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Abbaye de la Trinité de Vendôme

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Abbaye de la Trinité de Vendôme
Image illustrative de l’article Abbaye de la Trinité de Vendôme
Façade flamboyante de l'abbatiale de la Trinité.
Présentation
Type Abbaye
Début de la construction 1034 (abbatiale romane)
Fin des travaux 1508 (Façade flamboyant)
Architecte Façade de Jehan de Beauce et Gilles de Jarnay[1]

Restaurateur Jules de La Morandière, Émile Boeswillwald

Style dominant Roman : clocher
Gothique flamboyant : façade.
Protection Logo monument historique Classée MH (1840, 1949)
Logo monument historique Inscrite MH (1948, 2022)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Loir-et-Cher
Ville Vendôme
Coordonnées 47° 47′ 28″ nord, 1° 04′ 08″ est

Carte

L'abbaye de la Trinité de Vendôme est une ancienne abbaye de moines bénédictins fondée en 1033 par Geoffroy Ier Martel, comte de Vendôme[2], située dans la ville de Vendôme en bordure du Loir.

Le maître-autel et les vitraux du chœur.

Fondée par Geoffroy Martel, sans doute en 1033, l'abbaye connut son apogée au Moyen Âge, ses dépendances s'étendaient dans l'ouest de la France médiévale, de la Saintonge à la Normandie. Après un déclin au XVIe siècle, l'abbaye est récupéré par des moines de la congrégation de Saint-Maur, qui effectue différents travaux de réaménagement et de reconstruction, malgré cela le monastère périclite durant tous le XVIIIe siècle[3]. En 1791, les bâtiments de l’abbaye de la Trinité sont mis en vente. Les locaux abritent un tribunal, des prisons et la sous-préfecture. C'est en 1802 que s'établit un quartier de cavalerie prenant le nom de quartier Rochambeau en 1886. Près de trente bâtiments (écuries, manèges, magasins…) vont être progressivement construits. Le 20e Chasseurs à cheval, décimé en 1914, termine la liste des régiments stationnés à Vendôme. La gendarmerie, dernier occupant des lieux, est réinstallée à proximité immédiate, depuis 1996.

En 2018, le bâtiment régence, partie sud du cloître est acquis par Louis Vuitton pour y installer un atelier de maroquinerie[4].

La façade de l’abbatiale de la Trinité, cet embrasement sculpté est un des chefs-d’œuvre de l'art gothique flamboyant. Le clocher de l'église constitue aussi un édifice exceptionnel construit au XIIe siècle. Il ressemble au clocher sud de la cathédrale de Chartres qui lui est contemporain.

La fondation : entre légende et politique

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Geoffroy II d'Anjou dit Martel.

La légende de la fondation raconte qu'en pleine nuit, ou à l'aurore, depuis la fenêtre de l'aula du château de Vendôme, le comte de Vendôme, Geoffroy Martel et sa femme Agnès de Bourgogne, virent des étoiles filantes tomber à trois reprises dans une fontaine dans des prés à l'est de la ville. À la suite de cet évènement le comte aurait demandé conseil à l'évêque de Chartres, Thierry, qui aurait vu dans ce miracle le signe de la volonté divine de voir un établissement religieux dédié à la Trinité construit à Vendôme. Geoffroy Martel décida alors d'ériger à l'emplacement de cette fontaine, une abbaye. Mais la réalité paraît bien différente, car ce texte ne date qu'au mieux du XIIe siècle soit plus de 70 ans après la fondation. Le fait que la fondation soit un acte pieu de la part du couple comtale paraît évident, mais des raisons plus politiques apparaissent. Notamment le désir de racheter une conduite considérée par l'église comme peu vertueuse, soit le mariage de Geoffroy et Agnès qui est assez irrégulier ainsi que l'usurpation du titre même de comte de Vendôme à son neveu Foulques l'Oison. Ainsi la fondation de l'abbaye, et quelques années plus tard, de la collégiale du château marque physiquement le pouvoir du comte sur une terre qu'il a usurpé[5].

Les premières décennies

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La fondation de l'abbaye date des environs de 1032-1034 et se fit dans un premier temps de manière orale. À cette période eurent lieu les premières donations en faveur du monastère. À cette même période commença le chantier de construction sous l'abbatiat du premier abbé, Renaud (venu de l'abbaye Saint-Nicolas d'Angers[6]). La fondation et la dédicace furent officialisées par une charte le [7], à cette date le gros œuvre du chœur de l'abbatiale romane semble achevé[8]. De très nombreux seigneurs laïcs assiste à la consécration de l'abbatiale, un nombre important de seigneurs de haut rang (on en compte 43), notamment le comte de Blois Thibaud III, le duc d'Aquitaine Guillaume VII (fils de la comtesse Agnès), Guillaume Ier, seigneur de Parthenay,... On peut y ajouter les seigneurs châtelains important à l'échelle locale, les seigneurs Salomon Ier de Lavardin, Nihard de Montoire, Lancelin Ier de Beaugency, Nivelon Ier de Fréteval[9].

Cette charte de fondation donne les premières propriétés de l'abbaye qui sont alors réparties entre le Vendômois, le Maine et la Saintonge. Le couple comtale continua ses largesses envers l'abbaye, même après l'annulation de leur mariage en 1049-1051, Agnès continua également après la mort de Geoffroy en 1060[6]. Le chantier de l'abbatiale romane semble achevé vers 1060-1070, durant l'abbatiat du second abbé, Oudri[10].

L’abbaye devint très rapidement prospère, notamment grâce aux donations de ses fondateurs, et même par la suite après leur disparition, par divers bienfaiteurs plus modestes[6]. La donation la plus remarquables est sans doute celle de la Sainte Larme que fit Geoffroy Martel en 1047. Cette relique fit du monastère l'un des plus gros pèlerinage d'Europe, des pèlerins venant même des Pays-Bas[11].

