Région de Moldavie

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Moldavie

Depuis 1359

Description de cette image, également commentée ci-après

La Moldavie, en jaune.

Histoire et événements
1359 fondation par Bogdan Ier
1538 vassale de l’Empire ottoman mais garde son autonomie
1600 brève union avec la Transylvanie et la Valachie
1714 nomination de princes phanariotes
1775 annexion autrichienne de la région alors nommée Bucovine
1812 annexion russe de la moitié orientale alors nommée Bessarabie
1918 réunification au sein du royaume de Roumanie
1940 second partage : la partie occidentale reste roumaine, la partie orientale devient soviétique (sous le nom de République socialiste soviétique moldave)
1991 la partie orientale est partagée entre la république de Moldavie et l’Ukraine indépendantes
2007 au sein de la Roumanie, la partie occidentale rejoint l’Union européenne
Souverains
Alexandre le Bon
Étienne ou Stéphane le Grand
Petru Rareș
>Michel le Brave

La Moldavie (en roumain : Moldova) est une région historique et géographique de l’Europe, correspondant à l’ancienne principauté de Moldavie partagée actuellement entre la Roumanie (46 % de l’ancienne principauté : 4 700 000 habitants, Moldaves d’origine locale à 98 %[1]), la république de Moldavie (36 % de l’ancienne principauté : 4 324 500 habitants, d’origine locale à 69 % soit 3 288 500 personnes[2]) et l’Ukraine (18 % de l’ancienne principauté : 372 000 personnes soit 11 % de la population des régions de Bucovine septentrionale et de Bessarabie du sud et 0,8 % de la population de l’Ukraine[3]).

Aujourd’hui, 56 % des Moldaves vivent sur 46 % du territoire de l’ancienne Moldavie (jaune foncé, en Roumanie) et 44 % vivent sur 54 % du territoire de l’ancienne Moldavie (jaune pâle, en république de Moldavie et en Ukraine où ils sont mélangés à des colons slaves).

La Moldavie occidentale roumaine (correspondant à huit județe) ne doit pas être confondue avec la région de développement Nord-Est de la Roumanie, qui n’occupe que six județe (les deux les plus méridionaux faisant partie de la région de développement Sud-Est) : voir l’article sur les subdivisions de la Roumanie.

Diverses appellations pour une même région[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Étymologie de Moldavie.

Le pays moldave a été habité dans l’Antiquité par les Daces, ce qui a fait supposer que son nom dérivait des mots daces molta (beaucoup) ou molo (boue) et dava (cité). On a aussi avancé comme origine le mot molift ou molid désignant en roumain l’épicéa. Enfin, il existe une légende médiévale qui raconte que le voïvode Dragoș, fondateur de l’État moldave, aurait eu une chienne nommée Molda qui se serait noyée dans la rivière, désormais appelée Moldova, ainsi que le pays.

L’hypothèse la plus probable est que le nom de la principauté fondée par le prince Dragoș, venu du Maramureș voisin, qui désigne aussi la rivière Moldova, dérive de l’ancien germanique Mulda qui signifie « creux », « mine », ce qui est aussi le sens du nom roumain Baia, nom de la capitale de Dragoș. On sait que des mines y étaient exploitées par des maîtres allemands, et l’on retrouve Mulda en Saxe et en Bohême. Les noms historiques du pays sont Moldova en roumain, Moldva en magyar, Moldavie en français, Moldau en allemand et Moldavia dans plusieurs langues telles que l’anglais ou l’espagnol. Toutefois, des néologismes sont apparus depuis l’indépendance de la république de Moldavie voisine, pour désigner cet État, dont le nom officiel est également Moldova, mais que les Allemands appellent désormais Moldawien tandis que les anglo-saxons et l’ONU utilisent Moldova tel quel, sans le traduire. En français, depuis la directive Juppé, Moldavie et Moldova peuvent être également usités.

Mais par le passé, la principauté a aussi été nommée Valachie orientale, Bogdano-Valachie et même Bogdanie d’après le nom du voïvode Bogdan. Une valachie désigne en ancien français (et dans les autres langues européennes : Walachei, Wallachia, Vlachföld, Valachia…) une principauté roumanophone ; la Valachie intérieure était la Transylvanie (intérieure au royaume hongrois) et l’Hongro-Valachie ou Valachie extérieure était l’actuelle Valachie (située au sud-est et à l’extérieur de la Hongrie), principauté elle-même divisée en Grande-Valachie (Munténie) et Petite-Valachie (Olténie). Le nom de Valaques désignait à l’étranger les populations à parler roman dans ces régions, jusqu’à ce qu’Émile Ollivier et Élisée Reclus proposent avec succès le nom de Roumains. D’autres appellations de la même famille sont la Valachie morave (district de bergers roumanophones dans l’est de l’actuelle République tchèque), et la Valachia meridionalis sive graeca (pays des Aroumains dans l’actuelle Macédoine)[4].

