Base sous-marine de Bordeaux

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Base sous-marine de Bordeaux
Image illustrative de l'article Base sous-marine de Bordeaux

Lieu Bordeaux (Aquitaine, France)
Type d’ouvrage Base de sous-marins
Construction 1941
Architecte Organisation Todt
Matériaux utilisés Béton armé, béton, granit
Utilisation Base sous-marine, stockage, réparation
Contrôlé par Drapeau de la France France
Guerres et batailles Seconde Guerre mondiale
Coordonnées 44° 52′ 12″ N 0° 33′ 31″ O / 44.869909, -0.55864444° 52′ 12″ Nord 0° 33′ 31″ Ouest / 44.869909, -0.558644  

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Base sous-marine de Bordeaux

La base sous-marine de Bordeaux est l'une des cinq bases pour sous-marins construites par les Allemands sur la façade atlantique française au cours de la Seconde Guerre mondiale. Construite entre 1941 et 1943, elle accueillit des sous-marins italiens et allemands. Elle abrite aujourd'hui un espace culturel.

Une première base sous-marine italienne[modifier | modifier le code]

Lors de l'Occupation, les Italiens installèrent dès 1940 une base sous-marine dans le port de Bordeaux, constituant une part de leur effort dans la bataille de l'Atlantique. Son nom de code était Betasom : bêta pour la lettre grecque initiale de Bordeaux, et som pour sommergibili, sous-marins en italien.

Elle allait abriter les sous-marins italiens de la 11ème Gruppo del Fero Subacqueo Italiano en Atlantico en 1940.

La base dépendait des Forze subacquee italiane in Atlantico dirigées par le contre-amiral Parona, sous le commandement de la Marine italienne, mais les opérations sont sous le contrôle du Commandement allemand des sous-marins. Quarante-trois submersibles étaient affectés à Bordeaux, plus du tiers de la flotte sous-marine italienne.

Le U-Bunker[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

La planification de la construction d'une base sous-marine en bunker date de 1940 au sein du Marine Bauwesen, le département chargé des constructions au sein de l'Oberkommando der Marine (OKM), l'état-major de la Kriegsmarine allemande[1], mais arrive après celles des autres bases sous-marines sur l'Atlantique[1], alors plus accessibles aux bombardiers britanniques. L'organisation Todt commence la construction en septembre 1941 sur le bassin n° 2 de Bacalan. La construction va durer 22 mois[1] et sous la supervision, comme pour les autres bases sous-marines allemandes, d'Andreas Wagner[2].

Le bâtiment était constitué d'un bloc de béton armé de 245 mètres de long sur 162 mètres de large et 20 mètres de haut. Une tour bunker de 48 × 73 m lui est adjointe. Il abritait 11 alvéoles de 100 à 115 mètres de long, 7 de ces alvéoles pouvant accueillir un sous-marin et quatre pouvant en accueillir deux. Le tirant d'air est de 11,40 m[2] et le tirant d'eau de 9 m (avec un marnage de 1,5m[2]).

Les 7 alvéoles centrales pouvaient être mises à sec. Chacune est séparée par un mur épais de 5 à 6 mètres et fermée par des volets blindés pour la protéger des éclats de bombes. À l'autre extrémité du bassin, une voie ferrée traverse le bunker et dessert les différentes alvéoles. Chaque alvéole est équipé de deux ponts roulants d'une capacité de levage de 3 ou 5 tonnes[2] permettait sur chacune de transporter pièces lourdes et munitions.

De l'autre côté de la voie ferrée, le bâtiment abritait, sur plusieurs étages, ateliers, réserves, bureaux et lieux de vie, dont une infirmerie.

L'ensemble était couvert par un premier toit en béton armé de 3,5 mètres d'épaisseur. Il fut recouvert par une seconde dalle de 2,10 mètres d'épaisseur. À partir de 1943, avec la portée accrue des bombardiers alliés et également des bombes devenues plus puissantes, les Allemands décidèrent de renforcer encore le toit en posant au-dessus une structure dite Fangrost[1]. Il s'agissait d'une série de poutres en béton de 32 tonnes placées parallèlement, espacées de 5 à 6 mètres et recouvertes d'autres poutres plus petites placées perpendiculairement aux premières. Ce dispositif devait provoquer l'explosion de la bombe avant qu'elle n'atteigne la dalle[1]. Mais ce « treillis » n'était pas achevé en août 1944.

Pour des raisons de sécurité, les torpilles et le carburant étaient stockés au dehors, dans de petits bunkers situés à 200 mètres au nord-est de la base (près du boulevard Daney)[1].

600 000 m³ de béton furent nécessaires pour la construction. L'organisation Todt employa plusieurs milliers d'ouvriers[1], certains volontaires, mais la plupart prisonniers de guerre ou requis dont plus de 3 000 républicains espagnols[réf. nécessaire] , « les rouges » (on estime que plus de 70 y sont morts), mais également des Français, des Italiens, des Belges et des Néerlandais[1].

Opérations[modifier | modifier le code]

Dès la construction des premières alvéoles, la base devient en octobre 1942 le port d'attache de la 12. Unterseebootsflottille. Cette flottille assurait les missions longues dont celles en océan Indien et les liaisons avec le Japon[1].

Le port de Bordeaux et ses dépendances (Le Verdon, Ambes, Bassens, Pauillac) abritaient également une flottille d'un vingtaine de patrouilleurs, une quinzaine de dragueurs de mines et quelques destroyers chargés d'assurer la protection au départ et à l'arrivée des sous-marins.

Le 17 mai 1943 vit un raid aérien américain d'importance. Une information de la Résistance avait indiqué aux Alliés une forte concentration de sous-marins[3]. Mais le bombardement fait à 22 000 pieds fut imprécis et affecta peu la base. Une porte du bassin à flot fut détruite et cinq sous-marins échoués[3]. Mais les dégâts civils sont importants, plus de 200 immeubles touchés, 184 Bordelais tués et 249 blessés[3]. De janvier à août 1944, se dérouleront plus de 13 raids anglo-américains sur la base sous-marine et l'aéroport de Mérignac, mais sans grand succès[3].

Le 28 août 1944, Bordeaux et le port sont évacués par les Allemands.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

La base reste un imposant vestige de la Seconde Guerre mondiale. Il a ensuite abrité un musée de la plaisance, et il est aujourd’hui un espace culturel très visité : sur les 42 000 m² de cette imposante construction de béton, 12 000 m² environ sont ouverts au public.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i Bordeaux et la marine de Guerre, XVIIe - XXe siècles, Presses universitaires de Bordeaux, Pessac, 2002 (ISBN 2-86781-298-4)
  2. a, b, c et d Yves Buffetaut, Les Ports de l'Atlantique : 1939-1945, Rennes, Marines éditions,‎ 2003, 155 p. (ISBN 2-909675-99-8), p. 83 "Le U-Bunker de Bordeaux"
  3. a, b, c et d Histoire des maires de Bordeaux sous la coordination d'André Desforges, Les Dossiers d'Aquitaine, (ISBN 9782846221719)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]