L'abbaye et la papauté

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L'abbaye bénéficia rapidement de rapports étroits avec la papauté. Dès 1054 le pape Léon IX, par l'intermédiaire de son légat Hildebrandt, tirant avantage de la situation délicate dans laquelle se trouvait Geoffroy Martel avec l'évêque du Mans qui lui avait interdit l'accès à la capitale mancelle en 1051-1052[12], il réussit à convaincre Geoffroy de donner la Trinité et l'Esvière d'Angers (prieuré dépendant de l'abbaye) au pontife. Geoffroy accepta également sous la contrainte de restituer le comté à son neveu Foulques L'Oison. S'ensuivirent une série de privilèges des papes Victor II et Alexandre II, aucune excommunication générale ne pouvait les atteindre, et tous procès concernant ces monastères devaient s'effectuer qu'après consultation de Rome. Ainsi au début des années 1060 la Trinité possédait des privilèges qui correspondait à une exemption quasi-totale. L'exemption totale (ajout du droit de refuser l'évêque dans le monastère, et l'exemption du droit de visite et de la sanction épiscopale) fut accordé à la fin du XIe siècle par Urbain II[13].

Les abbés eurent aussi le privilèges exceptionnel de porter le titre de cardinal (attaché à l'église Santa Prisca, d'abord accordé au second abbé, Oudri puis à partir de l'abbé Fromond (1132-1139) ce droit devint permanent, et fut lié à la charge d'abbé de la Trinité[13].

Entre apogée et conflits

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Geoffroy de Vendôme représenté nimbé, à genoux, au pied du Christ trônant sur le globe.

À partir de la fin de la mainmise angevine sûr le comté de Vendôme, lorsque Foulques L'Oison reprend ses droits sur le comté, lui et ses successeurs vont fréquemment entrer en conflit avec l'abbaye. En effet la Trinité leur échappait complètement puisque restait sous l'autorité des comtes d'Anjou. Mais le monastère eût souvent le dessus. Paradoxalement c'est durant cette période que l'abbaye fut le plus prospère, atteignant son apogée sous l'abbatiat de Geoffroi de Vendôme (1093-1132)[14]. Élu à 24 ans seulement et consacré par l'évêque Yves de Chartres, il se détacha de l'évêque pour une relation privilégiée avec le pape. Geoffroi eût des rapports étroits avec les évêques d'Angers de Saintes et du Mans, et établit des relations avec Cluny et Fontevraud, lui permettant d'obtenir une association spirituelle avec ces deux monastères. Sous son abbatiat le nombre de moine atteint la centaine, chiffre qui ne fut jamais dépassé par la suite[12]. Il est également marqué par une activité artistique intense, nous lui devons les peintures de la salle capitulaire et probablement le vitrail de la vierge à l'enfant[15].

L'abbé Geoffroi accueilli dans l'abbaye deux papes, tous d'abord Urbain II en 1095, venu du Mans durant un périple entamé à la suite du concile de Clermont, le pape, accompagné notamment par l’abbé de Vendôme, s’arrête à Vendôme, reçu en l’abbaye du au soit pendant une dizaine de jours, accompagné, entre autres, du cardinal Raynier (Reniero) qui lui succédera, sous le nom de Pascal II. Durant son séjour à Vendôme, le , selon le cartulaire de la Trinité, Urbain II consacra un autel dédié à la Sainte Croix et à saint Eutrope dont l’église, à l’époque, possédait des reliques[16].

Geoffroi accueilli de nouveau, mais cette fois en tant que pape, Pascal II, qui séjourna à l'abbaye durant 11 jours en 1107[13].

La construction du clocher (v. 1140-v. 1150)

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Clocher de l'abbaye.

Avant la construction du clocher, les cloches semblent avoir étaient installées dans la galilée, espace à l'entrée de l'abbatiale romane, séparant le monde sacré du monde profane[17]. Le chantier du clocher fut probablement lancé sous l'abbatiat d'Aubert (1139-1145) ou de Robert (1146-1160). Il est indispensable à la vie monastique, puisque c'est lui qui sonne les heures et régie ainsi la vie liturgique. Mais la volonté de construire un si monumental clocher s'explique par la volonté d'émancipation de l'abbaye face à l'évêque, permettant de montrer de loin à tous la présence de l'abbaye, puisque sa hauteur de 80 mètres dépassait de loin les constructions environnantes[18].

De plus, son style architectural proche de celui du clocher vieux de la cathédrale de Chartres daté de la même période, invite à penser qu'une certaine concurrence exista entre l'abbaye et le diocèse, chacun voulant affirmer son importance. Certains érudits (Gabriel Plat et René Crozet) ont même été jusqu'à dire que le clocher de Vendôme aurait été construit avant celui de Chartres[19],[20]. Mais les datations trop imprécises des deux édifices ne permet pas de trancher[21].

Le XIIIe siècle

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Clef de voûte du bras nord du transept, Abraham et les trois anges.

En 1205 le comté de Vendôme est rattaché au domaine royal, à la suite des conflits entre Plantagenêt (Anjou) et Capétiens. La protection de l'abbaye ne dépendit donc plus des comtes d'Anjou mais du roi de France, ainsi les relations entre l'abbaye et le comte de Vendôme s'améliorèrent. Malgré quelques litiges notamment en 1227 ou le pape Grégoire IX dut intervenir, les conflits entre les deux puissances vendômoise semble terminé par la suite[22].

Modernisation du transept et réalisation de l'armoire de la Sainte Larme

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Armoire monumentale de la Sainte Larme de Vendôme, collection Gaignière.

À cette même période, dans le premier quart du XIIIe siècle des travaux de modernisation de l'abbatiale romane sont entrepris, le transept est surélevé, de nouvelles fenêtres sont percées et le tout est voûté d'ogives[23]. Ces travaux furent voulu par l'abbé Hamelin (1203-1222), qui désira aussi construire une armoire monumentale pour la Sainte Larme, en raison du succès de son pèlerinage, lui donnant ainsi un écrin monumentale pour la magnifier[24].

Le chantier de l'abbatiale gothique (fin XIIIe-début XVIe siècle)

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L'église rayonnante (1271-1357)

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Lorsque l'abbé Renaud de Villedieu est élu en 1246, l'abbatiale romane est toujours en place, avec pour seul élément de modernité son transept voûté d'ogives. L'abbatiale est dépassée, d'autant que la majorité des grands édifices alentours avait récemment étaient reconstruits dans le nouveau style. Ainsi l'abbé Renaud engagea la reconstruction de l'abbatiale pour la mettre au goût du jours. En , il obtint de l'abbé du Petit-Citeaux, le droit de prélever de la pierre dans les carrières de la Chappe. Les travaux pouvaient commencer. Mais Renaud de Villedieu décéda cette même année, c'est donc son successeur Philippe qui pris en mains les premières années du chantier, suivit de Jean (1275-1284)[25]. Le chantier commença par le chœur, le projet d'origine prévoyait la destruction du transept roman, mais faute de moyen celui-ci fut conservé, les parties basses du chœur sembles achevés en 1280. La construction fut interrompue et ne repris qu'avec l'abbatiat de Simon du Plessis (1284-1308), soit, au plutôt, 4 ans après. La construction des parties hautes du chœur se fit à ce moment-là[26]. En 1308 le pape Clément V accorda un an et quarante jours d'indulgence à tous ceux qui participeraient à la reconstruction de l'abbatiale[25].

