Syndrome d'aliénation parentale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le syndrome d’Aliénation Parentale (abrégé en SAP) est une notion introduite par Richard A. Gardner au début des années 1980, faisant référence à ce qu’il décrit comme un trouble dans lequel un enfant, de manière continue, rabaisse et insulte un parent sans justification. Selon Gardner, ce syndrome apparaîtrait en raison d’une combinaison de facteurs, comprenant l’endoctrinement par l’autre parent (presque exclusivement dans le cadre d’un conflit sur la garde de l’enfant) et les propres tentatives de l’enfant de dénigrer le parent ciblé[1]. Gardner a introduit ce terme dans un article publié en 1985, décrivant un ensemble de symptômes qu’il avait observé au début des années 1980[1].

Le syndrome d’aliénation parentale n’est pas reconnu en tant que trouble par la communauté médicale et judiciaire. La théorie de Gardner et les recherches qui y sont liées ont été largement critiquées par des juristes et des spécialistes de la santé mentale pour leur manque de fiabilité et de validité scientifique[2],[3],[4],[5],[6]. Cependant, un concept apparenté d’aliénation parentale, à savoir l’éloignement d’un enfant d’un de ses parents, est reconnu comme une dynamique dans certaines familles en situation de divorce[2],[7],[8].

Gardner a dépeint le SAP comme étant reconnu par le système judiciaire et comme ayant établi une variété de jurisprudences, mais l’analyse juridique des affaires actuelles indique que cette déclaration est incorrecte[6] : la recevabilité du SAP a été rejetée par une expertise et par la Cour d’Appel d’Angleterre et du pays de Galles au Royaume-Uni, et le Ministère de la Justice du Canada a avancé des recommandations contre son usage. Le terme SAP a néanmoins été mentionné dans certains conflits devant les tribunaux de la famille aux États-Unis[9],[10].

Aucune association professionnelle n’a reconnu le SAP comme un syndrome médical ou un trouble mental valable. Il n’est pas listé dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) de la Société américaine de psychiatrie ni dans la Classification internationale des maladies de l'Organisation mondiale de la santé. Cependant, la cinquième édition du DSM a été mise à jour en mai 2013 et comprend une classification pour « abus psychologique à l'enfant » défini comme

non-accidental verbal or symbolic acts by a child’s parent or caregiver that result, or have reasonable potential to result, in significant psychological harm to the child.

« acte verbal ou symbolique non-accidentel d'un parent ou d'un tuteur de l'enfant qui entraîne, ou peut potentiellement entraîner une séquelle psychologique significative à l'enfant[11]. »

.

Description initiale[modifier | modifier le code]

Le syndrome d’aliénation parentale est une notion introduite par le pédopsychiatre Richard A. Gardner s’appuyant sur ses expériences cliniques datant du début des années 1980[1]. Les cas où un parent tente de séparer l’enfant de l’autre parent pour punir ce dernier ou matérialiser le divorce a été décrit au moins depuis les années 1940[2],[8], mais Gardner a été le premier à définir un syndrome spécifique. Dans son article de 1985, il définit le SAP comme « un trouble qui naît principalement dans le contexte d’un conflit sur la garde de l’enfant. Sa principale manifestation est la démarche de dénigrement que l’enfant entreprend contre le parent, une démarche qui n’a pas de justification. Le trouble résulterait d’une combinaison d’endoctrinements par le parent aliénant et des propres contributions de l’enfant à la diffamation du parent aliéné[1] » ce qui indiquerait également que l’endoctrinement peut être délibéré ou inconscient de la part du parent aliénant[12],[13].

