Agriculture en Tunisie

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Champ de blé dans le gouvernorat de Béja
Champ d’oliviers du gouvernorat de Sfax

L'agriculture en Tunisie est un secteur économique qui emploie près de 18,5 % de la main-d’œuvre tunisienne en 2007, contribuant à environ 11,5 % du PIB national, tout en assurant les trois quarts des exportations du pays.

Les principales productions agricoles sont les céréales (blé et orge), les olives, les dattes et les agrumes. Ces produits agricoles sont en grande partie tournés vers l’exportation, le blé tendre, les dattes, l’huile d’olive et les agrumes étant souvent vendus en primeurs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans les dernières années du protectorat français, l’agriculture représente encore 29 % de l’activité économique totale mais tombe déjà à 22 % avec la nationalisation des 850 000 hectares exploités par des sociétés françaises et des colons[1].

Malgré cette baisse constante de la quote-part du secteur dans le PIB, l’agriculture a enregistré des taux de croissance importants, notamment durant les années 1970 avec près de 8 % par an[1], et a permis au pays d’atteindre un niveau de sécurité alimentaire suffisant. Ces performances sont la conséquence d’importants efforts de soutien et de modernisation réalisés dans le cadre d’une politique de développement et de régulation des activités agricoles et rurales (crédits de la Banque nationale agricole, assistances techniques et salaire minimum) et d’une demande soutenue par l’augmentation de la demande (population en hausse et aux revenus croissants)[2]. En effet, les taux de couverture des besoins nationaux par la production intérieure sont de près de 48 % pour les céréales, de 100 % pour les produits de l’élevage ou de 88 % pour les huiles[3].

La Tunisie n’échappe pas aux tendances de modernisation et de mondialisation de ces dernières décennies avec la libéralisation de son économie engagée depuis 1986 et l’accord de libre-échange signé avec l’Union européenne en 1995[3]. La tendance s’illustre par une baisse de la part de ce secteur économique dans le PIB (1/7e) et plus encore par une baisse de la population active (1/6e), tendance constatée tout au long du XXe siècle et accélérée après l’indépendance (avec un désengagement renforcé lors des années 1960 où fut tentée l’expérience collectiviste). Des unités de production modernes et bien intégrées au marché, notamment pour certaines aux marchés d’exportation, coexistent avec des systèmes de production restés, sous le poids de leurs contraintes de structures, traditionnels sur le plan des techniques adoptées et peu intégrés au marché[3]. Le programme d’ajustement structurel agricole, lancé en 1986, contribue à la libéralisation des prix et des investissements et à la privatisation progressive des entreprises publiques du secteur.

Poids[modifier | modifier le code]

En dépit du développement des autres secteurs de l’économie nationale, l’agriculture conserve une importance sociale et économique : elle assure environ 11,5 % du PIB et emploie 18,5 % de la main-d’œuvre en 2007[4]. Les principales productions agricoles sont les céréales (blé et orge), les olives (4e producteur et 3e exportateur mondial d’huile d’olive en 2007-2008[5]), les dattes, les agrumes et les produits de la mer. Ces produits agricoles sont en grande partie tournés vers l’exportation, le blé tendre, les dattes (avec la célèbre deglet nour[6]), l’huile d’olive et les agrumes étant souvent vendus en primeurs. La viticulture est également un secteur exportateur : le pays exporte 40 % de sa production pour des recettes atteignant 40,3 millions de dinars en 2009[7], avec 70 % en vin d’appellation d’origine contrôlée (AOC) dont 20 % bénéficient de la mention « premier cru ».

Échanges agricoles par produit
Principaux produits exportés en 2007 (1,153 milliard de dinars) Valeur (millions de dinars)
Huile d’olive 696
Poissons, crustacés et mollusques 232,8
Dattes 211
Agrumes 13,6
Principaux produits importés en 2007 (1,734 milliard de dinars) Valeur (millions de dinars)
Céréales 1183,7
Huiles végétales 288,5
Sucre 158,9
Tourteaux de soja 103,1
Sources : Institut national de la statistique[8],[9]

Si la gestion de l’agriculture appartient encore à des établissements publics, tels l’Office des céréales ou l’Office national de l’huile[10], le secteur agricole est de plus en plus pris en charge par des groupes privés souvent présents dans l’industrie agroalimentaire tel le groupe Poulina, le premier groupe privé du pays.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b André Wilmots, De Bourguiba à Ben Ali. L’étonnant parcours économique de la Tunisie (1960-2000), éd. L’Harmattan, Paris, 2003, p. 28
  2. André Wilmots, op. cit., p. 30
  3. a, b et c (fr) [PDF] Mohamed Salah Bachta et Anouar Ben Mimoun, « Libéralisation des échanges, agriculture et environnement en Tunisie », Options Méditerranéennes, n°52, 2003
  4. (fr) Données sur l’emploi en Tunisie (Institut national de la statistique)
  5. (en) Statistiques mondiales sur l’huile d’olive (Conseil oléicole international)
  6. Selon le Groupement interprofessionnel des fruits, la Tunisie en est le premier exportateur mondial avec des ventes annuelles moyennes de 30 000 tonnes dont 15 000 tonnes destinées au seul marché européen.
  7. Frida Dahmani, « Les crus prennent de la bouteille », Jeune Afrique, 4 juillet 2010, p. 50
  8. (fr) Principaux produits agroalimentaires exportés (Institut national de la statistique)
  9. (fr) Principaux produits agroalimentaires importés (Institut national de la statistique)
  10. (fr) Établissements publics dépendant du ministère de l’Agriculture (Observatoire national de l’agriculture)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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