Voûtes du chœur qui étaient achevés en 1320.

Pour gagner des fonds supplémentaires pour la construction, le nouvel abbé, Guillaume de Viesel (1309-1319), vendit des bois en 1314. Lorsque les parties hautes du chœur furent construites la question de la destruction du transept fut de nouveau envisagée mais abandonnée, la croisée fut alors voûtée en accord avec les nouvelles voûtes du chœur le tout étant voûté en 1320[26].

Ainsi lorsque Jean de Buffa arriva à la tête de l'abbaye en 1319, le chœur et le transept étaient achevés, mais la nef romane était quant à elle toujours en place, mettant ainsi le chœur des moines de manière inconfortable entre le transept modernisé et la nef ancienne. La reprise des travaux était donc nécessaire. En 1342 à la mort de l'abbé, la huitième travée était achevée, et les parties basses de la travée suivantes étaient bien avancées. Les travaux continuèrent sous ses successeurs Michel (1343-1350) et Guillaume du Plessis (1350-1384), jusqu'en 1357[26].

Le transfert des reliques de saint Eutrope

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Le , l'abbé Guillaume du Plessis, fit transférer le chef de saint Eutrope, évêque de Saintes, du prieuré d' Availles, à la Trinité, en raison des guerres qui ravageaient la Saintonge et le Poitou, ce transfert qui n'aurait dû être que temporaire, le temps que la paix soit assurée, ne le fut finalement pas, et le crane fut conservé par l'abbaye. L'abbé Guillaume et les moines reçurent la précieuse relique en dépôt par une procession dans les rues de Vendôme[27].

La guerre de Cent Ans et l'arrêt des travaux de l'abbatiale (vers 1357-1470/72)

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Le comté de Vendôme est touché par les conflits de la guerre de Cent Ans dès le milieu du XIVe siècle. Ainsi en 1357, le comte d'Anjou Louis Ier d'Anjou, ordonne à l'abbé Guillaume du Plessis de fortifier l'abbaye. La situation politique instable dans la région, et la nécessité de fortifier le monastère contraint l'abbaye à arrêter les travaux de l'abbatiale, à ce moment-là sont construits le chœur, le transept et les deux dernières travées de la nef. En 1385 le prieuré de Villedieu, dépendance de l'abbaye, est fortifié[28]. Alors que la situation politique ne permettait pas des chantiers d'envergure, l'entretien spirituel et la restauration du bâti existant furent mis en avant. Guillaume du Plessis, outre la fortification de l'abbaye, effectua la restauration des charpentes des chapelles rayonnantes du chœur et de la septième travée de la nef après 1374. En 1380 une bulle du pape Clément VII confirme l'union définitive de l'église de Savigny à la manse abbatiale, revenu supplémentaire pour l'entretien de l'abbaye. Guillaume du Plessis effectua également le transfert du chef de saint Eutrope du prieuré d'Availles à l'abbaye, et fonda une messe en l'honneur de la Trinité dans l'abbatiale. Malgré tout en 1384 lors de l'élection de Pierre de Péruse, il ne restait que 26 moines dans le monastère[29]. Symptomatique de cette période de crise, en 1413, Yves Loiseau, trésorier de l'abbaye, était jugé pour le vol du tronc de la Sainte Larme par le sous-prieur Guy Chesneau. L'année suivante Pierre de Péruse résigna l'abbaye à Jean de Lafont [30]. Il est remplacé par Yves de Lafont l'année suivante, mais celui-ci ne prend ses fonctions que le . Sous son abbatiat aucun chantier ne fut réalisé à l'abbaye malgré les requêtes des religieux pour que soient effectuées des réparations. Mais l'abbatiat d'Yves de Lafont fut riche sur le plan spirituel. En 1416, la reine Isabeau de Bavière, fit un dépôt de 3000 £.t. à l'abbaye pour y fonder son anniversaire solennel et une messe basse par jour. En 1428 le comte de Vendôme, Louis de Bourbon fonde quant à lui la procession du Ladre. En 1439 l'abbé Yves procède à une reconnaissance des reliques de saint Eutrope en présence des évêques de Sées et d'Angers, ainsi que de nombreux abbés et clercs[29].

L'achèvement des travaux et la façade flamboyante

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Après la guerre de Cent ans, dès les années 1450 et jusqu'aux premières décennies du XVIe siècle, le royaume de France se reconstruit, rendant propice la reprise des travaux pour l'abbatiale. Dès 1455, Alain de Coëtivy, légat du pape, octroit des indulgences à tous ceux qui visiteraient et participeraient à la reconstruction de l'abbaye. Mais cet élan pour la reprise des travaux ne se concrétisa pas car à la mort de l'abbé Jean de Villeray en 1461, une querelle opposa trois prétendant à la charge d'abbé de la Trinité de Vendôme : Richard Olivier de Longueil, évêque de Coutances ; Thibault de Luxembourg, abbé d'Ourscamp et Aymery de Coudun, prieur d'Aulnay. Le différend fut réglé en 1470 en faveur du dernier, qui fut confirmé dans sa nouvelle charge par une bulle du pape Sixte IV le . Les travaux purent alors reprendre après plus de cent ans d'arrêt. Pour aider à leur achèvement, Aymery fut autorisé par le pape à cumuler les bénéfices de la Trinité et du prieuré d'Aulnay. Bénéfices qu'il utilisa pour reconstruire la quatrième et la cinquième travée de la nef[31]. Il abandonna ses fonctions en 1487[32].

Façade de la Trinité de Vendôme.