Le SAP a été à l’origine développé pour justifier la croissance de signalements de maltraitance d’enfant dans les années 1980[14],[15]. Gardner croyait à l’origine que les parents (habituellement les mères) lançaient de fausses accusations de maltraitance sur mineur et d’abus sexuel sur mineur contre l’autre parent (habituellement les pères) dans le but d’empêcher le développement de contacts entre eux[16],[17]. Alors que Gardner a initialement décrit la mère comme étant la personne aliénante dans 90 % des cas de SAP, il a déclaré plus tard que les deux parents étaient aussi enclins à aliéner[14],[18],[19]. Il a également déclaré par la suite que les accusations d’abus sexuels n’étaient pas présentes dans la grande majorité des cas de SAP qu’il avait rencontrés[15].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Gardner a décrit le SAP comme un trouble dans lequel l’enfant est préoccupé par l’un de ses parent, le critique, le déprécie et le dénigre d’une manière excessive[20]. Gardner a déclaré que le SAP se produit lorsque, dans le contexte de conflits pour la garde de l’enfant, un parent, délibérément ou de manière inconsciente, essaye d’aliéner un enfant de l’autre parent[21]. Selon Gardner, le SAP est caractérisé par un ensemble de huit symptômes qui apparaissent chez l’enfant. Ils comprennent :

  1. une campagne de dénigrement et de haine contre le parent ciblé ;
  2. des rationalisations faibles, absurdes et frivoles de ce dénigrement et de cette haine ;
  3. l’absence d’ambivalence pour le parent ciblé ;
  4. des affirmations fortes que la décision de rejeter le parent appartient à lui seul (le « phénomène du penseur indépendant ») ;
  5. un soutien intentionnel au parent favori dans le conflit ;
  6. l’absence de culpabilité vis-à-vis de sa façon de traiter le parent aliéné ;
  7. l’usage de scénarios et de phrases empruntés au parent aliénant ;
  8. un dénigrement non seulement du parent ciblé mais aussi de sa famille étendue et de ses amis[13],[18],[22].

Malgré des références fréquentes à ce type de comportements dans la littérature scientifique, « la pertinence de ces comportements n’a pas été évaluée par des professionnels sur le terrain[23]. »

Gardner, et d’autres à sa suite, ont divisé le SAP en trois niveaux : léger, modéré et sévère. Le nombre et la sévérité des huit symptômes affichés croit en fonction de ces différents niveaux. Les recommandations pour la prise en charge diffèrent selon le niveau de sévérité des symptômes de l’enfant. Bien que le diagnostic de SAP soit établi sur la base des symptômes de l’enfant, Gardner a déclaré que tout changement dans la garde de l’enfant devrait être basé principalement sur la sévérité des symptômes du parent aliénant[24]. Dans les cas légers, où des programmations parentales contre le parent ciblé n’entraînent pas les perturbations des visites, Gardner ne recommande pas le recours au tribunal concernant le droit de visite. Dans les cas modérés, où la programmation parentale est plus poussée et une résistance aux visites avec le parent ciblé présente, Gardner recommande que la garde principale demeure avec le parent aliénant si l’on peut s’attendre à ce que le lavage de cerveau cesse, mais si ce n’est pas le cas, la garde devrait être transférée au parent ciblé. En outre, il recommande une thérapie avec l’enfant pour faire cesser l’aliénation et assainir la relation endommagée avec le parent ciblé. Dans les cas sévères, les enfants présentent la plupart ou l’ensemble des huit symptômes, et refusent obstinément la visite chez le parent ciblé, y compris avec des menaces de fugue ou de suicide si la visite est forcée. Gardner recommande alors que l’enfant soit retiré de la maison du parent aliénant puis placé dans une maison de transition avant d’aller dans la maison du parent ciblé. Une thérapie pour l’enfant est également recommandée[1],[22],[24]. Les interventions proposées par Gardner pour les cas modérés et sévères de SAP, comprenant le transfert chez le parent aliéné ordonné par le tribunal, des amendes, l’assignation à résidence, l’incarcération, ont été critiquées pour leur nature punitive envers le parent aliénant et l’enfant aliéné, et pour le risque d’abus de pouvoir et de violation de leurs droits civiques[25],[26]. Avec le temps, Gardner a reconsidéré son point de vue et a exprimé moins de soutien pour les stratégies de prise en charge les plus agressives[25].

