Pays sicule

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Pays sicule
Székelyföld (hu)
Ținutul Secuiesc (ro)
Armoiries[1]
Armoiries[1]
Drapeau[2]
Drapeau[2]
Localisation du Pays sicule en Europe
Localisation du Pays sicule en Europe
Administration
Capitale Târgu Mureş (en hongrois Marosvásárhely)
Démographie
Population 750 000 hab. (2002)
Densité 63 hab./km2
Langue(s) Roumain officiel, hongrois utilisé à tous les niveaux (publics, administratifs, culturels, etc.), la grande majorité de la population étant magyarophone.
Géographie
Superficie 12 000 km2
Divers
Monnaie Leu roumain (RON)
Fuseau horaire UTC +2
Domaine internet .ro
Hymne Székely Himnusz (Hymne sicule)

Le Pays sicule (en hongrois Székelyföld[3], en roumain Ținutul Secuiesc) est une région historique et ethnographique de la Transylvanie, en Roumanie. La contrée est habitée pour la majeure partie par des Sicules de Transylvanie se situant entre Târgu Mureș (en hongrois Marosvásárhely), Sovata (Szováta), Gheorgheni (Gyergyószentmiklós), Miercurea Ciuc (Csíkszereda), Băile Tușnad (Tusnádfürdő), Cristuru Secuiesc (Székelykeresztúr), Baraolt (Barót), Sfântu Gheorghe (Sepsiszentgyörgy). Le centre historique et culturel de la région est Odorheiu Secuiesc (Székelyudvarhely). C'est dans cette seule région de Transylvanie que les magyarophones sont en majorité (71,4 % en 2002).

Carte du Pays sicule avec les noms en hongrois

Nom[modifier | modifier le code]

En français, l'appellation la plus courante est le Pays sicule, plus rarement Pays des Sicules. La traduction n'est pas totalement fidèle au hongrois, car Székelyföld signifie littéralement « Pays/terre » (föld ) « des Siégeois » (Székely, de Szék, le Siège civil et militaire des garde-frontières). Cette dénomination fait référence au statut et à l'organisation territoriale des Sicules au Moyen Âge. En roumain, le nom a été traduit comme tel : Ținutul Secuiesc veut effectivement dire Terre sicule, comme le nom historique latin, Terra Siculorum.

D'autres étymologies ont été suggérées, tel le nom Eskil d'une tribu de Bulgares de la Volga, supposant une origine turque, ou bien un mot hongrois formé sur szëg/szög « clou, angle » de façon parallèle à szegély « bord » , les Sicules étant les habitants des frontières[4].

Données physiques[modifier | modifier le code]

Les points culminants du Pays sicule
Nom Altitude
(en mètres)
Massif
Harghita-Mădăraș
(Madarasi-Hargita)
1801 Monts Harghita
(Hargitai-hegység)
Hășmașul Mare
(Nagy-Hagymás)
1792 Monts Hasmas
(Hagymás-hegység)
Saca Mare
(Mező-havas)
1777 Monts Gurghiu
(Görgényi-havasok)
Varful Lacauti
(Lakóca)
1777 Monts Vrancei
(Háromszéki-havasok)
Harghita-Ciceului
(Csicsói-Hargita)
1755 Monts Hargita
(Hargita-hegység)
Vârful Ecem
(Öcsém-tető)
1706 Monts Harmas
(Hagymás-hegység)
Amza
(Csomafalvi-Dél-hegy)
1694 Monts Gurgiu
(Görgényi-havasok)
Vârful Likas
(Likas)
1674 Monts Giugeu
(Gyergyói-havasok)
Ţibleş
(Kis-Széples)
1665 Monts Bistriţei
(Besztercei-havasok)
Vârful Nemira Mare
(Nagy Sándor-csúcs)
1640 Monts Nemira
(Nemere-hegység)
Bătrâna
(Öreg-tető)
1633 Monts Gurgiu
(Görgényi-havasok)
Piatra Singuratică
(Egyes-kő)
1608 Monts Harmas
(Hagymás-hegység)

Les frontières du Pays sicule actuel sont difficiles à définir, mais à part la moitié du județ de Mureș, les limites des județ de Harghita et de Județ de Covasna correspondent quasiment aux frontières historiques (voir carte). Le Pays sicule historique regroupait également des petits territoires des județ actuels de Bacău et de Neamț limitrophes des autres județ cités précédemment. Enfin, un autre ancien siège du Royaume de Hongrie faisait partie du Pays sicule, Aranyosszék, enclavé dans les județ actuels de Cluj et d'Alba. Sa superficie totale est de 12 800 km2.