Est alors élu pour le remplacer, Louis de Crevant, abbé de Sainte-Foy de Conques. Dès son accession à la tête de l'abbaye, il est concurrencé par Louis de Bourbon, évêque d'Avranches qui cherche à récupérer l'abbaye en commande, celui-ci était fils illégitime du comte de Vendôme, Jean VIII. Le différend fut réglé en faveur de Louis de Crevant par le pape Innocent VIII[33]. L'évêque d'Avranches put cependant tirer une pension sur les revenus de la mense abbatiale[34].

Louis de Crevant donna au chantier un nouvel élan, en accélérant les travaux, en dix ans les trois travées restantes furent construites. Il mit à profit tous les revenus disponibles pour la construction de la façade. Il réussit ainsi à faire intervenir le pape, mais aussi le roi, le comte de Vendôme et l'évêque du Mans pour obtenir des aides[31]. En 1500, le pape et l'évêque du Mans, Philippe de Luxembourg, unirent pour quinze ans le prieuré Saint-Georges d'Oléron à la mense abbatiale pour l'achèvement de l'église. Le , Louis XII exigea par ordonnance que les prieurés de l'abbaye fussent imposés pour aider à l'achèvement du chantier. À cette date, il ne restait à faire que la première travée et le portail occidental[35]. Louis de Crevant confia alors la construction de cette dernière travée et de la façade, à Jean de Beauce, qui résidait à Vendôme en 1506, il était secondé par Gilles de Jarnay[1]. La pierre utilisé pour la construction de la façade vient des carrières de Rocheboyau près de Rochambeau vers Thoré-la-Rochette[31]. Quatre-vingt ouvriers œuvrèrent sur le chantier, faisant de celui-ci l'un des plus important de la fin du Moyen-Âge[31].

Le XVIe siècle : entre achèvement et déclin

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Achèvement des aménagements intérieurs de l'abbatiale et début du régime de la commende

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Après l'achèvement de la façade, Louis de Crevant se concentra sur l'aménagement de chapelles, sur la construction des stalles, du jubé et d'une partie de la clôture de chœur[36], celle-ci est construite en pierre calcaire pour les parties basses, dans de la pierre tendre pour les parties centrales et les parties supérieures avec du bois[37]. Le , Louis de Crevant est nommé par le pape Adrien VI, évêque de Sébaste en Arménie. Il ne semble pas avoir résidé dans son évêché, ayant obtenu la dispense nécessaire. Il se démit de son titre d'abbé de la trinité de Vendôme en faveur de son neveu Antoine de Crevant. Celui-ci acheva alors les aménagements intérieurs engagés par son oncle. Louis de Crevant mourut dans le logis qu'il avait fait bâtir dans l'abbaye le [38], âgé de 71 ans[39]. Son neveu Antoine lui fit bâtir un tombeau sculpté par Jean Juste[40]. Antoine de Crevant mourut lui-même en 1539.

Chapelle Saint-André et Saint Denis et son décors Renaissance. Le pied des fonts baptismaux est un vestige des jardins du château de Blois[41]

L'abbaye passa ensuite sous le régime de la commende, douze abbés commendataires se succédèrent à la tête de l'abbaye, ils s'en désintéressèrent, retenu par d'autres fonctions[3]. Le premier abbé commendataire fut Antoine de Sanguin, cardinal de Meudon, et évêque d'Orléans. S'il ne diriga pas directement de travaux, il permit de nouveaux aménagements intérieurs dans des chapelles de l'abbatiale[40]. Celles dédiées à Saint-Michel, à la Vierge et à Saint André et Denis, cette dernière fut fondé le par Jean Gallois, cellérier de l'abbaye et Pierre Gallois, sieur de Bezai. Suite à ces aménagements, tout semble achevés dans l'abbaye.

Guerres de religion et relâchement de la règle

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En 1559, l'abbaye loge le roi François II et Marie Stuart lors de leur entrée à Vendôme. Les guerres de religion vont affecter la vie de l'abbaye, en particulier en 1562. En effet les saccages effectués à la collégiale Saint-Georges, dans le château (peut-être à la demande de la duchesse de Vendôme Jeanne d'Albret) durent affecter l'abbaye et les autres églises de la ville, puisque un moine de l'abbaye durant les pillages sauva la Sainte Larme. Conséquence : la précieuse relique ne revint à Vendôme qu'en 1575, après avoir était conservé un temps à l'abbaye de Chelles puis à celle de Saint-Germain-des-Près [42].

A la fin du siècle et au début du XVIIe siècle la discipline des moines c'est a tel point relâchée que le cloître est ouvert à tous, les enfants [...] en faisoient le lieu de leurs ébats et divertissements. Autre marque de ce grand relâchement, le nombre des moines était tombé à une petite trentaine en 1595[3].

La reprise en mains par la Congrégation de Saint-Maur

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L’abbaye au XVIIe siècle, planche gravée du Monasticon Gallicanum.

Le [3] 1621, en pleine période de décadence l'abbaye est reprise en mains par des moines de la congrégation de Saint-Maur, qui a pour but la restauration de l'ordre monastique en revenant aux bases de la règle bénédictine[43]. Un concordat est alors signé entre l'abbé commendataire le cardinal Michel Sublet, et les religieux mauristes. Ils se partagent les charges et revenus de l'abbaye, l'abbé s'attribuent la meilleure part, laissant les charges les plus lourdes aux mauristes. Ce partage se fait en trois menses distinctes:

  • la mense abbatiale, revient à l'abbé, elle couvre le palais abbatial et le château Margot et l'ensemble des bâtiments situés au nord de l'abbatiale;
  • la mense conventuelle, part qui revient aux moines, est composée des bâtiments entourant le cloître et le reste de la partie sud de l'abbaye;
  • la mense commune correspond quant à elle à l'entretien de l'abbatiale, qui est commun aux deux partis[44].

Dès leur installation a l'abbaye, et ceux jusqu'à la fin du XVIIe siècle les mauristes voient une partie des revenus toujours aliénés par d'anciens moines restaient sur place et refusant la règle de Saint-Maur. Les mauristes cohabitent alors avec ces moines et leurs versent une pension jusqu'à leurs morts. Ce manque à gagner budgétaire va les contraindre de façon importante pour le fonctionnement et les investissements nécessaires à l'abbaye[45].

Après l'installation de la congrégation a l'abbaye, plusieurs chapitres généraux de l'ordre se réunirent en ses murs, notamment en 1627, 1630 et 1633[3].

