François Bigot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bigot.
François Bigot
Fonctions
Intendant de la Nouvelle-France
1748 – 1760
Monarque Louis XV
Prédécesseur Gilles Hocquart
Biographie
Date de naissance 30 janvier 1703 (baptême)
Lieu de naissance Bordeaux, France
Date de décès 12 janvier 1778
Lieu de décès Neuchâtel
Nationalité Française
Diplômé de Faculté de Droit de Bordeaux
Religion Catholicisme
Intendants de la Nouvelle-France

François Bigot, (né en janvier 1703 à Bordeaux et mort le 12 janvier 1778 à Neuchâtel, Suisse), est un commissaire ordonnateur à l'Île Royale) et dernier intendant de la Nouvelle-France[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

François Bigot est né dans une famille qui avait été anoblie. Ses parents étaient Louis-Amable Bigot et Marguerite Lombard. Il mène des études de droit à la faculté de Bordeaux; à 20 ans, il choisit d'entrer dans l'administration du ministère de la Marine (bénéficiant de l'accession de son cousin Charles Jean Baptiste Fleuriau, comte de Morville, comme ministre de la Marine). Sa carrière évolue, travaillant d'abord comme écrivain sous l'autorité d'un commissaire, il devient lui-même commissaire ordinaire de la Marine à Rochefort. Le 1er mai 1739, il est nommé commissaire-ordonnateur à Louisbourg, en même temps que le nouveau gouverneur de l'Île Royale, Isaac-Louis de Forant. Il s'assure du ravitaillement de la colonie, il cherche à développer la pêche pour compenser la perte de Terre-Neuve (mais c'est un échec), il réussit à développer le commerce (surtout avec les Antilles et les colonies anglo-américaines).

Dû entre autres à lui, il y a eu une mutinerie de soldats, en décembre 1744, à Louisbourg. Certains chefs de cette mutinerie seront poursuivis devant des cours martiales, dont plusieurs seront exécutés. Lui, aura de l'avancement et sera nommé Intendant de la Nouvelle-France.

Bigot est surtout connu pour ses fraudes, ayant contribué à la perte de la Nouvelle-France par les Français au profit des Britanniques pendant la guerre de Sept Ans.

Après la conquête de Louisbourg en 1745 par les Britanniques, François Bigot est nommé intendant de la Nouvelle-France à partir de 1748. Le 10 juillet 1748, Bigot, Bréard et Gradis, un négociant de Bordeaux, créent la Société du Canada. À la liquidation de la société le 16 février 1756, ils avaient réalisés près d'un million de livres en bénéfice (Denis Vaugeois, «Les Juifs et la Nouvelle-France», p.71). Accusé de fraudes et favoritisme, il est rappelé en France en 1754 pour répondre à ces accusations. Il est cependant renvoyé au Canada en 1755.

Lors du procès qui durera deux ans, au nombre des principaux inculpés (55) figurait aussi un petit officier, Péan, qui «fermait complaisamment les yeux» sur les amours de l'intendant avec son épouse, «la sultane», en échange d'une part importante dans «l'entreprise des vivres» (Gérard Saint-Laurent, Québec 1759-1760! p.151)

En pleine guerre de Sept Ans, les dépenses du gouvernement pour la Nouvelle-France sont alors multipliées par 5 en 4 ans (1755-1759). Bigot et ses associés (à l'exception d'Abraham Gradis), dont le gouverneur-général Pierre de Rigaud de Vaudreuil, sont accusés par le gouvernement français d'avoir volé une grande partie de cet argent. La France, à la recherche d'un coupable de la déroute française au Canada, condamne Bigot et ses associés à rembourser ces sommes lors du procès connu sous les nom d'Affaire du Canada. Il devra verser 1.500.000 livres à titre de restitution.

Après la sentence du procès prononcé le 10 décembre 1763, François Bigot quitta la France pour la Suisse, il séjourna quelque temps à Fribourg puis il s'installa à Neuchâtel. C'est là qu'il meurt le 12 janvier 1778, après un bref retour en France en 1771; il fut inhumé au Château Janjaquet aux abords du petit village de Cressier près de Neuchâtel.

Il a pu acheter le château et y vivre grâce au soutien financier de ses amis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. F. Bosher et J.-C. Dubé, « Bigot, François », dans Dictionnaire biographique du canada en ligne, 2000, consulté le 18 février 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. F. Bosher et J.-C. Dubé, « Bigot, François », dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne, 2000
  • Denis Vaugeois, « François Bigot, son exil et sa mort », dans Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 21, n° 4, 1968, p. 731-748. (en ligne)
  • Denis Vaugeois, « Les Juifs et la Nouvelle-France», les Éditions Boréal Express, 1968.
  • Guy Frégault, François Bigot, administrateur français, L'Institut, 1948, 2 vol.
  • Guy Frégault, « Monsieur Bigot », dans L'Action nationale, Vol. XXVIII, No 4 (décembre 1946) : 271-288 (en ligne)
  • Louis Le Jeune, « François Bigot », dans Dictionnaire général de biographie, histoire, littérature, agriculture, commerce, industrie et des arts, sciences, mœurs, coutumes, institutions politiques et religieuses du Canada, Vol. I, Ottawa : Université d’Ottawa, 1931, 862 p., pp. 182-185. (en ligne)
  • François Bigot, Lettres de l'intendant Bigot au chevalier de Lévis, Québec : Demers et frères, 1895, 110 p. (en ligne) [ édité par Henri-Raymond Casgrain ]
  • François Bigot, Mémoire: pour messire François Bigot ci-devant Intendant de Justice, Police, Finance & Marine en Canada, accusé : contre Monsieur le Procureur-Général du Roi en la Commission, accusateur, P. Al. le Prieur, 1763, 780 p.
  • Gérard Saint-Martin, Québec 1759-1760! Les plaines d'Abraham: L'adieu à la Nouvelle-France, Economica, 2007, ISBN 978-2-7178-5350-6

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]