Affaire Fritzl

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Amstetten en Autriche, point bleu à l'ouest (gauche) de la partie grisée.

L'affaire Fritzl est un cas d'inceste découvert durant la fin du mois d'avril 2008. À 42 ans, une Autrichienne, Elisabeth Fritzl, déclare qu'elle a été emprisonnée, violée et physiquement agressée par son père, Josef Fritzl, pendant 24 ans.

La police autrichienne explique que son père l'a séquestrée dans une cave insonorisée dans le sous-sol de sa maison, à Amstetten en Basse-Autriche à 100 km de Vienne. En captivité, elle a donné naissance à 7 enfants, tous engendrés par son père. L'un est mort peu après sa naissance, 3 d'entre eux ont été séquestrés avec leur mère depuis leur naissance jusqu'à leur « sortie » en avril 2008 et les 3 autres ont été adoptés par le père et son épouse. J. Fritzl faisant croire que les enfants avaient été abandonnés par Elisabeth devant leur porte, avec une lettre prétendument de leur mère (Elisabeth) confirmant cet abandon. Les lettres auraient bien été écrites par Elisabeth, mais « dictées » par J. Fritzl.

Durant toutes ces années, J. Fritzl cacha à sa famille, y compris à la propre mère d'Elisabeth (Rosemarie Fritzl), la détention de sa fille, faisant croire qu'elle avait rejoint une secte. Elisabeth est libérée le 26 avril 2008, après une enquête des services sociaux autrichiens, à la suite de l'hospitalisation de l'ainée de ses enfants[1].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Hôpital de Amstetten où depuis la révélation de l'affaire sont hébergés Elisabeth et ses enfants.

En 1977, Elisabeth est violée par son père pour la première fois à 11 ans[2]. L'année suivante, en 1978[3], J. Fritzl obtient un permis de construire en règle pour un abri anti-atomique, démarche habituelle en temps de Guerre froide. Les travaux sont vérifiés par l'administration. En janvier 1983, première tentative de fugue de 3 semaines à Vienne, à 16 ans puis seconde tentative de fugue à 18 ans, en 1984. Le 28 août 1984, Elisabeth est droguée par son père avec un anesthésiant versé dans un verre de soda qu’il lui donne à boire[4], la menotte puis l'enferme dans la cave aménagée et signale sa disparition à la police. Un mois plus tard, son père l'oblige à écrire une lettre demandant à ce qu'elle ne soit plus recherchée. Novembre 1986 : Elisabeth a une fausse-couche pendant la 10e semaine de sa 1re grossesse.[réf. souhaitée] En 1989, naissance de Kerstin, l'ainée qui restera dans la cave jusqu'en 2008. Elle n'aurait initialement pas reçu de prénom[2].

En 1990, naissance de Stefan, il restera aussi dans la cave jusqu'en 2008. Dès août 1992, naissance de Lisa. Le 18 mai 1993, à 9 mois, le bébé est déposé devant la maison avec une lettre prétendument d'Elisabeth, et sera adoptée. En février 1994 : Naissance de Monika. Le 15 décembre 1994, J. Fritzl la présentera à l'extérieur. Elle sera également adoptée par les grands-parents. Le 24 décembre 1994, Elisabeth réussit à s'enfuir mais est retrouvée par son père[2]. Le 28 avril 1997, naissance de jumeaux. Alexandre survit et sera adopté, l'autre jumeau Mickael décède à 3 jours et sera incinéré par le père dans une chaudière. En décembre 2002, naissance de Felix, il restera dans la cave jusqu'en 2008. Le 19 avril 2008, l'ainée Kerstin tombée gravement malade, est amenée à l'hôpital par J. Fritzl, qui l'aurait présentée ainsi. C'est suite à cette hospitalisation que l'affaire est révélée. Un appel à témoins est lancé dans les médias. Le 26 avril 2008, les médecins lancent un avis de recherche. Il en va de la vie de Kerstin. C'est en voyant cet appel à la télévision, depuis sa prison, qu'Elisabeth, frêle et fragile, trouve la force de se rebeller contre son père et exige de lui qu'il la conduise auprès des médecins.Le 26 avril 2008, appel au commissariat d’Amstetten à 8 heures du soir[4]. Elisabeth raconte son histoire aux médecins, J. Fritzl reconnaît les faits. Le 30 avril 2008, les habitants d'Amstetten organisent une veillée aux flambeaux. Le 8 juin 2008, l'hôpital d'Amstetten annonce que Kerstin est sortie de son coma artificiel[5]. 19 mars 2009, après un procès de 4 jours, J. Fritzl est condamné à la prison à vie.

