Mégapole

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Une mégapole : photo satellite de l'extension urbaine du Grand Los Angeles, avec sur la côte une promenade (boardwalk) s'étendant sur 50 km.

Une mégapole est une très grande agglomération qui se caractérise généralement par la présence en son sein de fonctions politiques et économiques majeures. Dans les années 1970, l'ONU a fixé le seuil d'une mégapole à 10 millions[1] d'habitants (anciennement 8).

Le terme de mégapole peut parfois être appliqué à une métropole mondiale, soit qu'elle soit en tête du réseau urbain national, soit qu'elle exerce un rayonnement international d'envergure. Cependant, certaines mégapoles concentrent trop peu de fonctions pour atteindre le rang de métropoles, et ne sont que de gigantesques agglomérations de population.

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Ces ensembles gigantesques étendus sur des milliers de kilomètres carrés et peuplés par 10 millions d'habitants ou plus ébranlent les conceptions architecturale, urbanistique, environnementale et économique des villes[2].

L'Asie est devenue la scène avancée de cette révolution. En 2011, un Asiatique sur trois quitte les campagnes pour rejoindre une ville. Au classement mondial des mégapoles, douze asiatiques dont deux japonaises - Tokyo et Osaka -, figurent dans les 25 premières. Dans 15 ans, une vingtaine d'autres viendront grossir les rangs du palmarès sur le même continent. Les mégapoles sont en chantier permanent et enchaînent des projets pharaoniques : construction de deux tours de 420 mètres en 2010 à Hong Kong (jamais construites) ; tunnel de 200 kilomètres qui reliera la Chine à Taipei, d'ici à 2012 (jamais démarré car irréaliste et trop coûteux) ; Dream Hub, « centre de rève », à Séoul, qui fera office de « Manhattan coréen » au cœur du quartier historique, en 2016.

Sur le continent africain, plusieurs mégapoles ont également une forte croissance : Le Caire, Lagos, Kinshasa...

Définitions[modifier | modifier le code]

Pour cerner ces principales aires urbaines, également appelée aires métropolitaines, trois grandes définitions cohabitent.

L'agglomération ou unité urbaine[modifier | modifier le code]

Telle que définie officiellement en France par l'Insee et dans certains pays européens notamment (Grande-Bretagne...), elle est caractérisée par la continuité du bâti à 200 m (hors rivières, autoroutes, aéroports). Cette définition morphologique est la plus pertinente pour définir la ville visible notamment d'en haut (cf Google Earth) car indépendantes des limites administratives. Elles restent cependant ajustées aux unités administratives les plus fines les délimitant, avec parfois des zones rurales incluses dedans[3]. C'est la "ville traditionnelle" avec des limites visibles et bien identifiées indépendamment des unités administratives, communes ou villes-centre, départements ou régions la composant.

À l'inverse elle ne correspond plus à la ville vécue, notamment à travers les déplacements du domicile au travail ou aux lieux de loisirs, par des personnes s'éloignant progressivement de l'aire bâtie en continu (cf. phénomène des archipels urbains) en fort développement en Europe et France en particulier.

Enfin, dans des pays comme les États-Unis, le Canada, l'Australie, l'Afrique du Sud où la morphologie urbaine est très différente, les limites de 200 m ne sont plus forcément pertinentes (500 m voire 1000 m pourraient être parfois plus adaptés). C'est entre autres pour cela qu'a été définie par l'Insee l'aire urbaine.

L'aire urbaine[modifier | modifier le code]

Elle regroupe toutes les communes dont 40 % des actifs travaillent dans l'unité urbaine ou agglomération définie précédemment, c'est-à-dire l'unité urbaine et sa couronne périurbaine. Elle présente l'inconvénient de ne pas prendre en compte les déplacements liés à d'autres motifs que le travail, qu'il s'agisse des études ou des loisirs. Enfin, elle englobe souvent de vastes zones rurales périurbaines difficilement considérables comme "villes" en tant que telles. C'est néanmoins le type de définition retenu en Suisse notamment.

