Faux (outil)

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Homme utilisant une faux
Faucille et faux
Faux récente

La faux ou faulx est un outil manuel utilisé en agriculture et en jardinage pour faucher l'herbe et les céréales. La faux est formée d'une longue lame effilée (60 à 90 cm) et arquée, fixée perpendiculairement sur un manche relativement long (140 à 200 cm) muni de deux poignées, l'une à mi-hauteur et l'autre à l'extrémité opposée à la lame.

Historique[modifier | modifier le code]

En 2009, au cours de fouilles précédant la construction de l'autoroute française A19, une lame de faux gauloise datant du troisième siècle avant notre ère fut découverte à Chevilly, dans le département du Loiret.

D'abord utilisée pour couper l'herbe, la faux ne remplaça la faucille pour la récolte des céréales qu'à partir du XVIe siècle. Son usage a fortement régressé depuis l'apparition des faucheuses mécaniques puis des moissonneuses-batteuses.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le fauchage requiert un apprentissage spécifique. La description ci-dessous concerne un faucheur droitier. Inverser tout pour un gaucher.

Le faucheur reste droit pendant la fauche. Il fait face à la coulée qu'il va faucher. La lame repose au sol, la pointe à la droite du faucheur et donc le manche un peu en retrait derrière lui. Il effectue un mouvement latéral des deux bras pour amener l'herbe fauchée à gauche de son passage. Il repousse la faux au point de départ de la nouvelle coupe, la lame s'appuyant toujours sur le sol et fait un petit pas de la largeur d'herbe fauchée.

La largeur d'herbe fauchée est la même pendant tout le mouvement. Elle ne dépasse pas 10 cm et dépend du contexte (dureté de l'herbe, sa hauteur, présence de rosée). Pendant la fauche la lame repose toujours au sol pour éviter la fatigue.

Progressivement à gauche du faucheur se forme un tas rectiligne parallèle à l'avancée du faucheur, c'est l'andain.

Voici quelques images :

Entretien de la faux[modifier | modifier le code]

L'aiguiser[modifier | modifier le code]

Le faucheur doit fréquemment aiguiser sa lame (toutes les quinze ou trente minutes suivant la résistance des végétaux coupés et la qualité de la lame), grâce à une pierre à aiguiser humide. Cette opération répare les plus fines atteintes au tranchant de la lame et, comme tout aiguisage, enlève une petite partie de métal (ébavurage).

La battre[modifier | modifier le code]

De temps en temps (environ douze heures de fauche) le faucheur doit « battre » sa faux. Pour cela il sépare la lame du manche. Ensuite, avec un marteau sans angle marqué, il tapote le tranchant de la lame posée sur une enclumette. Le tranchant de la lame est placé au milieu de la tête de l'enclumette. Le faucheur évite de taper trop souvent au même endroit sinon le tranchant n'est plus rectiligne, de plus s'il devient trop fin il peut se fendre. Bien qu'ennuyeux ces défauts disparaissent après quelques aiguisages. Cette opération est en fait un forgeage à froid destiné à affiner le tranchant, réparer les micro-fissures, combler les trous laissés par les éclats de métal partis, ainsi qu'à orienter les grains d'acier dans le meilleur sens pour la coupe. Cette opération modèle le métal sans en enlever. Le battage est fini quand le tranchant de la lame plie sous la pression de l'ongle. Il est toujours suivi d'un nouvel aiguisage à la pierre.

Outils d'entretien[modifier | modifier le code]

L'enclumette de faucheur[modifier | modifier le code]

  • Une enclumette est une petite enclume portative[1]. L'enclumette de faucheur sert de support à la lame lors du battage. Il en existe plusieurs types :
    • la tête peut être cylindrique ou sphérique,
    • l'enclumette peut-être fichée dans le sol dans ce cas elle possède un croisillon au-dessus de la pointe, le croisillon repose sur le sol quand l'enclumette est en place et l'empèche de s'enfoncer. Elle possède parfois une excroissance ou le faucheur tape pour enfoncer l'enclumette sans abimer la tête. Dans le cas contraire le faucheur tape sur le croisillon. L'enclumette peut aussi être enfichée sur un billot ou un banc. Ce qui évite au faucheur de s'asseoir par terre.

La pierre[modifier | modifier le code]

La pierre est une pierre à eau. Elle est soit une pierre naturelle (des tailleurs en produisent encore dans les Pyrénées), soit une pierre artificielle.

Le coffin ou coffi[modifier | modifier le code]

  • La pierre est rangée dans un étui à pierre à faux, appelé coffin en français (coyau en sarthois, coupet en "pyrénéen") ,qui est traditionnellement porté à la ceinture. Le coffin est fait en zinc, dans une corne ou en bois. La petite quantité d'eau au fond mouille la pierre à chaque mouvement du faucheur.

Outils apparentés[modifier | modifier le code]

  • le JAVELIER :Autre(s) appellation(s) : fauchon, faux à doigts,faux à rastell, faux à étripe, faux à râteau, faux armée, faux composée, javeleur, javeleuse, râtelier."
  • la faucille sert à débroussailler les endroits difficilement accessibles aux tondeuses. Avant la généralisation de la faux, on utilisait une faucille de grandes dimensions appelée volant.
  • le faucard (ou faucardeuse) est une faux à long manche, manœuvrée à la main ou adaptée à un bateau muni d’un moteur, et qui sert à faucher les herbes des rivières et des marais.
  • la faucette ou coupe-ronce sert à couper aisément les ronces et les repousses d'arbustes.
  • le croissant, gouillard ou fauchon servent à élaguer de petites branches hautes ou à débroussailler des talus. Ils se distinguent de la faux par une lame plus courte et plus large.
  • la serpette ou la machette servent à élaguer des branches, couper des repousses, des ronces…

La faux à moteur[modifier | modifier le code]

La faux ou faucheuse à moteur deux temps utilise le plus souvent un carburant composé d’huile et d’essence sans plomb. Elle est utile toute l'année pour faucher les herbes et la végétation du jardin, se faufilant là où la tondeuse n’a pas accès. La débroussailleuse est un outil qui se situe entre la faux portée et le coupe-herbe tant utilisé pour l’entretien des bordures.

Symbolique et iconographie[modifier | modifier le code]

Blason de la ville de Berentzwiller

La faux est l'outil symboliquement associé à la Mort, aussi appelée la (grande) Faucheuse (de vies).

Calendrier[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain français, le 10e jour du mois de Prairial, est officiellement dénommé jour de la Faux[2].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nouveau larousse universel, 1948.
  2. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 27.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Corinne Smith, « La renaissance de la faux », L'Écologiste, n°20, sept-oct-nov. 2006, pp. 64-65.
  • David Tresemer, The Scythe Book (en anglais donc), chez Second Edition.
  • André Marbach, "Catalogue et étude des faux, et des outils agricoles à lame et à manche en Gaule", British Archaeological Reports, I. S. 2376, 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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