Réception[modifier | modifier le code]

La formulation originale de Gardner qualifie presque exclusivement les mères comme étant le parent aliénant. Elle a été approuvée par les groupes de défense des droits des pères, car elle leur a permis d’expliquer la réticence des enfants à rendre visite à leurs pères et de jeter le blâme sur leurs ex-épouses[25],[27]. En revanche, les groupes de femmes ont critiqué le SAP car il permettait aux agresseurs de prétendre que les allégations de traitement abusif par la mère ou par l'enfant n’étaient qu’un reflet d’un lavage de cerveau[25]. Gardner lui-même a souligné que le SAP pouvait s’appliquer seulement dans des situations où un abus ou une négligence réelle n’avait pas eu lieu[6],[28]. Il a noté en 1998 qu’une augmentation de la prise de conscience des SAP a entraîné une augmentation de sa mauvaise utilisation comme une manœuvre juridique[12].

Le SAP a été cité dans des cas de divorces très conflictuels, et des cas de garde d'enfants, en particulier comme un moyen de défense contre les accusations de violence conjugale ou d'agression sexuelle[4],[22]. La validité scientifique du SAP, et donc sa recevabilité dans le témoignage d'experts, a fait l'objet d'un débat. Il concernait l’ampleur avec laquelle le SAP était accepté par les professionnels sur le terrain et dans quelle mesure la méthodologie scientifique était vérifiable, vérifiée, et possédait un taux d'erreur connu et évaluée par les pairs[22].

Le SAP n'a pas été approuvé par les experts en psychologie, par la protection de l'enfance par les juristes[6], ni validé par les études sur la maltraitance des enfants[5]. Le SAP a été largement critiqué par les membres de la communauté juridique et par les experts de la santé mentale, qui affirment que le SAP ne devrait pas être reconnu comme argument juridique ou scientifique dans les auditions de garde d'enfants[4],[5],[6],[22],[29].

Absence du DSM[modifier | modifier le code]

Le SAP n'est pas inclus dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV)[6],[15],[16],[30]. Gardner et d'autres personnes ont milité pour son inclusion dans la révision du DSM-V[18],[31]. En 2001, Gardner a soulevé le fait que lorsque le DSM-IV a été publié il n'y avait pas suffisamment de recherches pour y inclure le SAP, mais depuis, il y a eu des articles suffisamment rigoureux pour pouvoir être pris en compte[18]. Dans une enquête des évaluateurs de garde publiée en 2007 aux États-Unis la moitié des réponses étaient défavorables à son inclusion, tandis qu'un tiers y étaient favorables[13]. Une formulation connexe, nommée trouble d'aliénation parentale, a été proposée, suggérant que l'intégration du SAP dans le DSM-V promouverait la recherche sur le sujet et le traitement approprié, ainsi que réduirait le mauvais usage de ce concept valide et fiable[2]. En décembre 2012, la Société américaine de psychiatrie a annoncé que le SAP ne serait pas inclus dans la révision du DSM-V[32].

Statut scientifique[modifier | modifier le code]

Le SAP tel que formulé par Gardner est critiqué pour son manque de fondement scientifique[33],[34],[35], et en tant qu’hypothèse dont les adeptes n'ont pas réussi à s'acquitter de la charge de la preuve pour justifier son acceptation[6],[33],[35]. Les premières publications sur le SAP ont été auto-publiées et n’ont pas été révisées par des pairs[8]. Bien que les articles suivants aient été publiés dans des revues évaluées par les pairs, la plupart étaient constitués de preuves anecdotiques sous forme d'études de cas[36],[37]. En outre, dans le peu de recherches effectuées sur le SAP, sa validité et sa réfutabilité n’ont pas été suffisamment prouvées[4],[5]. Le manque de recherches objectives, ainsi que de réplication, de falsifiabilité et de publication indépendante ont conduit à des critiques, qualifiant le SAP de pseudo-science ou de junk science (« science poubelle »)[3],[33],[34]. Les adeptes du SAP admettent que la validité et la fiabilité du SAP doivent être confirmées par des études contrôlées et systématiques à une plus grande échelle[8],[13],[38], et que l’unique étude publiée en 2004 doit être complétée, ce qui suggère que les praticiens pourraient arriver à un consensus basé sur des rapports écrits[29].

