Klaus Kinski

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Klaus Kinski

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Klaus Kinski au festival de Cannes 1988

Nom de naissance Nikolaus Karl Günther Nakszyński
Naissance
Zoppot, Ville libre de Dantzig
Nationalité Drapeau de l'Allemagne allemande
Décès (à 65 ans)
Los Angeles, États-Unis
Profession comédien
Films notables Et pour quelques dollars de plus
Aguirre, la colère de Dieu
Nosferatu, fantôme de la nuit
Fitzcarraldo

Klaus Kinski est un comédien allemand, né Nikolaus Karl Günther Nakszyński le à Zoppot, territoire de Dantzig (aujourd'hui Sopot en Pologne) et mort le à Los Angeles aux États-Unis. Sa filmographie est notamment marquée par son association avec le réalisateur Werner Herzog.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vue de Sopot, où est né Klaus Kinski.

Klaus Kinski est le cadet de quatre enfants issus de l'union de Bruno Nakszyński, pharmacien allemand d'ascendance polonaise, et de Susanne Lutze, infirmière allemande dont le père était pasteur[1]. Il est élevé dans la misère et doit très tôt vivre du produit de ses vols. En 1944, il est mobilisé dans l'armée allemande en pleine déroute. Blessé au cours des derniers combats, il est fait prisonnier. Devant ses compagnons de captivité, il monte pour la première fois sur les planches sans que ce soit pour autant une véritable vocation.

C'est vers le théâtre qu'il se dirige au lendemain de sa libération, survenue en 1946. Après quelques petits rôles sans importance, il se révèle, sous le nom de Klaus Kinski, dans deux pièces de Jean Cocteau : La Machine à écrire, puis La Voix humaine (1947), un long monologue dans lequel il incarne le rôle d'une femme désespérée, et dont la représentation fait scandale.

Il débute au cinéma en 1948, quitte l'Allemagne pour vagabonder en France, refait du théâtre en 1951, puis du cinéma à partir de 1955. Polyglotte, il tourne dans plusieurs pays, et apparaît dans de nombreux rôles secondaires, comme dans Le Docteur Jivago de David Lean. Il tient progressivement des rôles principaux, notamment de méchants, dans les années 1960, et devient une vedette du cinéma de série B, principalement en Italie. Les films de Werner Herzog lui permettent ensuite de parvenir à une plus grande reconnaissance, dans le domaine du cinéma d'art et d'essai.

Le Grand Silence, western italien de Sergio Corbucci sorti en 1968, est le premier film qui attire sur lui l'attention en France. Suivront entre autres Justine de Sade (1968), L'important c'est d'aimer (1974), Mort d'un pourri (1979), hantant littéralement ses films de sa présence. Il invente, par exemple, une façon particulière d'entrer dans le champ de la caméra en tournant de manière à être de profil puis de face en pivotant sur ses jambes (la caméra ne filmant que son torse, son visage et non ses jambes) et sans que la caméra ne fasse aucun mouvement : c'est la « vis Kinski ».

Klaus Kinski a laissé un nombre impressionnant de films à son actif : des policiers aux « westerns spaghetti » en passant par des dizaines de série B et les films de Werner Herzog : Aguirre, la colère de Dieu (1972) où son jeu hallucinant incite le metteur en scène à parler de génie, suivis de Woyzeck, puis Nosferatu, fantôme de la nuit, et Fitzcarraldo, dans lesquels il révèle un talent tout aussi fantastique. Si ces cinq films, fruits de sa collaboration avec Herzog, lui apportent la consécration dans le monde du cinéma[2], Kinski a avoué cyniquement avoir choisi d'autres films de sa carrière uniquement en fonction du cachet et de la durée du tournage[3] et même refusé des offres de Spielberg[4] ou d'Akira Kurosawa sous le motif que ces derniers ne lui proposaient pas assez d'argent.

Acteur charismatique, il est réputé pour ses coups de tête et ses colères ravageuses. Les relations difficiles qu'elles entraînent avec les réalisateurs font l'objet du film documentaire de Werner Herzog, dont il était l'acteur fétiche : Ennemis intimes (Mein Liebster Feind, littéralement Mon plus cher ennemi, 1999, parfois traduit par Mon Ennemi intime).

Plaque commémorative à Sopot, sa ville natale.

En 1975, Kinski publie son autobiographie, laquelle est traduite en français en 1976 sous le titre Crever pour vivre. Il y parle de son enfance misérable, de ses aventures crapuleuses, de ses passions, de ses haines, de ses folies, de son goût de la démesure et de ses préférences sexuelles pour les mineures[5]. Sa famille est outrée par le contenu du livre, qui contribue à éloigner l'acteur de ses enfants[6] : seul son fils cadet, Nikolai, assistera à ses funérailles en 1991[7]. Kinski meurt d'une crise cardiaque à Lagunitas en Californie à l'âge de 65 ans. Ses cendres sont dispersées dans l'océan Pacifique.

En 2013, avec la publication de son autobiographie Kindermund[8], la fille aînée, Pola Kinski, accuse son père de l'avoir violée de l'âge de 5 ans à 19 ans[9],[5]. La cadette Nastassja dénonce également un père tyrannique, terrifiant, qui a tenté d'abuser d'elle[10].