Dès 1622 ils procédèrent à une infinité de réparations indispensable, l'ampleur en est aujourd'hui difficilement déterminable. En 1627 ils établirent une galerie de communication entre le dortoir et le bras sud du transept de l'abbatiale. En 1640 des statues, oeuvre du religieux Faron Crouïllère, furent installées sur la façade occidentale[3]. Le cloître est recouvert et recarrelé, la chambre commune est lambrissée et meublée, une nouvelle sacristie est aménagée à l'étage de la chapelle primitive. Un jardin est aménagé à la place d'un grand marécage situé entre la muraille et le Loir. Des aménagements d'embellissement de l'intérieur de l'abbatiale sont également effectués, notamment par la construction dans le chœur d'un retable monumental à deux niveaux en pierre et marbre (la partie haute subsiste toujours, installé dans l'église d'Herbault). De nombreux tableaux sont également ajouté dont l'un représentant le baptême du Christ qui ornait le nouveau retable[46].

Bien que l'abbaye ne fut jamais des plus importantes en nombre de religieux et en revenus elle occupe et conserve, jusqu'à la Révolution, malgré tout une place prépondérante au sein de l'organisation de la congrégation de Saint-Maur. Dès 1625 elle devient l'un des centres les plus réputés de formation des novices bénédictins. Ainsi l'abbaye de Vendôme acceuili durant plus de 150 ans, tous les novices de la province de Bourgogne (la circonscriptions territoriale de la congrégation de Saint-Maur, dont fait partie Vendôme) et certains des autres provinces[44].

Les mauristes furent également très actifs sur le plan spirituel, l'on atteste plusieurs processions de la Sainte Larme notamment. Un fac-similé du Saint Suaire est exposé dans l'abbatiale et même des reliques furent données à l'église de Montoire[3].

En 1651 une importante inondation touche la ville faisant de gros dégâts. L'abbaye fut touchée, l'abbatiale inondée ne put être utilisée pendant huit jours. Il fut alors décidé de surélever le dallage du chœur de six pouces[3].

Les dépenses causés par l'entretien des anciens moines jusqu'à leur mort amène les mauristes à attendre le siècle suivant pour la mise en place de grand travaux de reconstruction[47].

La congrégation de Saint-Maur initie à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, la reconstruction et rénovation des bâtiments conventuels de ses monastères. Les mauristes de Vendôme ont la volonté de suivre cet élan. Il font donc dresser quatre plans de masse de l'abbaye à la fin du XVIIe siècle, présentant des projets de rénovation ou reconstruction des bâtiments conventuels. Cependant ces projets n'aboutirent pas. Il faut attendre les années 1730 pour assister à des rénovations majeurs[48].

Le XVIIIe siècle

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Temps des reconstructions mauristes (1737-1790)

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Dortoir des moines construit de 1737 à 1742 par les mauristes.

Du XIXe siècle à nos jours

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Elle connaît deux campagnes de restauration avec Jules de La Morandière[49] et Émile Boeswillwald[réf. nécessaire].

Architecture

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L'abbatiale de la Trinité est un monument majeur du Moyen Âge français. Elle comprend des éléments d'architecture du XIe siècle, un chœur du XIVe siècle, un clocher roman haut de 80 mètres, une façade flamboyante.

Le clocher.

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Dessin et coupe du clocher de l'abbaye, dans le Dictionnaire raisonné de l’architecture française du xie au xvie siècle de Eugène Viollet-Le-Duc .

Au point de vue de la construction, et sous le rapport du style, le clocher a subi l’influence de deux styles, du style roman ancien né dans les provinces occidentales, et du style qui se développait sur les bords de l’Oise et de la Seine dès le commencement du XIIe siècle, le style désormais appelé style gothique. Sa base est une salle carrée, voûtée par une calotte en arcs de cloître, avec quatre trompillons aux angles donnant pour le plan de la voûte un octogone à quatre grands côtés et quatre petits. Sur cette voûte, dont la coupe est en tiers-point, s’élève, au centre, un pilier carré cantonné de quatre colonnes engagées.

Quatre arcs doubleaux, en tiers-point, sont cintrés du pilier B aux quatre piliers engagés. Mais, pour porter en toute sécurité le pilier central, deux arcs croisés, concentriques à la voûte, viennent reposer sur les murs de l’étage inférieur, et, afin d’éviter le relèvement de ces deux arcs croisés sous la charge du pilier, quatre arcs-boutants, sortes d’étrésillons, aboutissent sous les bases des colonnes des quatre piles engagées. Sont les deux arcs croisés sur l’extrados de la voûte et portant le pilier central ; les arcs-boutants aboutissant sous les bases des colonnes engagées des piliers adossés aux murs. Des portions de mur étrésillonnant le système d’arcs. Les pans coupés de la voûte inférieure en arcs de cloître ne sont pas inutiles ; ils tiennent lieu des pièces de charpente que l’on place aux angles des enrayures et que l’on désigne sous le nom de goussets ; ils empêchent le roulement de tout le système, relient et étrésillonnent les angles de la base en maçonnerie. Des moyens si puissants devaient avoir un motif. Ce motif était de porter, sur le pilier central, les quatre arcs doubleaux et la retraite, un énorme beffroi en charpente, auquel la partie supérieure du clocher servait d’enveloppe. Les constructeurs avaient compris, à mesure qu’ils donnaient plus d’élévation à leurs clochers, qu’il fallait, aux beffrois de charpente mis en mouvement par le branle des cloches, un point d’appui solide, près de la base du clocher, là où la construction épaisse et chargée n’avait rien à craindre des pressions inégales des beffrois. Or, les quatre arcs doubleaux et la retraite portaient l’enrayure basse de ce beffroi, et cette construction de pierre, bien appuyée, bien étrésillonnée, conservait cependant une certaine élasticité.

À partir de cette base, l’enveloppe, la partie supérieure du clocher, n’ayant à subir aucun ébranlement, pouvait être légère ; et, en effet, le clocher de la Trinité de Vendôme, si on le compare aux clochers précédents sa construction, est très léger relativement à sa hauteur, qui est considérable (environ 80 m de la base au sommet de la flèche).

