Roland Ries

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Roland Ries
Roland Ries en septembre 2013.
Roland Ries en septembre 2013.
Fonctions
Sénateur du Bas-Rhin
20 février 200530 septembre 2014
Élection 19 février 2005
1er octobre 200426 novembre 2004
Élection 24 septembre 2004
Maire de Strasbourg
En fonction depuis le 22 mars 2008
Prédécesseur Fabienne Keller (UMP)
27 juin 1997juin 2000
Prédécesseur Catherine Trautmann (PS)
Successeur Catherine Trautmann (PS)
Conseiller régional d'Alsace
15 mars 199828 mars 2004
Biographie
Date de naissance 11 janvier 1945 (70 ans)
Lieu de naissance Niederlauterbach (Bas-Rhin)
Parti politique PS
Diplômé de Université de Strasbourg
Profession Professeur de Lettres modernes

Roland Ries, né le 11 janvier 1945 à Niederlauterbach (Bas-Rhin), est un homme politique français, membre du Parti socialiste, sénateur du Bas-Rhin de 2005 à 2014 et maire de Strasbourg depuis 2008.

Formation et parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Après avoir suivi toute sa scolarité à Strasbourg, au collège épiscopal Saint-Étienne, puis en classe préparatoire littéraire au lycée Fustel-de-Coulanges, il fait ses études à l'université de Strasbourg. Agrégé en lettres modernes en 1968, il est pendant de nombreuses années, enseignant à Saint-Avold (Moselle), puis à Sélestat (Bas-Rhin), au lycée Koeberlé où il enseigne à Fabienne Keller, ainsi qu'au lycée Louis Pasteur de Strasbourg à partir de 1977, en compagnie de son épouse, rencontrée sur les bancs de la faculté.

Conseiller municipal depuis mars 1983, il est 1er adjoint au maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, entre 1989 et 1997, chargé de l'urbanisme, des transports, et notamment du dossier sur les déplacements urbains et le transport des handicapés, il gère la réalisation des deux premières lignes du tram. Après la nomination de Catherine Trautmann au gouvernement, il est élu maire de Strasbourg le 27 juin 1997[1] puis président de la Communauté urbaine de Strasbourg. En juin 2000, il cède ses deux fonctions à Catherine Trautmann après son départ du gouvernement.

Entre 2001 et 2008, il redevient conseiller municipal et communautaire dans l'opposition.

Le 26 juin 2007, il annonce sa candidature aux élections municipales de 2008 à Strasbourg au sein du Parti socialiste. Choisi par les militants strasbourgeois pour mener la liste socialiste aux élections, il constitue une équipe composée d'élus et de membres du PS ainsi que de représentants de la société civile. En décembre 2007, il écrit aux Strasbourgeois une lettre précisant le sens de sa candidature en tant que maire et des grandes orientations afin que Strasbourg devienne « une ville pour tous, une ville pour chacun ». Le 16 mars 2008, il remporte les élections municipales au second tour en obtenant 58 % des voix contre Fabienne Keller, maire sortante[2],[3], un score inédit pour un candidat socialiste dans la ville depuis la Libération. Le 22 mars 2008, il est élu maire de Strasbourg par le Conseil municipal par 52 voix et 13 bulletins blancs. Avec ses adjoints, il est l'auteur et premier signataire d'un « Schwörbrief » (charte de serment)[4], document de forme solennelle en usage dans la ville de Strasbourg entre la fin du Moyen Âge et la Révolution française, déposé aux archives municipales de la ville[5]. Le 18 avril 2008, il laisse la présidence de la Communauté urbaine de Strasbourg échoir à Jacques Bigot et est élu 1er vice-président, chargé de la coordination, des transports et de l'Europe.

Malgré sa promesse de ne réaliser qu'un seul mandat de maire, il se représente aux élections municipales de mars 2014. Le 30 mars 2014, il remporte la victoire au second tour dans le cadre d'une triangulaire avec un score de 46,96 % contre 45,05 % pour sa concurrente UMP Fabienne Keller, dans un contexte national difficile pour les représentants du parti socialiste à cause de la pratique du vote sanction à l'encontre du président socialiste François Hollande. Roland Ries insiste lors de l'analyse du scrutin sur le respect des engagements donnés en 2008 et sa vision pour Strasbourg 2020.

Action à Strasbourg[modifier | modifier le code]

Il est classé par l'Internaute meilleur Maire de France pour les villes de plus de 100 000 habitants[6] et 4eme meilleur Maire de France dans un autre classement réalisé par le magazine L'Express[7]. Il est également classé 9e dans le top 10 des « rois du cumul », établi par le journal Le Parisien et l'association Anticor, qui ont comptabilisé à l'époque trois mandats et dix fonctions liées à l'exercice de ces mandats[8].