L'aire définie par des limites administratives[modifier | modifier le code]

Enfin, la population définie à l'intérieur d'aires administratives pour lesquelles les données sont faciles à collecter et actualiser ne reflètent que très partiellement la réalité du phénomène urbain (exemple, Île-de-France pour Paris ; Grand Londres ; CMSA pour les villes américaines, etc.).

Définitions employées ici[modifier | modifier le code]

Dans cette liste, seules les villes principales sont indiquées (les petites villes de banlieues s'agglomérant autour de celles-ci ne sont pas mentionnées). Les données retenues proviennent de l'article correspondant de Wikipedia en anglais (en) en:List of metropolitan areas by population, mais ne doivent pas être prises comme définitives : différentes sources proposent différentes valeurs et ne s'accordent d'ailleurs pas toujours sur les limites de chacune des aires urbaines. Toutefois les données rassemblées ici sont plutôt issues des organismes officiels comme l'ONU et ne sont pas ajustées afin de les rendre comparables comme dans le travail Geopolis de François Moriconi-Ebrard ou bien de Thomas Brinkhoff sur le site citypopulation.de. Concernant le Brésil et les États-Unis sont retenues ici les populations officielles au 01/07/2005 des agglomérations concernées dans leurs limites administratives. À noter que la municipalité de Chongqing en Chine a une population de 31 831 835 habitants (en 2009) et ne figure pas sur ce tableau, dans la mesure où le vaste territoire de la municipalité dépasse, de loin, celui de l'agglomération (8 millions d'habitants) et même de l'aire urbaine (9,5 millions d'habitants), comportant donc une majorité de population rurale hors de la zone d'influence de Chongqing.

Pour les États-Unis, leurs MSA (Metropolitan Statistical Areas) fondées sur une logique plus fonctionnelle (commuters) qu'administrative, peuvent inclure une proportion importante de population rurale. voir tableau.

Le développement des mégapoles s'accélère. Le phénomène est particulièrement important dans les pays émergents (par exemple Brésil, Chine et Inde). En 2008, près de la moitié de la population mondiale vit en zone urbaine. Les conséquences prévisibles de cette évolution sont considérables par exemple en matière d'habitat, de transports, d'environnement, d'emploi ou d'éducation.

Également, le poids économique ou même politique des mégapoles est également croissant. En conséquence, ces très grandes agglomérations développent de plus en plus de relations de coopération directes entre elles. Un nombre important d'entre-elles sont ainsi membres de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), une organisation mondiale de villes qui travaille en relation directe avec les Nations Unies.

Voir aussi :

Quelques chiffres[modifier | modifier le code]

En 1950, seule New York dépassait la barre des dix millions d'habitants, avant d'être rejointe par Tokyo dès 1960. Le phénomène mégapolitain s'accélère depuis : 5 mégapoles en 1975, 7 en 1980 (New York, Tokyo, Mexico, São Paulo, Shangai, Osaka, Buenos Aires), 24 en 2003 (essentiellement dans les pays en voie de développement, tels Bombay, Lagos, Dacca)[4]. En 2014, la planète compte 28 villes de plus de 10 millions d'habitants[5].

Avec plus de 37 millions d'habitants en 2014, le Grand Tokyo forme la mégapole la plus peuplée au monde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf. note no 20, Perspectives de l'Urbanisation, Révision de 2007, p. 10 : Megacities are urban agglomerations with at least 10 million inhabitants. There are today 19 megacities on Earth and their number is expected to increase to 27 in 2025.
  2. Dominique Lorrain, Métropoles XXL en pays émergents, Presses de Sciences Po,‎ 2011, 410 p.
  3. Voir Geopolis de François Moriconi-Ebrard sur la délimitation des agglomérations morphologiques de 1980 à 2000
  4. Gilles Antier, Les stratégies des grandes métropoles. Enjeux, pouvoirs et aménagement, Armand Colin,‎ 2005, p. 11
  5. (en)World Urbanization Prospects, the 2014 Revision

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]