Jusqu’alors, dans les clochers romans, une simple retraite ou des trous dans les parements intérieurs, ou des corbeaux saillants, ou une voûte en calotte, recevaient l’enrayure basse des beffrois en charpente ; et peu à peu, par suite du mouvement de va-et-vient que prennent ces beffrois, les constructions se disloquaient, des lézardes se manifestaient au-dessus des ouvertures supérieures, les angles des tours fatiguaient et finissaient par se séparer des faces. Si la charpente des cloches reposait à plat sur une voûte dont les reins étaient remplis, le peu d’élasticité d’une pareille assiette produisait des effets plus funestes encore que les retraites ou les corbeaux sur les parements intérieurs. Car ces voûtes, pressées tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, se disjoignaient d’abord, et produisaient bientôt des poussées inégales. Le système d’assiette de beffroi adopté dans la construction du clocher, par sa complication même et la pression contrariée des arcs inférieurs, à cause de ces deux étages d’arcs séparés par une pile, possède une élasticité égale à sa résistance, et divise tellement les pressions alternatives du beffroi en charpente qu’elle arrive à les neutraliser complètement. Cela est très-savant et fait voir comme, en quelques années, sous l’influence des écoles nouvelles, les lourdes constructions romanes s’étaient transformées.

Le clocher est peut-être le premier qui soit élevé sur un programme arrêté. Ce n’est plus une tour de quasi défense sur laquelle on a élevé un beffroi, ce n’est plus un porche surmonté de salles et terminé au sommet par une loge ; c’est un véritable clocher, construit de la base au sommet pour placer des cloches, c’est une enveloppe de cloches, reposant sur l’assiette d’un beffroi. Tout en conservant la plupart des formes romanes, comme construction, il appartient à l’école nouvelle ; il remplace les résistances passives de la construction romane par les résistances élastiques, équilibrées, vivantes de la construction gothique. Ce principe, découvert et mis en pratique une fois, eut des conséquences auxquelles les architectes ne posèrent de limites que celles données par la qualité des matériaux, et encore dépassèrent-ils parfois, grâce à leur désir d’appliquer le principe dans toute sa rigueur logique, ces limites matérielles. Voyons maintenant le clocher à l’extérieur. Bien que déjà les baies soient fermées par des archivoltes en tiers-point peu prononcé, son aspect est roman ; son étage supérieur octogonal sous la flèche nous rappelle les couronnements des clochers de Brantôme et de Saint-Léonard, avec leurs gâbles pleins sur les grandes baies principales, et les pinacles des clochers de l’ouest. Les archivoltes de ces pinacles, ainsi que ceux de l’arcature sous la pyramide, sont plein-cintre. Mais la pyramide devient très-aiguë ; elle est renforcée de nerfs saillants sur ses angles et sur le milieu de ses faces ; elle n’est plus bâtie en moellons, conformément à la vieille tradition romane, mais en pierres bien appareillées, et ne porte, dans cette énorme hauteur, que 0,50 c. d’épaisseur à sa base et 0,30 c. à son sommet.

Au niveau des pinacles : sont portés sur des colonnettes alternativement simples et renforcées d’un petit pilier carré ; leur plan est circulaire. C’est encore là un dernier vestige des traditions du Périgord. On observera que l’escalier en pierre accolé à la tour ne monte que jusqu’au-dessus de la voûte de l’étage inférieur. Conformément aux habitudes romanes, on ne montait dans le beffroi en charpente que par des échelles de bois.

L’abbatiale gothique

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La nef et le bas-côté sud avec la galerie du cloître encore subsistante.

L'église gothique a repris le plan du chevet roman à cinq chapelles rayonnantes. La clôture du chœur est ornée de sculptures gothiques flamboyantes et Renaissance. Les stalles ont des miséricordes sculptées de pittoresques scènes de la vie quotidienne et des métiers. La clôture du chœur et les stalles ont été commandées par l'abbé Louis de Crevant et terminées par son neveu Antoine dans la première moitié du XVIe siècle[51].

En 1508, le maître d'œuvre, Jehan Texier dit Jehan de Beauce, réalise la façade de l’abbatiale de la Trinité. Cet embrasement sculpté est un des chefs-d’œuvre de l'art gothique flamboyant[52].

La façade se compose de manière tripartite, et est contre-butée par deux arcs-boutants. Elle est construite en tuffeau sur un socle de pierre dur[52].

La partie centrale est déterminée par deux puissants contreforts et se déploie sur trois niveaux : le portail, coiffé d'un haut gâble ajouré ; le triforium et la fenêtre haute (en partie dissimulé par le gâble) ; le pignon. Les parties latérales sont également percé de portails, plus étroits le gâble ajouré qui les surmontes renvoi, de manière simplifié, à la partie centrale de la façade. Le tout est fermé par par deux immenses arcs-boutants, permettant d'harmoniser le tout en plus d'équilibrer la structure[52].

Vitrail de la Vierge de Vendôme.

L'ensemble des verrières sont classées aux Monuments historiques[53]. Dans la baie 0 de la chapelle axiale, dite du « Saint-Sacrement », le vitrail de la Vierge de Vendôme représente le type primitif de la célèbre Notre-Dame de la Belle Verrière de la Cathédrale de Chartres. Mesurant 240 cm de haut sur 60 cm de large, il date du XIIe siècle.

La clôture de chœur

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Les bâtiments conventuels

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La cour du cloître

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Il est au cœur du fonctionnement de cette abbaye bénédictine et comprend : le dortoir, le réfectoire et le logis des hôtes. La cuisine circulaire (comme à Fontevraud) et l’aile sud ont été remplacées par un bâtiment plus imposant, nécessaire à l’accueil des moines bénédictins mauristes au XVIIIe siècle. Seule la partie nord de la galerie du cloître, le long de l’église, a survécu à la démolition décidée par l’armée en 1907.

La salle capitulaire

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Les murs de la salle sont ornés de très belles fresques (fin XIe siècle début XIIe siècle) découvertes en 1972 derrière un mur du XIVe siècle. « La Pêche miraculeuse » (Jean 21, 1-14) demeure la plus belle de ces scènes illustrant des événements survenus après « La Résurrection du Christ ».

Les cuisines

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Les cuisines médiévales étaient circulaires, d'un type proche de celle encore conservée à Fontevrault.

