Base sous-marine de Bordeaux
| Base sous-marine de Bordeaux | ||
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| Lieu | Bordeaux (Aquitaine, France) | |
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| Type d’ouvrage | Base de sous-marins | |
| Construction | 1941 | |
| Architecte | Organisation Todt | |
| Matériaux utilisés | Béton armé, béton, granit | |
| Utilisation | Base sous-marine, stockage, réparation | |
| Contrôlé par | ||
| Guerres et batailles | Seconde Guerre mondiale | |
| Coordonnées | ||
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La base sous-marine de Bordeaux est l'une des cinq bases pour sous-marins construite par les Allemands sur la façade Atlantique française au cours de la Seconde Guerre mondiale. Construite entre 1941 et 1943, elle accueillit des sous-marins italiens et allemands. Elle abrite aujourd'hui un espace culturel.
Sommaire |
Une première base sous-marine italienne [modifier]
Lors de l'Occupation, les Italiens installèrent dès 1940 une base sous-marine dans le port de Bordeaux part de leur effort dans la bataille de l'Atlantique. Son nom de code était Betasom : bêta pour la lettre grecque initiale de Bordeaux, et som pour sommergibili, sous-marins en italien.
Elle allait abriter les sous-marins italiens de la 11ème Gruppo del Fero Subacqueo Italiano en Atlantico en 1940,
La base dépendait des Forze subacquee italiane in Atlantico dirigées par le contre-amiral Parona, sous le commandement de la Marine italienne, mais les opérations sont sous le contrôle du Commandement allemand des sous-marins. Quarante-trois submersibles étaient affectés à Bordeaux, plus du tiers de la flotte sous-marine italienne.
Le U-Bunker [modifier]
Construction [modifier]
La planification de la construction d'une base sous-marine en bunker date de 1940 au sein du Marine Bauwesen, le département en charge des constructions au sein de l'OKM, l'Oberkommando der Marine, l'état-major de la Kriegsmarine allemande[1] mais arrive après celles des autres bases sous-marine sur l'Atlantique[1], alors plus accessibles aux bombardiers britanniques. L'organisation Todt débute la construction en septembre 1941 sur le bassin n° 2 de Bacalan. La construction va durer 22 mois[1].
Le bâtiment était constitué en un bloc en béton armé de 245 mètres de long pour 162 mètres de largeur et 20 mètres de haut. Une tour bunker de 48m sur 73 lui est adjointe. Il abritait 11 alvéoles de 100 à 115 mètres de long, 7 des ces alvéoles pouvant accueillir 1 sous-marin et quatre pouvant en accueillir deux. Les 7 alvéoles centrales pouvaient être mises à sec. Chacune est séparée par un mur épais de 5 à 6 mètres et est fermée par des volets blindés pour la protéger des éclats de bombes. A l'autre extrémité du bassin une voie ferrée traverse le bunker et dessert les différentes alvéoles. Des pont-roulants permettait sur chacune de transporter pièces lourdes et munitions. De l'autre coté de la voie ferrée, la bâtiment abritait sur plusieurs étages, ateliers, réserves, bureaux et lieux de vie dont une infirmerie.
L'ensemble était couvert par un premier toit en béton armé de 3,5 mètres d'épaisseur. Il fut recouvert par une seconde dalle de 2,10 mètres d'épaisseur. A partir de 1943, avec la portée accru des bombardiers alliés et également des bombes devenues plus puissantes, les Allemands décidèrent de le renforcer encore le toit en posant dessus une structure dite Fangrost[1]. Il s'agissait d'une série de poutres en béton de 32 tonnes placées parallèlement, espacées de 5 à 6 mètres et recouvertes d'autres poutres plus petites placées perpendiculairement aux premières. Ce dispositif devait provoquer l'explosion de la bombe avant qu'elle n'atteigne la dalle[1]. Mais ce "treillis" n'était pas achevé en août 1944.
Pour des raisons de sécurité, les torpilles et le carburant étaient stockés en dehors, dans de petits bunkers situés à 200 mètres au nord-est de la base (près du boulevard Daney)[1].
600 000 m³ de béton furent nécessaires pour la construction. L'organisation Todt employa plusieurs milliers d'ouvriers[1], certains volontaires mais la plupart prisonniers de guerre ou requis dont plus de 3000[réf. nécessaire] républicains espagnols, "les rouges" (on estime que plus de 70 y sont morts) mais également des Français, des Italiens, des Belges et des Néerlandais[1].
Opérations [modifier]
Dès la construction des premières alvéoles, la base devient en octobre 1942 le port d'attache de la 12. Unterseebootsflottille. Cette flottille assurait les missions longues dont celles en océan Indien et les liaisons avec le Japon[1].
Le port de Bordeaux et ses dépendances (Le Verdon, Ambes, Bassens, Pauillac) abritait également une flottille d'un vingtaine de patrouilleurs, une quinzaine de dragueurs de mines et quelques [(destroyer]]s chargés d'assurer la protection au départ et à l'arrivée des sous-marins.
Le 17 mai 1943 vit un raid aérien américain d'importance. Une information de la Résistance avait indiqué aux Alliés une forte concentration de sous-marins[2]. Mais le bombardement fait à 22 000 pieds fut imprécis et affecta peu la base. Une porte du bassin à flot fut détruite et cinq sous-marins échoués[2]. Mais les dégâts civils sont eux importants, plus de 200 immeubles touchés, 184 Bordelais tués et 249 blessés[2]. De janvier à août 1944, se dérouleront plus de 13 raids Anglo-américains sur la base sous-marine et l'aéroport de Mérignac, mais sans grand succès[2].
Le 28 août 1944, Bordeaux et le port sont évacués par les Allemands.
Après-guerre [modifier]
La base reste un imposant vestige de la Seconde Guerre mondiale. Il abrita ensuite un musée de la plaisance et est aujourd’hui un espace culturel très visité. Sur les 42 000 m² de cette imposante construction de béton, 12 000 m² environ sont aujourd'hui ouverts au public.
Notes et références [modifier]
- Bordeaux et la marine de Guerre, XVIIe - XXe siècles, Presses universitaires de Bordeaux, Pessac, 2002 (ISBN 2-86781-298-4)
- Histoire des maires de Bordeaux sous la coordination d'André Desforges, Les Dossiers d'Aquitaine, (ISBN 9782846221719)
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Histoire du port de Bordeaux pendant la Seconde Guerre mondiale
- Base sous-marine de Brest
- Base sous-marine de Lorient
- Base sous-marine de La Rochelle
- Base sous-marine de Saint-Nazaire
Liens externes [modifier]
- La base sous-marine de Bordeaux : histoire, description détaillée, photos...
- Histoire de la base Sous-Marine de Bordeaux-Bacalan
- Programmation des expositions