Bataille de Fort Necessity

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Bataille de Fort Necessity
Reconstitution de Fort Necessity.
Reconstitution de Fort Necessity.
Informations générales
Date 3 juillet 1754
Lieu Près d'Uniontown, Pennsylvanie
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Shawnees
Lenapes
Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Commandants
Louis Coulon de Villiers George Washington White flag icon.svg
James Mackay White flag icon.svg
Forces en présence
100 indiens
600 marines et miliciens
100 soldats
193 miliciens et indiens
Pertes
3 morts
19 blessés
31 morts
70 blessés
192 capturés
Guerre de Sept Ans
Batailles
Europe

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Afrique de l'Ouest

Saint-Louis (1758) · Gorée (1758) · Gambie

Coordonnées 39° 48′ 50.9″ N 79° 35′ 13.58″ O / 39.814139, -79.587105639° 48′ 50.9″ Nord 79° 35′ 13.58″ Ouest / 39.814139, -79.5871056  

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Fort Necessity.

Géolocalisation sur la carte : Pennsylvanie

(Voir situation sur carte : Pennsylvanie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Fort Necessity.

La bataille de Fort Necessity, appelée aussi bataille de Great Meadows, a lieu le 3 juillet 1754 dans l'actuel comté de Fayette, en Pennsylvanie, États-Unis, et oppose la France à l'Angleterre dans leurs colonies américaines. Avec la bataille de Jumonville Glen, qui en fut la cause directe, elle marque le début de la guerre de Sept Ans, appelée French and Indian War aux États-Unis pour sa partie américaine, et qui allait plus tard s'étendre en Europe. C'est la première victoire française du théâtre nord-américain.

Elle oppose 600 soldats français appuyés par 100 auxiliaires amérindiens, commandés par Louis Coulon de Villiers, à 100 soldats britanniques et 193 miliciens coloniaux et auxiliaires amérindiens sous le commandement de George Washington, futur premier président des États-Unis, alors jeune officier de 22 ans dans la milice de Virginie. Ce fut la seule reddition militaire dans la carrière de George Washington.

Prolégomènes[modifier | modifier le code]

La rivalité entre Français et Anglais pour le contrôle de la vallée de la rivière Ohio amène à l'affrontement direct. En 1754, les Français délogent les Britanniques qui avaient construit un fortin sommaire, Fort Prince George, aux confins stratégiques des rivières Ohio, Allegheny et Monongahela, pour bâtir leur propre place, Fort Duquesne[1].

George Washington, jeune planteur promu lieutenant-colonel du nouveau régiment de Virginie, avait participé à la construction de Fort Prince George. Le 25 mai 1754, il assume le commandement après la chute de cheval mortelle du commandant du régiment Joshua Fry.

Jumonville Glen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Jumonville Glen.

Le 28 mai 1754, dans une petite gorge — qui s'appellera désormais Jumonville Glen — près de Great Meadows en Pennsylvanie, se produit ce que l'on nommera aussi l'« affaire Jumonville ». Georges Washington fut accusé par les Français d'avoir ouvert le feu sans sommations sur un détachement d'une trentaine d'hommes, et fait exécuter Joseph Coulon de Villiers, sieur de Jumonville, commandant le détachement, alors qu'il était son prisonnier.

Il s'avéra en outre que ce dernier était en mission de plénipotentiaire, donc sans intentions belliqueuses[2], les deux camps étant toujours officiellement en paix. Les Français accuseront Washington de meurtre.

L'affaire eu un retentissement jusqu'en Europe, et peut être considéré comme le premier coup de feu de la guerre de Sept Ans.

Fort Necessity[modifier | modifier le code]

Dans l'immédiat, Washington se prépare aux représailles françaises. Effectivement, Claude-Pierre Pécaudy de Contrecœur, commandant de Fort Duquesne, prévenu par un échappé, envoie le 28 juin un détachement conséquent de plusieurs centaines d'hommes pour le capturer, et en confie le commandement au propre frère de Jumonville, Louis Coulon de Villiers. Dans leur marche, les poursuivants trouvent les cadavres des victimes à Jumonville Glen abandonnés à même le sol. La fureur est à son comble.

George Washington retourne à Great Meadows, alors une large étendue de terre ouverte[3], et rassemble ses troupes dispersées. Il ordonne la construction d'une palissade défensive circulaire autour d'un petit bâtiment, qu'il nomme laconiquement Fort Necessity (Fort de la Nécessité). Il pense que cette construction peut lui donner un avantage tactique, les Français étant obligés d'avancer à découvert jusqu'au fortin. Mais il estime mal certains paramètres comme la déclivité du terrain -le fortin est en fait dans une dépression, qui plus est inondable- et la distance avec les premières ligne d'arbres.

Le 14 juin il reçoit des renforts, 100 soldats britanniques sous le commandement du capitaine James Mackay, ainsi que du ravitaillement. Washington entre immédiatement en conflit avec Mackay sur le commandement de la petite garnison : Mackay n'est que capitaine mais dans l'armée britannique, ce qui le place suivant les statuts devant Washington, lieutenant-colonel de la milice coloniale. Ce dernier refuse les ordres de Mackay qui établit un cantonnement séparé. Finalement, Mackay et Washington ficellent un accord maladroit de partage du commandement, qui sera des plus gênant pendant la bataille.