Palais abbatial

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Le logis abbatiale actuel date des XVe et XVIe siècles

Les greniers de l'abbaye

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Les chapelles Saint-Benoît et Notre-Dame

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Les stalles

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Les tableaux

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Les sculptures

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  • Depuis la Révolution, une statue de Saint-Jean-Baptiste en marbre blanc qui était originellement à la collégiale Saint-Georges de Vendôme est situé dans le bras nord du transept, elle avait été offerte par le comte Jean VII de Bourbon à la fin du XIVe siècle. Elle ornait alors le centre d'un retable aux volets peints, et était installée dans la chapelle Saint-Jean qu'il avait fondée, et où il fut enterré[54].

L'abbaye comptait parmi les plus importantes de l'époque médiévale, elle abritait de nombreuses reliques[55]:

  • relique de la Sainte Larme. La Sainte Larme était un bloc de cristal dans lequel se trouvait une goutte d'eau. La relique était placée dans une armoire connue par des dessins[56],[57]. Les bénédictins sont chassés de l'abbaye en 1790. Le reliquaire de la Sainte larme continua à être adoré, mais le , la municipalité de Vendôme vient à l'abbaye et se fait remettre les reliquaires pour en retirer l'or et les pierres précieuses. Les reliques sont brûlées mais le reliquaire de la Sainte Larme n'a été saisie que plus tard comme le montre une lettre datée du 2 messidor an II () indiquant que l'or de ce reliquaire a été envoyé à la Monnaie de Paris le . Cependant le fuseau de cristal contenant la Sainte Larme a été recueilli par un sieur Morin puis passa de mains en mains. En 1803, au rétablissement du culte, la relique est remise à Étienne-Alexandre Bernier, évêque d'Orléans qui en fait don au cardinal Caprara, légat du pape en France. Cette relique a été perdue dans son transport de Vendôme à Rome. Achille de Rochambeau remarque que l'Église n'a jamais consacré l'authenticité de cette relique[58].
  • Le corps de saint Eutrope
  • Un fragment de la Vraie Croix
  • Des reliques de saint Léonce
  • Un bras de saint Bié (saint Béat ou saint Bienheuré)
  • Des reliques de saint Colomban
  • Le chef de saint André
  • La mâchoire inférieure de sainte Madeleine
  • Un os de saint Laurent
  • Un fragment du manteau de saint Arnoult
  • Un bras de saint-Colomban
  • Un doigt de saint Julien, évêque du Mans
  • Un fragment de la couronne d'épine (peut-être confondu avec le morceau de la vrai croix[59].)
  • Des reliques de saint Séverin

Les possessions de l’abbaye

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Liste non exhaustive[60]

Les églises paroissiales

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Les prieurés

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Les églises paroissiales

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Les prieurés

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églises paroissiales

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Dans le comté de Saintes

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  • Renauld Ier (1033-1046)[72]
  • Oudri (1046-1082)
  • David (1082-1085)
  • Bernon (1086-1093)
  • Geoffroi de Vendôme, (1070-1132), qui engagea une politique de rayonnement de son abbaye et reçut deux papes dans celle-ci, Urbain II puis Pascal II.
  • Fromond (1132-1139)
  • Aubert (1139-1145)
  • Robert (1146-1161)[73]
  • Guillaume Ier (1161-1164)
  • Girard (1164-1187)
  • Lucas (1187-1202)
  • Hamelin (1203-1222)
  • Geoffroy II (1222-1223)
  • Hugues (1223-1227)
  • Renaud II (1227)
  • Renaud III (1227-1243)
  • Renaud IV de Villedieu (1243-1271)
  • Philippe (1272-1275)
  • Jean I (1275-1284)
  • Rainaud (1284-1286)[74]
  • Simon du Plessis (1286 []-1308)[75]
  • Jean II (1308-1309)
  • Guillaume II de Viesel (1309-1319)
  • Jean III de Buffa (1319-1342)
  • Michel (1343-1350)
  • Guillaume III du Plessis (1350-1384)
  • Pierre de Péruse (1384-1414)
  • Jean IV de Lafont (1414-1415)
  • Yves de Lafont (1415-1440)
  • Jean V de Villeray (1440-1461)
  • Richard Olivier de Longueil (1461-1470)
  • Aimery de Coudun (1470-1487)
  • Louis de Crevant (1487-1522)
  • Antoine de Crevant (1522-1539)

Abbés commendataires

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Moines et visiteurs célèbres

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Protection des Monuments Historiques

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Cette abbaye fait l'objet de protections au titre des monuments historiques[76] : un classement par la liste de 1840 concernant l'église de la Trinité, une inscription en 1948 concernant les vestiges de la chapelle Saint-Loup, un classement en 1949 concernant les façades et les toitures des bâtiments de l'ancienne abbaye, la salle capitulaire et la cour du cloître et une inscription par arrêté du concernant les greniers, les façades et toitures du bâtiment Régence et le mur de clôture de l'ancien logis abbatial.