Le fondement de la théorie du SAP a été décrit comme incomplet, simpliste et erroné du fait qu’il ignore de multiples facteurs (y compris les comportements de l'enfant, des parents et des autres membres de la famille) qui peuvent contribuer à l'aliénation parentale, au dysfonctionnement de la famille et à la rupture de l'attachement entre un parent et un enfant[8],[14],[39],[36],[40]. Sous cet angle, le SAP confond une réaction développementale de l’enfant à un divorce avec une psychose, surestime largement le nombre de fausses allégations d'abus sexuels sur enfant. Elle ignore la littérature scientifique selon laquelle la plupart des allégations d'abus sexuels sur enfants sont bien fondées et par conséquent les efforts bien intentionnés pour protéger un enfant d'un parent violent, exagère les effets néfastes de l'aliénation parentale sur les enfants et propose un traitement du SAP arbitraire et mettant l’enfant en danger[4],[29]. Des inquiétudes ont été exprimées sur le fait que le SAP n'ait pas le soutien scientifique suffisant pour être qualifié de syndrome et que Gardner ait popularisé le SAP comme un syndrome en se basant sur une classification de comportements assez vague[8],[16]. En dépit des inquiétudes relatives à la validité des témoignages sur le SAP, il a été indûment perçu comme fiable par certains juges des tribunaux de la famille[6]. Les partisans du SAP et d’autres sont d'accord sur le fait que l'utilisation du terme “syndrome” peut être inappropriée car elle suppose une légitimité scientifique plus grande qu'il ne le mérite[20],[25],[38].

Bien que le SAP ne soit pas accepté comme syndrome, l'aliénation parentale est une dynamique moins controversée présente dans la littérature juridique et de la santé mentale[23],[25]. Depuis que Gardner a proposé le SAP, d'autres chercheurs dans le domaine ont suggéré de se concentrer moins sur le diagnostic du syndrome et plus sur la définition de ‘’l’enfant aliéné’’ ainsi que sur la dynamique des situations qui ont contribué à l’aliénation[14],[25].

Certains psychiatres comme le Dr Paul Bensussan ont réalisé des travaux[41] plus récents qui étayent significativement l'aliénation parentale en lui proposant une nouvelle définition moins polémique : La condition psychologique particulière d'un enfant (habituellement dont les parents sont engagés dans une séparation très conflictuelle) qui s'allie fortement à l'un de ses parents (le parent préféré) et rejette la relation avec l'autre parent (le parent aliéné) sans raison légitime.

Statut clinique[modifier | modifier le code]

Le SAP a été critiqué pour rendre le travail clinique avec les enfants aliénés confus[8]. L'analyse de Gardner a été critiquée pour l'attribution inappropriée de toute responsabilité du comportement de l'enfant à un seul parent, alors que le comportement de l'enfant est souvent le résultat d'une dynamique plus complexe, dans laquelle les deux parents et l'enfant jouent un rôle[26],[40].

Gardner a désapprouvé la critique du SAP en la qualifiant de simpliste et affirmant que, bien qu'il existait une grande variété de causes pour lesquelles un enfant peut devenir aliéné d'un parent, dans le cas du SAP le facteur étiologique primaire était le parent effectuant le lavage de cerveau et que dans le cas contraire le SAP n’avait pas lieu[12]. Gardner a également soulevé que les personnes qui ont initialement critiqué le SAP comme étant caricatural n’étaient pas directement impliquées dans les litiges de garde avec les familles et que les critiques de cette nature se sont éteintes à la fin des années 1980, du fait que le SAP se soit répandu[1].