En termes de géographie physique, le Pays sicule est une région montagneuse  : la chaîne des Carpates traverse le territoire avec les massifs notables suivants  : les monts Giurgeu (Gyergyói-havasok), les monts Harghita (Hargitai hegység), les monts Hasmas (Hagymás-hegység) ou encore les monts Gurghiu (Görgényi havasok). Le point culminant du Pays sicule est le Harghita-Mădăraș (Madarasi-Hargita) qui a une altitude de 1 801 mètres.

Deux importantes rivières coulent à travers le Pays sicule : l'Olt et le Mureș (Maros). Les autres cours d'eau importants sont la Târnava Mică (Kis-Küküllő), la Târnava Mare (Nagy-Küküllő), la Râul Negru (Feketeügy) et la Trotuș (Tatros). Les plus grands lacs du territoire (Lacul Bezid, Barajul Zetea et Barajul Frumoasa) ont tous été créés de manière artificielle. Les autres lacs naturels ont une plus petite superficie : le Lacul Roșu (Gyilkos-tó), le Lacul Sfânta Ana (Szent Anna-tó) et le Lacul Ursu (Medve-tó).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Pays sicule historique sur la carte de la Roumanie actuelle
Les sièges du Pays sicule historique au XIXe siècle
La carte de la Province autonome magyare (1952-1960)

Des lettres du Diocèse de Milkóvia écrites entre 1096 et 1228 déclarent que les Sicules habitaient déjà en 1089 l'ouest de la Transylvanie, mais la plupart des historiens s'accordent à dire qu'ils sont arrivés plus tard, au XIIe/XIIIe siècle. Cependant, leur origine est toujours sujette à débat. Au Moyen Âge, le Pays sicule a joui d'une autonomie importante dans le Voïvodat de Transylvanie, lui-même autonome au sein du Royaume de Hongrie.

Jusqu'en 1876, le pays des Sicules était composé des sièges (szék en hongrois) suivants :

  • Maros (Marosszék)
  • Udvarhely (Udvarhelyszék) , dont dépendaient les deux sièges suivants :
    • Keresztúr
    • Bardócz
  • Csík (Csíkszék), dont dépendaient les deux sièges suivants :
    • Gyergyó
    • Kászon
  • Háromszék, composé des trois sièges suivants :
    • Sepsi (chef-lieu : Sepsiszentgyörgy, aujourd'hui : Sfântu Gheorghe)
    • Kézdi (chef-lieu : Kézdivásárhely, aujourd'hui : Târgu Secuiesc)
    • Orbai (chef-lieu : Kovászna, aujourd'hui : Covasna)
  • Aranyos (Aranyosszék, enclavé ensuite dans le comitat de Torda-Aranyos)

Après le compromis austro-hongrois de 1867, la Transylvanie a été intégrée dans le Royaume de Hongrie, perdant ainsi l'autonomie qu'elle avait durant les siècles précédents. Un système de comitats a alors été créé qui a mis un terme aux sièges autonomes du Pays sicule. Ils ont été remplacés par les quatre comitats d'Udvarhely, Csík, Háromszék et Maros-Torda (seul la moitié de ce dernier comitat appartenait au Pays sicule). Enfin, le siège enclavé d'Aranyosszék a été intégré dans le comitat de Torda-Aranyos.

À l'issue de la Première Guerre mondiale et de la défaite de l'Autriche-Hongrie, le Conseil de la Transylvanie (sans les voix des représentants hongrois, bien sûr) vote le 1-er décembre 1918 son rattachement à la Roumanie, officialisé par le Traité de Trianon en 1920. Les représentants des Hongrois (dont les Sicules) protestent parce que le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » du président Wilson n'est pas appliqué vis-à-vis du Pays sicule, majoritairement peuplé de Hongrois. La langue officielle du territoire est donc devenu le roumain même si le hongrois continuait à être utilisé dans les secteurs administratifs et éducatifs.

Durant la Seconde Guerre mondiale, plus précisément le 30 août 1940, le Deuxième arbitrage de Vienne a rendu le nord de la Transylvanie incluant le Pays sicule (sauf le siège d'Aranyosszék) à la Hongrie. À cause de l'engagement de la Roumanie contre l'Axe à partir d'Août 1944, le traité de Paris de 1947 consacre le retour à la Roumanie de la Transylvanie septentrionale avec le Pays sicule.

Le 21 septembre 1952, sous le régime communiste, la Province autonome magyare (Magyar Autonóm Tartomány/Regiuna Autonomă Maghiară) est créée avec pour chef-lieu Marosvásárhely. Les limites de ce territoire ne correspondent pas tout à fait au Pays sicule historique, mais englobent la plupart des zones où le populations sicules étaient alors majoritaires. Dans cette région, le hongrois est langue officielle. Des modifications sont apportées en 1960 : le territoire perd sa partie méridionale (à majorité sicule) mais une région à majorité roumaine lui est rattachée à l'ouest, faisant ainsi baisser la proportion de Hongrois dans cette nouvelle région de « Mureș-Province autonome magyare ». Huit ans plus tard, la réforme administrative roumaine la supprime définitivement au profit de simples judets (Covasna, Harghita et Mureș), revenant ainsi à la situation d'avant 1952.