Ses trois enfants ont eux aussi choisi la profession d'acteurs :

Carrière cinématographique[modifier | modifier le code]

En 1947, Klaus Kinski effectue un essai pour Roberto Rosselini qui prépare son film, Allemagne année zéro. Un contrat au théâtre l'empêchera de se libérer pour le tournage. Sa première expérience sera le film Morituri. Son premier rôle marquant sera celui du prince Otto, le frère de Louis II de Bavière, sous la direction de Helmut Käutner (Louis II  en 1955). En 1957, il participe au film de Douglas Sirk, tourné en Allemagne, Le temps d'aimer et le temps de mourir. Son premier film comme vedette sera Der rote Rausch en 1962. C'est grâce au film de David Lean, Le Docteur Jivago qu'il acquiert la reconnaissance internationale. Il enchaîne avec Sergio Leone et en 1965 s'installe à Rome, où il tournera polar, western, film érotique, film de guerre, acceptant « les rôles au téléphone sans même lire les scénarios, choisissant toujours celui qui est le mieux payé ». Le lieu de tournage est aussi un critère : Marrakech, Rio, Londres, Téhéran…[11] Dans les années 70, il s'installe à Paris, où il alternera projets singuliers (avec Andrzej Zulawsli, Serge Moati, Alain Fleischer, Frank Cassenti) et films commerciaux.

Edgar-Wallace-Film. En 1959, débute la série allemande des adaptations des romans d'Edgar Wallace. Cette série est produite par le tandem Wendlandt-Philipsen ; elle durera jusqu'en 1972 et comptera 38 opus. Klaus Kinski participera à de très nombreux épisodes : Le vengeur défit Scotland Yard (un scénariste décapité) ; Les mystères de Londres (un tueur aveugle) ; Le narcisse jaune intrigue Scotland Yard (un barman) ; die seltsame Gräfin (un déséquilibré) ; Das Rätsel der roten Orchidee (un gangster) ; La porte aux sept serrures (un filou) ; Le requin harponne Scotland Yard (un policier camouflé en marchand) ; L'énigme du serpent noir (un gardien d'animaux) ; Le crapaud masqué (un abbé « mauvais ») ; das indische Tuch ; Mabuse défie Scotland Yard (un tueur) ; La serrure aux treize secrets ; neues vom Hexer (un domestique) ; La main de l'épouvante ; Liz et Helen.

Les westerns. La chevauchée vers Santa Cruz (1963) marque les débuts de Klaus Kinski dans le western. Il tourne un autre de ces westerns allemands : Le trésor des montagnes bleues. Puis viennent les westerns italo-espagnol : Et pour quelques dollars de plus (1965) ; El Chuncho (1966) ; Chacun pour soi (1967) ; Le grand silence (1967) ; Deux fois traitre (1968) ; Et le vent apporta la violence (1969) ; Macho Callaghan se déchaîne (1970) ; Nevada kid (1970) ; Priez les morts (1970) ; On m'appelle King (1971) ; La vengeance est un plat qui se mange froid (1971) ; La vengeance de dieu (1971) ; Black killer (1971) ; El retorno (1971) ; Che Botte (1974) ; Un génie, deux associés, une cloche (1975).

Collaborations. Kinski tournera quatre films avec Jess Franco, cinéaste mêlant horreur et érotisme dans ses films. Dans l'adaptation de Sade, Les infortunes de la vertu, il joue le rôle du marquis de Sade. Suivront Venus in furs en 1968, Les nuits de Dracula en 1969 et, Jack l'éventreur en 1976. Mais c'est sa tumultueuse collaboration avec Werner Herzog qui est la plus féconde (5 films) et la plus connue.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Années 1940[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Années 1980[modifier | modifier le code]

Doublage en France[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Crever pour vivre, Klaus Kinski, éditions Belfond, 1976 ; Livre de Poche, 1982. Autobiographie
  • J'ai besoin d'amour, Klaus Kinski, éditions Michel Lafon, Paris, 1990
  • Klaus Kinski, Philippe Rège, éditions Pierre-Marcel Favre (Lausanne, Suisse), 1987

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian David, Kinski. Die Biographie, Berlin : Aufbau, 2006, p. 13.
  2. Voir lesinrocks.com.
  3. Voir sur imdb.com.
  4. Pour jouer un nazi dans Les Aventuriers de l'arche perdue.
  5. a et b « L'image brisée de Klaus Kinski », Le Monde, 13 janvier 2013.
  6. Voir sur nanarland.com.
  7. Voir sur imdb.com.
  8. Traduction française : Tu ne diras jamais rien [« Kindermund »], traduction de Peter Hirsch, Paris, Éditions Michel Lafon, 2013, 311 p. (ISBN 978-2-7499-2086-3)
  9. Voir sur tdg.ch.
  10. « Nastassja Kinski : elle accuse son père Klaus », Le Nouvel Observateur, 14 janvier 2013 ; « Nastassja Kinski : mon père était un tyran », TF1 news, 13 janvier 2013 mis à jour le 14 janvier.
  11. extrait du livre de Philippe Rège, Klaus Kinski
  12. (en) Klaus Kinski sur l’Internet Movie Database

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Hommage[modifier | modifier le code]

  • Le groupe espagnol de shoegaze/pop/indie Klaus & Kinski porte son nom.

Liens externes[modifier | modifier le code]