Genre[modifier | modifier le code]

Le SAP a été critiqué pour son sexisme et utilisé par les pères pour marginaliser les craintes et les préoccupations légitimes concernant des abus. Des groupes de femmes s'opposent à la légitimité du SAP et le considèrent comme un danger pour les enfants[39]. Après ses premières publications, Gardner a révisé sa théorie pour rendre les pères et les mères tout aussi susceptibles d'aliéner ou être manipulateurs et niait le caractère sexiste du SAP. Gardner a indiqué plus tard qu'il croyait que les hommes étaient tout aussi susceptibles d'être aliénants[12]. Des études sur les enfants et les adultes étiquetés comme souffrant du SAP ont suggéré que les mères étaient plus susceptibles que les pères d'être le parent aliénant[13].

Dans les tribunaux.[modifier | modifier le code]

France & Europe[modifier | modifier le code]

Des exemples de décisions[42] s'appuyant sur la reconnaissance du SAP apparaissent en France, Roumanie, Finlande, Espagne, Hongrie, Suisse, Rép. Tchèque, Bulgarie.

Canada[modifier | modifier le code]

À l’origine, les Affaires judiciaires canadiennes ont accepté des avis d'experts sur le SAP. Elles ont utilisé le terme «syndrome» et étaient d’accord avec la théorie de Gardner selon laquelle un seul des parents était entièrement responsable de l’apparition du SAP. Gardner a témoigné dans un cas (Fortin c Major, 1996), mais le tribunal n'a pas accepté son avis, concluant que l'enfant en question n'avait pas été aliéné. Une conclusion basée sur l'évaluation d'un expert désigné par le tribunal qui, contrairement à Gardner, avait rencontré les membres de la famille[25]. Des affaires plus récentes, bien qu’acceptant le concept d'aliénation, ont mentionné l’absence du SAP dans le DSM-IV, et ont généralement évité la terminologie « syndrome », soulignant que les changements de garde sont stressants pour l'enfant et ne devraient se produire que dans les cas les plus sévères[25]. En 2006 un rapport de recherche du Ministère de la Justice (Canada) décrit le SAP comme « empiriquement non vérifié » et a favorisé un cadre différent pour traiter des questions d'aliénation, bénéficiant de plus de soutien pour la recherche[43]. Les décisions quant à une éventuelle aliénation parentale sont considérées comme appartenant à la justice et déterminées par celle-ci sur la base des faits de l’affaire, plutôt que sur un diagnostic fait par un professionnel de la santé mentale.Il est reconnu que le rejet d'un parent est une question complexe, et qu'une distinction doit être faite entre l'aliénation pathologique et l'éloignement raisonnable[25].

Royaume Uni[modifier | modifier le code]

Au Royaume-Uni, concernant l'évaluation du SAP, sa recevabilité a été rejetée à la fois dans une étude d'experts[44] et par la Cour d'appel d'Angleterre et du pays de Galles[9],[10].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Le SAP a été cité dans le cadre du processus de détermination de la garde des enfants aux États-Unis[9]. Sur la base de l'évaluation du SAP, les tribunaux des États-Unis ont accordé la garde exclusive à certains pères[6]. Le SAP a été contesté en vertu du critère Frye qui a évalué sa reconnaissance par la communauté scientifique[6],[45]. Gardner prétendait que le SAP était généralement admis par la communauté scientifique et a passé le test Frye dans deux états[12]. Or, une analyse des affaires judiciaires (2006) impliquant des cas de SAP cités par Gardner a conclu que ces décisions n'ont pas fait jurisprudence, que le SAP est perçu négativement dans la plupart des études juridiques et que les écrits de Gardner ne fondent pas l'existence du SAP. Des soixante-quatre cas précédents, seuls deux décisions prises dans l'État de New York par deux tribunaux de juridiction criminelle ont effectivement créé des précédents. Les deux soutenaient que le SAP était irrecevable l’une d’entre elle a révélé que le SAP a échoué au test Frye. Étant donné que la communauté professionnelle n’avait pas fait consensus sur la question, cette décision a été confirmée dans une Cour d'appel. Gardner a listé cinquante affaires sur son site internet, où il déclarait qu’elles avaient mis en place des jurisprudences qui rendaient le SAP recevable. Ceci dit, en réalité aucune ne l’a fait : quarante six n’ont pas discuté sa recevabilité et les quatre restant étaient problématiques :

- Une affaire a établi que le SAP a passé le test Frye, mais l'appel n'a pas discuté le test et a rejeté l’appellation « Syndrome d’Aliénation Parentale ». Le verdict s’est concentré sur la « volonté et la capacité de chaque parent de faciliter et d'encourager une relation proche et continue entre les parents et l'enfant ».