Les coloniaux, originellement présents à Great Meadows pour la construction d'une piste à chariots, demandent l'aide des soldats pour creuser les tranchées. Ceux-ci refusent, à moins d'avoir un supplément de paye.

Le moral tombe quand ils apprennent le ralliement des puissantes tribus Shawnee and Lenape aux Français. Les alliés amérindiens, incluant le groupe de Half King qui était à Jumonville Glen, estimant la défense de Fort Necessity impossible, abandonnent les Anglais. Il reste à Washington 193 hommes et 100 soldats. Lui-même hésite, mais la proximité des Français lui interdit un retrait en bon ordre.

Fort Necessity (Fort de la Nécessité - reconstitution)
Fort Necessity National Battlefield, États-Unis

Bataille et épilogue[modifier | modifier le code]

Le 3 juillet 1754 à 11 h 0, la colonne française de 600 militaires et miliciens appuyée par une centaine d'amérindiens arrive et engage immédiatement une attaque vigoureuse. Ils parviennent à faire feu depuis une ligne d'arbres à couvert et surélevée ; l'intérieur du fort est ainsi exposé aux tirs et le choix de Great Meadows s'avère d'entrée un désastre. Les munitions s'épuisent et il commence à pleuvoir fortement, l'eau inondant les tranchées creusées puis le reste du site.

À 20 h 0, Washington demande sa reddition. On dénombre 31 morts du côté anglais et 3 chez les Français.

La communication est lente et difficile : aucun Anglais ne parle français et vice versa. Un milicien d'origine hollandaise parle suffisamment les 2 langues pour échanger des informations lapidaires.

Outre sa reddition, George Washington évite le jugement pour meurtre car il signe des aveux complets où il reconnait l'assassinat de Joseph Coulon de Jumonville :

« …Comme notre intention [l'intention des Français] n'a jamais été de troubler la Paix et la Bonne armonie qui régnoit entre les deux Princes amis, mais seulement de venger L'assasin qui a été fait sur un de nos officier porteur d'une sommation et sur son escorte, comme aussy d'empecher aucun Etablissement sur les terres du Roy mon maitre… (extrait)[4] »

Le 4 juillet, la garnison britannique et ses chefs sont autorisés à partir vers le Maryland dans l'honneur. Les Français brûlent le fortin et retournent à Fort Duquesne avec 2 prisonniers pris en garantie (les Anglais détiennent encore les prisonniers de Jumonville Glen), Robert Stobo[5] et Jacob Van Braam.

Une fois libre, Washington nia les faits, arguant ne pas comprendre le français, langue dans laquelle est rédigé le texte, qui par ailleurs aborde plusieurs sujets. Il affirma que la traduction qu'on lui donna pour qualifier l’acte était « death of » (mort de) ou « killing » (tuerie) mais pas « assassination » (assassinat). Contraint de se justifier maladroitement, l'affaire faillit ruiner sa réputation.

Un an plus tard, George Washington fait partie de l'Expédition Braddock contre Fort Duquesne comme simple aide de camp, et repasse devant les restes de Fort Necessity. L'expédition est un nouveau désastre, mais il y gagne cette fois le surnom de Hero of the Monongahela.

Le site de la bataille est maintenant une zone préservée, Fort Necessity National Battlefield, sur National Road, à peu de distance de la tombe du général britannique Edward Braddock.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Puis y fut construit Fort Pitt en 1758, et enfin la ville de Pittsburgh en Pennsylvanie. L'emplacement de Fort Duquesne y est tracé dans le sol à Point State Park.
  2. George Washington accomplit une mission similaire auprès des Français pour le gouverneur de Virginie un an plus tôt à Fort Le Bœuf.
  3. En anglais The Great Meadows signifie « Les grands prés ».
  4. (fr)(en) Texte de la capitulation de Fort Necessity Fort Necessity National Battlefield Museeum.
  5. (fr) Cf. L'histoire de Robert Stobo dans le Dictionnaire biographique du Canada en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) (en) Dictionnaire biographique du Canada en ligne
  • (en) Francis Parkman, Montcalm and Wolfe, The Riveting Story of the Heroes of the French and Indian War, 1884.
  • (fr) Marc de Villiers Du Terrage, Les dernières années de la Louisiane française, Paris, 1905.
  • (fr) Amédée Gosselin, Notes sur la famille Coulon de Villiers, BRH, XII, 1906.
  • (fr) Papiers Contrecœur et autres documents concernant le conflit anglo-français sur l'Ohio de 1745 à 1756, Édition Fernand Grenier, Les Presses Universitaires Laval, Québec, 1952.
  • (en) Frederick Tilberg, Fort Necessity National Battlefield Site, 1956, U.S. Dept. of Interior, États-Unis.
  • (en) G.F.G Stanley, New France, 1968.
  • (en) Francis Jennings, Empire of Fortune: Crowns, Colonies, and Tribes in the Seven Years War in America, Norton, 1988.
  • (en) Fred Anderson, Crucible of War : The Seven Years War and the Fate of Empire in British North America, 1754-1766, 2000.
  • (en) Will H. Lowdermilk, History of Cumberland, Clearfield Co., October 1997, (ISBN 0-8063-7983-9)