Depuis, de nombreuses revendications autonomistes ont vu le jour, surtout après la Libération de 1989, mais jusqu'ici la seule avancée sur cette question a été la ré-officialisation du hongrois, à côté du roumain, dans les services publics des judets de Covasna et Harghita, ainsi que dans la ville de Târgu-Mureș. Les taux de populations magyarophones restent les plus élevés de toute la Transylvanie, dépassant les 75 % pour le pays Sicule[5] et même localement les 95 % dans certaines villes[6]. Il faut noter la présence dans la région d’une minorité roumaine historique significative (plus de 100 000 personnes). Les Sicules et l'UDMR militent pour une réforme de l'Organisation territoriale de la Roumanie visant à supprimer les judets (départements) pour établir quinze Euro-régions autonomes dont une pour le Pays sicule[7].

Population[modifier | modifier le code]

Article principal : Sicules (Transylvanie).
Carte ethnique du Pays sicule. En blanc les frontières historiques, en rouge celles proposées par le Conseil national sicule

Le Pays sicule historique a une population totale d'environ 800 000 habitants[5], dont 80 % est magyarophone. Les Hongrois représentent 59,2 % de la population totale des județ de Harghita, Covasna et Mureș. Seul l'ancien siège d'Aranyosszék possède une majorité roumaine. Le pourcentage de Hongrois est plus élevé dans les deux premiers județs, respectivement de 84,8 % et 73,58 %. Dans le județ de Mureș, 37,82 % de la population est hongroise. Paradoxalement, seules 500 personnes se sont déclarées sicules au recensement de 2002 qui donnait le choix entre identité ethnique hongroise (en hongrois magyar) ou sicule (székely) ; la quasi-totalité des Sicules se sont en effet déclarés Hongrois en considérant les Sicules comme un sous-groupe des Hongrois.

Villes[modifier | modifier le code]

Le centre historique est Târgu Mureș (Marosvásárhely), les autres villes importantes sont Miercurea-Ciuc (Csíkszereda), Sfântu Gheorghe (Sepsiszentgyörgy) et Odorheiu Secuiesc (Székelyudvarhely).

Voici le tableau des dix villes les plus peuplées du Pays sicule:

   Ville Nom roumain Județ actuel Ancien comitat hongrois Population Population magyare[6]
1 Marosvásárhely Târgu Mureș Mureș Maros-Torda 150 041 70 108
2 Sepsiszentgyörgy Sfântu Gheorghe Covasna Háromszék 61 543 46 113
3 Csíkszereda Miercurea-Ciuc Harghita Csík 42 029 34 359
4 Székelyudvarhely Odorheiu Secuiesc Harghita Udvarhely 36 948 35 357
5 Kézdivásárhely Târgu Secuiesc Covasna Háromszék 20 488 18 633
6 Gyergyószentmiklós Gheorgheni Harghita Csík 20 018 17 524
7 Szováta Sovata Mureș Maros-Torda 11 614 10 465
8 Kovászna Covasna Covasna Háromszék 11 369 7 539
9 Székelykeresztúr Cristuru Secuiesc Harghita Udvarhely 9 672 9 201
10 Barót Baraolt Covasna Háromszék 9 670 9 271

Économie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Armoiries octroyées aux Sicules par Sigismond Ier en 1437
  2. Drapeau adopté par le Conseil National Sicule en 2004
  3. en runes hongroises D (rovásbetű).svgL (rovásbetű) JB.svgÖ (rovásbetű) JB.svgF (rovásbetű).svgSzekely-Hungarian Rovas letter LY.svgE (rovásbetű) JB.svgK (rovásbetű).svgÉ (rovásbetű) JB.svgSz (rovásbetű).svg
  4. (hu) László Klima, « Székelyek az ország szegélyén [Sicules (székely) au bord (szegély) du pays] », dans A kelet-európai steppe és a Kárpát-medence történeti kapcsolatai az 5–12. században, Szeged,‎ 30 septembre 1997 (lire en ligne) [« Liens historiques entre la steppe est-européenne et le bassin des Carpates du 5e au 12e siècle »]
  5. a et b (en) « The szeklers and their struggle for autonomy », sur site Conseil national sicule,‎ 21 novembre 2009
  6. a et b (hu) Árpád Varga E., « Erdély etnikai és felekezeti statisztikája 1850-2002 », sur Kulturális Innovációs Alapítvány,‎ 2010 [« Statistiques ethniques et religieuses de la Transylvanie 1850-2002 »]
  7. Voir les propositions des Hongrois de Roumanie sur Reorganizare teritorială marca UDMR: 15 euroregiuni cu 15 Parlamente - Gandul.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]