Saintes Larmes

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Les Saintes Larmes font partie des reliques « physiques » du Christ, traces de son passage sur la terre.

Lacryma Christi[modifier | modifier le code]

Sur les pentes du Vésuve, on produit un vin renommé, le Lacryma Christi. Selon une tradition, Dieu reconnaissant dans le golfe de Naples un lambeau du ciel arraché par Lucifer pendant sa chute vers les enfers, pleura et là où les larmes divines tombèrent, surgit la vigne du Lacryma Christi[1].

Sainte Larme de Vendôme[modifier | modifier le code]

La Sainte Larme est une relique qui fut confiée lors de sa fondation à l'Abbaye de la Trinité de Vendôme et qu'une longue tradition identifie aux larmes que le Christ aurait versées lors de la mort de Lazare. Elle aurait été recueillie par un ange qui l'aurait ensuite confiée à Marie-Madeleine[2].

Elle est invoquée pour apporter la pluie et rendre la vue.

Au XVIIe siècle, l'authenticité de cette relique fait l'objet d'une controverse entre Jean-Baptiste Thiers qui la conteste et Jean Mabillon qui la défend.

Actuellement, elle n'est plus conservée à l'église de la Trinité.

Sainte Larme de Chemillé[modifier | modifier le code]

Une relique contenant une larme du Christ est conservée à Chemillé (Maine-et-Loire) depuis le XIe siècle. Selon la légende, un ange aurait recueilli des larmes versées par le Christ sur la tombe de Lazare et les aurait confié à Marie-Madeleine. On retrouve la trace de la Sainte Larme en Occident au XIe siècle. La relique fut offerte à Geoffroy Martel, comte d'Anjou et abbé de Vendôme qui en confie une partie à son vassal, le baron Pierre Ier de Chemillé. La relique fut conservée pendant près d'un siècle et demi dans la chapelle du château. Elle fut conservée à partir du XIIIe siècle, dans la collégiale St-Léonard. Cette Sainte Larme fut déposée dans un reliquaire circulaire de vermeil et d’argent, enchâssée dans une pastille de verre, d'un diamètre de 10 cm environ.

En mars 1794, pendant la Guerre de Vendée, la collégiale fut incendiée par les Colonnes infernales. La Sainte Larme aurait été retrouvée intacte après l'incendie par des enfants; elle est enterrée jusqu'au retour de la paix. Au début du XIXe siècle, après cinq ans d'enquête, la relique est reconnue comme authentique en 1812.

L'histoire du périple de la Sainte Larme est relatée par les vitraux du chœur de l'église Notre-Dame nouvelle de Chemillé.

Sainte Larme d'Allouagne[modifier | modifier le code]

Une Sainte Larme est conservée à Allouagne dans le Pas-de-Calais. En 1099, pendant les croisades, Godefroy de Bouillon fit parvenir à sa nourrice qui détenait une propriété à Allouagne en Artois, une fiole contenant une larme versée par Jésus-Christ devant le corps de Lazare.

Cette relique est composée d'une pierre grisâtre sur laquelle des larmes de Jésus seraient tombées. Cette pierre est enserrée dans une fiole en argent, elle-même déposée dans un châssis de bois doré. Tous les 21 juin, on distribuait aux pèlerins de l'eau bénite dans laquelle on avait plongé la pierre sacrée. Cette "Eau de la Sainte Larme" était censée guérir les maladies des yeux.

La ferveur populaire attribue à cette Sainte Larme la préservation de la commune, épargnée pendant les deux guerres mondiales.

Sainte-Larme de Selincourt[modifier | modifier le code]

Bernard III de Moreuil reçut en récompense de sa bravoure lors du siège de Constantinople (1204) par les croisés, une petite fiole de verre de la forme d'une larme contenant des larmes et du sang du Christ. Il rapporta cette sainte relique en France et en fit don, en 1209, à l'abbaye de Selincourt, dans le diocèse d'Amiens. On attribuait à cette Sainte-Larme des vertus miraculeuses, en particulier, celle de guérir les maux des yeux ou la cécité.

À la Révolution, l'abbaye fut complètement détruite. La Sainte Larme après bien des périples fut conservée à l'église Saint-Rémi d'Amiens dans un reliquaire réalisé par Placide Poussielgue-Rusand. Elle fut transférée en 1986 dans l'église de l'Assomption de la Vierge de Selincourt.

Autres lieux de conservation de larmes du Christ[modifier | modifier le code]

  • Thiers (Puy-de-Dôme)
  • Saint-Maximin (Var),
  • Orléans (St-Pierre-du-Puellier) : en 998, un Christ de cette église répandit des larmes. Une, recueillie et vénérée lors des guerres de Religion, disparut par la suite.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Lacrima Christi », sur www.italien-pasta.com (consulté en 16 octobre2010)
  2. (fr) « Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et ..., Volume 6. Par Jean-Joseph Expilly », sur books.google.fr (consulté en 16 octobre2010)