Notes et références

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Références

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  1. a et b Isnard 2007, p. 295
  2. Jacques Le Goff (dir.), Histoire de la France urbaine II : La Ville médiévale, Seuil, , p. 81
  3. a b c d e f g et h Isnard 2007, p. 43
  4. Alexis Couturier, « La marque Vuitton investit à Vendôme : 200 emplois à la clé », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne)
  5. Isnard 2007, p. 16
  6. a b et c Isnard 2007, p. 17
  7. [Métais 1893] Abbé Charles Métais, Cartulaire de l'abbaye cardinale de la Trinité de Vendôme, t. 1, Paris, Alphonse Picard et fils éditeurs, (lire en ligne), p. 55-78, 85-95
  8. Isnard 2007, p. 73
  9. Simon 2015, p. 296
  10. Isnard 2007, p. 74
  11. Isnard 2007, p. 20-21
  12. a et b Isnard 2007, p. 18
  13. a b et c Isnard 2007, p. 19
  14. Isnard 2007, p. 31
  15. Isnard 2007, p. 32
  16. Jean-Claude Pasquier, « Quand le pape Urbain II séjourna à l'abbaye de la Trinité de Vendôme », Le Petit Vendômois,‎ (lire en ligne)
  17. Isnard 2007, p. 84
  18. Isnard 2007, p. 82
  19. Plat 1934, p. 266
  20. René Crozet, « Le Clocher de la Trinité de Vendôme », Bulletin Monumental,‎ , p. 144 (lire en ligne)
  21. Isnard 2007, p. 83
  22. Isnard 2007, p. 33
  23. Isnard 2007, p. 85
  24. Isnard 2007, p. 91
  25. a et b Isnard 2007, p. 36
  26. a b et c Isnard 2007, p. 195-196
  27. Simon 1834, p. 258
  28. Isnard 2007, p. 37
  29. a et b Isnard 2007, p. 38
  30. Simon 1834, p. 272-273
  31. a b c et d Isnard 2007, p. 201
  32. Isnard 2007, p. 39
  33. Simon 1834, p. 333-335
  34. Tabbagh 2014, p. 4
  35. Isnard 2007, p. 40
  36. Isnard 2007, p. 201-202
  37. Arthur Boyer 2017, p. 77
  38. Simon 1834, p. 348-350
  39. Isnard 2007, p. 203
  40. a et b Arthur Boyer 2017, p. 80
  41. Arthur Boyer 2017, p. 83
  42. Simon 2015, p. 571-573
  43. Fauvinet 2020, p. 50
  44. a et b Fauvinet 2020, p. 53
  45. Fauvinet 2020, p. 53-54
  46. Fauvinet 2020, p. 54-55
  47. Fauvinet 2020, p. 54
  48. Fauvinet 2020, p. 55
  49. « Base biographique : Jules Potier de La Morandière », sur ministère français de la Culture, (consulté le ).
  50. Eugène Viollet-Le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du xie au xvie siècle (lire en ligne)
  51. Service communication et Animation du patrimoine, l'abbaye de la Trinité de Vendôme, Villes et pays d'art et d'histoire, .
  52. a b et c Isnard 2007, p. 179.
  53. « Ensemble des verrières », notice no PM41000546, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  54. « groupe sculpté:saint Jean-Baptiste », notice no PM41000644, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  55. Isnard 2007, p. 20-24.
  56. René Crozet, « Le monument de la Sainte Larme à la Trinité de Vendôme », Bulletin Monumental, t. 121, no 2,‎ , p. 171-180 (lire en ligne)
  57. Isabelle Isnard, « La Sainte larme de l'abbaye de la Trinité de Vendôme : architecture, décor et mobilier liturgique », Revue Mabillon, t. 81,‎ , p. 173-202 (lire en ligne)
  58. Achille de Rochambeau, « Voyage à la Sainte larme de Vendôme », Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois, t. XII,‎ , p. 157-212, 250-292 (lire en ligne)
  59. Isnard 2007, p. 24.
  60. de Saint-Venant 1983, p. 91-92.
  61. Lesueur 1969, p. 287.
  62. a et b Lesueur 1969, p. 305.
  63. Lesueur 1969, p. 80.
  64. Lesueur 1969, p. 485.
  65. Lesueur 1969, p. 40.
  66. Lesueur 1969, p. 42.
  67. Lesueur 1969, p. 89.
  68. Lesueur 1969, p. 149.
  69. Lesueur 1969, p. 180.
  70. Lesueur 1969, p. 481.
  71. Lesueur 1969, p. 184.
  72. Isnard 2007, p. 297.
  73. Élu en 1145, confirmé par le roi en 1146, d'après Gallia christiana, t. 8, col. 1370 [1]
  74. "Après la mort de l'abbé Jean, le couvent chargea treize commissaires de nommer le nouvel abbé. Ceux-ci élurent l'un d'entre eux, Rainaud, prieur du Saint-Sépulchre de Beaugency" qui résigna ses droits à Rome entre les mains d'Innocent IV. D'après M. Prou, "Additions et corrections au Gallia christiana, tirées des registres d'Honorius IV", In: Mélanges d'archéologie et d'histoire, tome 5, 1885, p. 251-275, ici p. 266. [2]
  75. moine, bibliothécaire de l'abbaye, désigné à la charge abbatiale laissée vacante par Rainaud de Beaugency par bulle d'Innocent IV du 25 octobre 1286. Registre d'Innocent IV, 2e année, no 146, f. 168 ; texte latin cité par M. Prou, "Additions et corrections au Gallia christiana, tirées des registres d'Honorius IV", In: Mélanges d'archéologie et d'histoire, tome 5, 1885, p. 251-275, ici p. 266. [3]
  76. « Ancienne abbaye de la Trinité », notice no PA00098633, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Isabelle Isnard, L'abbatiale de la Trinité de Vendôme, Presses universitaires de Rennes, .
  • Gabriel Plat, L'église de la Trinité de Vendôme, Petites monographies des grands édifices de la France, .
  • Gaël Simon, « Espace et société à Vendôme du 11e au début du 19e s. : fonctionnement et fabrique d'une ville intermédiaire sur le temps long : Volume 3-1 », theses.fr, Tours,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  • Michel Simon, Histoire de Vendôme et de ses environs Tome II, .
  • Raoul de Saint-Venant, Dictionnaire Topographique, Biographique, Généalogique, et Héraldique du Vendômois : Tome quatrième V-Z, Blois, , 344 p. (ISBN 2-904695-05-2).
  • Frédéric Lesueur, Les églises de Loir-et-Cher, Éditions A.& J. Picard, .
  • Claude Bayle, « Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme par M. Claude Bayle », Bulletin de la société Archéologique scientifique et littéraire du Vendômois,‎ , p. 16-44 (lire en ligne)
  • Arthur Boyer, « Les éléments d'architecture et le mobilier en pierre de style Renaissance dans l'église de la Trinité de Vendôme de 1508 à 1548 », Bulletin de la société Archéologique scientifique et littéraire du Vendômois,‎ , p. 75-84
  • François Brossier, « Les clés de voûte historiées de l'église abbatiale de la Trinité de Vendôme », Bulletin de la société Archéologique scientifique et littéraire du Vendômois,‎ , p. 85-89
  • Michaël Fauvinet, « Le bâtiment dit "Régence" de l'abbaye de la Trinité de Vendôme et la congrégation de Saint-Maur », Bulletin de la société Archéologique scientifique et littéraire du Vendômois,‎ , p. 49-70
  • Isabelle Isnard, « La Sainte larme de l'abbaye de la Trinité de Vendôme : architecture, décor et mobilier liturgique », Revue Mabillon, t. 81,‎ , p. 173-202 (lire en ligne)
  • Jean-Yves Cordier, « Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme », overblog,‎ (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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