« Cave-prison »[modifier | modifier le code]

Située au 40 Ybbstrasse[6], la « cave-prison » est un local de 60 m2 pour 1 m 70 de hauteur et sans fenêtres. Il s'agissait à l'origine d'un abri anti-atomique[7] dont la construction a commencé en 1978 alors qu'Elisabeth avait 12 ans[8].

Il comprend une douche, des W.C., des lits, un lave-linge, une kitchenette, une télévision et une armoire à pharmacie[9]. J. Fritzl avait menacé ses quatre prisonniers, en disant qu'un gaz mortel aurait été répandu dans la prison en cas de tentative d'évasion[10]. La vérité de cette menace n'a pas été confirmée par la police criminelle[11],[12].

En juin 2013, des travaux débutent afin de boucher la cave en injectant du béton liquide dans le cachot de plusieurs pièces[13].

Profil du criminel[modifier | modifier le code]

Josef Fritzl, né en 1935 à Amstetten, est un ingénieur électricien, à la retraite, décrit comme « dominant et autoritaire »[14]. Il est propriétaire de plusieurs appartements d'une valeur estimée à 2 millions d'euros[15] ainsi que d'une société de vente de sous-vêtements féminins[16]. Il a également possédé un restaurant sur les bords du lac Mondsee dans les années 1970 pour l'incendie duquel il a été condamné (fraude à l'assurance)[17]. Fritzl a été condamné dans les années 1960 pour pyromanie et attentat à la pudeur[15].

Il est, fin avril 2008, incarcéré à Sankt-Pölten[18]. Firtzl semblait mener une vie normale pendant la période de séquestration de sa fille. D'après des médias allemands et autrichiens, il a effectué plusieurs voyages de vacances à l'étranger[19] et il partait deux mois chaque été avec sa femme à Salzbourg, mais revenait chaque semaine, vraisemblablement pour ravitailler ses prisonniers[20].

Suites judiciaires[modifier | modifier le code]

J. Fritzl, qui a avoué les faits après son arrestation, garde désormais le silence sur les conseils de son avocat, Rudolf Mayer. Ce dernier annonce qu'il va plaider la démence de son client[21]. Le principal enquêteur est Franz Polzer, chef de la brigade criminelle de Basse-Autriche[22], alors que le procureur est Mme Christiane Burkheiser[23]. Elisabeth Fritzl est défendue par maître Christoph Herbst[24]. Le 11 juillet 2008 elle a été entendue pour la première fois par le juge[25]. Son audition a été enregistrée et a été diffusée à la télé à la fin de l'année (2008)[26]. Gerhard Sedlacek, le procureur de Sankt-Pölten, annonce le 4 août 2008 que J. Fritzl pourrait être poursuivi pour esclavage, risquant 20 ans de prison[27]. Une reconstitution a été effectuée en sa présence le 23 septembre 2008. Une des principales questions de la justice est de savoir si, dans le cas où il se serait absenté longtemps, la porte se serait ouverte toute seule, ou pas[28].

J. Fritzl a tenté de vendre les procès verbaux de ses auditions à un journal à sensations britannique mais a échoué[29]. Le 13 novembre 2008, le parquet l'a officiellement accusé du meurtre d'un enfant nouveau-né[30]. Son procès commence le 16 mars 2009 à Sankt-Pölten[31]. Selon son avocat Me Mayer, Joseph Fritzl plaidera coupable[32].

Le 19 mars 2009, il est condamné à la prison à vie et à l'internement psychiatrique.

Médias[modifier | modifier le code]

Le rappeur français Kery James fait une référence à l'affaire Fritzl dans la musique Paro de l'album Réel. Le groupe allemand Rammstein a écrit une chanson sur ce fait divers, intitulée Wiener Blut (dont la traduction littérale est « sang viennois »), disponible sur l'album Liebe ist für alle da, en mémoire de cette femme séquestrée. Le groupe allemand Caliban a écrit deux chansons sur ce fait divers intitulées 24 Years et The Denegation of Humanity (24 ans et La négation de l'humanité), qui figurent sur l'album Say Hello To Tragedy.