- Dans la seconde affaire, la cour d'appel n'a pas examiné le SAP.

- La troisième affaire a spécifiquement choisi de ne pas discuter la recevabilité du SAP.

- La quatrième affaire n'a pris aucune décision sur le SAP[6].

Brésil[modifier | modifier le code]

Depuis 2010, les phénomènes d'aliénations sont reconnus par la loi au Brésil[46],[47].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) RA Gardner, « Parental Alienation Syndrome (PAS): Sixteen Years Later », Academy Forum, vol. 45, no 1,‎ 2001, p. 10–12 (lire en ligne)
  2. a, b, c et d (en) W Bernet, « Parental Alienation Disorder and DSM-V », The American Journal of Family Therapy, vol. 36, no 5,‎ 2008, p. 349–366 (DOI 10.1080/01926180802405513)
  3. a et b (en) KC Faller, « The parental alienation syndrome: What is it and what data support it? », Child Maltreatment, vol. 3, no 2,‎ 1998, p. 100–115 (DOI 10.1177/1077559598003002005, lire en ligne [PDF])
  4. a, b, c, d et e (en) CS Bruch, « Parental Alienation Syndrome and Parental Alienation: Getting It Wrong in Child Custody Cases », Family Law Quarterly, vol. 35, no 527,‎ 2001, p. 527–552 (lire en ligne [PDF])
  5. a, b, c et d (en) CL Wood, « The parental alienation syndrome: a dangerous aura of reliability », Loyola of Los Angeles Law Review, vol. 29,‎ 1994, p. 1367–1415 (lire en ligne)
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) JA Hoult, « The Evidentiary Admissibility of Parental Alienation Syndrome: Science, Law, and Policy », Children's Legal Rights Journal, vol. 26, no 1,‎ 2006 (lire en ligne)
  7. (en) Joanna Bunker Rohrbaugh, A comprehensive guide to child custody evaluations: mental health and legal perspectives, Berlin, Springer,‎ 2008 (ISBN 0-387-71893-1), p. 399–438
  8. a, b, c, d, e, f et g (en) RA Warshak, « Current controversies regarding parental alienation syndrome », American Journal of Forensic Psychology, vol. 19, no 3,‎ 2001, p. 29–59 (lire en ligne [PDF])
  9. a, b et c (en) Jane Fortin, Children's Rights and the Developing Law, Cambridge University Press,‎ 2003 (ISBN 9780521606486), 263
  10. a et b (en) Andrew Bainham, Children: The Modern Law, Jordans,‎ 2005 (ISBN 9780853089391), p. 161
  11. « Teaching children to hate the ex », National Post,‎ 2013
  12. a, b, c, d et e (en) Richard Gardner, « Commentary on Kelly and Johnston's The Alienated Child: A Reformulation of Parental Alienation Syndrome », Family Court Review, vol. 42, no 4,‎ 2004, p. 611–21 (DOI 10.1177/1531244504268711, lire en ligne [PDF])
  13. a, b, c, d et e (en) AJL Baker, « Knowledge and Attitudes About the Parental Alienation Syndrome: A Survey of Custody Evaluators », American Journal of Family Therapy, vol. 35, no 1,‎ 2007, p. 1–19 (DOI 10.1080/01926180600698368)
  14. a, b, c et d (en) PG Jaffe, N. K. D. Lemon et S. E. Poisson, Child Custody & Domestic Violence, SAGE Publications,‎ 2002 (ISBN 9780761918264), p. 52–54
  15. a, b et c (en) S. J. Dallam, « The Parental Alienation Syndrome: Is It Scientific? », dans E. St. Charles E et L. Crook (éds.), Expose: The failure of family courts to protect children from abuse in custody disputes, Our Children Our Children Charitable Foundation,‎ 1999 (lire en ligne)
