivains, 1940.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Bibliothèque Kandinsky, fonds Destribats - en ligne.
  2. [PDF] Bibliothèque Kandinsky, fonds Destribats - en ligne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]