À partir du XVe siècle, la Moldavie est divisée en Țara de Sus (« Haut-Pays »), comprenant la future Bucovine, et Țara de Jos (« Bas-Pays »). Les capitales du pays ont été successivement Baia et Siret au XIVe siècle, Suceava et Iași au XVIe siècle. En 1484 les Turcs s’emparent des rivages danubiens et maritimes de la Moldavie, nommés Bessarabie depuis que les voïvodes Basarab de Valachie en avaient chassé les tatars (en 1328). Lorsqu’en 1812 la Russie annexe la moitié orientale de la Moldavie entre Prut et Dniestr, les gouverneurs russes utilisent ce nom de Bessarabie pour désigner l’ensemble du territoire annexé, aujourd’hui partagé entre l’Ukraine et la république de Moldavie.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Moldavie géographique et historique telle qu’elle était à la veille de l’invasion ottomane (1483).
Initialement divisée en "Haut-pays", "Bas-pays" et "Bessarabie" (originelle), la Moldavie a été partagée en Bucovine autrichienne (1775), Bessarabie russe (1812) et Moldavie occidentale (unie à la Valachie pour former la Roumanie en 1859).
Le partage actuel de la Moldavie.
Les régions moldaves dans l'Ukraine actuelle.

La région de Moldavie, considérée souvent lors de sa plus grande expansion au XVe siècle par le territoire de la Moldavie historique, était limitée :

Les capitales du pays ont été successivement Baia et Siret au XIVe siècle, Suceava et Iași au XVIe siècle. Les voïvodes ont élevé les citadelles défensives de Suceava, Hotin, Soroca, Tighina et Cetatea-Albă que l'on peut encore voir aujourd'hui.

À partir du XVe siècle, la Moldavie est divisée en : Țara de sus (le Haut-Pays: ținuturi (districts) de Cernăuți, Câmpulung, Suceava, Neamț, Roman, Cotnari, Dorohoi, Hârlău, Iași, Hotin, Soroca, Orhei et Lăpușna), et Țara de jos (le Bas-Pays: districts de Bacău, Putna, Vaslui, Tutova, Tecuci, Fălciu, Covurlui, Tigheciu, Tighina, Chilia et Cetatea-Albă).

La Moldavie a perdu successivement:

  • ses ports danubiens et maritimes en 1484 face aux Turcs Ottomans;
  • le quart sud-est de son territoire avec Tighina (Bender) en 1538, également face aux Turcs qui y ont installé des Tatars et appelèrent cette région Bucak (la « Marche »);
  • le pays de Hotin en 1713, toujours au profit des Ottomans;
  • le quart nord-ouest de son territoire en 1775 face aux Autrichiens, qui le nomment alors Bucovine;
  • la moitié est de son territoire en 1812 face à la Russie, qui la nomme alors Bessarabie.

Avant 1812, Bessarabie ne désignait pas toute la Moldavie orientale, mais seulement ses rivages danubiens et maritimes, appelés en turc : Boudjak. Cette région côtière a d’abord fait partie de la Valachie au temps de Basarab Ier. La Moldavie a hérité de cette région après Bogdan Ier, lorsque Cetatea Albă est reprise aux Tatars. Ainsi, Roman Ier portait pour la première fois le nom de « Seigneur (prince) depuis les montagnes jusqu’à la mer ».

La population autochtone, les Moldaves romanophones, s’est maintenue en proportion de 97 % dans 46 % du territoire de l’ancienne principauté de Moldavie, appartenant aujourd’hui à la Roumanie, en proportion de 62 % dans 36 % du territoire de l’ancienne principauté de Moldavie, appartenant aujourd’hui à la république de Moldavie, et en proportion de 8 % dans 18 % du territoire de l’ancienne principauté de Moldavie, appartenant aujourd’hui à l’Ukraine. Soit environ huit millions et demi d’habitants sur onze, pour l’ensemble de l’ancienne principauté.

Gentilés[modifier | modifier le code]

Depuis le XIXe siècle, il y a une divergence de vues politique concernant le sens du gentilé « Moldave » entre les autorités roumaines d’une part, et d’autre part celles de la Russie, de l’URSS et de la république de Moldavie voisine. Le sens défini par l’Empire russe, par l’URSS et depuis 1991 par la république de Moldavie fait de « Moldave » une ethnie, en lui déniant son caractère roumanophone. Le sens défini par la Roumanie fait de « Moldave » une appartenance purement géographique (concernant aussi bien la Moldavie roumaine que la Moldavie indépendante), qui n’empêche pas son caractère roumanophone, comme c’est aussi le cas des populations roumanophones de Transylvanie, du Banat, de la Dobrogée, de la Valachie.

En somme, les habitants de la région roumaine de Moldavie peuvent être à la fois moldaves et roumains, tandis que les roumanophones de la république de Moldavie et d’Ukraine doivent choisir entre être moldaves ou roumains.

Les linguistes scientifiques, qui se réfèrent à la notion d’isoglosse, ne reconnaissent qu’une langue : le daco-roumain, qu’il soit nommé « roumain » en Roumanie, ou « moldave » en république de Moldavie. Les autorités de cette dernière, par les articles 12 et 13 de la Constitution, récusent cette définition scientifique, quitte à empêcher la majorité des habitants de la république de Moldavie de développer librement leur culture par-delà les frontières de l’État (comme le font les minorités russe, ukrainienne, bulgare ou gagaouze), et quitte à bloquer le rapprochement de la république de Moldavie avec l’Union européenne (car la Roumanie a annoncé qu’elle ne ratifiera aucun document niant la roumanophonie de l’ensemble des Moldaves, citoyens roumains ou non).

Populations[modifier | modifier le code]

La population de la région se compose de :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Recensement de 2002 - Evenimentul.ro - 25 février 2009.
  2. (ro)(en) Recensămîntul populației 2004.
  3. (en) « The World Factbook », CIA (2006) ; (en) ONU (2004).
  4. Ion Ciortan, Măriuca Radu, Octavian Ion Penda, Descriptio Romaniae (cartographie), Musée national des anciennes cartes et livres, R.a. Monitorul oficial, Bucarest, 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]