  16. a, b et c (en) P. J. Caplan, « What is it that's being called Parental Alienation Syndrome », dans P. J. Caplan et L. Cosgrove (éds.), Bias in psychiatric diagnosis, Rowman & Littlefield,‎ 2004 (ISBN 9780765700018), 62
  17. (en) T Brown et A. Renata, Child Abuse and Family Law: Understanding the Issues Facing Human Service and Legal Professionals, Allen & Unwin,‎ 2007 (ISBN 9781865087313), p. 11–12
  18. a, b, c et d (en) RA Gardner, « Denial of the Parental Alienation Syndrome Also Harms Women », American Journal of Family Therapy, vol. 30, no 3,‎ 2002, p. 191–202 (DOI 10.1080/019261802753577520)
  19. (en) A. J. L. Baker, Adult children of parental alienation syndrome: breaking the ties that bind, New York, W. W. Norton & Company,‎ 2007 (ISBN 0-393-70519-6)
  20. a et b (en) Marc J. Ackerman (Ph.D.), Clinician's Guide to Child Custody Evaluations, John Wiley and Sons,,‎ 2002 (ISBN 9780471150916, lire en ligne), p. 73–82
  21. (en) Peter G. Jaffe, Nancy K. D. Lemon et Samantha E. Poisson, Child Custody & Domestic Violence, SAGE Publications,‎ 2002 (ISBN 9780761918264, lire en ligne), p. 52–54
  22. a, b, c, d et e (en) L.E. A. Walker, K. L. =Brantley et J. A. Rigsbee, « A Critical Analysis of Parental Alienation Syndrome and Its Admissibility in the Family Court », Journal of Child Custody, vol. 1, no 2,‎ 2004, p. 47–74 (DOI 10.1300/J190v01n02_03)
  23. a et b (en) JN Bow, J. W. Gould et J. R. Flens, « Examining Parental Alienation in Child Custody Cases: A Survey of Mental Health and Legal Professionals », The American Journal of Family Therapy, vol. 37, no 2,‎ 2009, p. 127–145 (DOI 10.1080/01926180801960658)
  24. a et b (en) Richard A. Gardner, « Introduction », dans Richard A. Gardner, Richard S. Sauber et Demosthenes Lorandos, The International Handbook of Parental Alienation Syndrome: Conceptual, Clinical And Legal Considerations, Charles C. Thomas,‎ 2006 (ISBN 978-0398076474), p. 5–11
  25. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Nicholas Bala, Barbara-Jo Fidler, Dan Goldberg et Claire Houston, « Alienated Children and Parental Separation: Legal Responses in Canada's Family Courts », Queen's Law Journal, vol. 38,‎ 2007, p. 79–138 (lire en ligne)
  26. a et b (en) JR Johnston et J. B. =Kelly, « Rejoinder to Gardner's Commentary on Kelly and Johnston's 'The Alienated Child: A Reformulation of Parental Alienation Syndrome' », Family Court Review, vol. 42, no 4,‎ 2004, p. 622–628 (DOI 10.1111/j.174-1617.2004.tb01328.x, lire en ligne)
  27. (en) A. Ottaman et R. Lee, « Fathers' rights movement », dans J. L. Edleson et C. M. Renzetti, Encyclopedia of Interpersonal Violence, SAGE Publications,‎ 2008 (ISBN 978-1412918008), p. 252
  28. (en) RA Gardner, « Recommendations for Dealing with Parents who Induce a Parental Alienation Syndrome in their Children », Journal of Divorce & Remarriage, vol. 28, no 3/4,‎ 1998, p. 1–21 (DOI 10.1300/J087v28n03_01)
  29. a, b et c (en) L Drozd, « Rejection in cases of abuse or alienation in divorcing families », dans R. M. Galatzer-Levy, L. Kraus et J.Galatzer-Levy, The Scientific Basis of Child Custody Decisions, 2nd Edition, John Wiley & Sons,‎ 2009 (ISBN 9780470038581), p. 403–416
