Jemmapes (département)

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50° 27′ N 3° 53′ E / 50.45, 3.883 ()

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Département de Jemmapes

17931793
17951814

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Carte de la région indiquant sa division en départements

Informations générales
Statut Ancien département français des Départements réunis annexés par la Première République et le Premier Empire
Chef-lieu Mons
Histoire et événements
12 mars 1793 Création du département
2 avril 1793 Reconquête par les Autrichiens
26 juin 1794 Retour des troupes françaises
1er octobre 1795 Annexion des Pays-Bas autrichiens et restauration du département
15 septembre 1814 Suppression du département
Préfets
(1er) 1800-1805 Jean Baptiste Étienne Garnier
(Der) 1812-1814 Pierre-Clément de Laussat

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le département de Jemmapes est le nom donné au Comté du Hainaut pendant les périodes d'occupation et d'annexion par la France, d'abord en mars 1793 et ensuite d'octobre 1795 (décret du 14 fructidor an III[1]) à sa libération en septembre 1814. Il fait partie des Départements réunis.

Son nom commémore la victoire française à la bataille de Jemappes. Le numéro du département était le 86.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le département de Jemmapes.

À la suite de la bataille de Jemappes (6 novembre 1792), les troupes de la république française conduites par le général Dumouriez envahissent les Pays-Bas autrichiens.

Le 12 mai 1790, la Constituante française avait déclaré dans un décret que la nation française renonçait à entreprendre aucune guerre dans le but de faire des conquêtes !

De plus, le 19 novembre 1792, un décret de la Convention nationale française promet secours et fraternité à tous les peuples qui veulent recouvrer leur liberté. Cependant un nouveau décret, du 15 décembre 1792, déclare que la France proclame la liberté et la souveraineté de tous les peuples chez lesquels elle a porté et elle portera les armes. cependant le texte détaillé du décret met en évidence une tutelle du peuple liberé jusqu'à la fusion naturelle avec le France[2]...

Malgré le fait que l'Assemblée générale des peuples souverains du Hainaut de Mons réagit également en refusant le décret de la convention du 15 décembre 1792, la Convention française renvoie au Comité Diplomatique, le 23 janvier 1793, la demande d'incorporation de la ville de Mons à la France !

De 1791 à 1793, le département de Jemmapes fournit 1 bataillon de volontaires nationaux.

À partir de mars 1793, la République française intègre progressivement, via des décrets de la Convention, dans son territoire les provinces, villes, faubourgs et communes de l'État belge, et cela toujours à la suite du souhait du peuple souverain : le décret du 2 mars 1793 déclare ainsi la réunion du pays de Hainaut, sous le nom de département de Jemmapes (quatre-vingt-sixième département). Le nom de Jemmapes faisant référence à la victoire de Jemappes du 6 novembre 1792.

Le département de Jemmapes est ainsi créé le 12 mars 1793, à la suite d'un vote, arraché par la force des armes[3], favorable à l'annexion.

Le département succédait en partie à l'ancien comté de Hainaut (amputé des territoires déjà conquis au XVIIe siècle par Louis XIV) : Charleroi faisaient à l'origine partie du comté de Namur, tandis que les Bonnes Villes de Châtelet et Thuin dépendaient de la principauté de Liège. Le 23 mars de la même année, le bailliage de Tournai lui est rattaché.

Réoccupé par les Autrichiens le 2 avril 1793, le Hainaut est reconquis le 26 juin 1794 par les Français lors de la bataille de Fleurus. Le département n'est restauré que le 30 août 1795, le territoire étant considéré jusqu'à cette date comme pays conquis.

Le département disparaît à la fin de la domination française, le 15 septembre 1814.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ses limites correspondaient approximativement au territoire de l'actuelle province wallonne de Hainaut en Belgique, sauf une enclave incluse dans le département du Nord et les anciennes communes de l'arrondissement de Mouscron, détachées de la Flandre-Occidentale en 1963.

Son chef-lieu était Mons.

Arrondissements et cantons

Le département de Jemmapes était divisé en trois arrondissements :

Liste des commissaires et préfets[modifier | modifier le code]

Commissaires[modifier | modifier le code]

  •  ? (12 mars 1793 - 2 avril 1793)
  • Bazin 1795-179?
  • Jean-Baptiste-Martial Pradier (1798-1799)
  •  ? (1799-1800)

Préfets[modifier | modifier le code]

Liste des préfets napoléoniens (Drapeau de l'Empire français Consulat et Premier Empire)
Période Identité Fonction précédente Observation
2 mars 1800 1805 Jean Baptiste Étienne Garnier Député aux États généraux de 1789
Procureur général près la Cour des comptes
1er février 1805 1810 Patrice-Charles-Gislain de Coninck Préfet de l'Ain Passe à la préfecture des Bouches-de-l'Escaut
7 août 1810 1812 Jean Baptiste Maximilien Villot de Fréville Membre du Tribunat Intendant de la province de Valence
Préfet du Vaucluse
Préfet de la Meurthe (1813-1814)
Maître des requêtes (première Restauration)
Conseiller d'État (seconde Restauration)
Pair de France (Monarchie de Juillet)
9 mars 1812 1814 Pierre-Clément de Laussat Député des Basses-Pyrénées au Conseil des Anciens
Membre du Tribunat
Préfet colonial en Louisiane (1802)
Préfet colonial de la Martinique (1804)
Préfet des Deux-Nèthes (1812)
Préfet du Pas-de-Calais (Cent-Jours)
Représentant à la Chambre des Cent-Jours

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Darquenne, « Histoire économique du département de Jemappes » dans Annales du Cercle archéologique de Mons, tome 65, Mons, 1965 (372 p.)
  • Roger Darquenne, « La conscription dans le département de Jemappes (1798-1813) » dans Annales du Cercle archéologique de Mons, tome 67, Mons, 1971 (424 p.)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Isidore Plaisant, Pasinomie, ou Collection complète des lois, décrets, arrêtés et règlements généraux qui peuvent être invoqués en Belgique de 1788 à 1832, tome 7, Bruxelles, 1835
  2. Henri Pirenne, Histoire de Belgique, tome VI, 1926.
  3. Marie Arnould, « Idées politiques et classes sociales au sein du pouvoir communal à Mons de 1785 à 1835 » dans Revue belge d'Histoire contemporaine, XI, 1980/3, p. 319. [lire en ligne]