Politique locale[modifier | modifier le code]

Roland Ries revendique son affiliation à la social-démocratie et sa sympathie pour le centrisme dans "L'Alsace et la gauche : un terreau pour la social-démocratie"[9].

Il s'est d'abord engagé, par son programme, à promouvoir la "démocratie de proximité" pour associer les Strasbourgeois aux délibérations politiques. Un budget annuel de 30 000 € est effectivement dédié à chaque conseil de quartier dès 2008, dont les avis sont portés à la connaissance des conseils municipaux. En 2011, la proposition de limiter la vitesse automobile à 30 km/h dans tout le centre-ville est soumise à référendum (et rejetée par 55% des votants, soit 1 électeur inscrit sur 4 environ)[10]. Mais l'utilisation des fonds par les conseils de quartier reste assez opaque (un journaliste rapporte qu'il s'agit d'abord de payer des "voyages d'études", des "repas citoyens"[11]).

Il faut également porter à son actif la construction de 1500 logements sociaux par an depuis 2008, et la rénovation de nombreuses infrastructures pour la jeunesse (crèches, écoles, stades, piscines)[12]. Le "plan piscines" est cependant controversé : il est jugé à la fois coûteux et inefficace pour faire face à l'engorgement des piscines. Le 15 octobre 2011, Roland Ries honore une promesse électorale en inaugurant à Strasbourg le premier centre LGBTI de France, créé, développé et géré par l'association La Station[13]. Il inaugure aussi en Septembre 2012 le premier Forum Mondial de la Démocratie qui siège désormais chaque année à Strasbourg.

En octobre 2010, il est cité dans une information judiciaire diligentée par la direction interrégionale spécialisée de Nancy (où l'instruction du dossier avait été dépaysée), pour des soupçons de "favoritisme" et "recel de favoritisme" concernant ce qu'il est convenu d'appeler "le dossier de Bamako" et "le dossier de Noël". Ce qui pose problème aux juges est le versement en 2008, sans aucune mise en concurrence, de 16 744 € à l'agence de communication Atheo (dirigée par un proche, Roland Boehller) en échange d'une étude de quatre pages sur le marché de Noël[14]. Les juges lui reprochent aussi le versement, sans aucun appel d'offre, d'une somme globale de 50 000 euros à trois cabinets de consultants pour des études sur la faisabilité d'un réseau de tram à Bamako (au Mali)[15]. Le Code des marchés publics prévoit en effet l'obligation de publier un appel d'offre. La peine maximale encourue est de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. Roland Ries sera entendu par les services de police en juin 2013[16].

En janvier 2014, comme d'autres candidats aux élections municipales, Roland Ries signe une charte anti-corruption. Il refuse cependant de signer la charte proposée par Anticor (dont l'antenne locale a été fondée par une ancienne adjointe à laquelle il a retiré ses délégations). Il lui préfère celle de Transparency International France. Il s'engage à publier sa déclaration de patrimoine, à ne pas cumuler les mandats, à prévenir les conflits d'intérêts et enfin à garantir la collégialité des décisions en matière d'urbanisme local »[17].

Il procède, fin décembre 2014, à une augmentation des impôts locaux de 3%[18] tout en soutenant la politique d'austérité pratiquée à la CUS par Robert Herrmann.

Politique internationale[modifier | modifier le code]

Premier adjoint au maire, puis maire de Strasbourg, Roland Ries a eu l'occasion de recevoir diverses personnalités de stature internationale au rang desquelles la reine Elisabeth II, François Mitterrand, Yasser Arafat ou Tomislav Nikolic.

Roland Ries a aussi cherché à réconcilier l’Alsace avec son histoire, il a souhaité promouvoir l'identité régionale et le bilinguisme comme moyen d’ouverture sur les autres cultures. Il est membre du comité de patronage du think tank franco-allemand strasbourgeois Forum Carolus.

Président de la Mission opérationnelle transfrontalière (MOT) de 1997 à 2001, Roland Ries a présidé la Mission interministérielle pour le rayonnement européen de Strasbourg (MIRES) de 2000 à 2001.

Durant la campagne des élections municipales 2008, il s'est engagé à donner un statut juridique et fiscal propre à l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau. Il est intervenu lors de la discussion au Sénat de la proposition de loi visant à renforcer la coopération transfrontalière, transnationale et interrégionale, par la création d’un groupement européen de coopération territoriale (GECT)[19].

Action au niveau national[modifier | modifier le code]

Au Sénat[modifier | modifier le code]

Élu sénateur du Bas-Rhin le 26 septembre 2004 et le 20 février 2005 (son mandat est resté vacant du 27 novembre 2004 au 19 février 2005, à la suite de l'annulation du scrutin pour des problèmes de procédure), il est l'auteur de plusieurs textes adoptés par le Sénat, dont une résolution sur le sujet délicat de la création d'un fonds européen d'ajustement à la mondialisation, une autre sur les services publics dans les transports urbains et régionaux, ainsi qu'une loi votée à l'unanimité au Sénat sur la promotion de l'autopartage. Il a cosigné de nombreuses propositions de loi sur des sujets aussi variés que les crématoriums, l'incitation publicitaire à la consommation d'alcools ou encore les problèmes de stationnement automobile pour les personnes handicapées.