Le groupe français Percubaba a écrit une chanson sur ce fait divers intitulée Poubelle la vie dans l'album Primitifs sorti en juin 2010. Le groupe de brutal death metal français Benighted sort en 2011 un concept album qui raconte l'histoire d'un schizophrène qui nourrit son délire et sa paranoïa sur ce qu'il a vu à la télé sur la vie de Josef Fritzl. Le groupe de musique Torontois « Die Mannequin » a écrit une chanson s'intitulant Locking Elizabeth s'inspirant de l'histoire de la jeune fille. Le groupe américain de grindcore/deathcore The Boy Will Drown a également fait part de deux morceaux sur leur album Fetish s’appelant respectivement 'Joseph Fritzl' et 'Elizabeth Fritzl'. Le groupe de Death Metal Cerebral Bore a composé un morceau relatant les faits. Ce morceau est intitulé 24 Year Party Dungeon. Le groupe suisse de Death Mélodique Dreamshade consacre également une chanson à Elizabeth Fritzl dans la chanson "Elizabeth" présente sur leur nouvel album "The Gift Of Life".

Au théâtre, le plasticien Markus Öhrn s'inspire du fait divers pour créer "Conte d'Amour", présenté partout dans le monde depuis 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tribune de Genève http://www.tdg.ch
  2. a, b et c « Autriche : l’hallucinant récit d’Elisabeth Fritzl », Alain Van der Eecken, sur le site soirmag.be, mardi 29 avril 2008.
  3. http://crimebook.fr/criminels/view/103
  4. a et b « Autriche - Séquestrée pendant plus de deux décennies », Guilhem Battut, France Soir, sur le site francesoir.fr, mardi 29 avril 2008.
  5. BBC NEWS | Europe | Cellar incest girl 'will recover'
  6. adresse du cachot afp.google.com
  7. « Sous l'horreur, les questions », Matthieu Verrier, le jdd.fr, 30 avril 2008.
  8. prison commencée en 1978 tempsreel.nouvelobs.com
  9. Plan de la cave img.dailymail.co.uk
  10. « Autriche: le père incestueux menaçait ses victimes de les empoisonner au gaz » Liberation.fr, 1er mai 2008.
  11. photo de la cave Ouest France http://www.ouest-france.fr
  12. description de la cave http://www.francesoir.fr
  13. Autriche : la cave de Fritzl bouchée, Le Figaro, 20 juin 2013.
  14. « Séquestration d'une femme en Autriche : son père fait des aveux complets », dépêche AFP, sur le site afp.google.com, le 28 avril 2008
  15. a et b « Autriche : la paternité de J. Fritzl confirmée », TSR.ch, 29 avril 2008.
  16. « Autriche : une vie d’inceste », Christian Fillitz, Libération, sur le site liberation.fr, le 29 avril 2008.
  17. « Josef Fritzl a trompé tout le monde », dépêche AFP, sur le site leparisien.fr, mercredi 30 avril 2008.
  18. « Les enquêteurs fouillent toujours la maison du père autrichien incestueux », dépêche AFP, sur le site liberation.fr, 30 avril 2008.
  19. « Appel à témoins dans l'affaire d'inceste en Autriche, dépêche Reuters, sur le site lexpress.fr, 30 avril 2008.
  20. « J'ai habité trois ans chez un monstre », Émeline Cazi et Marc Menou, sur le site leparisien.fr, le 30 avril 2008.
  21. Rudolf Mayer avocat de M Fritzl tempsreel.nouvelobs.com
  22. Franz Polzer enqueteur en chef http://www.cyberpresse.ca
  23. Christiane Burkheiser procureur tempsreel.nouvelobs.com
  24. défense en justice d'Elisabeth http://www.lexpress.fr
  25. L'audition secrète d'Elisabeth Fritzl - Faits Divers - leParisien.fr
  26. l'audition d'Elisabeth a été enregistrée dans un endroit secret canadianpress.google.com
  27. Josef Fritzl accusé d'esclavage canadianpress.google.com
  28. (en) Fritzl returns to incest cellar "Visite de Joseph Fritzl au cachot" BBC News du 26 septembre 2008.
  29. il a tenté de vendre les PV de son procès à la presse people http://www.rtlinfo.be
  30. officiellement accusé de meurtre http://www.lemonde.fr
  31. « Le “monstre d'Amstetten” devant ses juges », Libération, 16 mars 2009.
  32. plaide coupable http://www.tdg.ch

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]