  30. (en) L. Comeford, « Fatherhood Movements », dans J. O'Brien, Encyclopedia of Gender and Society, vol. 1, SAGE Publications,‎ 2009 (ISBN 9781412909167), p. 285
  31. (en) Gary Rotstein, « Mental health professionals getting update on definitions », Pittsburgh Post-Gazette,‎ février 15, 2010 (lire en ligne)
  32. « American Psychiatric Association Board of Trustees Approves DSM-5-Diagnostic manual passes major milestone before May 2013 publication », American Psychiatric Association,‎ 1er décembre 2012
  33. a, b et c (en) RE Emery, « Parental Alienation Syndrome: Proponents bear the burden of proof », Family Court Review, vol. 43, no 1,‎ 2005, p. 8–13 (lire en ligne [PDF])
  34. a et b (en) Richard Bond, « The Lingering Debate Over the Parental Alienation Syndrome Phenomenon », Journal of Child Custody, vol. 4, no 1,‎ 2008, p. 37–54
  35. a et b (en) David Martindale et Jonathan W. Gould, The Art and Science of Child Custody Evaluations, New York, The Guilford Press,‎ 2007 (ISBN 1-59385-488-9)
  36. a et b (en) M. J. Ackerman, Clinician's guide to child custody evaluations, New York, John Wiley & Sons,‎ 2001 (ISBN 0-471-39260-X), p. 73–82
  37. (en) E. R. Ragland et H. Fields, « Parental Alienation Syndrome: What Professionals Need to Know Part 1 of 2 Update », American Prosecutors Research Institute Newsletter, vol. 16, no 6,‎ 2003 (lire en ligne)
  38. a et b (en) Richard A. Warshak, « Bringing sense to Parental Alienation: A Look at the Disputes and the Evidence », Family Law Quarterly, vol. 37, no 2,‎ 2003, p. 273–301
  39. a et b (en) S. N. Sparta et G. P. =Koocher, Forensic Mental Health Assessment of Children and Adolescents, Oxford University Press,‎ 2006 (ISBN 9780195145847), p. 83, 219–221
  40. a et b (en) KH Waldron et D. E. Joanis, « Understanding and Collaboratively Treating Parental Alienation Syndrome », American Journal of Family Law, vol. 10,‎ 1996, p. 121–133 (lire en ligne)
  41. Paul Bensussan, « L’aliénation parentale : vers la reconnaissance », sur PauBensussan.fr
  42. Jean Pannier, « Syndrome d’aliénation parentale – Expertise psychologique – Autorité parentale conjointe – Droit de visite et d’hébergement – Père – Droit de visite et d’hébergement progressif – Modalités d’exercice », Gazette du Palais, 18 au 20 novembre 2007,‎ 2007 (lire en ligne)
  43. (en) PG Jaffe, C. V. =Crooks et N. Bala, Making Appropriate Parenting Arrangements in Family Violence Cases: Applying the Literature to Identify Promising Practices, Department of Justice,‎ 2006, pdf (lire en ligne)
  44. (en) C. Sturge et D. Glaser, « Contact and domestic violence – the experts’ court report », Family Law, vol. 615,‎ 2000
  45. (en) John E. B. Myers, Myers on evidence in child, domestic, and elder abuse cases, Gaithersburg, Md, Aspen Publishers,‎ 2005 (ISBN 0-7355-5668-7), p. 415
  46. (en) Dr. Richard A. Warshak, « Taking Parental Alienation Seriously – Brazil’s New Law », sur warshak.com,‎ 4 nov. 2010
  47. (pt) « A lei da alienação parental e seus efeitos nas relações de família »,‎ 28 déc. 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]