Roland Ries est également l'auteur de nombreux rapports, notamment sur les perspectives d'EADS, « les instruments de défense commerciale de l'Europe », la notion de préférence communautaire...

Le 31 juillet 2007, il est élu membre suppléant de la Délégation française aux Assemblées parlementaires du Conseil de l'Europe et de l'Union de l'Europe occidentale. Le 8 octobre 2008, il est élu vice-président de la nouvelle Commission des affaires européennes du sénat. À la suite de la loi sur le non-cumul des mandats, il renonce à se représenter aux élections sénatoriales de septembre 2014[20].

Dans les transports[modifier | modifier le code]

L'action de Roland Ries au niveau national est très marquée par son expertise des questions de transports. Il est nommé, en 2001, par Lionel Jospin, membre du Conseil économique et social au titre des personnalités qualifiées jusqu'en 2003. Le 10 septembre 2008, il est élu à l'unanimité à la présidence du Groupement des autorités responsables de transport (GART), qu'il avait déjà présidé entre 1998 et 2001. Cette fonction en faisait un candidat tout désigné pour le ministère des transports dans le gouvernement Ayrault, poste qu'il refuse pourtant au mois de mai 2012.

Il a également présidé, sous l'égide du commissariat général du Plan, un groupe de concertation sur les transports urbains, chargé de formuler des orientations et des recommandations sur l'organisation, les modes de régulation et le financement des transports urbains. Il a rendu son rapport en 2003 au premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Il rejoint en 2013, le conseil d'administration de la SNCF avec un second parlementaire socialiste, le député Jean-Paul Chanteguet[21].

Engagement militant[modifier | modifier le code]

  • de 1971 à 1977 : Militant du PSU
  • depuis 1977 : adhérent du Parti socialiste
  • ancien premier secrétaire de la fédération socialiste du Bas-Rhin
  • ancien secrétaire de section

Mandats[modifier | modifier le code]

Mandats nationaux et européens[modifier | modifier le code]

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

mandats municipaux
mandats régionaux

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Roland Ries est élu maire de Strasbourg » Le Monde 29 juin 1997
  2. « Après avoir perdu Strasbourg en 2001, la gauche reconquiert la ville » Le Monde 16 mars 2008
  3. « La gauche revient à Strasbourg » Le Journal du dimanche
  4. Dernières nouvelles d'Alsace : « Le serment de Roland Ries »
  5. Dossier de presse des archives municipales et communautaires de Strasbourg
  6. [1]
  7. [2]
  8. « Le sénateur-maire de Strasbourg est l'un des rois du cumul », sur Rue89strasbourg.com,‎ 08/02/2013
  9. Roland Ries, L'Alsace et la gauche, Le Verger,‎ 2008
  10. « Strasbourg, zones à 30 km/h », sur le Figaro,‎ 03/05/2011
  11. « Les promesses du candidat Ries », sur rue89strasbourg.com,‎ 22/03/2013
  12. « les promesses du candidat Ries », sur rue89strasbourg.com,‎ 22/03/2013
  13. Strasbourg: Le premier centre LGBTI d’Alsace ouvre bientôt ses portes, Yagg.com, jeudi 6 octobre 2011.
  14. « Le tribunal administratif pointe un avantage injustifié », sur L'Alsace,‎ 14/02/2014
  15. (fr)Yolande Baldeweck, « Bamako : Roland Ries « serein » sur l’issue de l’enquête », sur lalsace.fr,‎ 22 février 2012 (consulté le 21 août 2012) : « L’enquête vise trois marchés pour des études d’un total d’environ 50 000 € pour le tram de Bamako, confiées à trois bureaux d’études, sans publicité, ni présentation d’autres devis, ce qui est exigé par le code des marchés publics. »
  16. « Le maire de Strasbourg entendu par la police », sur Mediapart,‎ 07/06/2013
  17. « L'autre choix de Ries », sur 20 minutes,‎ 30/01/2014
  18. « Hausse des impôts locaux », sur france3-regions,‎ 11/12/2014
  19. Extrait du compte rendu intégral de la séance du 3 avril 2008
  20. http://m.leparisien.fr/flash-actualite-politique/le-maire-de-strasbourg-s-engage-a-son-tour-contre-la-corruption-mun67000-29-01-2014-3539585.php
  21. « Roland Ries entre au conseil d'administration de la SNCF », sur www.mobilicites.com,‎ 8 mars 2013 (consulté le 12 mars 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]