Glanage

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Des glaneuses de Jean-François Millet.

Le glanage est un droit d'usage sur la production agricole, existant notamment en France, sous différentes formes depuis le Moyen Âge. Il subsiste encore au XXIe siècle[1].

Après la moisson, le ramassage de la paille et des grains tombés au sol est autorisé.

On distingue le glanage, qui concerne ce qui reste à même le sol, du grappillage qui concerne ce qui reste sur les arbres ou les ceps après la cueillette. On glane donc des pommes de terre, des céréales, on grappille les raisins, les pommes, les fruits en général.

On distingue le glanage légal du glanage illicite, appelé le maraudage, qui est le délit de dérober des fruits, récoltes, légumes quand ils ne sont pas encore détachés du sol[2].

Législation par pays[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Renaissance[modifier | modifier le code]

Au cours du XVIIIe siècle, avec la réaction seigneuriale, les conditions d’exercice se durcissent :

  • le glanage est autorisé seulement après que les gerbes du seigneur, et/ou celles de la dîme, ont été enlevées ;
  • le glanage est interdit tant que des gerbes se trouvent encore à terre ;
  • le glanage des chaumes (utiles comme fourrage, litière, couverture des toits) est interdit avant septembre.

À certains endroits, le seigneur veut même interdire le glanage, ce qui provoque émeutes et résistances diverses[3].

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le droit de glanage, comme d'autres droits d'usage ancestraux, n'a jamais disparu, note l'historienne de la Révolution Florence Gauthier (Université Paris VII) :

« Ces droits d'usage dont il est difficile de connaître l'origine exacte, réapparaissent aujourd'hui portés par des personnes qui en ont une connaissance lointaine ou qui simplement les réinventent, spontanément. Ils n'ont jamais disparu »[4].

C'est un droit ayant traversé les siècles mais qui se voit quelquefois contrarié par des arrêtés municipaux, « anti-glanage » ou « anti-mendicité », souvent d'ailleurs in fine annulés, comme par exemple dans la commune de Nogent-sur-Marne.

Belgique[modifier | modifier le code]

Le glanage est autorisé uniquement en journée par les vieillards, les infirmes, les femmes et les enfants de moins de douze ans à condition que le champ soit non-clos, dans leur commune et après la récolte du fermier.

Le glanage en peinture[modifier | modifier le code]

Léon Augustin Lhermitte, Les Glaneuses, 1898.

Plusieurs toiles représentent le glanage et plus particulièrement des glaneuses à la fin du XIXe siècle :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Paul Vincent, Les Glanes, petits profits de la nature, La Maison Rustique, 1979
  2. Ibid.
  3. Jean Nicolas, La Rébellion française : mouvements populaires et conscience sociale, 1661-1789, Paris : Gallimard, 2008. Collection Folio, ISBN 978-2-07-035971-4, p. 250-251
  4. , Les « glaneurs » des portes de Paris. Par Yann Barte, Le Canard Républicain, avril 2012