Forges du Saint-Maurice

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le lieu historique. Pour la série télévisée, voir Les Forges de Saint-Maurice.
Lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice
Grande Maison et Haut Fourneau
Grande Maison et Haut Fourneau
Présentation
Architecte François Poulin de Francheville
Date de construction 1730
Destination initiale Centre de production de produits de métaux
Propriétaire Parcs Canada
Destination actuelle Musée
Protection Lieu historique national (1919)
Géographie
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Ville Trois-Rivières
Localisation
Coordonnées 46° 23′ 50″ N 72° 39′ 35″ O / 46.3971999, -72.659746° 23′ 50″ Nord 72° 39′ 35″ Ouest / 46.3971999, -72.6597  

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Lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice

Les Forges Saint-Maurice furent le premier établissement industriel au Canada. On y fabriquait de la fonte et de l'acier pour tous les usages du temps. Elles étaient situées sur la rive sud-ouest du Saint-Maurice, au nord de la ville de Trois-Rivières. Établies en 1730, ces forges ont fonctionné durant plus de 150 ans au cours des XVIIIe et XIXe siècles. Il fut reconnu comme Lieu historique national le 28 octobre 1919[1]

Histoire[modifier | modifier le code]

On connaissait depuis le XVIIe siècle la richesse en minerai de fer des régions des Trois-Rivières, du Cap-de-la-Madeleine et de Batiscan. Une seigneurie le long de la rive sud-ouest de la rivière des Trois-Rivières, au nord de la ville du même nom, est concédée à Maurice Poulin, sieur de Francheville. Ainsi, la seigneurie et la rivière deviendront connus sous le nom de Saint-Maurice.

Les Forges Saint-Maurice sont fondées par François Poulin de Francheville, qui obtient le 25 mars 1730 un monopole d'exploitation de 20 ans[2]. Il crée en 1733 la Compagnie des Forges de Saint-Maurice. Le maître de forges François-Pierre Olivier de Vezain, originaire de Champagne, en est le premier directeur et met en chantier un établissement de forges complet. Les bâtiments et installations sont construits dans la seigneurie de Saint-Maurice, près de la rive du Saint-Maurice et d'un ruisseau qui s'y jette.

Pour l'établissement industriel, on fait venir des ouvriers spécialisés, en particulier des régions de Champagne et de Bourgogne, réputées à l'époque pour leurs forges. Ces ouvriers et leurs familles donneront naissance au village des Forges, où vivaient plus de 400 personnes, formant une communauté originale.

Parmi les investisseurs importants, dans la compagnie des Forges du Saint-Maurice, le directeur de la Ferme d'occident, François-Etienne Cugnet[3], qui reforme le 16 octobre 1736 une nouvelle compagnie l'associant à Ignace Gamelin, François-Pierre Olivier de Vezain, Jacques Simonet d’Abergemont, son protecteur l'intendant Gilles Hocquart, et un autre maître de forges français, Thomas-Jacques Taschereau. Entre 1735 et 1741, les coûts d’établissement et d’exploitation s’élevèrent à 505 356 livres soit quatre fois plus que les reçus des ventes et de la production, qui totalisaient 114 473 livres[3]. Poursuivi par les créanciers, Cugnet se déclara en faillite personnelle en 1741.

Le manque de capitaux privés occasionna plusieurs demandes d’aide à l’État français: Cugnet et ses partenaires reçurent une avance initiale de 100 000 livres, qui devait être remboursée à même la production. De plus, un marché se trouvait garanti par les chantiers navals du roi à Québec, ainsi que par ceux de Rochefort en France. Si les prévisions avaient été justes, les associés se seraient trouvés dans la position enviable d’avoir financé leur industrie avec les subventions de l’État, sans avoir eu à investir leur propre argent[3].

Les Forges deviennent propriété du roi en 1742. Après la conquête du Canada, elles passent sous propriété de la Couronne britannique, qui les accorde à bail à des industriels britanniques, pour lesquels travaillent des ouvriers Canadiens-français. Les forges furent fermées définitivement en 1883. Le site fut abandonné pendant près d'un siècle.

Le ministère des Affaires culturelles du Québec acquiert le site en 1963. Il le cède au gouvernement fédéral du Canada en 1973.

Lieu historique[modifier | modifier le code]

Le gouvernement fédéral crée en 1973 sur le site un lieu historique national nommé Forges-du-Saint-Maurice. Les lieux sont l'objet d'un vaste chantier archéologique de 1973 à 1979. Situé à une vingtaine de minutes du centre-ville de Trois-Rivières, le lieu historique commémore l'établissement de la première communauté industrielle au Canada. Le site est vaste et de très nombreux vestiges archéologiques rappellent la naissance et l'évolution de la première industrie sidérurgique canadienne. Aujourd'hui, le site, accessible au public, comprend notamment des visites guidées ou libres, des expositions, un spectacle, un programme éducatif, un parcours naturel.

Divers[modifier | modifier le code]

Les forges sont à l'origine du nom du boulevard des Forges, une des principales artères de Trois-Rivières.

Les forges ont inspiré un feuilleton télévisé, Les Forges de Saint-Maurice, diffusé à Radio-Canada de 1972 à 1975.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benjamin Sulte, Les Forges Saint-Maurice, G. Ducharme, Montréal, 1920, 216 pages
  • Roch Samson, Les Forges du Saint-Maurice, les débuts de l'industrie sidérurgique au Canada, 1730-1883, 1998