Ernst Thälmann

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Ne pas confondre avec Ernst Alfred Thalmann, un homme politique suisse.

Ernst Thälmann
Illustration.
Ernst Thälmann, candidat à l'élection présidentielle de 1932.
Fonctions
Secrétaire général du Parti communiste d'Allemagne
Député au Reichstag
Biographie
Nom de naissance Ernst Johannes Fritz Thälmann
Date de naissance
Lieu de naissance Hambourg Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Date de décès (à 58 ans)
Lieu de décès Buchenwald Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Nationalité Allemand
Parti politique Parti social-démocrate d'Allemagne (1903-1918)
Parti social-démocrate indépendant d'Allemagne (1918-1920)
Parti communiste d'Allemagne (1920-1944)
Profession Ouvrier
Statue d'Ernst Thälmann à Weimar.
Monument à Werdau.

Ernst Thälmann était un homme politique communiste allemand, né à Hambourg[1] le et tué au camp de concentration de Buchenwald le . Il est le secrétaire général du Parti communiste d'Allemagne (KPD) de 1925 à 1933 et député au Reichstag de 1924 à 1933.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Altona (un des arrondissements de Hambourg), Ernst Thälmann, devenu ouvrier dans le secteur des transports, adhère au Parti social-démocrate d'Allemagne (Sozialdemokratische Partei Deutschlands, SPD) en 1903 et s’engage dans le mouvement syndical. Il sert à partir de 1915 comme appelé sur le front de l'Ouest puis déserte en octobre 1918[1]. En 1918, il rejoint les rangs du Parti social-démocrate indépendant d'Allemagne (Unabhängige Sozialdemokratische Partei Deutschlands, USPD), et devient le président de la section hambourgeoise en 1919. En 1920, il rejoint avec l’aile gauche de l’USPD le Parti communiste d'Allemagne (KPD). Entré au comité central du parti en 1921, il devient la même année président de sa section hambourgeoise. En 1923, au moment de la révolution avortée qui devait être l'« octobre allemand », il prend la tête de l'insurrection de Hambourg, seule partie du soulèvement à avoir été effectivement déclenchée. Cet épisode, qui lui vaut de passer plusieurs mois dans la clandestinité, contribue à sa réputation au sein du parti. En 1924, il devient vice-président du KPD. De 1924 à 1933, il siège au Reichstag. Il participe aux élections présidentielles de 1925 et de 1932, se classant les deux fois à la troisième place.

En 1925, sous la pression de Staline, la direction du parti est renouvelée et Thälmann en devient le secrétaire général[2]. En 1928 éclate l'affaire Wittorf, une affaire de détournement de fonds. Ses opposants reprochent à Thälmann non pas d'avoir été corrompu, mais de n'avoir pas dénoncé l'affaire avant qu'elle n'éclate, voire de l'avoir couverte[3]. Staline intervient et fait pression avec le Komintern pour que Thälmann ne soit pas relevé de ses fonctions.

Sous la direction de Thälmann, le parti, dont la politique est alignée sur celle du Parti communiste de l'Union soviétique, connaît un essor considérable (en 1928 : 3,3 millions de voix ; en 1930 : 4,6 millions ; en juillet 1932 : 5,3 millions et en novembre 1932 : 6 millions c’est-à-dire que le parti double son score électoral entre 1928 et 1932), mais l’orthodoxie stalinienne que Thälmann applique entraîne la création d'un parti dissident (le Parti communiste d'Allemagne - opposition, KPD-O), et isole le KPD des autres partis de gauche lors de la montée du nazisme. Lors de son discours de décembre 1931, il met en garde ceux parmi les camarades qui ne voulaient pas voir que « les arbres nazis cachent la forêt social-démocrate »[4].

Le , Thälmann est arrêté : une vaste campagne pour la libération d'Ernst Thälmann est relayée internationalement par le mouvement antifasciste. La figure de Thälmann devient un symbole de la résistance allemande en général, de la résistance communiste en particulier.

Un bataillon de volontaires allemands engagés dans les rangs des Brigades internationales durant la guerre d'Espagne fut nommé Bataillon Thälmann en son honneur, alors qu'il était emprisonné en Allemagne.

Après un long séjour à la prison d'État de Bautzen, il fut subitement transféré au camp de concentration de Buchenwald le 17 août 1944. Il y fut exécuté le lendemain sur ordre d'Adolf Hitler et son corps incinéré dans un four crématoire. La presse nazie tenta de faire passer sa mort pour une conséquence du bombardement du camp du 24 août[1].

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

Après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, sa mémoire fut honorée. Les autorités de la RDA firent élever de nombreux monuments, donnèrent son nom à de nombreuses rues, comme la Thälmannplatz (ancienne Wilhelmplatz) de Berlin-Est. Certaines le portent toujours. L'organisation officielle de jeunesse des 6-14 ans portait son nom.

Le compositeur et militant britannique Cornelius Cardew a écrit Thälmann Variations, une pièce pour piano en hommage à Ernst Thälmann.

En 1972, Cuba a renommé l'île Cayo Blanco del Sur en Cayo Ernesto Thaelmann ou île Ernst Thälmann, en l'offrant à la RDA, en échange de droits de marché du sucre en Europe. Toutefois, cette île n'a pas été mentionnée dans le contrat de réunification de l'Allemagne et les autorités cubaines démentent aujourd'hui avoir offert cette île.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (de) Susanne Eckelmann, « Ernst Thälmann 1886-1944 », sur Deutsches Historisches Museum, Berlin, (consulté le 16 août 2018).
  2. [1] Extrait de l'article consacré à Ernst Thälmann de l'Encyclopædia Universalis
  3. Constance Micalef, Le KPD et le Comintern (1919-1933
  4. (de) Thälmann, Ernst, « Einige Fehler in unserer theoritischen und praktischen Arbeit und der Weg zu ihrer Überwindung (décembre 1931) », sur deutsche-kommunisten.de, Bibliothek deutscher Kämpfer für den Sozialismus : « Und doch gab es solche Stimmungen, die vor den nationalsozialistischen Bäumen den sozialdemokratischen Wald nicht sehen wollten. »
  5. Fiche du film sur l'Internet Movie Database
  6. Fiche du film sur l'Internet Movie Database

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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